Que ceux qui n’aiment pas Noël lèvent la main !

A chaque fin d’année, vous ressentez une petite boule au ventre ? Les fêtes de fin d’année vous angoissent ? Vous êtes peut-être natalophobe. 

Il ne va pas de soi d’aimer Noël, ni même les festivités de fin d’année. Rassurez-vous, vous n’êtes pas le ou la seule angoissé(e) du réveillon. Le stress et l’anxiété de Noël portent même deux noms : la natalophobie ou la noëlophobie. On vous explique tout sur ce phénomène pas si rare.

Qu’est ce qu’un(e) natalophobe ? 

Imaginez-vous devant une grosse araignée, une falaise gigantesque ou tout autre chose terrifiante ! Votre gorge se serre, vous sentez monter une boule dans votre ventre. Et bien c’est la même chose pour les natalophobes devant l’installation des illuminations, les films de Noël, les calendriers de l’avent. A la différence des autres phobies, les angoissés de Noël peuvent y faire face. Mais ils n’aiment réellement pas ça et c’est pour eux une source de stress très prenante. 

La natalophobie englobe l’ensemble des angoisses créées par la période des fêtes. Cette phobie peut s’étendre sur tous les aspects du réveillon, avant, pendant et après les fêtes. Certains peuvent aussi souffrir de capitellophobie, une peur irraisonnée de recevoir et faire des cadeaux. En bref, la peur de Noël est bien réelle et diverse. Chez certains, elle se manifeste physiquement : troubles du sommeil, cauchemars, bouffées de chaleur, migraines, sensation d’oppression… 

En effet, en amont c’est la couverture médiatique, le relooking des villes et les premières questions sur les festivités qui créent une pression chez les personnes. Puis, c’est la fête en elle-même ! Entre cadeaux, repas, retrouvailles, la tension peut vite monter en famille. Et enfin, l’après Noël consiste à retrouver la banalité du reste de l’année qui, en comparaison, semble dépourvue de magie. Et ce stress envahit la vie de nombreux Français chaque fin d’année. Noël constitue une obligation redoutée pour plus d’un tiers des Français (35 %) selon un sondage Opinion Way pour Amaguiz, réalisé en octobre 2016. Pour 45% des sondés, la fête ressemble à un marathon épuisant. 

Quelles sont les causes de la natalophobie ?

La peur de Noël n’est pas un phénomène isolé. Elle dérive souvent de la pression sociale qui entoure les festivités. Noël est une fête particulière. A la différence de Pâques ou même des anniversaires, il est beaucoup plus compliqué de l’éviter. Pire encore, ne pas se joindre aux réjouissances symbolise la sortie de la norme, avoir quelque chose qui cloche. Dans nos sociétés, Noël se doit d’être magique, on se doit d’être heureux, de faire plaisir, de se réunir. Un cumul d’impératifs sociaux silencieux bien angoissants. Rien d’étonnant donc que certains se sentent particulièrement fragiles psychologiquement dès le mois de novembre. 

Ils culpabilisent à l’idée de profiter d’une fête agissant comme une loupe sur les inégalités sociales. En outre, la culpabilité attaque aussi les cadeaux : “Pourrais-je offrir d’aussi beaux cadeaux que ceux que l’on m’offre ? A l’inverse, vais-je offrir de plus jolis cadeaux et gêner les personnes de ma famille avec moins de moyens ?” Sans oublier non plus la peur de rater le repas de Noël, de ne pas recevoir suffisamment bien. Bref, l’organisation qui entoure la célébration de la naissance du petit Jésus est source d’angoisse. Tout cela sans compter les retrouvailles familiales. Certains cauchemardent à l’idée que quelqu’un lance des débats houleux. Et entre le Covid et les différentes décisions politiques, c’est peu dire que l’année 2020 a été riche en potentiels sujets polémiques. D’autres se font des cheveux blancs à la simple évocation de leur oncle à table, surtout à côté de mamie. La famille n’est pas toujours cette sphère idyllique au sein de laquelle il fait bon se retrouver ! Non, il y a parfois une bonne dose d’hypocrisie salvatrice, que les natalophobes peuvent avoir en horreur. 

Les hommes et les femmes sont-ils égaux face à la natalophobie ?

La natalophobie touche potentiellement davantage les femmes. La charge mentale liée à l’organisation du repas, aux courses, aux cadeaux, est encore portée en majorité par les femmes. Et ce d’autant plus si elles sont mères. Une enquête du Journal des femmes affirme ainsi que 95% des Françaises gèrent seules le choix et l’achat des présents. Près de 88% des femmes se sentent responsables de l’élaboration des repas, selon un sondage d’OpinionWay. Les femmes déjà débordées par une charge mentale quotidienne se retrouvent submergées à la fin de l’année. Noël génère une multiplication des pensées, une charge mentale supplémentaire, plus angoissante encore du fait de cette pression sociale. 

Alors, comment passer un réveillon plus serein ? 

Si vous êtes vraiment à bout et que vous exécrez Noël, n’hésitez pas à briser le tabou du Noël traditionnel. Vous n’êtes en rien obligé de vous infliger l’ouverture des cadeaux au pied du sapin, le dîner qui s’éternise… Changez, innovez ! Finalement, demandez-vous comment vous souhaitez vraiment fêter cette fin d’année. Rien de mieux qu’être à votre écoute. Peut-être même qu’en bousculant les traditions, vous retrouverez le plaisir de fêter le 25 décembre ! 

Si vous ne pouvez décemment pas échapper au repas en famille, alors évitez les retrouvailles protocolaires et gênantes. Bien souvent la raison de la gêne, quand on retrouve ses proches, vient du fait qu’on ne les a pas côtoyés depuis un certain temps. Les salutations sont ainsi peu naturelles et on peut se sentir épié, ce qui provoque le malaise. Conjurez le sort en essayant de voir vos proches avant le moment fatidique. Le soir du 24 prendra une autre tournure, moins guindée et plus détendue. 

Enfin, on ne saurait vous conseiller autre chose que de renoncer à la perfection. Au final, Noël c’est aussi les ratés, les embrouilles, les silences lourds de sens et ce n’est pas grave ! La dinde est un peu trop cuite ? Eh bien tant pis, ça peut arriver. Les cadeaux ne sont pas toujours ceux attendus ? C’est déjà bien de recevoir des cadeaux. En bref, désacralisez Noël, il ne s’agit que d’une fête malgré l’effervescence qui l’entoure. N’hésitez pas non plus à déléguer, ne vous occupez pas de l’organisation seul(e). De cette manière, vous ne porterez pas l’entière responsabilité du réveillon.

D’ailleurs, on n’hésite pas à remercier la pandémie. Même si on est un peu triste de ne pas retrouver tout le monde, on peut au moins se dire qu’avec seulement six adultes, cela fera moins de complications et peut-être moins d’angoisse !