Sclérose en plaques : comment savoir si on est atteint ?

Chaque année en France, 5000 nouveaux cas de sclérose en plaques sont diagnostiqués. Quelle est cette maladie ? Comment apparaît-elle ? Peut-on en guérir ?

La sclérose en plaques touche environ 5000 personnes en France chaque année et le mystère demeure quant à l’origine de la maladie et l’on ignore toujours comment en guérir. Mais récemment, des chercheurs ont identifié un virus qui pourrait bien être lié à la sclérose en plaques. On fait le point.

Qu’est-ce qu’est la sclérose en plaques (SEP) ? 

La sclérose en plaques est une maladie auto-immune du système nerveux central (la moelle épinière et le cerveau). En d’autres termes, cela veut dire que le système immunitaire, qui est impliqué dans la lutte contre les virus et les bactéries, s’emballe et attaque la myéline, une gaine protectrice des fibres nerveuses qui joue un rôle important dans les différentes parties du corps. La sclérose en plaques apparaît le plus souvent entre 20 et 40 ans.

Quels sont les premiers symptômes de la sclérose en plaques ? 

Les premiers symptômes observés de la sclérose en plaques varient selon l’emplacement des lésions dans le cerveau ou dans la moelle épinière. Ces signes peuvent être des fourmillements, des trouble moteurs, des trouble visuels ou urinaires, des trouble de l’équilibre, des faiblesses musculaires. L’évolution de la maladie et son expression sont extrêmement imprévisibles. Sans traitement, la sclérose en plaques peut évoluer et entraîner des handicaps pouvant conduire à perdre son autonomie, et à diminuer l’espérance de vie d’environ 5 à 10 ans. 

Peut-on guérir de la sclérose en plaques ? 

Malheureusement, il n’est pas encore possible de guérir de la sclérose en plaques mais à ce jour, des traitements permettent de traîter ces symptômes, ou de retarder la progression de la maladie. Mais récemment, des scientifiques de l’université d’Harvard ont découvert que la sclérose en plaques serait liée au virus Epstein-Barr (EBV), et qu’il pourrait déclencher cette maladie qui touche 100 000 personnes en France. Afin d’améliorer le quotidien des personnes qui en souffrent, il est également recommandé de faire de la rééducation. 

Don de plaquettes, comment ça se passe ?

Quand un patient perd du sang, les plaquettes formées dans la moelle osseuse contribuent à arrêter le saignement. On appelle ça la coagulation. Quotidiennement, une moelle osseuse produit des milliards de plaquettes, mais lorsque que l’on est atteint de maladies qui perturbent cette quantité de plaquettes tous les jours, des complications peuvent se créer pour le patient. C’est pourquoi la transfusion de plaquettes est primordiale pour ceux qui en ont le plus besoin. 

Dépakine : Sanofi responsable d’un manque d’information ?

Ce mercredi 5 janvier 2022, le tribunal judiciaire de Paris a reconnu coupable le groupe pharmaceutique français Sanofi dans l’affaire du Dépakine, médicament jugé dangereux pour le fœtus.

Après presque 5 ans de procédure, le tribunal judiciaire de Paris a estimé que Sanofi était coupable de “faute en manquant à son obligation de vigilance et à son obligation d’information”, et que l’action de groupe intentée contre lui était recevable. Concrètement, que cela signifie-t-il ?

Le Dépakine, qu’est-ce que c’est ? 

Utilisé à l’origine pour traiter l’épilepsie et les troubles bipolaires, le Dépakine peut avoir des effets secondaires graves : anomalies cardiovasculaires, troubles du spectre de l’autisme, retard de langage, chez les enfants dont les mères ont reçu ce médicament pendant la grossesse. En mai 2017, une procédure avait été lancée à l’initiative de l’Association d’aide aux parents d’enfants qui souffrent du syndrome de l’anti-convulsivant (Apesac) contre le laboratoire.

Dépakine : un risque multiplié par cinq ? 

D’après des chiffres de l’Agence Nationale de Sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), le valproate de sodium (principe actif du Dépakine) serait responsable de troubles neurodéveloppementaux chez environ 30 000 enfants et responsable de malformations chez approximativement 4000 enfants. 

Une première étape vers la Justice ?

