Mois sans tabac : stop la clope

Bonne nouvelle ! À l’occasion du Mois sans tabac qui débutera le 1er novembre, il semblerait que de nombreux concernés décident de sauter le pas et d’arrêter de fumer. Santé, économie, écologie… il y aura toujours une bonne raison pour arrêter de fumer. Et si ce défi collectif pouvait avoir un impact positif cette année ? 

Le mois de novembre n’a pas encore commencé et le site de Santé Publique France compte déjà plus de 72 800 volontaires inscrits au Mois sans tabac ! Pendant 30 jours, les participants pourront profiter d’un accompagnement personnalisé et d’un entretien d’aide à l’arrêt du tabac. Voici quelques précisions avant le jour-J 

Quelques chiffres du Mois sans tabac

Depuis la 1ère édition en 2016, on compte plus de 900 000 inscrits et, malgré le contexte sanitaire anxiogène de l’année dernière, ce sont 125 000 personnes qui ont profité de cet élan collectif pour arrêter la cigarette ! J-3 avant le début de l’édition 2021 !

Pourquoi 1 mois sans tabac ? 

Selon les professionnels de santé, il suffirait d’un mois pour obtenir des résultats concluants. En effet, 30 jours de sevrage permettraient de multiplier par cinq les chances d’arrêter de fumer définitivement, et on a envie d’y croire ! Si on souhaite stopper la cigarette, l’aide d’un professionnel augmenterait de 70% les chances de réussir. Les chiffres parlent d’eux même : entre 2016 et 2019, près de 1,8 million de tentatives d’arrêt ont été recensées grâce au Mois sans tabac.  

Quelle est la période la plus dure dans la phase d’arrêt ? 

Dès le début du processus, des symptômes physiques de manque de nicotine vont se faire ressentir et arriveront en moins de 24h. Les trois premiers jours sans tabac risquent d’être les plus difficiles, car le corps voudra combler ce manque de nicotine. Il faudra alors compter 6 à 8 semaines pour que ces manifestations cessent dans l’organisme.  

Un sevrage pris en charge par la Sécu

Depuis le 1er janvier 2019, les substituts nicotiniques sont pris en charge à 65% par l’Assurance Maladie. Des professionnels de santé comme le médecin traitant, le médecin du travail, un infirmier, un masseur-kinésithérapeuthe ou une sage-femme peuvent prescrire ces remèdes. 

Du lundi au samedi de 8h à 20h, des tabacologues sont également à disposition au 39 89 (service gratuit + coût d’un appel) et via l’application e-coaching. 

L’aide bénéfique des pharmaciens 

Pendant ce sevrage, compter sur le soutien de ses proches est essentiel, mais se tourner vers des professionnels de santé peut être une autre solution. Pour répondre aux interrogations, des pharmaciens peuvent apporter un soutien psychologique. Impliqués, ils peuvent préconiser des traitements nicotiniques de substitution (patchs, gommes à mâcher, sprays buccaux) et distribuer gratuitement des Kit d’aide à l’arrêt du tabac. 

Comment s’inscrire au Mois sans tabac ? 

Vous avez lu jusqu’ ici, ça veut dire que vous êtes motivés. Alors pour bénéficier du soutien du Mois Sans Tabac, allez sur  Tabac Info Service, renseignez vos coordonnées via la page d’inscription et cliquez sur “rejoindre le mouvement”. Une fois l’inscription validée, 16 équipes régionales seront disponibles et vous apporteront conseils et soutien. 

Pour plus d’informations sur les aides mise à disposition pour arrêter de fumer, découvrez l’une de nos vidéos sur le sujet. 

Comment arrêter de fumer

Arrêter de fumer, beaucoup en rêvent, peu y arrivent vraiment. Pour le Mois Sans Tabac, on vous détaille les méthodes pour arrêter de fumer. 

L’arrêt du tabac peut s’apparenter à un véritable parcours du combattant. Chez certains fumeurs, la volonté seule est suffisante pour arrêter définitivement. D’autres ont besoin d’aides et d’accompagnement. Alors, que faire pour dire non à la cigarette ?

Quand on veut arrêter seul, que mettre en place pour y arriver ?

Il n’y a pas de solution miracle malheureusement. Quand on veut arrêter de fumer, l’arrêt direct et continu est toujours la meilleure méthode. Fixer une date d’arrêt et s’y tenir est le meilleur conseil qui puisse vous être donné. 

