Les élections sont-elles nocives pour la santé ?

Les élections américaines occupent l’actualité. Les déclarations enflammées, les conflits, la masse d’informations en temps réel ont un effet sur la santé des électeurs.

Le résultat d’une élection peut décider de la politique de tout un pays. Il est logique que cela puisse représenter une source de stress chez certains électeurs. Le duel Donald Trump contre Joe Biden aura un impact sur le moral des Américains, mais pas que.

Le cœur souffre-t-il pendant une élection ? 

Une étude du 12 octobre 2020 publiée dans la revue américaine PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences) montre un impact significatif des élections sur la santé. 

Les chercheurs se fondent sur les données d’hospitalisations de 2016, une semaine avant l’élection et après. Les résultats sont sans appel. Au moment des élections, les AVC et les infarctus augmentent. 

Grâce à l’analyse des données hospitalières sur les deux jours suivant le scrutin, l’étude montre 61% d’hospitalisations supplémentaires pour des maladies cardiovasculaires. Toujours sur les deux jours faisant suite à l’élection, le taux de crise cardiaque a augmenté de 67%. Pour les AVC, les chercheurs notent une croissance de 59%. 

Du fait de cette découverte, les auteurs de l’étude incitent les responsables et professionnels de la santé à considérer dans leur suivi l’impact potentiel des élections sur la santé de la population. 

Santé qui est d’autant plus mise à mal si l’on se trouve du côté du perdant.

La santé mentale est-elle fragilisée en cas de défaite ?

Les élections de 2016 ont permis d’apprendre beaucoup sur leur impact. Les pro-Hillary Clinton de l’époque, interrogés dans le cadre d’une étude, ont notamment parlé de leur anxiété, de leur tristesse, allant jusqu’à la dépression. 

Les universités de  l’UC San Francisco et de Duke ont collaboré pour publier dans le Journal of General Internal Medicine leur étude sur la santé mentale post-élections. 

Les chercheurs sont partis de deux enquêtes, réalisées avant et après les élections de novembre 2016, qui ont révélé qu’environ 50% des Américains considèrent les élections comme une source importante de stress. Dans leur propre étude, Les universités ont prouvé qu’être dans le camp du perdant nuit plus encore à l’équilibre mental. Les chercheurs révèlent que les habitants des Etats pro-Hillary Clinton ont subi plus de problèmes, de stress et de dépression. Parmi les 499 201 participants, les démocrates ont déclaré davantage de journées de mal-être après les résultats. En octobre 2016, les électeurs démocrates déclarent 3,35 mauvais jours. En décembre 2016, le nombre de mauvais jours avoisine quatre, passant à 3,85.

Et en France, les élections déclenchent-elles autant d’émois ?

Chez nous, aucune étude n’a établie de corrélations entre l’élection présidentielle et des problèmes de santé. Aussi, il est bien difficile de savoir si nous sommes autant affectés que les Américains au moment des élections. 

Le psychiatre Jean-Roger Dintrans, témoignait en 2017 à ce sujet sur le site atlantico.fr. Selon ce spécialiste, notre stress est comparable à celui ressenti par les Américains. Cette anxiété chez nous serait également le fruit des discours, notamment ceux des extrêmes. Jean-Roger Dintrans explique que les discours des extrêmes, qui divisent et dénient des réalités sociales, entraînent une confusion et une inquiétude, sources de stress.