Le tribunal de Paris ayant estimé “recevable” l’action de groupe présentée par l’association de victimes de la Dépakine contre le géant pharmaceutique – une première judiciaire en France dans le domaine de la santé depuis son autorisation en 2016 – les victimes du médicament ont 5 ans pour apporter leur pièce au dossier afin de demander réparation devant les tribunaux. Pour l’heure, Sanofi a annoncé son intention de faire appel, cependant, il faudra toutefois attendre la confirmation ou l’infirmation de cette décision pour que l’action de groupe puisse s’ouvrir. 

Maladie de Raynaud : êtes-vous concernés ?

Il fait froid, vos mains deviennent blanches et violettes et vos doigts sont engourdis, vous avez peut-être la maladie de Raynaud. 

Vous l’avez peut-être remarqué sur vous ou d’autres personnes, le froid engourdit les mains et les pieds, leur donnant parfois une teinte légèrement violette. Chez certains, ce phénomène est surmultiplié, ils ont certainement la maladie de Raynaud.

La maladie de Raynaud, qu’est-ce que c’est ?

L’hiver, quand les températures chutent, les vaisseaux sanguins situés dans les extrémités se resserrent, c’est un phénomène normal qui existe pour préserver au mieux la circulation sanguine dans les organes vitaux. Chez les personnes souffrant de la maladie de Raynaud, cette manifestation est plus importante et l’afflux sanguin dans les extrémités est quasiment bloqué. Résultat, les bouts des doigts sont blancs, les mains violettes, les doigts très engourdis. Quand on se réchauffe, les artères se rouvrent, le sang circule à nouveau dans les mains et les pieds et ces derniers deviennent alors rouge vif, provoquant parfois de légères douleurs. Plus rarement, le nez est également touché.

Le froid, seul responsable ? 

Cette maladie apparaît le plus souvent à l’adolescence chez les jeunes femmes, et touche seulement 6% des femmes entre 25 et 40 ans. Chez les hommes, on estime que seuls 3 à 12% en souffrent en France. Si le froid est le principal déclencheur des symptômes, d’autres facteurs peuvent être à l’origine de ces crises : exposition à l’humidité, stress, boissons caféinées ou encore tabac. Les conditions de travail peuvent également renforcer le risque de développer cette maladie, c’est le cas pour les personnes qui sollicitent leurs mains en permanence : carreleurs, musiciens, ouvriers qui sont amenés à utiliser des machines envoyant des vibrations dans les mains (marteaux-piqueurs), ou encore des employés de bureaux habitués à manipuler le clavier de l’ordinateur toute la journée. 

Ne pas confondre maladie de Raynaud et syndrome de Raynaud

En plus de la maladie de Raynaud, il existe également le syndrome de Raynaud : les symptômes sont les mêmes mais les causes sont différentes. Dans le syndrome de Raynaud, les problèmes de circulation aux extrémités sont provoqués par une autre maladie, comme la polyarthrite par exemple. Généralement, les manifestations arrivent chez des sujets plus âgés. Dans ce cas, il faut aller consulter un médecin car le problème peut-être grave.

Des solutions pour atténuer les effets

Si la maladie de Raynaud est gênante car elle diminue la motricité des extrémités, elle n’est pas dangereuse. Et rien ne permet d’en guérir à l’heure actuelle. On ne peut donc qu’essayer de se protéger du froid du mieux possible. Mis à part le port des gants qui est primordial, il est préconisé de se couvrir la tête (qui représente 30% de la chaleur du corps), d’utiliser des chaufferettes à mettre dans ses poches et de porter des chaussettes chauffantes. Des vasodilatateurs ou une dose de 100 mg d’aspirine favorisent la circulation sanguine et permettent de passer un hiver plus confortable. Si vous vous reconnaissez dans les descriptions précédentes, consultez votre médecin.

La polyarthrite rhumatoïde, une maladie dont on ne guérit pas

La polyarthrite rhumatoïde est l’affection la plus grave qui puisse toucher nos articulations. Elle est pourtant mal connue et mal traitée.

Invisibles chez certains malades, mal connue, mal traitée, mal diagnostiquée, la polyarthrite se fait discrète. Pourtant, elle touche près de 200 000 personnes en France. Le manque de connaissance entraîne parfois des situations ubuesques de malades pris en dérision malgré leur grande souffrance. On fait le point sur cette maladie grave mais méconnue. 

Qu’est ce que la polyarthrite rhumatoïde ? 

Il s’agit d’une maladie inflammatoire des articulations. Elle se manifeste sous forme de période asymptomatique avec des poussées de crises articulaires plus ou moins longues. 

