Covid-19 : un médicament bientôt en France

Enfin un médicament pour soigner rapidement les malades du Covid ? C’est en tout cas ce qu’espère le gouvernement qui a commandé 50 000 doses d’une pilule du laboratoire Merck.

Ce mardi 26 octobre, le ministre de la santé Olivier Véran a annoncé la commande de 50 000 comprimés anti-Covid-19. Conçu par le laboratoire américain Merck – MSD chez nous – ce traitement serait, selon son concepteur, l’un des plus prometteurs pour lutter contre le coronavirus Sars-Cov-2, responsable de la pandémie de Covid-19 depuis près de 2 ans.

Une prise en charge efficace

Cette pilule de couleur orangée, appelée le molnupiravir, a été mise au point aux États-Unis après plusieurs essais cliniques. Selon le groupe américain, ce traitement antiviral se veut fiable et pourrait réduire le risque d’hospitalisation et de décès de 50%. Une prise de soin qui se veut rapide et pratique, puisque ce médicament aura l’avantage d’être le premier traitement anti-Covid disponible en comprimé. Pris sous forme orale, le monulpiravir pourra s’utiliser bien plus facilement qu’un traitement intraveineux par exemple. Pour Frédéric Adnet, le chef des urgences de l’hôpital Avicenne de Bobigny, c’est une bonne nouvelle, “la grande majorité des médicaments sont injectables. C’est une facilité de distribution et de stockage d’avoir des pilules.”

L’espoir d’un traitement fiable

Actuellement ce médicament est toujours en cours d’examen auprès des autorités sanitaires européennes et, même si elles n’ont pas encore donné leur feu vert, 50 000 doses devraient arriver d’ici un mois en France. Bien qu’il représente une réelle lueur d’espoir, le prix de ce comprimé reste élevé pour le moment. En effet, selon les Américains, une dose coûterait environ 700 dollars. Pour rappel, la pandémie de Covid-19 a déjà officiellement causé la mort de près de 5 millions de personnes.

Covid-19, année 2

Jean Castex a tenu ce jeudi 7 janvier une conférence de presse pour faire le point sur la situation sanitaire.

Alors que la polémique sur les vaccins enfle et que la situation sanitaire se dégrade en France, le Premier ministre, accompagné du ministre de la Santé Olivier Véran, a fait le point sur l’épidémie et les mesures sanitaires. De nouvelles dates concernant les réouvertures et la vaccination ont été données.

Covid-19, quelle est la situation sanitaire ?

Le nombre de contaminations, bien qu’il reste moins élevé que chez nos voisins, tend à augmenter. « La situation sanitaire de notre pays n’est pas revenue à la normale« . Toutefois, Jean Castex a tenu à souligner le sens de responsabilité des Français et les effets positifs du confinement débuté fin octobre. En concluant que malgré cela “nous sommes loin de l’objectif des 5000 cas par jour”. Le niveau des hospitalisations reste malheureusement élevé. La pression est “très forte sur le système hospitalier« . Ce sont 25 000 personnes qui sont hospitalisées, dont 2600 en réanimation. Des régions sont particulièrement touchées par l’épidémie, celles où a été décrété le couvre-feu à 18h et d’autres départements dont les données inquiètent.

Covid-19, quid des souches mutantes ? 

Les deux souches mutantes, celle du Royaume-Uni et celle moins étudiée d’Afrique du Sud, sont préoccupantes. En particulier la souche virale britannique qui a engendré une flambée des cas au Royaume-Uni. Cette dernière est considérée comme plus contagieuse de 40 à 70%. La menace de ce variant est prise très au sérieux. De ce fait, la frontière avec le Royaume-Uni restera fermée « jusqu’à nouvel ordre » pour éviter la circulation du variant britannique du virus. Pour les personnes venant d’Afrique du Sud ou du Royaume-Uni, il faudra donc qu’elles se présentent munies d’un test négatif de moins de 72h pour entrer sur le territoire. 

Covid-19, le couvre-feu est-il étendu ? 

Le couvre-feu à 20h est prolongé jusqu’au 20 janvier en France. Les départements en couvre-feu renforcé à 18h le resteront pour au moins deux semaines. Dix départements supplémentaires sont mis sous surveillance, « plutôt situés dans l’est de la France » , et des décisions seront prises « d’ici demain soir » (vendredi soir) pour y avancer le couvre-feu à déclaré le premier ministre. Il n’exclut aucune mesure supplémentaire en fonction de la progression de l’épidémie. « Je ne peux exclure que nous ayons à prendre des mesures nationales supplémentaires dans les prochains jours si nous en avons besoin. » a-t-il prévenu. 

Les lieux culturels, les salles de sports et les restaurants restent-ils fermés ? 

Le ministre a déclaré qu’aucun assouplissement n’était envisageable au vu des données épidémiques. « Toutes les activités, tous les établissements, tous les équipements qui sont aujourd’hui fermés le resteront encore jusqu’à la fin du mois« . Un nouveau point sera organisé le 20 janvier pour les acteurs de la culture ainsi que pour les professionnels de la montagne, afin d’étudier une possible réouverture début février. La décision dépendra à nouveau de l’évolution de la situation épidémique. Quant aux bars, restaurants et salles de sports, leur réouverture est reportée jusqu’à mi-février. 

Covid-19, où en sont les vaccins ?

