Acheter des médicaments en ligne : les dangers

Le gouvernement prévoit d’assouplir les conditions de vente en ligne des médicaments sans ordonnance, la colère des pharmaciens français.

Pour le secteur de la pharmacie, ce pourrait être une petite révolution. Présenté le 5 février en conseil des ministres, un projet de loi prévoit d’assouplir les conditions de vente en ligne des médicaments sans ordonnances via la création de plateformes de e-commerce.

Une proposition qui a déclenché la colère des pharmaciens qui dénoncent une volonté de « casser leur monopole ».

Pour rappel, la vente en ligne de médicaments est aujourd’hui autorisée mais extrêmement encadrée. Un pharmacien peut ouvrir un site Internet et expédier les médicaments à condition qu’il dispose d’un stock adossé à son officine. Ce qui limite de fait le nombre d’acteurs, mais également le développement de l’activité sur Internet.

Des médicaments vendus par Amazon?

Demain, la donne pourrait changer. Si le projet de loi est adopté, plusieurs pharmacies auraient la possibilité de se regrouper pour créer un site internet et stocker les médicaments sur un site distant.

Si les géants de l’e-commerce, type Amazon, veulent s’associer à un ou plusieurs pharmaciens diplômés, ils pourront le faire et se lancer dans la vente en ligne de médicaments, un marché prometteur qui représente 2 milliards d’euros.

Inadmissible pour Gilles Bonnefond, président de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO) qui craint d’être confronté à un nouveau système sans « réelle régulation » dans lequel le pharmacien n’aura plus aucun regard sur l’opération.

Manque de traçabilité et de sécurité

La création de grandes plateformes mutualisant les stocks de plusieurs officines, non contrôlables par chaque pharmacien titulaire, pose un problème de traçabilité et de sécurité. Le ministère de la Santé indique que cet assouplissement de la réglementation de la vente sur Internet « est une condition nécessaire au développement de la vente en ligne, notamment dans les zones urbaines où le foncier est plus rare et cher ». La plateforme sera rattachée à la licence d’une officine et placée sous le contrôle du pharmacien.

L’Union de syndicats de pharmaciens d’officine (USPO) a adressé un questionnaire à 25.000 pharmaciens en France. En seulement trois jours, 90% des réponses reçues sont hostiles à l’ouverture aux plateformes et les professionnels se disent prêts à se battre.