Couvre-feu : 18h plutôt que 20h, vraiment utile ?

Ce jeudi 14 janvier, Jean Castex doit annoncer de nouvelles mesures sanitaires. Un couvre-feu national à 18h est sérieusement envisagé. Mais est-ce efficace ? 

Le couperet tombera à 18h, serons-nous tous dans l’obligation d’être chez nous à 18h ? L’attention est concentrée sur ce couvre-feu étendu déjà effectif dans 23 départements. Mais la mesure a-t-elle fait ses preuves ? Quels sont ses avantages dans la lutte contre le Covid ? On vous explique ce qui se joue derrière ces deux heures cruciales. 

Pourquoi avancer le couvre-feu à 18h ? 

Les données épidémiologiques montrent que la France peut basculer à tout moment dans un rebond épidémique. Si les chiffres sont moins dramatiques que ceux de nos voisins européens, les cas positifs au Covid-19 ne diminuent pas pour autant. Les courbes affichent un plateau qui tend à augmenter au niveau national, et qui a déjà augmenté dans certains départements. Qui plus est, le variant anglais commence désormais à circuler en France. Les autorités sanitaires, redoutant un scénario similaire à celui du Royaume-Uni, préfèrent prendre des précautions pour freiner la circulation du virus. Elles seront annoncées à 18h lors de la conférence de presse au cours de laquelle le Premier ministre Jean Castex sera accompagné de six ministres.  

Comme Stanislas Guerini l’a expliqué au micro de BFMTV, « L’intérêt du couvre-feu à 18 heures, c’est de contrer « l’effet apéro ». ». Le délégué général de LREM a notamment souligné que le virus “est un virus social […] près d’un tiers des contaminations qui sont dans le cercle amical et dans le cercle familial.». Il s’appuie sur l’étude Comcor publiée mi-décembre. 

L’objectif est donc d’empêcher un maximum de rassemblements familiaux et amicaux après le travail. Par cette méthode le gouvernement pense pouvoir diminuer le nombre de cas, éviter la propagation du variant britannique et libérer davantage de places dans les hôpitaux. 

Le couvre-feu à 18h est-il plus efficace qu’à 20h ?

Le couvre-feu, indépendamment de son horaire, est efficace. Une étude menée par Santé publique France, publiée mi-décembre, a prouvé son utilité dans la lutte contre le Covid en analysant les données du couvre-feu décrété en octobre. La mesure a, selon l’étude, permis de diminuer le taux de positivité de 15 à 20%. En revanche, rien ne permet pour le moment de dire si le couvre-feu est plus efficace à 18h qu’à 20h. 

Les données des 15 départements placés dès le 2 janvier sous couvre-feu à 18h ne sont pas suffisantes pour déterminer si l’avancée de l’horaire a un véritable impact. Pour le moment, aucun effet uniquement imputable au changement d’heure n’a été constaté. Il faut généralement deux semaines pour voir les premiers effets d’une mesure, il est donc encore trop tôt. Les premiers effets, s’il y en a, devraient se faire remarquer d’ici la semaine prochaine. Les scientifiques se divisent sur l’utilité d’une avancée du couvre-feu. Certains sont optimistes, comme l’épidémiologiste Pascal Crépey qui rappelle que les couvre-feux d’octobre ont été bénéfiques. D’autres s’avèrent plus réticents, à l’instar de l’épidémiologiste Catherine Hill, qui a déclaré au Parisien qu’ »Un couvre-feu avancé à 18 heures ne changera pas grand-chose. Cela va embêter les gens et ne va pas beaucoup réduire le nombre de personnes qui se croisent, et qui se contaminent ». 

Le gouvernement tient son cap. Ce matin Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement, se voulait rassurant et prudent. « Dans les départements où le couvre-feu a été avancé, la circulation du virus est moins importante que dans d’autres départements français : c’est-à-dire qu’il croît moins vite, la dynamique de croissance du virus est moins rapide que dans d’autres territoires ». Il complète, avertissant qu’il est « évidemment trop tôt pour mesurer pleinement et absolument les effets ».

Un troisième confinement est-il à l’étude ? 

C’est en tout cas ce que pensent 83% des Français selon une enquête Elabe pour BFMTV. Les sondés pensent que le gouvernement ne tardera pas à annoncer un troisième confinement et 62% se disent en mesure de le supporter. Un peu plus de la moitié est d’ailleurs favorable à un reconfinement. 