Évidemment l’arrêt net de la cigarette est très difficile à tenir. Si vous décidez donc d’arrêter progressivement, quelques astuces peuvent aider à retreindre la consommation jusqu’à l’arrêter complètement. Pour commencer, ne transportez plus de cigarettes sur vous, retardez un maximum chaque cigarette et évitez les déclencheurs du type “café signifie cigarette”. Au quotidien, soyez plus actif et quand l’envie est très forte, occupez votre bouche, buvez un verre d’eau, mâchez un chewing-gum. 

Si vous ressentez le besoin d’être soutenu dans votre démarche, alors profitez du Mois Sans Tabac pour faire parti d’une communauté de fumeurs repentants et profitez d’un coaching personnalisé gratuit grâce à l’application dédiée de l’initiative. 

Ai-je le droit d’avoir des substituts ? 

Oui, il existe des substituts nicotiniques et vous en connaissez sûrement deux, les patchs et les chewing-gums. Ils soulagent les difficultés du sevrage sans intoxiquer les poumons. La nicotine qu’ils diffusent dans le sang calme le cerveau pour apaiser les sensations de manque. Ces substituts sont une aide non-permanente, ils servent uniquement pour une phase de transition. 

Selon l’assurance maladie, les substituts augmentent vos chances de réussir votre sevrage de 50% à 70%. La nicotine qu’ils contiennent peut être administrée différemment par patchs sur la peau, chewing-gums mais aussi sous forme d’inhalateur, de spray ou même de pastilles à faire fondre sous la langue. Ces substituts sont en libre accès en pharmacie. Mais si un médecin vous les prescrit, certains nicotiniques sont remboursables à 65%. 

Dois-je consulter un médecin pour arrêter de fumer ? 

Selon l’Assurance Maladie, neuf fois sur dix la seule volonté n’est pas suffisante.

Et vous pouvez également vous retrouver perdu face à l’ampleur de la tâche. L’arrêt du tabac est difficile et consulter un médecin est un plus pour réussir ce défi. 

Le suivi médical est réalisé par un médecin Que ce soit un généraliste ou un tabacologue, tous sont habilités à vous fournir des informations utiles à votre arrêt ou même vous diriger vers des spécialistes ou des centres. 

Qui plus est, un médecin est le seul qui peut vous prescrire un traitement médical contre la cigarette. Si les substituts nicotiniques et tous vos efforts sont insuffisants, le médecin peut décider de vous donner un traitement médical d’aide au sevrage, par varénicline ou bupropion.

Surtout, l’appui du médecin est utile pour vous soutenir psychologiquement et accentuer votre motivation. Il n’est donc pas obligatoire de consulter mais cela est recommandé pour mettre toutes les chances de votre côté. 

Existe-t-il d’autres méthodes pour arrêter de fumer ? 

D’autres méthodes existent bel et bien. Si vous cherchez des techniques un peu moins traditionnelles, vous pouvez vous tourner vers l’hypnose, l’acupuncture ou même la laserothérapie. Plus ou moins efficaces, ces méthodes ont tout de même permis à certains d’arrêter définitivement. 

L’acupuncture est un procédé de médecine chinoise basée sur le rééquilibrage des énergies grâce à de fines aiguilles. Pour arrêter de fumer, l’acupuncteur va, grâce à la stimulation de points précis, activer et rééquilibrer l’énergie vitale qui circule dans votre corps pour diminuer votre envie de fumer. Quant au laser, il travaille lui aussi sur des points précis. La technique consiste à stimuler certains points particuliers du corps qui sont des centres de terminaisons nerveuses. Le laser envoie des électrostimulations, soit des impulsions électriques, qui envoient comme message d’arrêter de fumer.

Enfin, l’hypnose modifie le comportement vis-à-vis de la cigarette. Le thérapeute suggère au fumeur des perceptions sur la cigarette. Le cerveau du fumeur est conditionné à recevoir des informations négatives sur le goût, l’odeur, le manque de souffle. 

Vous pouvez regarder notre vidéo Comment se faire aider pour arrêter de fumer ? sur notre site BornSafety.com

Grossesse et cigarette, 4 par jour max ?

“On peut fumer un peu pendant sa grossesse, l’important c’est de diminuer.” Que vaut cette affirmation qu’on entend parfois ? On fait le point. 

Cette idée selon laquelle une grande fumeuse ne doit pas couper court à la cigarette est très répandue mais pas forcément justifiée d’un point de vue scientifique… C’est même tout le contraire ! Les risques pour le fœtus sont concrets, et ce même après une seule cigarette. Alors, d’où vient cette idée ? Quels sont les risques ? Comment mettre fin à son addiction ? 

