Fonction Sûreté, vers un modèle centralisé

Les entreprises doivent s’adapter à quantité de nouveaux risques. Toujours plus centralisée, la fonction sûreté est en pleine transformation et devient maintenant une fonction stratégique au sein des entreprises.

« La sûreté est en pleine mutation » introduit l’étude du cabinet d’audit PwC. Basée sur des enquêtes et entretiens auprès d’une vingtaine d’entreprises dans le monde, aux secteurs d’activités variés, cette étude présente la manière dont les entreprises ont repensé et réorganisé leurs départements sûreté face aux évolutions stratégiques constatées. Alors qu’en 2017 les principales inquiétudes étaient d’ordre économique ou réglementaire, 2018 a marqué un réel changement : le terrorisme est passé de la 12e à la 2e place, les tensions géopolitiques de la 5e à la 3e et le cyber de la 10e à la 4e.

Centralisation, structuration et professionnalisation de la fonction sûreté

La plupart des entreprises interrogées pour l’étude ont apporté des changements dans la structure organisationnelle de leur département sûreté. PwC a identifié trois grandes tendances : « une centralisation, une structuration et une professionnalisation de la fonction ».

Plus de la moitié des entreprises de l’étude organisent une centralisation de leurs dispositifs sûreté, permettant une meilleure remontée d’informations, un meilleur pilotage et une amélioration de la visibilité pour les parties prenantes. 

La professionnalisation de la fonction se remarque par la diversité des profils travaillant au sein des directions sûreté.

Autrefois réduit à la sécurité des bâtiments et des voyageurs, le champ de compétences du Directeur Sûreté s’est élargi aux activités de sécurité de l’information, de la gestion de crise et de la continuité d’activité. Désormais, des experts en gestion de crise, en intelligence économique composent l’équipe sûreté. On constate également un rapprochement entre les départements sûreté et cyber-sécurité, auparavant très cloisonnés.

Enfin, le statut du Directeur Sûreté s’est crédibilisé et légitimé au sein des entreprises par son rattachement auprès d’un membre du comité exécutif. Le directeur de la sécurité est désormais un acteur à part entière de la stratégie d’entreprise.

Une caméra de vidéosurveillance intelligente?

Pour lutter contre le vol à l’étalage, la start-up japonaise Earth Eyes Corp a mis au point une caméra de vidéosurveillance intelligente, capable de traquer automatiquement les voleurs, avant même le passage à l’acte.

Il faut croire que notre corps trahit nos intentions. Développé depuis plus de trois ans par le géant japonais de télécom NTT East et la start-up Earth Eyes Corp, le dispositif AI Guardman, un système de caméra de surveillance combinée à une intelligence artificielle, analyse le langage corporel pour repérer les voleurs à l’étalage.

Une IA qui traque les voleurs

Mis au point par l’université Carnegie Mellon située à Pittsburgh, aux États-Unis, ce logiciel open source fonctionne selon une méthodologie simple. Les caméras de surveillance scrutent les entrées et les sorties des clients ainsi que les rayons. De son côté, l’IA compare les différents comportements avec une base de données qui regroupe les profils courants et les attitudes des voleurs, telles que regarder autour de soi, chercher l’emplacement des caméras et repérer les angles morts. Dès qu’un comportement douteux est identifié, la caméra envoie une alerte accompagnée d’une photo du suspect sur le smartphone du vendeur, ce qui lui permet d’agir rapidement.

Bien sûr, ce système a des limites. NTT East a admis que le dispositif commettait plusieurs « erreurs courantes ».

Les clients indécis qui prennent un article, le replacent en rayon puis le prennent à nouveau, ou bien les vendeurs qui réapprovisionnent les rayons sont souvent signalés comme suspects. La société n’a publié aucune statistique sur le taux d’erreur du logiciel. Un taux de toute façon difficile à estimer puisque l’intention réelle du client peut rester inconnue. Le vendeur peut avoir un effet dissuasif juste en allant proposer son aide au client repéré par AI Guardman.

Une baisse de 40% des vols à l’étalage

Selon le site japonais IT Media, les vols à l’étalage auraient diminué de 40%. Mais aucune vérification indépendante n’a été réalisée. Un porte-parole de NTT East a, quant à lui, annoncé un prix initial à près de 2 150 dollars pour la caméra, auxquels il faudra ajouter un abonnement mensuel de 40 dollars pour les services Cloud. L’opérateur télécom espère vendre sa solution à 10 000 boutiques.