SignAloud : les gants qui passent le mur du son

Manque de compréhension, difficulté à s’intégrer… malheureusement pour les personnes malentendantes, peu de gens parlent la langue des signes. Afin de remédier à ce problème, deux étudiants ont inventé un gant révolutionnaire.

Deux étudiants de l’université de Washington ont conçu un gant intelligent qui traduit la langue des signes en texte ou en sons, grâce au contrôle gestuel. Zoom sur le SignAloud, l’innovation qui passe le mur du son.

Transformer la langue des signes en langage audible

Équipé de capteurs de mouvements, ce gant enregistre les gestes de l’utilisateur et les transmet par Bluetooth à un ordinateur. Grâce à un logiciel conçu pour reconnaître les gestes en langue des signes, ces données sont traduites instantanément en paroles. “Nous pensons que la communication est un droit humain fondamental” expliquent Navid Azod et Thomas Pryor, les deux inventeurs de ce bel outil, récompensés par le prix national Lemelson-MIT (Massachusetts Institute of Technology). 

Intégrer les malentendants

“De nombreux outils de traduction de la langue des signes ne sont pas adaptés pour un usage quotidien. Notre dispositif est assez léger pour envisager une utilisation quotidienne” précisent les deux étudiants, qui souhaitent intégrer les personnes sourdes et malentendantes dans la vie sociale et professionnelle. Elles sont en effet trop souvent exclues du marché du travail à cause de leurs difficultés à pouvoir échanger avec les personnes autour d’elles.

Actuellement, ce nouveau dispositif ne fonctionne qu’en langue des signes américaine, mais les deux fabricants espèrent pouvoir en ajouter d’autres. De plus, ce n’est encore qu’une invention en phase de prototypage, il faudra être patient avant que le SignAloud n’arrive en magasin.

“Revolve Air” : le fauteuil roulant réinventé

Que ce soit pour prendre la voiture, le train ou encore l’avion, les voyages pour les personnes en situation de handicap moteur sont rendues difficiles par le manque d’accessibilité. Cela pourrait-il changer grâce à la nouvelle innovation “Revolve Air” ?

Inventée par Andrea Mocellin, fondateur de Revolve Wheel, le progrès de l’accessibilité mobile continue ! Cette année, l’entrepreneur italien propose un concept ultra moderne : un prototype de fauteuil roulant adapté aux restrictions des bagages cabine.

“Revolve Air”, une avancée révolutionnaire 

Aujourd’hui, une personne en fauteuil roulant doit arriver à l’aéroport avant tout le monde et quitter l’avion en dernier. Il faut enregistrer son fauteuil roulant comme bagage en soute, demander un fauteuil temporaire et disposer d’une assistance pour monter à bord… C’est en moyenne 3 heures de perdues dans un voyage simple régulier en avion. Pour Andrea Mocellin, continuer de concevoir la mobilité pour améliorer le quotidien des gens est fondamental : “Ma motivation est toujours d’améliorer la mobilité dans la vie quotidienne et la façon dont les personnes handicapées ou non se déplacent”. 

En apparence, le fauteuil est de taille classique et muni de roues et de cadres en fibre de carbone. Qu’est-ce qui change vraiment ? La possibilité de replier les roues, un système aussi facile que “replier un parapluie” selon Andrea Mocellin. Un gain de place non négligeable, car avec cette nouvelle aide technique, le fauteuil occupe 60% de place en moins qu’un modèle ordinaire et peut rentrer dans les limites de tailles autorisées pour les bagages en cabine (soit 55x35x25cm en France) 

“Revolve Air”, temps optimisé et indépendance 

Grâce à ce modèle, plus besoin d’enregistrer son fauteuil avant le vol, fini les longues attentes à l’aéroport pour attendre son bagage. Au-delà du gain de temps, le “Revolve Air” a d’autres avantages : sa version finale devrait peser seulement 9 kilogrammes. 