Or, d’après les différents communiqués et les avis de proches du pouvoir sortis dans la presse, l’exécutif veut éviter de confiner à nouveau. Le projet d’un troisième confinement n’est toutefois pas mis au placard, cela dépendra de l’évolution épidémique. Comme le Premier ministre l’a confié à des participants au comité de suivi parlementaire ce lundi 11 janvier, le confinement n’est pas exclu mais n’est envisagé pour le moment qu’en cas dernier recours. 

Le gouvernement estime qu’un couvre-feu est suffisant pour contenir un rebond épidémique. Les prochaines semaines seront de ce fait déterminantes. Elles permettront d’évaluer la capacité des mesures à ralentir la progression du virus. Pour un éventuel troisième confinement, tout dépend donc de la réussite du couvre-feu. 

Le point sur les annonces du gouvernement

« La situation est grave. Elle est grave en Europe, elle est grave en France » a déclaré le Premier ministre, Jean Castex. 

Jeudi 22 octobre, les autorités ont enregistré 41 622 nouvelles contaminations à la Covid-19 au cours des dernières 24 heures, un record. Ces données ont été communiquées peu après les annonces du gouvernement. Extension du couvre-feu, préservation de la culture, et TousAntiCovid étaient au programme de la conférence. 

46 millions de Français sous couvre-feu et “Le dispositif sera réévalué et éventuellement durci”

7 Français sur 10, les deux tiers de la population nationale, vivront aux heures du couvre-feu dès vendredi minuit. A cette date, tous les commerces, les salles de cinéma, en bref tous les lieux accueillant du public devront fermer leur porte. Comme pour l’Ile-de-France et les huit métropoles françaises pionnières du couvre-feu, les habitants de 38 nouveaux départements et de la Polynésie, devront être rentrés avant 21h et jusqu’à 6h du matin. 

Les départements concernés sont : Ain, Alpes-Maritimes, Ardèche, Ardennes, Ariège, Aube, Aveyron, Bas-Rhin, Calvados, Corse-du-Sud, Côte-d’Or, Drôme, Gard, Hautes-Alpes, Haute-Corse, Haute-Loire, Hautes-Pyrénées, Haute-Savoie, Haute-Vienne, Ille-et-Vilaine, Indre-et-Loire, Jura, Loiret, Lozère, Maine-et-Loire, Marne, Meurthe-et-Moselle, Oise, Pas-de-Calais, Puy-de-Dôme, Pyrénées-Atlantiques, Pyrénées-Orientales, Saône-et-Loire, Savoie, Tarn, Tarn-et-Garonne, Var et Vaucluse.

Les couvre-feux d’ores et déjà en place depuis la semaine dernière sont globalement bien respectés. Selon Jean Castex, la police a effectué plus de 32 300 contrôles jusqu’à présent pour seulement 4777 verbalisations pour non-respect du couvre-feu. Malgré les efforts, la progression du virus ne semble pas ralentir. Le ministre de la Santé Olivier Véran espère « un frémissement » d’une baisse du taux d’incidence en début de semaine prochaine. Pour le moment, « On ne peut pas voir encore les effets du couvre-feu», a déclaré Jean Castex. « Nous le verrons la semaine prochaine. » Il a affirmé qu’en fonction des résultats, le dispositif serait réévalué « pour éventuellement le durcir ».

Enfin, des annonces claires pour la Culture 

Tout le secteur attendait les réponses et osait espérer un billet dérogatoire pour les séances de cinéma et les spectacles. Roselyne Bachelot, la ministre de la Culture, a pris la parole hier lors de la conférence. Les professionnels de la culture seront aidés mais il n’y aura pas de billets servant de dérogation comme le souhaitait la ministre. 

Les aides débloquées par l’Etat s’élèvent à 115 millions d’euros, pour éviter que le secteur ne “s’effondre”. 

Le monde de la culture profitera également des exonérations de charges et des fonds de solidarité, a indiqué Roselyne Bachelot. Exemple de l’envergure des aides, « Le fonds d’urgence aux artistes et techniciens du spectacle va être doublé pour atteindre 10 millions d’euros ».

De plus, La ministre souhaite prolonger l’exonération de la taxe sur les spectacles jusqu’au premier semestre 2021. Le cinéma, dont les séances de 20h et 22h représentent 50 % du chiffre d’affaires, bénéficiera de 30 millions d’euros d’aides. Parmi ces aides,  l’Etat s’engage à prendre en charge un complément de prix sur chaque billet, reversé ensuite aux distributeurs. 

