Totem réinvente la pause au travail

Créer de réels lieux de convivialité dans les bureaux, au bénéfice des collaborateurs comme des employeurs, c’est l’ambition de la start-up Totem créée en 2017.

Créée en 2017 par deux cousins diplômés de Polytechnique, Rafaël et Stefan de Lavergne, ainsi qu’un centralien, Pierre Gallet, Totem réinvente la pause-café en entreprise. La start-up crée des espaces de pauses conviviales en installant machines à café, réfrigérateurs, fontaines à eau ou distributeurs de fruits secs… le tout modulaire pour s’adapter aux lieux et en livrant chaque semaine : café, thé, fruits bio, snacks sains et boissons.

Rassembler les équipes et favoriser la discussion

Les traditionnels sodas et snacks sont remplacés par des fruits séchés, des barres de céréales sans gluten, du café torréfié à Paris, etc…  Les salariés ont la possibilité de noter les produits.

Objectif : des discussions créatives entre services pour le bienfait de l’entreprise.

Ces cafétérias sont souvent placées, par exemple, entre des équipes de développeurs et des spécialistes du marketing afin d’encourager les échanges entre ces personnes qui auraient peu de chance de se rencontrer sur leur lieu de travail.

C’est l’employeur qui offre les services de Totem à ses collaborateurs, dès 10€ par mois et par salarié. Les formules proposées par Totem sont toutes simples. Les équipements sont loués par les entreprises (comptez 700 euros par mois pour un groupe de 150 à 200 personnes) qui paient également des abonnements pour chaque aliment différent proposé à leurs employés. La mise à disposition de café est ainsi facturée mensuellement huit euros par salarié. Chaque produit supplémentaire est tarifé en moyenne dix euros par mois et par collaborateur. Les articles les plus populaires sont les noix de cajous et les bananes suivis par le thé glacé, les compotes, le Coca Zéro et l’eau gazeuse sans calorie.

Pause et temps de travail: la pause s’impose!

Le temps de pause est parfois source de litige dans les entreprises. Que dit la législation ?

Des études ont chiffré le coût moyen d’un salarié fumeur à 4 600 euros par an et la pause-café entraînerait une perte de productivité égale à 490 euros par employé et par an. Quelles sont les règles applicables pour les pauses au travail ?

Temps de pause minimum et fractionnement

Selon l’article L3121-16 du code du travail, tout salarié bénéficie d’un temps de pause minimum de vingt minutes par tranche de six heures travaillées. Cela signifie qu’un salarié ayant seulement travaillé cinq heures n’a pas le droit à cette pause, même au prorata.

Ces vingt minutes constituent un minimum car conformément à l’article L3121-17 du code du travail, des dispositions conventionnelles peuvent fixer un temps de pause supérieur.

Le salarié n’a pas l’obligation de prendre une seule pause de 20 min. Il peut tout à fait fractionner cette durée. Une pause de 10 min le matin et une pause de 10 min l’après-midi, ou 4 pauses de 5 min pour fumer des cigarettes par exemple.

Pause déjeuner

La pause déjeuner s’analyse comme un temps de pause. L’employeur qui accorde 20 min de pause le midi remplit donc ses obligations en matière de temps de pause. Mais dans beaucoup d’entreprises, les règles applicables aux pauses repas sont encadrées par une convention collective ou un accord collectif. Ces textes peuvent ainsi prévoir une durée minimum qui, en pratique, peut varier entre 30 min et 2 heures.

Dans les entreprises de moins de 25 salariés, l’employeur doit prévoir un emplacement permettant aux salariés de se restaurer dans de bonnes conditions de santé et de sécurité.

Rémunération du temps de pause

Pendant le temps de pause, le salarié ne se trouve pas sous la direction de son employeur.

La pause n’est donc pas rémunérée puisqu’elle n’est pas comptée comme un temps de travail effectif.

En revanche, le temps de pause doit être rémunéré dès lors qu’il remplit les conditions du temps de travail effectif. C’est notamment le cas lorsque le salarié accomplit une directive de son employeur pendant son temps de pause (ex : lorsque l’employeur qui attend un appel demande à un salarié de surveiller le téléphone pendant son temps de pause).

