Pass sanitaire et pass vaccinal : quelle différence ?

Après trois jours de débats, le projet de loi concernant le pass vaccinal a été adopté par l’Assemblée nationale le 6 janvier 2022. Le texte a été validé par 214 voix pour, 93 voix contre et 27 abstentions. Il sera examiné par le Sénat mardi prochain.  

Comme attendu, L’exécutif a accéléré son calendrier pour faire face à la nouvelle vague de Covid-19. L’entrée en vigueur du pass vaccinal est maintenant espérée pour le 15 janvier. Mais en quoi consiste le pass vaccinal ? Que va-t-il changer par rapport au pass sanitaire ? 

Qu’est-ce que le pass sanitaire ? 

Pour inciter les Français à se faire vacciner et minimiser les risques de contamination, un pass sanitaire a été instauré sur le territoire national depuis le 9 juin 2021. Il consiste en la présence numérique (sur l’application TousAntiCovid) ou papier, d’une preuve sanitaire du détenteur vacciné. Une preuve sanitaire est un certificat de double vaccination de moins de 7 mois, un certificat de double vaccination + rappel ou un test négatif de moins de 24h. Ce pass est obligatoire pour accéder à certains lieux de culture (théâtres, cinémas, musées) mais aussi aux restaurants, cafés, bars, maisons de retraite et certains centres commerciaux. 

Qu’est-ce que le pass vaccinal ? 

Le pass vaccinal est un document qui atteste que la personne a reçu toutes les injections du vaccin (deux doses puis rappel) contre le Covid-19. Dès l’âge de 12 ans, le pass vaccinal sera demandé, et les tests négatifs ne sont plus acceptés.  Ainsi, il permettra de se rendre dans un autre pays et dans certains lieux publics (événements sportifs ou culturels, musées et restaurants). Il sera également obligatoire dans les transports inter-régionaux (TGV, Intercités) mais pas dans les trains régionaux (TER, RER, métro, bus, transilien). Le passeport vaccinal ne fera pas état des tests négatifs ou des certificats de rétablissement au Covid. 

Pass vaccinal : pourquoi sa mise en place ? 

Efficace mais pas assez aux yeux du gouvernement, le pass sanitaire doit laisser sa place au pass vaccinal. Avec cette nouvelle mesure, le gouvernement vise à faire peser une contrainte plus importante sur les 5,3 millions de personnes non-vaccinées à l’heure actuelle en France, afin qu’elles se fassent vacciner. 

Lors d’une interview pour le Parisien, Emmanuel Macron charge sévèrement les Français qui n’ont encore reçu aucune dose, “les non-vaccinés, j’ai très envie de les emmerder”. Une stratégie du président de la République qui a pour but de mettre coûte que coûte la pression sur la vaccination. D’après les chiffres du Ministère des solidarités et de la santé, au 5 janvier 2022 79,10% de l’ensemble de la population française avait reçu au moins une première dose de vaccin contre le Covid-19. 

Monaco : qu’est-ce que le pass sérologique ?

Alors que le variant Omicron se répand dans le monde et que l’Europe est au sommet d’une nouvelle vague épidémique, une nouvelle méthode de lutte contre la propagation du virus va voir le jour à Monaco : le pass sérologique.

Pour lutter contre le Covid, la Principauté de Monaco a décidé de mettre en place une mesure complémentaire à la dose de rappel. Le pass sérologique, qui va bientôt entrer en vigueur, apporte de la souplesse à la prévention sanitaire et pourrait aider les restaurateurs et commerçants monégasques.

Monaco, une politique sanitaire unique

Ce n’est pas la première fois que le Rocher instaure des mesures innovantes en matière de lutte contre la propagation du SARS-CoV-2. Depuis le 9 novembre, l’accès au rappel vaccinal est ouvert à tous les résidents dès lors qu’ils ont été vaccinés depuis plus de 6 mois, et les discothèques ont été fermées trois semaines avant celles de l’Hexagone.

Retarder la troisième dose 

Cette fois-ci, le gouvernement princier met en place son « pass sérologique », qui permet aux personnes bénéficiant d’un certain nombre d’anticorps, de retarder leur troisième dose de vaccin. Au-dessus d’un seuil défini, vous êtes considéré comme protégé. En juin dernier, cette campagne de suivi sérologique des Monégasques et résidents, avait été mise en place par l’intermédiaire d’une prise de sang. Ce pass servira donc de pass sanitaire pendant deux mois pour les personnes concernées, à cause du nombre d’anticorps qui baisse au cours du temps.

Une mesure monégasque

La Principauté de Monaco s’apprête à communiquer un document délivré aux habitants justifiant d’un taux d’anticorps neutralisants assez élevé pour différer leur troisième dose de rappel. Cependant, ce pass ne sera valide qu’à l’intérieur des frontières monégasques, puisque les autres États ne l’ont pas encore reconnu. 

Pour le cas de la France, les tests sérologiques ne permettent pas de se dispenser d’une dose de rappel. Selon la Haute Autorité de Santé (HAS),  « nous n’avons pas de données suffisantes pour établir un corrélat qui dit ‘à partir de tant d’anticorps, vous êtes protégés contre le virus pendant tant de mois ».