StopCovid fait peau neuve !

L’application se nomme désormais Tous Anti-Covid. La précédente application “n’est pas un échec, mais n’a pas marché” selon Emmanuel Macron. La deuxième version a donc été lancé hier suite aux nouvelles annonces. L’application est téléchargeable depuis hier, sur l’App Store et Android. 

L’objectif est très clairement d’obtenir un très grand nombre de téléchargements actifs. Cédric O a insisté sur cette nécessité. Atteindre dix voire quinze millions d’utilisateurs, comme chez nos voisins allemands et britanniques, rendrait cet outil « extrêmement utile ». 

Pour le secrétaire d’Etat à la Transition numérique « TousAntiCovid, c’est un geste barrière supplémentaire.” 

La nouvelle application « conserve sa fonction de suivi des contacts (…) Elle intègre désormais des éléments d’informations quotidiennes. Elle diffusera également des éléments d’actualité et intègre un lien vers la carte des laboratoires » a détaillé Cédric O. La nouveauté ? Justement l’ajout de ces contenus informatifs sur la pandémie directement accessibles depuis l’application. 

Le secrétaire d’Etat affirme également que TousAntiCovid « sera enrichie toutes les deux semaines par de nouvelles fonctionnalités. » Les fonctionnalités les plus attendues étaient une possibilité de générer une attestation de sortie et d’avoir « une alternative aux cahiers de rappels » des restaurants, le tout directement depuis l’application. Elles devraient bien être ajoutées, d’ici peu de temps.

Pour tout comprendre sur le couvre-feu, lisez notre article le couvre-feu décrypté !

Le casse-tête du couvre-feu décrypté !

Le couvre-feu a été décrété hier pour endiguer la montée en flèche des contaminations.  La mesure anxiogène a suscité pour nous tous de nombreuses interrogations. 

Rester chez soi de 21 h à 6 h du matin sans être pour autant en confinement, qu’est-ce que ça donne ? Des questions les plus essentielles aux plus individuelles et même insolites, préparer son couvre-feu nécessite des réponses. 

Le couvre-feu, c’est quoi ? 

Il ne s’agit pas d’un confinement ! Vous pouvez circuler librement la journée. Toutefois, à partir de 21h vous devrez faire en sorte d’être chez vous ou ailleurs et d’y rester jusqu’à 6h du matin. Des dérogations seront possibles en cas d’urgence et pour les travailleurs de nuit. Si vous rentrez tard chez vous, vous devrez justifier de votre déplacement. 

La règle s’applique à 20 millions de français, soit environ 30% de la population de France métropolitaine. Sont concernés les habitants d’Ile-de-France et des villes de Lille, Rouen, Lyon, Saint-Etienne, Grenoble, Toulouse, Montpellier et Aix-Marseille. 

Ces territoires représentent environ 2,5% de la surface de la France métropolitaine.

60% des contaminations ont-elles vraiment lieu à l’école et entreprise ?

Non. On lit souvent ce chiffre, qui est repris par des personnalités politiques de premier plan comme Jean-Luc Mélenchon sur Twitter par exemple, mais il est inexact.

Comme lui a répondu le ministre de la Santé Olivier Véran, ce chiffre correspond à la part des clusters. Or, les clusters ne représentent qu’une petite partie des contaminations identifiées.

Dans les chiffres de la dernière semaine comptabilisés par Santé-Publique France, l’ensemble des clusters ne représentait que 8120 cas sur 77 980, soit 10,4%.

Que risque-t-on si l’on sort pendant le couvre-feu ?

Vous êtes dehors entre 21h et 6h et vous n’avez pas d’attestation, que risquez-vous ? La police sera en mesure vous contrôler. Si c’est la première fois, vous devrez vous acquitter d’une amende de 135€. En cas de récidive, l’amende sera de 1 500€. 12 000 policiers et gendarmes seront déployés pour faire respecter le couvre-feu. Le Président a précisé que les attestations et dérogations seront disponibles dès vendredi 16 octobre sur le site du gouvernement. La conférence de presse de Jean Castex, précisant les contours du couvre-feu, est également disponible en ligne.

Le couvre-feu à 0h samedi, ça veut dire quoi ?