Cette maladie est auto-immune. Concrètement, le malade fabrique des auto-anticorps qui attaquent la membrane synoviale protégeant les articulations. Lors d’une poussée de la maladie, la membrane synoviale s’enflamme. L’inflammation entraîne une production excessive de liquide synovial, qui épaissit la membrane. L’augmentation du volume dû à l’inflammation détruit les structures alentour : le cartilage, l’os, les tendons, les ligaments. 

La maladie se propage d’abord au niveau des petites articulations comme les doigts et les orteils. Elle se diffuse ensuite progressivement vers des articulations plus grandes, comme celles des épaules et des hanches. Les traitements permettent d’éviter que la maladie touche les autres articulations. 

Quelles sont les causes de la maladie ?

C’est d’abord un dérèglement du système immunitaire qui entraîne le développement d’une polyarthrite rhumatoïde. Ce système, censé protéger la personne, crée des anticorps qui attaquent ses propres cellules et les lymphocytes responsables de l’inflammation dysfonctionnent. 

Parmi les autres causes de la polyarthrite, les médecins établissent clairement l’existence d’une prédisposition génétique. La maladie peut être imputée à certains gènes qui se transmettent à l’enfant et s’activent à l’âge adulte. Des facteurs aggravants sont aussi établis, notamment le tabagisme. La maladie est également plus susceptible de se déclarer après des événements intenses comme un deuil, une séparation, un accouchement. 

Quelles personnes sont le plus fréquemment atteintes ? 

La polyarthrite rhumatoïde touche 0,3 à 0,8 % de la population française adulte, soit environ 200 000 personnes. Le profil du malade est une femme agée de 40 à 60 ans, fumeuse, avec un parent ayant le gène de la maladie. Car la polyarthrite est rarement diagnostiquée avant 30 ans, et encore moins dans l’enfance. Selon l’Assurance Maladie, les femmes sont deux à trois fois plus touchées que les hommes. 

Quels sont les premiers symptômes ?

Le diagnostic de la maladie se fait généralement après que le patient a constaté des symptômes précis. Lors des poussées, les articulations sont sensibles voire douloureuses. La douleur est plus vive le matin, la nuit et généralement après un repos prolongé. La personne peut avoir une sensation de raideur persistante dans tout le corps après s’être réveillée. Une poussée peut également entraîner l’oedème d’une articulation. Contrairement à l’arthrite, le gonflement des articulations est symétrique. Les deux mains, le plus souvent au début de la maladien peuvent subitement gonfler. Enfin, la polyarthrite occasionne une fatigue très intense, elle peut par moment être accompagnée de fièvre. 

Sur le long terme, comment évoluent les symptômes ? 

Plus la maladie évolue, plus les poussées s’intensifient. Les symptômes restent globalement les mêmes que les premiers mais ils augmentent en durée et en ressenti. Par la suite, il devient plus difficile d’utiliser ou de bouger normalement les articulations atteintes. D’ailleurs le nombre d’articulations atteintes augmentent, passant en moyenne de quatre en début de maladie à six, huit ou encore dix selon l’évolution du patient. Dans certains cas, la polyarthrite peut déformer les articulations. Des petites bosses dures, des nodules rhumatoïdes, se forment sous la peau près des articulations des mains. 

La gravité de la maladie peut être telle que le malade se retrouve handicapé, paralysé de certains membres. L’autre risque de la polyarthrite réside dans sa chronicité. Les douleurs restent toujours présentes même si elles tendent à être diminuées par les traitements. En plus des douleurs, les contraintes de la maladie sont difficilement supportables.

De ce fait, l’état du malade peut se détériorer psychiquement. La dépression est une comorbidité fréquente.

Est-ce une maladie invalidante ? 

Oui, la polyarthrite est une maladie invalidante. Les douleurs ressenties peuvent être telles que le malade se retrouve en incapacité de travailler en période de crise. Au quotidien, la polyarthrite contraint le malade à adopter une hygiène de vie stricte pour éviter d’aggraver ses symptômes. La fatigue qui s’ensuit peut être sous-estimée mais elle est bel et bien réelle et très prenante. Enfin, dans les cas de polyarthrites avancées ou agressives, la personne peut se retrouver en situation d’invalidité, notamment en raison d’une trop grande destruction des articulations entraînant une potentielle paralysée de la zone concernée. 

Peut-on guérir de la polyarthrite rhumatoïde ? 