Abus du temps de pause

Le plus souvent, une certaine tolérance existe concernant les temps de pause au travail dès lors que les salariés les prennent de manière raisonnable (fréquence et durée). Il peut arriver qu’un employeur trouve que ses salariés utilisent leur temps de pause de façon excessive (pauses cigarette ou pauses café trop fréquentes etc.). Les dirigeants peuvent alors sanctionner ces abus.

Ces sanctions peuvent aller du simple blâme ou lettre d’avertissement à la mise à pied disciplinaire, voire au licenciement pour faute.

Pause cigarette, fumer plus pour travailler moins?

La pause cigarette représente une perte quotidienne de productivité pour l’entreprise et provoque un sentiment d’inégalité pour les non-fumeurs sur les temps de pause. Que prévoit la législation ?

Selon l’article L3121-16 du code du travail, tout salarié bénéficie d’un temps de pause minimum de vingt minutes par tranche de six heures travaillées. Mais la pause cigarette n’apparaît dans aucun texte législatif. Faut-il encadrer la pause cigarette via un règlement intérieur ? Chaque pause cigarette prend environ 10 minutes. A raison de trois cigarettes quotidiennes en moyenne, un fumeur abandonne donc son poste au moins 30 minutes par jour. A la fin de l’année, cela représente l’équivalent de 16 jours de travail. Un gros fumeur, lui, peut perdre jusqu’à 80 minutes par jour.

La pause cigarette fait-elle partie du temps de travail ?

L’article L. 212-4 du code du travail précise que la durée du travail est le temps pendant lequel le salarié est à la disposition de son employeur et doit se conformer à ses directives sans pouvoir librement vaquer à ses occupations personnelles. Quitter son poste de travail pour fumer signifie bien vaquer à ses occupations personnelles et nécessite en principe l’accord de l’employeur. 

La plupart du temps, les salariés bénéficient d’une tolérance de la part de l’employeur. En général, ils sont autorisés à fumer une fois dans la matinée et une autre fois dans l’après-midi. L’option la plus judicieuse serait toutefois d’encadrer ces pauses par le biais du règlement intérieur afin d’éviter qu’elles ne dégénèrent en abus.

Quel impact la pause cigarette a-t-elle sur la vie de l’entreprise ?

Pour certains, la pause cigarette est susceptible de diminuer la productivité et d’opérer une inégalité de traitement avec les employés non-fumeurs qui ne s’accordent pas ce temps de pause de quelques minutes. Les contraintes locales, comme la hauteur du bâtiment, la présence ou non d’un ascenseur ou encore les difficultés d’accès à l’extérieur représentent autant de facteurs susceptibles d’augmenter la durée de la pause cigarette.

Leur santé étant généralement plus fragile, les fumeurs prendraient également davantage d’arrêt maladie que les autres, deux jours de plus par an en moyenne.

Un salarié fumeur coûterait entre 2500 et 5000 € supplémentaires à son patron. 

Pour d’autres, la pause cigarette peut être salutaire afin de réfléchir, d’échanger avec d’autres salariés, se vider la tête ou tout simplement se détendre pour être ensuite plus productif.

La pause cigarette peut-elle conduire à des sanctions ? 

Parfois, c’est le règlement intérieur de l’entreprise qui prévoit le nombre de pauses cigarettes. La question ne se pose évidemment pas pour les cadres au forfait qui gèrent leur temps comme ils le souhaitent. En cas d’abus, sachez que la pause peut être sanctionnée voire supprimée. Des pauses répétées et excessives peuvent également être considérées comme des absences non justifiées, voire comme un abandon de poste. Encore faut-il que l’abus de pauses soit incontestable et caractérisé. Si tel est le cas, la sanction peut aller de l’avertissement à la mise à pied, voire même au licenciement. Mais dans la pratique, il est toujours délicat de devoir préciser à un collaborateur que ses temps de pause sont trop souvent répétés.