Un poids en moins et un sentiment de liberté pour ses utilisateurs qui peuvent s’occuper eux-mêmes de leur fauteuil pour encore plus d’indépendance, ce qui est rarement le cas quand on est en situation de handicap moteur. C’est ce que son créateur explique lors d’une interview pour la presse allemande : “Ce n’est pas seulement le design, mais aussi l’expérience qui fait le succès d’un produit. Mon rêve est de créer un véhicule qui fasse partie de l’instinct humain et qui soit complètement intuitif à utiliser, sans avoir besoin d’instructions ou d’un manuel d’utilisation.”

“Revolve Air”, une commercialisation prévue pour 2022 

Actuellement à la recherche d’investisseurs et de partenaires pour faire tester ce fauteuil moderne à des clients potentiels, l’innovation “Revolve Air” fait déjà l’objet d’un brevet. Son élaborateur a pour ambition de commercialiser ses premiers modèles d’ici l’année prochaine. À suivre ! 

La journée mondiale du handicap

Vendredi 9 octobre, c’est la journée mondiale du handicap, l’occasion de faire le point sur la situation des personnes handicapées en France.

En France il y a entre 8 et 11 millions de personnes en situation de handicap. Derrière ce nombre élevé, on trouve de nombreuses typologies de handicaps. Pour comprendre le handicap, il faut donc définir ce que c’est.

Le handicap, c’est quoi ?

Dans la loi « pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées » du 11 février 2005, la France définit le handicap comme suit : “Constitue un handicap, au sens de la présente loi, toute limitation d’activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d’un polyhandicap ou d’un trouble de santé invalidant.

Le handicap concerne donc les personnes ayant une invalidité physique ou psychique leur posant un problème pour la vie en société, que ce soit d’ordre privé ou professionnel.

Quelles sont les mesures prises pour les handicapés ?

Il existe de nombreuses mesures dans la loi pour favoriser l’intégration des personnes en situation de handicap dans la vie civile et professionnelle. 

  • Obligations de l’employeur

Depuis la loi du 10 juillet 1987, les entreprises de plus 20 salariés doivent employer 6% de travailleurs handicapés. Les conditions pour être considéré comme travailleur handicapé sont expliquées sur le site du gouvernement. En cas de non-respect de cette obligation légale, l’employeur est tenu de verser une contribution annuelle à l’Agefiph pour le secteur privé et à la FIPHFP pour le secteur public en fonction de la taille de l’entreprise et du nombre d’employés.

  • Aides de l’état

Les personnes en situation de handicap bénéficient de l’Allocation aux Adultes Handicapés selon certains critères que vous pouvez retrouver ici. Cette aide est accordée sur décision de la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées et peut être cumulée avec d’autres aides.

  • Le handicap et le sport

Le sport étant un moyen d’intégration très efficace, la mission sport et handicaps du ministère des Sports “contribue au développement des activités physiques et sportives en direction des personnes en situation de handicap au sein des associations sportives.” Vous pouvez retrouver les actions de la mission sport et handicaps sur cette page du ministère des Sports.

Les manques

Si de nombreux efforts sont effectués depuis plusieurs années en faveur de l’intégration des personnes en situation de handicap, il reste encore du chemin à parcourir. Dans la rénovation des bâtiments notamment, car les anciennes constructions ne sont pas aux normes pour accueillir des handicapés. Rampes d’accès, ascenseurs, largeur des couloirs, etc… de très nombreux immeubles sont inaccessibles aux personnes à mobilité réduite. Dans le domaine du sport également, les Jeux Paralympiques sont toujours relégués au second plan et n’auront pas lieu en même temps que les Jeux Olympiques en 2024 à Paris.

Pour savoir comment aider les personnes à mobilité réduite à évacuer un bâtiment lors d’un incendie, vous pouvez regarder notre vidéo sur BornSafety.com.

Congé de proche aidant, mode d’emploi

Le congé de proche aidant remplace le congé de soutien familial depuis 2017. Il permet de cesser temporairement son activité professionnelle pour s’occuper d’une personne handicapée ou en perte d’autonomie.