Des gynécologues et sages-femmes qui n’interdisent pas la cigarette  

Oui, ça existe. On a tous déjà entendu quelqu’un nous raconter qu’un gynécologue n’avait pas interdit la consommation de cigarettes à sa patiente enceinte. Mais cela ne veut pas dire que le médecin autorise la cigarette pour autant. 

En effet, il est évident que le gynécologue ou la sage-femme encourage chaque future maman à arrêter la cigarette pour sa santé et celle de son enfant. Mais les professionnels de la santé sont souvent démunis face à l’addiction de leur patiente. 

Le suivi de la grossesse nécessite un lien de confiance entre le personnel soignant et la patiente. Ainsi, le médecin ne va pas braquer la future maman, ni la faire culpabiliser vis-à-vis de son addiction dans le but de mieux la suivre et d’éviter tout mensonge de sa part sur sa consommation de cigarettes. Le rapport au tabac est propre à chaque fumeur. Quand certaines peuvent arrêter du jour au lendemain, d’autres ont besoin d’y aller progressivement. Qu’importe la méthode, le but est d’arrêter mais surtout de s’y tenir réellement. D’où ces médecins qui n’interdisent pas la cigarette. Ils accompagnent l’arrêt du tabac de manière différenciée pour chaque profil. Si pour avoir une chance d’arrêter durablement, vous devez passer par une phase de transition en diminuant progressivement, alors vous passerez par là. 

Enfin, il est vrai que pour certaines la situation est critique. Les très fortes addictions posent problème. L’effet de sevrage qui peut suivre l’arrêt ou juste la diminution de la cigarette, peut être très nocif pour la mère et son bébé. Un arrêt du tabac qui déclenche un stress foetal, soit un passage de l’hormone du stress dans le placenta, doit être suivi avec attention. Alors, le gynécologue doit évaluer les risques et les bénéfices de l’arrêt de la cigarette pour la suite de la grossesse et décider avec la patiente de la marche à suivre. 

Quoiqu’il en soit, continuer à fumer reste une prise de risques pour la santé et le développement du fœtus. Il est d’ailleurs préférable d’arrêter la cigarette dès que vous souhaitez avoir un enfant, donc avant la conception. 

Le tabac est-il l’ennemi du foetus ? 

Le tabac est l’ennemi du fœtus et de la mère. Il est nocif. Même une réduction drastique du nombre de cigarettes n’est pas suffisante pour protéger l’enfant. 

Selon la Direction Générale de la Santé, continuer la cigarette augmente le risque de grossesse extra-utérine, favorise un retard de croissance intra-utérine et le risque de prématurité. De nombreuses études ont également prouvé l’association entre le risque de syndrome de mort subite du nourrisson et le tabagisme maternel et passif pendant et après la grossesse. Le risque de mort subite est alors augmenté de deux à trois fois, selon la fréquence de la consommation. 

A la naissance, l’enfant exposé in-utero au tabac a davantage de risques de troubles respiratoires comme l’asthme. 

En 2017, une étude française, conduite par une équipe de l’hôpital La Pitié-Salpêtrière sur 371 femmes, démontre que le bébé d’une fumeuse pèse 228 g de moins que ceux dont les mamans sont non-fumeuses. Ce constat est établit même lorsqu’une femme enceinte ne fume qu’une à quatre cigarettes par jour. Or, un poids trop léger chez les nouveaux-nés peut avoir des conséquences sur leur santé à la naissance, mais plus tard également, tant au niveau physique qu’émotionnel. 

Pourtant, de nombreuses femmes continuent de fumer, même au troisième trimestre de leur grossesse. La prise en charge de l’addiction chez les femmes enceintes doit être davantage encadrée. Elles ont effectivement plus de difficultés à arrêter de fumer malgré leur motivation. Sur FranceInfo, le docteur Ivan Berlin, pharmacologue-addictologue, explique ce qui se passe pour elles. “Le métabolisme de la nicotine est nettement accéléré chez la femme enceinte, ce qui veut dire qu’il lui faut plus de nicotine pour accéder à la même sensation de bien-être que lorsqu’elle n’est pas enceinte. »

Vous l’aurez compris, l’arrêt du tabac pour une femme enceinte n’est pas si évident. Pour arrêter dans de bonnes conditions, il est recommandé de se faire suivre et aider. Des sages-femmes tabacologues existent, elles permettent d’aider leur patiente en toute connaissance de leur situation particulière. 

Si vous voulez arrêter de fumer, vous pouvez regarder notre vidéo Comment se faire aider pour arrêter de fumer ?