Les jeux vidéo seraient-ils un allié santé ?

Alors que le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, a averti hier de l’augmentation des dépressions de l’ordre de 20%, une étude d’Oxford explique que les jeux vidéo sont bons pour notre moral. 

Selon l’étude de la célèbre université britannique, les jeux vidéo seraient bénéfiques pour notre santé mentale. Un constat loin des conclusions de l’OMS qui reconnaît l’addiction aux jeux vidéo depuis 2018. Mais malgré cet aspect, les jeux vidéo peuvent contribuer à la santé. On fait le point.

Quel lien existe-t-il entre jeux vidéo et santé mentale ?

L’étude d’Oxford innove en s’appuyant non sur le temps de jeu rapporté mais sur le temps de jeu réel fourni par deux géants de l’industrie, Electronic Arts et Nintendo. Les chercheurs ont analysé les comportements de 3 274 joueurs et les ont interrogés. Seuls deux jeux vidéo ont été choisis dans le cadre de l’étude, Plants Vs Zombies : La Bataille de Neighborville et Animal Crossing: New Horizons.  Conclusion ? « Contrairement aux craintes répandues selon lesquelles un excès de temps passé à jouer mène à une addiction et à une santé mentale affectée, nous avons trouvé une petite corrélation entre le jeu et le bien-être » résument les auteurs de l’étude Matti Vuorre et Andrew Przybylski. 

Les raisons sont multiples. Le joueur associe le temps de jeu à un bien-être. Mais les expériences qu’il vit par le jeu procurent davantage encore de bien-être, impactant positivement sa santé mentale. Qui plus est, Martin Vuorre explique aussi à l’AFP  » que les jeux en ligne offrent une alternative satisfaisante aux rencontres en face-à-face en cette période exceptionnelle » de confinement. Selon l’enquête réalisée, les joueurs d’Animal Crossing, avec quatre heures de jeu, se disent plus heureux. Et les résultats sont sensiblement les mêmes pour les deux jeux utilisés de genres différents.

Mais les deux jeux s’apparentent des dessins animés colorés. Ils ne sont pas non plus jugés violents. Selon Martin Vuorre, « des études ultérieures seront l’occasion d’étudier un plus vaste échantillon de genres. » Toutefois, il faut noter que les résultats ne sont pas les mêmes en fonction de la manière d’appréhender le jeu. Si les bénéfices sur la santé mentale sont clairs pour un joueur qui ressent un réel plaisir à jouer, ce n’est pas le cas pour un joueur qui utilise le jeu comme une échappatoire au monde réel. 

D’autres études abondent dans le sens de l’étude d’Oxford. L’étude menée aux États-Unis par WePC, s’intéresse aux gamers occasionnels qui jouent maximum 10h par semaine. Les trois quarts déclarent jouer à la console afin de préserver leur santé mentale. Trois sur dix affirment jouer pour rester actifs mentalement. Une troisième étude de The American Physiological Association démontre que tous les gamers ne sont pas dépendants. La dépendance aux jeux vidéo ne serait pas un problème majeur. Bien que l’étude précise qu’un enfant sur 10 peut faire face à des conséquences graves qui surviennent plus tard dans la vie. Sarah Coyne, principale auteure de cette dernière étude, conclut “qu’il y a des choses merveilleuses dans les jeux vidéo” et que “l’important est de les utiliser de manière saine et de ne pas être aspiré dans des niveaux pathologiques.”

Les jeux vidéo améliorent-ils d’autres aspects de nos vies ?

Malgré la mauvaise réputation de certains jeux vidéo, la science et la médecine s’intéressent de plus en plus à ce qu’ils nous apportent. Le moins que l’on puisse dire est que les jeux vidéo musclent nos cerveaux. Des chercheurs allemands ont conduit une étude sur un panel de jeunes d’environ 25 ans en moyenne. Ils ont joué 30 minutes par jour à Super Mario 64. Résultat ? Les cellules grises des joueurs ont augmenté dans l’hippocampe droit, le cortex préfrontal droit et le cervelet. Ces résultats révèlent un lien entre jouer aux jeux vidéo et une augmentation du volume du cerveau. Concrètement, cela prouve que certaines zones spécifiques du cerveau peuvent s’exercer grâce aux jeux vidéo. 

Exercer le cerveau, c’est ce qu’on fait des chercheurs italiens à Padoue. Ils ont fait jouer des enfants dyslexiques à Rayman contre les Lapins Crétins. Les enfants de 7 à 13 ans qui ont joué à ce jeu très rapide ont eu plus de facilité à lire rapidement. Et avec moins de fautes, que les autres enfants jouant à un jeu plus lent. L’hypothèse des chercheurs tend à expliquer ces résultats par un accroissement de la capacité d’attention indispensable pour un jeu d’action comme Rayman. 

Et les enfants ne sont pas les seuls à pouvoir améliorer leurs compétences grâce aux jeux vidéo. Les jeux sont bénéfiques pour le cerveau à tout âge, même chez les personnes âgées. L’université de l’Iowa a conduit une étude sur 681 personnes âgées de 50 ans et plus. Un groupe jouait, pendant cinq à huit semaines, à un jeu informatique intitulé « Road Tour » qui demande de la rapidité, de la mémoire et une bonne coordination. L’étude s’avère fructueuse puisqu’au vu des améliorations de certaines fonctions mentales, les chercheurs ont conclu que jouer à des jeux de stimulation deux heures par semaine suffirait à ralentir le degré du déclin mental associé au vieillissement naturel. A partir de 10 heures à jouer à certains jeux vidéo, le déclin naturel de différentes compétences cognitives peut être retardé jusqu’à sept ans. 

Bref, en cette période de confinement, la console est une fidèle amie qui nous fait du bien. Alors, vous n’avez vraiment plus de raison d’y résister surtout si c’est pour muscler vos méninges.