Sage-femme, métier en danger

1 femme = 1 sage-femme. C’est le slogan de la pétition pour une meilleure reconnaissance de la profession de sage-femme, afin que les femmes qui accouchent soient mieux traitées.

La semaine dernière Ana Roy, sage-femme, autrice du podcast « Sage meuf » et chroniqueuse à la Maison des Maternelles sur France 4, lance l’alerte. Les femmes ne sont pas assez accompagnées lors de l’accouchement, faute de moyens et de personnels. Résultat, les sages-femmes ne peuvent plus exercer correctement leur métier et deviennent maltraitantes. Dans une pétition, elle réclame une sage-femme pour une femme. C’est-à-dire une sage-femme par femme qui accouche.

Mais saviez-vous qu’une sage-femme a bien d’autres prérogatives que le suivi de grossesse et l’accouchement des femmes ? Le métier, souvent méconnu, est desservi par une image erronée d’infirmière spécialisée qui est loin de la réalité. Les sages-femmes sont de véritables expertes ou experts de la santé féminine dans son ensemble. 

Qui peut consulter une sage-femme ? 

Toutes les femmes peuvent consulter une sage-femme, de l’adolescence à la maturité. Bien que ces professionnels médicaux réalisent 80% des accouchements normaux en France, les sages-femmes ne s’adressent pas uniquement aux femmes enceintes. Leur rôle s’avère autant essentiel que mal compris. Comme le rappelle l’Ordre national des sages-femmes et l’Assurance maladie, les sages-femmes sont des professionnels médicaux. Elles participent à l’offre de soins de premier recours. 

Premier recours signifie que l’on peut se tourner vers une sage-femme pour des soins qui ne nécessitent pas l’expertise d’un gynécologue. En effet, la sage femme assure aussi le suivi gynécologique des femmes en bonne santé. Depuis 2009, les compétences de la profession s’étendent. Les étudiants sages-femmes, depuis cette date, bénéficient davantage d’enseignement en gynécologie, environ 170 heures. Outre le suivi des femmes toute leur vie, les sages-femmes prescrivent la contraception, de la pilule à l’implant contraceptif, ainsi que tous les examens et les médicaments dont leurs patientes ont besoin. 

Consulter une sage-femme s’avère très pratique. Cela évite notamment d’attendre un rendez-vous gynécologique qui peut être long à prendre et peu utile si ce n’est que pour une prescription de contraceptif. De plus, les consultations chez une sage-femme sont prises en charge par l’Assurance Maladie qui rappelle que les praticiennes exercent très majoritairement sans dépassements d’honoraires.

Quelle différence avec un gynécologue ? 

La première mission d’une sage-femme est le suivi obstétrique de la femme enceinte. Le métier s’est ensuite diversifié en incluant le suivi gynécologique, la prescription de médicaments et de contraceptifs. Mais la liste des compétences ne s’arrête pas là. Une sage-femme est aussi en mesure d’assurer la vaccination et, depuis 2016, elle peut réaliser une IVG médicamenteuse. 

Au-delà de toutes ses prérogatives, la sage-femme est un interlocuteur privilégiée pour s’informer et se faire dépister. Sophie Guillaume, présidente du Collège national des sages-femmes, explique le rôle informatif de sa profession au Figaro. «Lors d’une première consultation avec une adolescente, on approche la fonctionnalité de son corps, la possibilité de grossesse, on donne des outils pour bien vivre sa sexualité et aussi prévenir les grossesses non désirées. Cela passe non seulement par la contraception mais aussi par le dialogue». Enfin, les sages-femmes dépistent les pathologies, notamment les IST et les cancers féminins. Le dépistage peut prendre plusieurs formes : frottis pour le col de l’utérus, palpation des seins pour le cancer du sein par exemple  En cas de résultats anormaux, pathologiques, la sage-femme envoie sa patiente vers un gynécologue. 

Voilà la principale différence entre un gynécologue et une sage-femme. Le gynécologue est médecin spécialisé. Il pourra traiter et suivre les dysfonctions, infections, maladies et autres maux pathologiques de ses patientes. De la même manière qu’un médecin généraliste vous réoriente du fait d’une pathologie vers un spécialiste. La sage-femme indique à ses patientes un gynécologue en cas de signaux anormaux. Pour conclure, la sage-femme suit et prévient et le gynécologue traite les patientes particulières.