Le nouveau congé permet de mieux concilier vie professionnelle et accompagnement du proche. Le projet de budget 2020 de la Sécurité sociale envisage de le rémunérer à l’avenir par une prestation sociale.

Quelles conditions pour obtenir le congé de proche aidant ?

Le congé de proche aidant est ouvert à tout salarié. La personne accompagnée peut être le conjoint (compagnon, partenaire de Pacs, concubin/e), un ascendant, un descendant dont le salarié assume la charge au sens des prestations familiales, un collatéral (frère ou sœur, oncle ou tante, cousin germain, neveu ou nièce). Il peut s’agir enfin d’une personne âgée ou handicapée avec laquelle le salarié réside ou avec laquelle il entretient des liens étroits et stables, à qui il vient en aide de manière régulière et fréquente. Le salarié intervient à titre non professionnel pour accomplir tout ou partie des actes ou des activités de la vie quotidienne. La personne aidée doit résider en France de façon stable et régulière.

Quelle durée pour le congé de proche aidant ?

À moins que la convention collective de branche ou l’accord collectif d’entreprise ne contienne des dispositions plus favorables, la durée du congé est limitée à trois mois. Il peut cependant être renouvelé jusqu’à un maximum d’un an sur l’ensemble de la carrière du salarié.

Comment demander un congé de proche aidant ?

Le congé est pris à l’initiative du salarié. La demande est adressée au moins 1 mois avant la date de départ en congé envisagée sauf urgence ou situation de crise.

L’employeur ne peut pas refuser le congé, sauf si le salarié ne remplit pas les conditions. Le salarié peut contester le refus de l’employeur par la saisine du conseil de prud’hommes (CPH).

Quelle est la situation du salarié pendant le congé ?

Le salarié ne peut exercer aucune autre activité professionnelle pendant la durée du congé. Le projet de loi de Sécurité sociale pour 2020 prévoit de rémunérer ce congé à hauteur de 43,52 € par jour pour une personne en couple et de 52 € pour une personne seule pendant une durée maximum de trois mois pour l’ensemble de la carrière de l’aidant. Cette indemnité sera versée par les organismes sociaux, la Caisse d’Allocations Familiales ou la MSA pour les agriculteurs et ouvrira droit à la retraite. Cette prestation sociale entrera en vigueur en octobre 2020.

Travailleur handicapé : quelles sont les règles?

Toute entreprise composée d’au moins 20 salariés doit employer des personnes en situation de handicap dans une proportion de 6 % de l’effectif total. Une réforme entrée en vigueur le 1er janvier 2020.

Selon la loi, tout employeur disposant d’au moins 20 salariés (à temps plein ou partiel) a l’obligation d’employer des travailleurs en situation de handicap à hauteur de 6 % minimum de l’effectif total de l’entreprise. Depuis 2006, le secteur public est concerné par cette obligation au même titre que le service privé.  Les entreprises nouvellement créées, ou celles dont le nombre de salariés a tout juste atteint les 20 personnes, disposent quant à elles d’un délai de 3 ans pour respecter cette obligation. Pour le cas particulier des entreprises de travail temporaire ou les groupements d’employeurs, seuls les salariés permanents sont pris en compte dans le calcul. 30 ans après sa mise en place, cet objectif n’est toujours pas atteint : aujourd’hui, le taux d’emploi direct dans le secteur privé est de 3,5 % et ne progresse que de 0,1 % par an.

Non-respect de l’obligation

Si une entreprise ne respecte pas la loi, elle s’expose à une sanction lourde : le paiement d’une contribution annuelle à l’association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées (AGEFIPH). Le montant de cette sanction atteint : 400 fois le Smic horaire dans les entreprises de 20 à 199 salariés, 500 fois le Smic horaire dans les entreprises de 200 à 749 salariés et 600 fois le Smic horaire dans les entreprises de 750 salariés et plus. Elle peut atteindre 1500 fois le SMIC horaire si elle n’est pas respectée après un délai de 3 ans.