Le couvre-feu débutera “ samedi à 0h “ a annoncé Emmanuel Macron hier soir. Donc dans la nuit de vendredi à samedi ou dans la nuit de samedi à dimanche ? 0h signifie avant la première heure du jour, le couvre-feu commencera donc la nuit de vendredi à samedi. Samedi soir sera la première nuit sous couvre-feu pour l’Ile-de-France et les 8 autres métropoles françaises.

Pendant combien de temps le couvre-feu va-t-il durer ?

Pour le moment, le couvre-feu est en vigueur pour quatre semaines, du samedi 17 octobre au samedi 14 novembre. Mais, le président a exprimé clairement la volonté de l’exécutif de maintenir le couvre-feu jusqu’au 1er décembre, soit six semaines. Pour cela, le gouvernement devra convaincre le Parlement d’accepter le passage de quatre à six semaines. La nouvelle mise en place de « l’état d’urgence sanitaire » dès ce week-end, et rend possible la mise sous couvre-feu de 20 millions de Français. Toutefois, l’état d’urgence permet au gouvernement de prendre des mesures strictes de manière unilatérale uniquement pour une durée d’un mois. Au-delà de ce délai la mesure doit être approuvée par le Parlement pour se poursuivre.

D’autres villes pourront-elles être soumises au couvre-feu ? Celles qui le sont déjà pourront-elles en sortir ?

Oui, Olivier Véran, le ministre de la Santé a précisé que certains territoires pourraient rejoindre la liste des villes sous couvre-feu. Pour ces dernières, leur situation sera fortement examinée. Mais le ministre a rappelé que les premiers effets du confinement n’avaient pu être visibles qu’à partir de trois semaines. Le couvre-feu durera donc très probablement six semaines comme le souhaite le gouvernement.

L’attestation : où la trouver ? Comment faire ? Dois-je en avoir une tous les jours ?

Tout comme pendant le confinement, vous pourrez retrouver l’attestation sur le site du gouvernement

Les travailleurs de nuit ou ceux dont les horaires ne permettent pas de respecter les horaires du couvre-feu, pourront demander un justificatif à leur entreprise et avoir une seule et même attestation dérogatoire. 

Les autres devront télécharger, imprimer ou écrire une attestation sur feuille libre et ce à chacun de leur déplacement, que ce soit pour raison professionnelle, raison de santé ou pour venir en aide à un proche. 

Puis-je dormir ailleurs que chez moi ?

Oui, le couvre-feu n’est pas le confinement. Vous pouvez dormir chaque nuit dans un endroit différent du moment que vous arrivez à 21h et partez après 6h du matin. Vous pourrez donc rendre visite à vos familles et amis, mais il est très fortement conseillé de respecter les gestes barrières même en assemblé privée.

Nous sommes 8 à la maison, est-ce interdit ?

Non, la règle des 6 personnes chez soi est une règle indicative et de bon sens. Moins l’on est nombreux, plus il est facile de conserver les gestes barrières. Pour comprendre, tant que nous ne sommes pas en confinement, on ne peut pas interdire les rassemblements à domicile. 

En revanche, dans les restaurants, la limite de 6 personnes par table est obligatoire.

Mais attention, dans les espaces publics, les rassemblements de plus de 10 personnes sont interdits en zone d’alerte maximale et renforcée sauf exceptions très spécifiques.

Peut-on partir en vacances ?

Oui, vous pouvez vous rendre dans d’autres régions pour les vacances de la Toussaint. Le gouvernement approuve les départs en vacances. Selon Pascal Crépey, épidémiologiste à l’Ecole des hautes études en santé publique, interrogé par Le Parisien. « Le virus est déjà partout, il n’y aura pas de risque d’exportation. Le problème n’est pas le déplacement mais le brassage de population. Il faudra toujours, où l’on se trouve, limiter ses contacts, respecter les gestes barrières. » Les vacances seraient également un moyen de réduire la densité dans les métropoles, les plus touchées. 

Le site du gouvernement propose un onglet dédié aux vacances avec les différentes informations pratiques.

Promener son chien ou faire son footing, est-ce un motif valable pour sortir après 21h ?

« Pour ce qui est de promener son chien ou le jogging, c’est du bon sens, pendant le confinement on pouvait le faire rapidement, il faut être pragmatique. Ce qu’on vise, ce sont les rassemblements privés » a déclaré ce matin Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement au micro de FranceInfo

Il sera donc possible de le faire tout comme pendant le confinement, près de chez soi et sans tarder. Pour les abonnés des salles de sports, aucune nouvelle information n’a été donnée, conservant le statu quo.

