Maladie de Raynaud : êtes-vous concernés ?

Il fait froid, vos mains deviennent blanches et violettes et vos doigts sont engourdis, vous avez peut-être la maladie de Raynaud. 

Vous l’avez peut-être remarqué sur vous ou d’autres personnes, le froid engourdit les mains et les pieds, leur donnant parfois une teinte légèrement violette. Chez certains, ce phénomène est surmultiplié, ils ont certainement la maladie de Raynaud.

La maladie de Raynaud, qu’est-ce que c’est ?

L’hiver, quand les températures chutent, les vaisseaux sanguins situés dans les extrémités se resserrent, c’est un phénomène normal qui existe pour préserver au mieux la circulation sanguine dans les organes vitaux. Chez les personnes souffrant de la maladie de Raynaud, cette manifestation est plus importante et l’afflux sanguin dans les extrémités est quasiment bloqué. Résultat, les bouts des doigts sont blancs, les mains violettes, les doigts très engourdis. Quand on se réchauffe, les artères se rouvrent, le sang circule à nouveau dans les mains et les pieds et ces derniers deviennent alors rouge vif, provoquant parfois de légères douleurs. Plus rarement, le nez est également touché.

Le froid, seul responsable ? 

Cette maladie apparaît le plus souvent à l’adolescence chez les jeunes femmes, et touche seulement 6% des femmes entre 25 et 40 ans. Chez les hommes, on estime que seuls 3 à 12% en souffrent en France. Si le froid est le principal déclencheur des symptômes, d’autres facteurs peuvent être à l’origine de ces crises : exposition à l’humidité, stress, boissons caféinées ou encore tabac. Les conditions de travail peuvent également renforcer le risque de développer cette maladie, c’est le cas pour les personnes qui sollicitent leurs mains en permanence : carreleurs, musiciens, ouvriers qui sont amenés à utiliser des machines envoyant des vibrations dans les mains (marteaux-piqueurs), ou encore des employés de bureaux habitués à manipuler le clavier de l’ordinateur toute la journée. 

Ne pas confondre maladie de Raynaud et syndrome de Raynaud

En plus de la maladie de Raynaud, il existe également le syndrome de Raynaud : les symptômes sont les mêmes mais les causes sont différentes. Dans le syndrome de Raynaud, les problèmes de circulation aux extrémités sont provoqués par une autre maladie, comme la polyarthrite par exemple. Généralement, les manifestations arrivent chez des sujets plus âgés. Dans ce cas, il faut aller consulter un médecin car le problème peut-être grave.

Des solutions pour atténuer les effets

Si la maladie de Raynaud est gênante car elle diminue la motricité des extrémités, elle n’est pas dangereuse. Et rien ne permet d’en guérir à l’heure actuelle. On ne peut donc qu’essayer de se protéger du froid du mieux possible. Mis à part le port des gants qui est primordial, il est préconisé de se couvrir la tête (qui représente 30% de la chaleur du corps), d’utiliser des chaufferettes à mettre dans ses poches et de porter des chaussettes chauffantes. Des vasodilatateurs ou une dose de 100 mg d’aspirine favorisent la circulation sanguine et permettent de passer un hiver plus confortable. Si vous vous reconnaissez dans les descriptions précédentes, consultez votre médecin.

Attrape-t-on vraiment froid ?

“Couvre-toi, tu vas attraper froid !” entend-on souvent. Mais la baisse des températures est-elle vraiment responsable de nos maux hivernaux? 

Il commence à faire froid sur la France, les températures vont être basses pendant plusieurs mois et avec elles la peur de tomber malade. D’attraper froid comme on dit. Mais est-ce vraiment le cas ? On fait le point.

Sommes-nous plus malades en hiver ?

La saison froide est effectivement propice aux maladies diverses. Par exemple, la saison grippale en Europe s’étend de novembre à avril. Le printemps, renaissance de la nature, marque aussi la fin des grippes. 

Chaque année, selon Santé Publique France, des millions de français contractent la grippe, la gastro-entérite, ou la bronchiolite. Tout l’hiver, les généralistes voient défiler plus de patients qu’à l’accoutumée. Et ces médecins posent très souvent les mêmes diagnostiques : rhinopharyngites, angines et tous les virus qui circulent massivement l’hiver. 

Le froid est-il responsable des maladies ? 

Dans les faits, nous ne tombons pas malades à cause du froid. Les maux hivernaux résultent du contact avec des micro-organismes, les virus et les bactéries. Dans le cas du rhume, il se transmet 1 fois sur 10 par l’entremise d’une bactérie et 9 fois sur 10 par un virus, souvent le rhinovirus. 

Ces micro-organismes se transmettent de multiples manières. Vous pouvez attraper un virus à cause d’une personne malade. En éternuant ou toussant, elle émet des gouttelettes chargées d’un virus qui restent en suspension dans l’air. Cette même personne lors d’une discussion peut aussi émettre des postillons contaminants.

Enfin, les mains sont aussi un vecteur de contaminations. On touche en moyenne une centaine de fois son visage chaque jour. En fonction de ce que vous avez touché, vous pouvez alors déposer les micro-organismes près de vos yeux, votre bouche et votre nez. En serrant la main à quelqu’un d’enrhumé ou en touchant des objets préalablement touchés par cette personne, vos mains peuvent être chargées du virus.

Mais alors, quel lien entre le froid et les virus ?

Comme on a pu le voir, le froid n’est pas responsable des maladies. En revanche, le froid est un complice des virus. Il facilite leur survie et, de cette manière, il se rend lui aussi un peu coupable de nos maux. 

Selon les recherches scientifiques sur l’action du froid dans les maladies saisonnières, la baisse des températures facilite la résistance des virus de deux manières. 

Une étude américaine a notamment montré que le virus de la grippe, survivait plus longtemps à une température de 5°C qu’à une température de 20°C. Le virus s’adapte mieux au froid. Il reste plus longtemps en suspension. Et sur les surfaces, les particules virales comprises dans les micro-gouttelettes restent infectieuses des dizaines d’heures grâce au froid. 

Une autre étude, britannique, tend à penser que certains virus hivernaux possèdent une sorte d’enveloppe qui les protège du froid, et qui ne se désagrège qu’à une plus haute température.

Comment prévenir les maux hivernaux ? 

Le froid n’est pas coupable de nos maladies. Non, on n’attrape pas froid, mais on attrape des virus et des bactéries. De ce fait, le seul moyen de se prémunir des rhumes, gastro et autres plaies de l’hiver reste d’appliquer les bons gestes. 

Les gestes barrières sont la solution pour garder la forme toute la saison. Et on ne les connaît que trop bien aujourd’hui avec la Covid-19. Alors, lavez-vous régulièrement les mains, toussez dans votre coude et restez à distance des personnes malades.

Bien qu’il commence à faire froid, aérer sa maison ou son bureau permet d’évacuer les particules virales restées en suspension. Renouveler l’air régulièrement va certes vous rafraîchir quelque peu mais cela va aussi vous permettre de passer l’hiver sans encombre. 

Alors, prenez-soin de vous, et puis sortez quand même couverts parce qu’on ne sait jamais !

Retrouvez notre vidéo sur comment se laver les mains pour vous protéger au mieux des maux hivernaux.