Dépression : comment la repérer ?

Les cas de troubles dépressifs majeurs et de troubles anxieux ont augmenté de plus de 25% en 2020, selon une étude de The Lancet. En cause : la crise sanitaire, ses confinements et ses angoisses.

Le Covid, l’incertitude permanente sur l’avenir proche, le climat politique très tendu et clivant… n’aident pas les Français à être sereins. Leur santé mentale n’a jamais été aussi dégradée qu’en ce moment selon une étude de The Lancet. C’est un véritable problème de société qui peut avoir des conséquences graves. Anxiété, stress, pensées suicidaires, comment repérer des signaux de dépression afin d’éviter le pire ? 

Qu’est-ce que la dépression ? 

La dépression est une maladie. La dépression est un trouble de l’humeur qui se manifeste par plusieurs signes : perte de motivation et d’intérêt, profonde tristesse, insécurité, manque de désir de vivre, repli sur soi…Ces perturbations engendrent de lourdes difficultés dans le domaine social, affectif ou professionnel, et ne doit pas être pris à la légère car malgré les idées reçues sur ce trouble, la dépression n’est pas qu’un simple vague-à-l’âme qu’on soigne en allant faire un tour.

La dépression : qu’est-ce que c’est ? 

Comment repérer une dépression ? 

D’après l’OMS, neuf symptômes peuvent indiquent la dépression et sont variables d’une personne à l’autre : humeur quotidienne triste, pas de motivation, dévalorisation de soi, culpabilité, douter systématiquement, trouble du sommeil (insomnies, réveil nocturne, difficulté à s’endormir) ou à l’inverse hypersomnie (envie de dormir très fréquente, volonté de trouver refuge dans le sommeil), difficultés de concentration (trous de mémoire, baisse de vigilance, difficultés à suivre), diminution de la libido, pensées récurrentes de mort et d’idées suicidaires. L’ensemble de ces signes peut alerter l’entourage. De plus, mieux identifier la maladie aide les proches à en parler avec les victimes.

Dépression : quels sont les signes ?

Combien de temps dure une dépression ? 

La survenue de ces troubles de l’humeur affecte notre changement de comportement et engendre un ralentissement psychique et moteur. Cela se traduit par une série précise de plusieurs symptômes, qui peuvent durer plusieurs semaines, plusieurs mois, voire plusieurs années. 

Comment soigner la dépression ? 

Si vous vous reconnaissez dans les symptômes susmentionnés, la première chose à faire est d’aller voir votre médecin qui décidera s’il doit vous orienter vers un spécialiste. La dépression peut se soigner de deux manières : la psychothérapie et les médicaments antidépresseurs. Cependant, il peut y avoir des épisodes dépressifs différents, qui ne nécessitent pas le même traitement. Si la dépression est légère (qu’elle a peu d’impact sur la vie quotidienne), la psychothérapie est recommandée. Si l’épisode dépressif est plus intense, durable avec beaucoup de symptômes, le médecin doit prescrire un traitement antidépresseur et un soutien psychothérapeutique. L’hospitalisation est réservée aux sujets les plus graves, si un risque de suicide est réel, s’il y a des symptômes physiques très importants.

SOS : nos futurs médecins en danger

Anxiété, burn-out, idées suicidaires et harcèlement…Pour 70% des étudiants en médecine, leur santé mentale est en train de se dégrader. 

Ce mercredi, une enquête publiée par des organisations syndicales d’étudiants et d’internes pointe du doigt des symptômes anxieux et dépressifs sur les jeunes médecins,  relevés au cour des douze derniers mois. 

Réalisée par l’Intersyndicale nationale des internes (Isni), l’Association nationale des étudiants en médecine de France (Anemf) et le syndicat d’internes en médecine générale (Isnar-IMG), cette enquête accessible pendant six semaines entre mai et juin 2021 révèle des chiffres inquiétants.  

Dépression et anxiété

Après l’analyse de 11 754 réponses recensées, le verdict tombe : 52% des étudiants ayant participé au questionnaire ont eu des symptômes anxieux au cours des 7 jours précédant le test. Des épisodes dépressifs majeurs ont touché 25% et 19% déclarent avoir eu des idées suicidaires. 

Harcèlement et dépassement d’horaires

Lors de cette étude, la question du harcèlement est également abordée : 25% d’internes disent avoir été victimes de harcèlement sur la dernière année, et 23% évoquent de l’humiliation quotidienne. Lors de leurs stages, 50% d’étudiants en médecine affirment également avoir travaillé plus de 50 heures par semaine. 