Est-ce que je risque une amende en rentrant de voyage après 21h ?

Demain c’est le premier jour des vacances pour la zone C et donc Paris. Vous avez déjà prévu votre billet retour pour le week-end prochain. Mais, pas de chance, votre arrivée est prévue à 22h à Paris. Il vous faudra donc vous munir d’une attestation et présenter vos billets pour justifier votre déplacement en cas de contrôle, dans ce cas vous ne risquez rien.

Le couvre-feu durera-t-il plus ou moins longtemps avec le changement d’heure ?

De même que l’on se demande chaque année si l’on dormira plus ou moins, la question se pose aussi pour le couvre-feu. Alors ? Dimanche 25 octobre marque le passage à l’heure d’hiver. A cette date à 3h du matin, il sera 2h du matin. Vous dormirez donc une heure de plus et le couvre-feu durera une heure de plus. Mais hormis reculer les horloges d’une heure, rien ne changera. Les horaires du couvre-feu seront inchangés, de 21h à 6h du matin. 

Puis-je me rendre au restaurant ? Les restaurants pourront-ils livrer à domicile ?

Oui, vous pourrez aller au restaurant. Toutefois, le restaurant ne pourra plus avoir de clients en salle dès 21h. Comme pour toutes les autres activités, vous devrez anticiper vos déplacements pour ne plus circuler sur la voie publique à partir de 21h. Quant aux livraisons, elles pourront être assurées, toujours dans le respect des règles sanitaires.

Les bars fermés en zone d’alerte maximale renforcée pourront-ils rouvrir et fermer à 21h ? 

Non, les bars s’ils ne proposent pas de nourriture sur place resteront fermés dans les zones rouge écarlate. Néanmoins, le Sénat s’est dit favorable à la réouverture des bars et demande un deuxième examen du projet. 

Pour les spectacles, le théâtre, le cinéma pourra-t-on s’y rendre ? 

Les professionnels de la culture demandent que les billets de spectacles commençant avant 21h mais se terminant après puisse être considérés comme une attestation dérogatoire de la même manière que les billets de trains ou d’avion. Quant aux salles de spectacles et de cinéma, il est pour l’instant prévu qu’elles ferment bien à l’heure du couvre-feu. Mais comme l’explique FranceTVinfo.fr, au cinéma les entrées après 20h représentent 30% du total des places vendues, et les zones sous le couvre-feu représentent 50% des entrées en France. Les acteurs du monde du spectacle demandent donc des dérogations pour continuer à ouvrir après 21h. Par exemple, une place de cinéma ou de théâtre ferait office d’attestation de déplacement. Une bonne solution pour le monde du spectacle mais la création d’un couvre-feu à deux vitesses qui pourrait être contourné par les classes les plus aisées, renforçant le sentiment d’exclusion de ceux qui n’ont pas les moyens de s’offrir une sortie au théâtre ou au cinéma. En attendant, le secteur s’adapte comme les cinémas MK2 qui proposeront des séances dès 8h du matin. La ministre de la Culture Roselyne Bachelot, lors d’une interview au Parisien, a elle exprimé son souhait de permettre aux spectateurs de rentrer après 21h grâce à leur billet.

Les Français sont-ils pour et respecteront-ils le couvre-feu ? 

Un sondage pour d’Harris-Interactive et LCI montre que 73% des sondés sont favorables à cette mesure et 94% affirment qu’ils le respecteront. 

En dehors, de l’Ile-de-France et des villes soumises au couvre-feu, y a-t-il de nouvelles règles prévues ?

Oui, pour l’ensemble des Français il est désormais interdits d’organiser des fêtes privées comme un mariage, et des soirées étudiantes dans des salles des fêtes, dans des salles polyvalentes ou tout autre établissement recevant du public. Tous les restaurateurs du pays sont soumis au même protocole sanitaire qu’en zone d’alerte maximale. Pour les espaces clos recevant du publique la règle d’une place sur deux doit être respectée par tous. Dans les centres commerciaux et autres espace publique où l’on circule debout, ces lieux sont dans l’obligation une jauge de capacité d’accueil en garantissant un espace de 4m2.  