A ce jour, il n’existe pas de cas totalement avéré de guérison. Au mieux et dans de rares cas, les médecins ont constaté une rémission complète prolongée. Les recherches continuent dans le but de traiter définitivement la maladie. Pour le moment, la rémission est le mieux que peut espérer un patient. En revanche, il est important de préciser que la rémission signifie que la maladie est en sommeil. Les rechutes restent possibles. 

Quels sont les traitements à suivre ? 

Les traitements ne servent pas pour le moment à guérir, mais à contrôler le développement de la maladie et obtenir une rémission de longue durée. 

Les médecins ralentissent la progression de la polyarthrite en administrant un immunosuppresseur, le méthotrexate, en prise hebdomadaire. Ce traitement permet de contrer le déséquilibre immunitaire pour ralentir les inflammations articulaires et in fine la destruction des articulations. Le traitement permet aussi à certains patients de moins souffrir des poussées de la polyarthrite.

Toutefois, en parallèle de ce traitement, les malades reçoivent quand même des antalgiques, pour réduire au maximum leur douleurs. Malheureusement, les patients les plus atteints peuvent ne plus ressentir les effets du paracétamol, des anti-inflammatoires non stéroïdiens, ou des petites doses de cortisone. Ils sont alors contraints de recevoir des infiltrations locales de corticoïdes. 

Comment la chirurgie peut-elle aider ?

La chirurgie est une solution thérapeutique pour prévenir l’apparition d’un handicap. Préventivement, le chirurgien peut décider de retirer une partie ou l’intégralité de la membrane synoviale. Une fois que la maladie est avancée, la chirurgie sert surtout à réparer les dégâts. Ainsi, les malades peuvent subir une intervention chirurgicale de réparation des tendons, des ligaments. Dans les cas les plus avancés, la pose d’une prothèse afin de remplacer une articulation détruite s’avère être le dernier moyen d’échapper au handicap. 

Congés maladies des libéraux, la fin de l’injustice ?

L’Assemblée nationale examine un projet de loi visant à mettre en place un congé maladie uniformisé pour les professions libérales. 

Dans les prochains jour le Parlement se prononcera sur cette éventualité. L’instauration de congés maladies pour les libéraux concernerait 1 million de français. 

Quelle est la situation des libéraux en cas de maladie ? 

Qu’ils soient dentistes, médecins, vétérinaires, infirmiers, notaires, auto-entrepreneurs, ils n’ont pas le droit à des indemnités journalières s’ils sont placés en arrêt maladie. 

En réalité, les indemnités ne peuvent être versées qu’après une carence de 90 jours. En clair, un professionnel libéral doit attendre son 91ème jour d’arrêt avant de toucher une compensation financière. A titre de comparaison, un salarié du privé accède à ses indemnités après un délai de carence de 3 jours. Pour couvrir ce délai, les professionnels recourent donc à des contrats de prévoyance individuels. 

La situation de ces particuliers a été mis en exergue lors du confinement. L’État a exceptionnellement indemnisé les libéraux qui ont contracté la Covid-19 et ont dû s’arrêter de travailler. Le projet de loi répond donc à ce besoin, en créant un nouveau régime avec un financement spécifique. 

Quelle indemnité journalière pour les libéraux ?

Pour mettre en place cette indemnisation, les cotisations des libéraux devraient augmenter. Le texte prévoit un supplément de cotisation qui fera l’objet d’un plafond, fixé par décret.

Toutefois, le système resterait avantageux selon Michel Picon, président de l’Union nationale des professions libérales (UNAPL). « Ces cotisations sont mutualisées sur plus d’un million de professionnels libéraux, ce qui permet d’avoir une cotisation plus faible », indique-t-il. Aussi, le taux devrait copier celui des artisans (soit 0,85 % du revenu fiscal) selon des déclarations de Michel Picon, relayées par Le Parisien. Quant à l’indemnité journalière, toujours selon le président de l’UNAPL, elle se situerait entre 50 et 60 euros, après une carence de 3 ou 7 jours. 

Dans le cadre de la crise sanitaire, la mesure est jugée comme nécessaire. En effet, des libéraux de santé contaminés continuent d’exercer pour éviter une perte financière. Le chirurgien-dentiste Alain Dary, témoigne de la nécessité de la mesure pour FranceInfo. « Si je tombe malade aujourd’hui, je n’ai absolument rien qui va m’aider à pouvoir payer toutes les charges de mon cabinet, sans parler des personnels. Ce projet de loi nous rendrait justice »

Le Parlement rendra-t-il “justice” aux libéraux ? Les députés se prononceront au plus tard ce mardi 27 octobre.