Agressions sexuelles

Les auteurs de cette enquête constatent que 4% des étudiants auraient subi des agressions sexuelles. Un chiffre à ne pas minimiser pour Gaëtan Casanova, président de l’Intersyndicale nationale des internes “on imaginerait que ces comportements n’existent pas dans notre métier, et pourtant si. Les violences existent à l’hôpital aussi, s’exercent essentiellement sur le lieu de travail, et la majorité du temps les auteurs sont des médecins «thésés» et donc les supérieurs hiérarchiques des victimes, ce qui peut rendre difficile de dénoncer de tels actes” 

Comment cesser ces conditions de travail ? 

Pour mettre fin à ces ravages, les organisations étudiantes médicales exigent une politique de prévention des risques psychosociaux, un respect des droits et des conditions de travail et une vraie politique de promotion de la qualité de vie des futurs médecins. Pour elles, c’est un signal d’alerte. “La crise sanitaire ne saurait être la seule explication à une telle dégradation. La santé mentale des étudiants en médecine et des internes s’est dégradée”. 

Comment identifier un burn-out ? 

D’après l’Institut national de recherche et de sécurité, un tiers des travailleurs ont subi des problèmes de santé liés à une activité professionnelle stressante. Chaque année en France, 10 000 affections psychiques sont reconnues en accident du travail. En cinq ans, ces dernières ont été multipliées par 7. 

Pour mieux comprendre les symptômes liés à ce syndrome, et pour préserver votre santé mentale, découvrez l’un de nos avis d’experts, qui pourront répondre à vos questionnements. 

Les jeux vidéo seraient-ils un allié santé ?

Alors que le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, a averti hier de l’augmentation des dépressions de l’ordre de 20%, une étude d’Oxford explique que les jeux vidéo sont bons pour notre moral. 

Selon l’étude de la célèbre université britannique, les jeux vidéo seraient bénéfiques pour notre santé mentale. Un constat loin des conclusions de l’OMS qui reconnaît l’addiction aux jeux vidéo depuis 2018. Mais malgré cet aspect, les jeux vidéo peuvent contribuer à la santé. On fait le point.

Quel lien existe-t-il entre jeux vidéo et santé mentale ?

L’étude d’Oxford innove en s’appuyant non sur le temps de jeu rapporté mais sur le temps de jeu réel fourni par deux géants de l’industrie, Electronic Arts et Nintendo. Les chercheurs ont analysé les comportements de 3 274 joueurs et les ont interrogés. Seuls deux jeux vidéo ont été choisis dans le cadre de l’étude, Plants Vs Zombies : La Bataille de Neighborville et Animal Crossing: New Horizons.  Conclusion ? « Contrairement aux craintes répandues selon lesquelles un excès de temps passé à jouer mène à une addiction et à une santé mentale affectée, nous avons trouvé une petite corrélation entre le jeu et le bien-être » résument les auteurs de l’étude Matti Vuorre et Andrew Przybylski. 

Les raisons sont multiples. Le joueur associe le temps de jeu à un bien-être. Mais les expériences qu’il vit par le jeu procurent davantage encore de bien-être, impactant positivement sa santé mentale. Qui plus est, Martin Vuorre explique aussi à l’AFP  » que les jeux en ligne offrent une alternative satisfaisante aux rencontres en face-à-face en cette période exceptionnelle » de confinement. Selon l’enquête réalisée, les joueurs d’Animal Crossing, avec quatre heures de jeu, se disent plus heureux. Et les résultats sont sensiblement les mêmes pour les deux jeux utilisés de genres différents.

Mais les deux jeux s’apparentent des dessins animés colorés. Ils ne sont pas non plus jugés violents. Selon Martin Vuorre, « des études ultérieures seront l’occasion d’étudier un plus vaste échantillon de genres. » Toutefois, il faut noter que les résultats ne sont pas les mêmes en fonction de la manière d’appréhender le jeu. Si les bénéfices sur la santé mentale sont clairs pour un joueur qui ressent un réel plaisir à jouer, ce n’est pas le cas pour un joueur qui utilise le jeu comme une échappatoire au monde réel. 