Accessibilité des locaux

Depuis le 1er janvier 2007, toutes les constructions de nouveaux bâtiments ou aménagements d’anciens locaux doivent respecter les règles d’accessibilité sous peine d’amende et/ou de prison en cas de non-respect.

Ces règles prévoient une certaine facilité à circuler aux abords et au sein de l’entreprise, et comprennent notamment : une place de parking réservée, des toilettes réservées, une rampe en complément des escaliers, et toute mesure devant être prise pour les personnes atteintes de cécité, surdité ou tout autre handicap.

Licenciement des salariés handicapés

Naturellement, un employeur ne peut pas licencier en raison du handicap. Le travailleur handicapé peut en revanche faire l’objet d’une procédure de licenciement de droit commun. La durée de préavis diffère du régime général et sera doublé à concurrence de 3 mois dans ce cas.

Dans le cas particulier d’un handicap survenu durant l’exécution du contrat de travail, le salarié bénéficiera des dispositions relatives au licenciement pour inaptitude : une obligation de reclassement à un poste adapté à la nouvelle situation ou, si ce n’est pas possible, une indemnité supérieure à celle du licenciement pour insuffisance professionnelle ou faute simple.

Maladie grave : que dire au travail?

Dans un monde du travail qui valorise la performance et la réussite, évoquer ses ennuis de santé n’est jamais facile. Faut-il prévenir votre employeur ? Quels sont vos droits ?

Peur d’être rejeté par vos collègues, de passer à côté d’un poste ou d’une promotion… Parler ou se taire, c’est avant tout une question de confiance. Légalement, rien n’oblige un salarié à parler de son diabète, de sa séropositivité ou de son cancer à son employeur. Même après un arrêt-maladie prolongé, vous n’êtes pas tenu de répondre à des questions indiscrètes, le secret médical prime. Aujourd’hui, il est difficile pour 55% des salariés touchés par le cancer de révéler leur maladie (contre 73% en 2013). Les perceptions de la société et des malades évoluent. 

Pourquoi et à qui annoncer votre maladie ? 

Il est conseillé de faire part de votre maladie uniquement à des personnes de confiance qui respectent votre droit à la confidentialité : employeur, collègue proche ou médecin du travail. En cas de mauvaise entente avec votre employeur ou de restructuration de l’entreprise, il vaut mieux ne rien dire afin d’éviter un licenciement, non pas pour maladie, mais économique.

Lorsque vous vous sentez prêt à parler de votre maladie, il est nécessaire de savoir ce dont vous voulez parler. En apprenant la nouvelle, certaines personnes peuvent être empathiques, d’autres peuvent tenir des propos sinistres ou fuir. La curiosité ou la bienveillance poussent parfois à poser trop de questions. Fixez des limites dès l’annonce de votre maladie afin d’être plus serein.

Parler de sa maladie peut être parfois utile, elle peut permettre la reconnaissance en tant que travailleur handicapé.

En outre, si vous risquez de faire des crises (épilepsie), il est préférable que quelqu’un soit au courant pour savoir comment vous aider.

Malheureusement, certaines maladies entraînent encore rejet et discriminations. C’est le cas du sida, par exemple. D’après l’association Sidaction, 50% des personnes annonçant leur séropositivité au travail perdent leur emploi dans les six mois qui suivent. 

Comment concilier travail et maladie ?

Pour continuer à travailler malade, des solutions existent. Vous pouvez demander un aménagement de vos horaires de travail afin de suivre vos traitements et de vous rendre à des examens liés à votre maladie.

Le télétravail peut également être une solution. Il permet aussi aux salariés malades de travailler dans un environnement plus serein. Il facilite aussi le suivi d’un traitement et la prise de médicament à des heures régulières. Vous pourrez également vous reposer si nécessaire.

Beaucoup de salariés reprennent une activité alors qu’ils ne sont pas guéris, après avoir été en arrêt pendant une longue période. Un mi-temps thérapeutique peut être envisagé si vous devez faire l’objet d’une rééducation ou d’une réadaptation professionnelle pour recouvrer un emploi compatible avec votre état de santé.