Le sida tue toujours

Ce mardi 1er décembre, c’est la Journée mondiale de la lutte contre le sida, le syndrome d’immuno-déficience acquise.

La maladie, moins médiatisée ces dernières années, n’a pas pour autant disparu. En 2019, 38 millions de personnes dans le monde vivent avec le VIH et 690 000 personnes sont décédées de maladies liées au sida. On fait le point sur toutes les questions liées au sida car il est plus important que jamais de s’en protéger. 

VIH / sida, quelle différence ?

Le VIH, pour Virus de l’Immunodéficience Humaine, est un virus qui attaque le système immunitaire du malade progressivement. La contamination se déroule en trois phases.

La première, la primo-infection, survient peu après la transmission du virus. Durant cette phase, les particules virales se propagent rapidement. Le système immunitaire commence à agir,  ce qui ralentit leur propagation. Il produit des anticorps. Lors d’un dépistage, les analyses vont se concentrer sur la recherche des anticorps.

S’il y en a, la personne a contracté le VIH, le malade entre alors dans la deuxième phase, la séropositivité. Cette deuxième phase est asymptomatique. Le VIH s’accroche aux cellules immunitaires, les lymphocytes T, jusqu’à les détruire. Le processus de destruction des lymphocytes s’étale sur des années, 10 à 15 ans, voire plus avec des traitements.

Le sida, syndrome d’immunodéficience acquise, correspond à la troisième phase, le stade ultime de l’infection par le virus de l’immunodéficience. A ce stade, le corps n’est plus en mesure de se défendre. La moindre bactérie, le moindre virus, même un rhume, peut entraîner des complications. La personne atteinte décède alors de maladies opportunistes contre lesquelles il n’est plus en mesure de se défendre. La tuberculose, mais aussi des pneumonies ou des herpès, ou des cancers emportent généralement le malade du sida rapidement. 

Comment attrape-t-on le VIH ? Comment s’en protéger ? 

Le VIH est sexuellement transmissible, il s’agit du principal mode de transmission. Mais on peut aussi contracter le virus par le sang. Cela concerne notamment les toxicomanes qui partagent des seringues. Enfin, le virus peut être transmis de la mère à l’enfant. 

A noter qu’une personne séropositive dont la charge virale est indétectable grâce aux traitements ne peut plus transmettre le virus. 

Le moyen de prévention le plus abordable et le plus accessible reste le préservatif. A ce jour, il s’agit du seul moyen de prévention contre toutes les IST et le sida. 

Néanmoins, sous prescription du médecin, il est possible d’avoir recours à la PrEP. Ce médicament empêche le virus du VIH de se développer et de se fixer dès son entrée dans le corps, rendant sa survie impossible. Ce médicament, Pré Exposition Prophylaxie, s’adresse aux personnes qui s’exposent fréquemment au virus, comme les personnes en couple avec un.e séropositif.ve dont la charge virale est encore détectable, les travailleurs du sexe, les personnes se droguant par injection, les personnes n’utilisant pas de préservatifs régulièrement. La PrEP est accessible uniquement par ordonnance.

Si vous avez eu des rapports à risque, il reste une solution de la dernière chance : le TPE,  Traitement Post Exposition. Ce traitement d’urgence doit impérativement être pris dans les 72h qui suivent l’acte. Il s’agit d’une trithérapie qui dure 4 semaines pour éviter une contamination. Le TPE est prescrit par un médecin qui évaluera avant le risque de transmission du VIH. Il est remboursé par la mutuelle. Prudence tout de même, le TPE s’adresse aux personnes qui présentent un vrai risque de transmission et, surtout, il s’agit d’un traitement lourd bien que court. Il est destiné à une situation d’urgence exceptionnelle, il ne doit pas être pris plusieurs fois. La prévention reste donc la mesure à adopter. 

Existe-t-il un vaccin ? 

Malgré l’avancée des recherches sur le sida depuis 30 ans, aucun vaccin n’a été trouvé. Des recherches et des essais sont toujours en cours.Trois potentiels vaccins sont encourageants mais encore loin d’avoir des résultats satisfaisants. L’essai Thaï de 2009 avait montré une efficacité de protection de 31%. Il est toujours en phase d’évaluation. Enfin, depuis 2016, deux nouveaux essais ont été plébiscités par les chercheurs, Uhombo et Imbokodo. Ils sont toujours eux aussi en cours de recherches. Les premiers résultats concrets d’Imbokodo de l’Université d’Harvard sont attendus pour 2021. 

En résumé, un vaccin concluant contre le VIH ne sortira pas avant quelques années. Vous pouvez néanmoins participer à la recherche qui manque toujours de fonds en faisant un don sur Sidaction

Pourquoi se faire dépister ?