Pour mieux connaître l’historique des couvre-feux en France, vous pouvez lire notre article Le couvre-feu, pas une nouveauté.

Le couvre-feu, pas une nouveauté

Emmanuel Macron s’exprimera à 20 h ce soir. Que va-t-il annoncer ? Les rumeurs sur l’imposition d’un couvre-feu dans les grandes villes circulent depuis quelques jours. 

Le couvre-feu, mesure anxiogène, suscite beaucoup de questions et de peurs. La France a-t-elle déjà eu recours à cette mesure drastique ? Alors que sa mise en place semble être la solution pour éviter un reconfinement, quelle leçon peut-on tirer des couvre-feux passés et présents ?

Qu’est-ce qu’un couvre-feu ? 

C’est l’option que possède le gouvernement pour limiter la progression de l’épidémie. Le couvre-feu trouve son origine dès le Moyen-Age. Il rappelle les mauvais souvenirs de la France occupée, de la guerre d’Algérie et autres conflits en tout genre. Le principe ? Contraindre la population à rester chez elle pour empêcher tout rassemblement et toute forme de sédition.

Juridiquement, le couvre-feu est régi par la loi n° 55-385 du 3 avril 1955 comme une procédure rarissime permettant aux préfets d’agir en cas de violences urbaines. La loi d’urgence sanitaire du 23 mars 2020 permet au ministre chargé de la Santé, Olivier Véran, d’activer « toute mesure proportionnée aux risques courus et appropriée aux circonstances de temps et de lieu afin de prévenir et de limiter les conséquences des menaces possibles sur la santé de la population ». 

De quand date le dernier couvre-feu ? 

La France a bel et bien vécu sous le joug du couvre-feu. En octobre 1961, le préfet de police de Paris Maurice Papon annonce un couvre-feu pour les « Français musulmans d’Algérie », terme utilisé pour désigner les Algériens travaillant en métropole. Entre 20h30 et 5h30 du matin, ils ont l’interdiction de circuler dans Paris et sa banlieue. Les tenanciers de cafés algériens doivent impérativement fermer à 19 heures. La mesure ne passe pas et des manifestations grandement réprimées se déroulent à Paris. 

Plus proche de nous, les émeutes dans les banlieues en 2005 ont poussé Jacques Chirac à déclencher l’état d’urgence et par la même à déclarer des couvre-feux dans plusieurs métropoles. Concernant la crise sanitaire actuelle, la mesure n’est pas inédite. Dès le confinement, plusieurs mairies ont en effet mis en place un couvre-feu. En revanche, la mesure n’a jamais été promulguée pour l’ensemble du territoire. 

Presque sept mois de couvre-feu en Guyane

L’exemple de la Guyane donne une idée de la mesure sanitaire et aussi de son efficacité. Au début de la crise, les Guyanais avaient l’obligation de rentrer chez eux à partir de 21h et d’y rester jusqu’à 5h du matin. Le couvre-feu a pu être élargi ou assoupli en se basant sur les données relatives à la pandémie. Sa durée est actuellement réduite, passant de 21h à minuit sur l’ensemble du territoire guyanais. Cette diminution a été permise en se fiant sur l’avancement de la contagion. 

L’Agence Résultat de Santé (ARS) Guyane a publié le 8 octobre dernier, que « les nouvelles hospitalisations en Guyane sont restées stables, les admissions en réanimation sont en baisse.» Marc Del Grande, le préfet de Guyane souhaite malgré tout conserver le couvre-feu. Sur la 1ère, il déclare : « De minuit à 5 heures, franchement pour 95 % de la population cela n’est pas un effort particulier mais cela nous rend beaucoup de services.” Il précise que malgré la forte décrue des patients hospitalisés Covid et des patients en réanimation, il faut continuer les efforts. “Moins nous avons d’accidents de la route, plus notre système hospitalier est stable pour gérer le Covid et être capable de faire face à une éventuelle remontée…» conclut-il. 

Le couvre-feu a prouvé depuis le début de la pandémie sa potentielle efficacité, mais la mesure ne fait pas l’unanimité. Les Parisiens, sûrement les premiers concernés, confiaient déjà leurs inquiétudes et espoirs au micro de Télématin. Rendez-vous à 20 h pour l’interview du Président sur France 2 et TF1. 

Pour rester en sécurité chez vous, regardez notre vidéo sur L’esprit tranquille en confinement. :