D’autres études abondent dans le sens de l’étude d’Oxford. L’étude menée aux États-Unis par WePC, s’intéresse aux gamers occasionnels qui jouent maximum 10h par semaine. Les trois quarts déclarent jouer à la console afin de préserver leur santé mentale. Trois sur dix affirment jouer pour rester actifs mentalement. Une troisième étude de The American Physiological Association démontre que tous les gamers ne sont pas dépendants. La dépendance aux jeux vidéo ne serait pas un problème majeur. Bien que l’étude précise qu’un enfant sur 10 peut faire face à des conséquences graves qui surviennent plus tard dans la vie. Sarah Coyne, principale auteure de cette dernière étude, conclut “qu’il y a des choses merveilleuses dans les jeux vidéo” et que “l’important est de les utiliser de manière saine et de ne pas être aspiré dans des niveaux pathologiques.”

Les jeux vidéo améliorent-ils d’autres aspects de nos vies ?

Malgré la mauvaise réputation de certains jeux vidéo, la science et la médecine s’intéressent de plus en plus à ce qu’ils nous apportent. Le moins que l’on puisse dire est que les jeux vidéo musclent nos cerveaux. Des chercheurs allemands ont conduit une étude sur un panel de jeunes d’environ 25 ans en moyenne. Ils ont joué 30 minutes par jour à Super Mario 64. Résultat ? Les cellules grises des joueurs ont augmenté dans l’hippocampe droit, le cortex préfrontal droit et le cervelet. Ces résultats révèlent un lien entre jouer aux jeux vidéo et une augmentation du volume du cerveau. Concrètement, cela prouve que certaines zones spécifiques du cerveau peuvent s’exercer grâce aux jeux vidéo. 

Exercer le cerveau, c’est ce qu’on fait des chercheurs italiens à Padoue. Ils ont fait jouer des enfants dyslexiques à Rayman contre les Lapins Crétins. Les enfants de 7 à 13 ans qui ont joué à ce jeu très rapide ont eu plus de facilité à lire rapidement. Et avec moins de fautes, que les autres enfants jouant à un jeu plus lent. L’hypothèse des chercheurs tend à expliquer ces résultats par un accroissement de la capacité d’attention indispensable pour un jeu d’action comme Rayman. 

Et les enfants ne sont pas les seuls à pouvoir améliorer leurs compétences grâce aux jeux vidéo. Les jeux sont bénéfiques pour le cerveau à tout âge, même chez les personnes âgées. L’université de l’Iowa a conduit une étude sur 681 personnes âgées de 50 ans et plus. Un groupe jouait, pendant cinq à huit semaines, à un jeu informatique intitulé « Road Tour » qui demande de la rapidité, de la mémoire et une bonne coordination. L’étude s’avère fructueuse puisqu’au vu des améliorations de certaines fonctions mentales, les chercheurs ont conclu que jouer à des jeux de stimulation deux heures par semaine suffirait à ralentir le degré du déclin mental associé au vieillissement naturel. A partir de 10 heures à jouer à certains jeux vidéo, le déclin naturel de différentes compétences cognitives peut être retardé jusqu’à sept ans. 

Bref, en cette période de confinement, la console est une fidèle amie qui nous fait du bien. Alors, vous n’avez vraiment plus de raison d’y résister surtout si c’est pour muscler vos méninges. 

Crise sanitaire et dépression, mauvais cocktail

Pandémie, confinement et maintenant couvre-feu, cette succession d’événements exceptionnels plonge certains dans la dépression. 

En cette journée européenne de la dépression, c’est le moment d’oser parler de cette maladie. Elle touche 20% des Français au moins une fois dans leur vie. Avec le climat anxiogène, psychiatres et spécialistes de la santé mentale craignent une recrudescence de cette pathologie.

La dépression, un état psychique

Ce terme n’est pas à employer à la légère, il s’agit en effet d’une maladie. La dépression n’est pas un simple coup de blues, un état passager. La personne dépressive ressent effectivement une souffrance réelle psychologique et physique. Il y a plusieurs échelons de gravité et différentes formes de dépressions. Il est important de se faire diagnostiquer pour établir le parcours thérapeutique le plus adapté au malade. 

Les indicateurs de la dépression sont multiples. Certains très communs sont propres à tout un chacun. La durée des symptômes est le meilleur moyen de différencier la dépression de la déprime passagère. 