Depuis le début de la crise sanitaire, les associations alertent sur le dépistage du VIH. Cette année est plus que jamais inquiétante. La pandémie de la Covid a occulté celle du sida. Résultat ? Des dépistages en baisse et des véritables risques sur la santé des personnes séropositives qui s’ignorent. Il est important de rappeler l’importance du dépistage pour soi et pour les autres. 

En 2018, 24 000 personnes en France ignoraient leur séropositivité selon Sida Info Service. Malheureusement, ce chiffre pour 2020 augmentera nécessairement, au vu du peu de dépistages réalisés. Or, il s’agit d’un danger de santé publique. Le risque ? Premièrement, cela réduit leur chance de bien vivre avec le virus, ils ne seront pas traités et leur état peut se dégrader. Pire encore, 27 % des découvertes de séropositivité se font à un stade avancé, parfois au stade sida. Deuxièmement, ne pas se faire dépister revient à prendre le risque de condamner ses partenaires intimes si l’on ne se protège pas. Et cette transmission peut continuer indéfiniment sans dépistage pour la stopper. Alors, lutter contre le sida, c’est aussi se faire dépister. 

Comment et quand se faire dépister ? 

Le dépistage du Sida est gratuit et il existe deux tests. Il est possible de s’auto-tester grâce au dispositif TROD. Une goutte de sang est prélevée avec l’appareil et le résultat est disponible en maximum 30 min. S’il est positif, il est conseillé de s’assurer du résultat en réalisant le classique test Elisa. Ce test est le plus répandu. Il consiste en une prise de sang qui est 100 % remboursée par l’Assurance Maladie sur ordonnance. Les Centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic (CeGIDD) sont habilités à réaliser le test Elisa gratuitement, sans ordonnance. Aussi, depuis juillet 2019, certains laboratoires parisiens et des Alpes Maritimes proposent des test VIH sans rendez-vous et gratuits. 

Ces tests ne peuvent pas être réalisés au même moment. En effet, le TROD peut détecter une charge virale à partir de 12 semaines après la transmission du virus. Avant ce délai, le résultat peut être négatif alors que vous êtes porteur du virus. Pour le test Elisa, le résultat est fiable à 100% 6 semaines après la contamination. Donc, si vous avez eu un rapport à risque, inutile de vous faire tester le lendemain. Il vous faudra consulter un médecin pour qu’il vous prescrive le TPE en urgence dans les 72h et attendre de pouvoir faire le test.

De manière générale, il est conseillé de faire le test au moins une fois pour savoir si vous avez le VIH ou pas. S’il vous arrive d’avoir des relations sexuelles non protégées, pensez à faire le test au moins une fois par an. Le dépistage sera aussi recommandé aux usagers et anciens usagers de drogues par intraveineuse, aux hommes homosexuels, aux couples, à ceux qui projettent d’avoir un enfant.

Peut-on guérir du sida ?

La réponse est non. Au monde, il n’y a eu que deux cas de guérison du virus qui donnent bon espoir mais sont très spécifiques. En effet, le premier guéri a reçu une greffe de moelle osseuse lui permettant de guérir. Mais l’opération a été reconduite sur d’autres malades du sida sans succès. Le second a, quant à lui, reçu une greffe de cellule souche et l’opération n’a pas été réitérée sur d’autres patients. Dans les deux cas, ce sont des opérations lourdes, complexes et qui ne représentent pas une solution pérenne pour les autres malades. Conclusion ? On meurt toujours du sida 40 ans après sa découverte. 

Les recherches continuent inlassablement pour trouver un remède durable pour les 38 millions de personnes vivant avec le VIH. Mais à l’heure actuelle, les médecins ne peuvent offrir aux malades que du sursis. Les traitements d’aujourd’hui permettent de prolonger l’espérance de vie du patient. Ils contrôlent drastiquement la charge virale jusqu’à la rendre indétectable, ce qui retarde l’apparition du Sida. 

Quels traitements pour les séropositifs ? 

Il n’y a pas un mais trois traitements associés pour lutter contre le VIH. Les patients séropositifs sont soumis à vie à la prise quotidienne de trois médicaments, c’est ce qu’on appelle la trithérapie. Les inhibiteurs nucléosidiques de la transcriptase, les inhibiteurs non nucléosidiques et les inhibiteurs de protéase, servent à assurer le bon fonctionnemet du système immunitaire du patient. 

Concrètement les médicaments vont empêcher la reproduction du virus jusqu’à ce que la charge virale, la quantité de virus dans le sang, soit indétectable. Le but étant d’avoir le moins de lymphocytes T infectés. De cette manière, le système immunitaire du malade sera maintenu et son espérance de vie prolongée. Grâce à ces traitements, des patients réussissent à ne pas atteindre la dernière étape de la maladie, le sida. En moyenne, la trithérapie a permis de faire diminuer de plus de 75 % le développement des maladies opportunistes et du passage au stade ultime de l’infection. 