Au niveau psychique, la dépression entraîne une apathie et une dévalorisation de soi. Concrètement, la personne ressent une tristesse intense et constante dont elle n’arrive pas toujours à identifier l’origine. L’esprit de la personne est parasité par des pensées négatives voire morbides, dont il est difficile de se défaire. Certains dépressifs éprouvent des difficultés à se concentrer et constatent une baisse de l’attention. 

La dépression, un état physique aussi

La maladie s’exprime aussi physiquement. Ce pan moins connu n’est pourtant pas négligeable pour la détecter. La dépression peut être à l’origine d’une sensation de fatigue permanente. Elle perturbe notamment la qualité de sommeil, entre insomnies, hypersomnies et  réveils intempestifs. Le dépressif peut également souffrir d’une perte de l’appétit et d’une baisse de la libido. En outre, la maladie peut causer des douleurs diverses, comme des maux de tête, des courbatures ou des troubles digestifs.

La dépression, stop aux idées reçues

Enfin, cette maladie n’épargne personne et ne dépend pas de critères objectifs de réussite ou d’échec. Oui, il est possible d’être dépressif alors que tout semble aller bien de l’extérieur. Il n’y a pas une manière de vivre la dépression, chaque malade à une expérience de la maladie qui lui est propre. Ainsi, les causes de ce trouble mental sont multiples et personnelles. D’autant plus que les spécialistes ne peuvent toujours pas définir des causes originelles formelles et précises. Toutefois, l’hérédité, le stress et la survenue d’événements traumatiques prédisposent très souvent les personnes à la dépression. 

La dépression aujourd’hui se soigne, que ce soit par psychothérapie, prise d’antidépresseurs et anxiolytiques ou d’autres méthodes. Alors, il est d’autant plus important de poser un diagnostic que selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) la dépression sera, en 2030, la 1ère cause d’invalidité.

Avec la crise sanitaire la situation ne risque pas de s’arranger. Depuis la fin du confinement et le couvre-feu, la dépression se répand et touche de nouvelles personnes. 

La crise sanitaire entraîne-elle une crise psychiatrique ? 

Dès le confinement les personnels soignants en psychiatrie alertaient sur les conséquences de la Covid pour leur patientèle. Après le déconfinement, ils exigent de nouveaux moyens pour répondre à l’augmentation des consultations pour anxiété et dépression. La psychiatre et directrice de la fondation FondaMental, Marion Leboyer, témoigne de ce nouvel afflux sur FranceInfo

“Les conséquences psychiatriques du confinement et de la pandémie sont devant nous et on constate actuellement que chez des personnes qui n’ont jamais été malades auparavant, il y a une augmentation des dépressions, des pathologies anxieuses qui sont vraisemblablement consécutives aux situations difficiles qui ont été vécues pendant le confinement. […] Cela a déjà été décrit lors des grandes pandémies du début des années 2000, lors du Sras par exemple. Il y a eu une augmentation à peu près de 30% des dépressions. Il faut penser chez ces personnes à dépister, à diagnostiquer une dépression”

Le confinement a un impact avéré sur le moral des Français et certains ne peuvent pas faire face seul. La pandémie accroît le risque d’être atteint par la dépression ou d’autres troubles mentaux. Ainsi, dans une enquête de l’OMS publié début octobre, l’organisation signalait que 89 % des pays avaient intégré le soutien psychosocial dans leurs plans nationaux de riposte à la COVID-19. Or, seulement 17 % disposent d’un financement supplémentaire suffisant pour couvrir ces activités. La même enquête révèle les importantes difficultés que rencontrent les services psychologiques et psychiatrique de 130 pays de l’OMS. Les risques sont réels et les moyens minimes. Bien que fini, le confinement entâche toujours la santé mentale des personnes et le couvre-feu n’est pas moins traumatisant. 

La fin de la vie nocturne enferme les citoyens dans une routine métro, boulot, dodo. Il est difficile de se créer une soupape de décompression, d’entretenir les liens amicaux, amoureux et sexuels, qui sont indispensables pour l’équilibre mental de la majorité des personnes. L’isolement subi peut être néfaste par le stress engendré. L’anxiété, la difficulté à se rencontrer,  le manque d’anticipation de visibilité sur l’avenir proche comme lointain peuvent plonger les personnes dans un état de précarité mentale. La deuxième vague est d’ores et déjà là et la vague de dépression s’approche aussi avant les fêtes. 

Pour vous aider à comprendre la dépression, retrouvez nos vidéos sur le sujet.