Toutefois, cette réussite est conditionnée au strict respect de la prise des médicaments. Or, le traitement reste lourd et contraignant bien qu’il tend à l’être moins grâce aux progrès de la médecine. 

Covid-19 : Le dépistage se simplifie

Les tests antigéniques seront aussi disponibles pour un dépistage individuel, et remboursés pour les personnes présentants des symptômes. 

Un arrêté du samedi 17 octobre publié au Journal Officiel, autorise l’utilisation de tests antigéniques pour un dépistage individuel. Ces tests plus rapides que les test RT-PCR, étaient une des promesses d’Emmanuel Macron pour « réduire drastiquement les délais ». 

Des tests plus rapides

Le ministre de la Santé Olivier Véran, au lendemain de l’interview du chef de l’Etat annonçant le couvre-feu, a annoncé espérer que “d’ici à quelques semaines une personne qui aurait de la fièvre avec des signes respiratoires puisse être testée directement chez son médecin » avec les tests antigéniques. D’abord destiné à des opérations collectives de dépistage, le déploiement de ces tests rapides est désormais ouvert à un public plus large. Selon l’arrêté de samedi, ils peuvent désormais être réalisés pour un “dépistage individuel” par les médecins, pharmaciens ou infirmiers. 

Néanmoins, des conditions sont à remplir. Le test inclut certes les personnes « asymptomatiques, hors personnes contact ou personnes détectées au sein d’un cluster » et celles « symptomatiques« . Mais ces derniers ne peuvent réaliser un test antigénique que si un test RT-PCR ne peut être obtenu avant 48 heures et seulement si le test antigénique se déroule moins de quatre jours après les premiers symptômes. En outre, en cas de symptômes, il faut être âgé de moins de 65 ans et ne pas présenter de risque de développer une forme grave de Covid-19 pour accéder à ces nouveaux tests. Ces derniers peuvent être remboursés par la Sécurité Sociale sous condition et uniquement pour des personnes présentant des symptômes.

Evidemment, les opérations de dépistage massif ne sont pas pour autant annulées. Au contraire, Jean-Baptiste Djebarri, le ministre des Transports, a annoncé la réalisation de tests antigéniques dans les aéroports français « d’ici la fin octobre ». D’après le ministre, les tests devraient être utilisés « notamment au départ vers des destinations comme les États-Unis ou l’Italie, et à l’arrivée sur des pays rouges, de façon à ce qu’on n’ait plus des personnes qui rentrent de pays rouges dans le territoire français sans être testées ». 

Quelle différence entre les tests ?

La couverture médiatique laisse penser qu’il n’existe que deux tests. En réalité, quatre tests sont autorisés pour dépister le coronavirus : Le test RT-PCR est le plus connu, le test antigénique, le test salivaire et le test sérologique. Mais les deux qui sont le plus fréquemment utilisés sont le test PCR et l’antigénique. 

Le PCR est réalisé grâce à un écouvillon, un “gros coton-tige”, enfoncé loin dans le nez. Ce test est très fiable, car il détecte le matériel génétique du virus. Mais les écouvillons doivent être analysés en laboratoires, avec des machines rares et coûteuses. Un temps d’attente relativement long est nécessaire, d’où les retards dans la délivrance des résultats. En revanche, le test est remboursé pour tout le monde, avec ou sans symptôme. 

Quant au test antigénique, son principal atout est sa rapidité. Réalisables à la pharmacie ou chez un médecin, ces tests donnent leur résultat en 10 à 30 minutes. Tout comme le PCR, le prélèvement pour ce nouveau test se fait dans le nez, grâce à un écouvillon. Pourquoi alors sont-ils plus rapides ? A l’inverse du test PCR, il n’y a pas besoin d’analyses en laboratoire. Le test antigénique détecte les protéines de structure du virus, pas son ARN qui est son matériel génétique. Comme pour un test de grossesse, le résultat s’affiche grâce à une réaction chimique sur une bandelette, interprété par un système de barres : 1 barre c’est négatif, 2 c’est positif. Le résultat positif à ce test est fiable.

Mais La Haute Autorité de santé (HAS) a souligné qu’en cas de test négatif, il y avait une petite probabilité de passer à côté d’une infection. Cela porte davantage à conséquence pour les patients à risque de développer une forme grave de la maladie pour qui le test PCR reste le meilleur dépistage.

Pour savoir comment réagir en cas de doute, retrouvez notre vidéo : Coronavirus, que faire si j’ai un doute ?