« Le vaccin est notre principale source d’espoir pour sortir de cette épidémie.” Le gouvernement répond aux critiques et appelle à la sérénité. “Je demande que cessent les polémiques stériles qui n’apportent rien, sinon que d’inquiéter inutilement nos concitoyens déjà fatigués et à fleur de peau. » a lancé Jean Castex. Les autorités se sont fixé l’objectif de vacciner 15 millions de Français fragiles, dont 1 million d’ici fin janvier. Le premier ministre rejette l’idée d’une modification de la stratégie vaccinale. Il a simplement été décidé d’avancer la deuxième phase de la vaccination prévue pour début février à mi-janvier. “Les plus de 75 ans pourront se faire vacciner à partir de lundi 18 janvier » a-t-il annoncé. La campagne de vaccination a également été ouverte aux “personnes handicapées hébergées dans des établissements spécialisés”. L’espacement de 6 semaines au lieu de 3, entre les deux doses du vaccin Pfizer-BioNTech devrait permettre de vacciner un plus grand nombre de personnes en moins de temps. Pour simplifier la vaccination, les infirmiers et les pharmaciens sont désormais habilités à vacciner. Les autorités sanitaires veulent également une campagne vaccinale proche des Français. Ainsi, 600 centres de vaccination couvrant l’ensemble du territoire ouvriront à la fin du mois de janvier. Enfin, un système de prise de rendez-vous pour se faire vacciner va être mis en place par téléphone et via sante.fr à partir du 14 janvier.

Un camion-hôpital pour sauver des vies

Un hôpital mobile a été déployé ce lundi 9 novembre à Bayonne pour aider à faire face à la seconde vague de Covid-19. Une première en Europe.

Un camion a été transformé en hôpital de campagne. Prénommé Shelter, cet hôpital mobile a été installé ce lundi 9 novembre à Bayonne. Développé par le centre de réponse à la catastrophe du CHU de Toulouse, cet engin de 18 tonnes peut accueillir jusqu’à 18 patients, dont 5 en urgence absolue. On vous explique pourquoi cette innovation insolite est si précieuse. 

Un camion-hôpital au déploiement très rapide

Le temps est une donnée plus qu’importe en médecine d’urgence, et surtout depuis l’arrivée de la Covid-19. L’afflux de patients demande une grande réactivité et de nombreux lits. Deux choses dont les soignants manquaient cruellement en mars. A Mulhouse où la pandémie a fait rage au début de la crise, les militaires ont été appelés pour épauler l’hôpital. Or, malgré leur meilleure volonté, il a quand même fallu compter deux jours pour que l’hôpital de campagne sur le parking soit opérationnel. 

Le gros avantage de l’unité mobile Shelter réside dans la rapidité de son installation, comme on l’apprend sur le site 20minutes.fr.

« Il a l’avantage de pouvoir se déployer en vingt minutes quand il faut près de 48 heures pour un hôpital de campagne comme cela a été le cas à Mulhouse lors de la première vague »

Vincent Bounes, le patron du Samu de Toulouse à l’origine de la création du prototype.

En 20 minutes, le conteneur du camion est déchargé puis déplié en 5 chambres hospitalières pour une surface totale de 66m2. Cet hôpital d’un nouveau genre est complètement équipé avec électricité, eau, climatisation et tous les appareils nécessaires. Et seulement quatres personnes sont nécessaires à son installation. 

Le premier déploiement de Shelter a eu lieu à Bayonne. Vincent Bounes, le directeur du Samu de la Haute-Garonne, explique qu’ »il va être utilisé comme un service de soins intensifs pour des patients Covid-19, dans des zones où il y a un réel besoin”. 

L’origine du projet camion-hôpital

La Covid-19 n’a toutefois pas été l’élément déclencheur du projet, bien qu’elle l’ait accéléré. Cela fait trois ans que les concepteurs du CHU de Toulouse planchent sur l’unité mobile. 

L’idée est née des attentats de Barcelone en août. À l’origine, le professeur Vincent Bounes a effectivement imaginé ce dispositif en cas d’attentat, pour répondre à l’urgence. Il s’est notamment inspiré de technologies utilisées par les militaires. Il fallait aussi que l’hôpital puisse se déplacer partout, là où tout est détruit, là où il n’y a rien, et là où l’hôpital est trop loin pour certaines victimes. 

L’objectif est rempli. Shelter peut être installé partout, il résiste même aux conditions climatiques extrêmes. Il peut par exemple supporter deux mètres de neige. Qui plus est, il s’avère plus confortable que les tentes militaires. 

Les concepteurs ont d’ailleurs fait appel à l’entreprise Cegelec, qui travaille avec l’armée. Gilles Laborde, président de Cegelec Defense, explique pour 20minutes.fr la création du prototype. « C’est issu d’un concept développé avec les militaires, mais c’est la première version pour un Samu, pour qui le besoin fondamental était la rapidité et l’agilité. Nous avons commencé à échanger en 2019 et la pandémie à accélérer son développement »

Cette première mondiale pourrait s’avérer être un grand soulagement pour les équipes de soignants confrontées à la pénurie de lits.

Afin d’éviter de tomber malade, regardez notre vidéo sur les gestes barrières.

Le point sur les annonces du gouvernement

« La situation est grave. Elle est grave en Europe, elle est grave en France » a déclaré le Premier ministre, Jean Castex. 

Jeudi 22 octobre, les autorités ont enregistré 41 622 nouvelles contaminations à la Covid-19 au cours des dernières 24 heures, un record. Ces données ont été communiquées peu après les annonces du gouvernement. Extension du couvre-feu, préservation de la culture, et TousAntiCovid étaient au programme de la conférence. 

46 millions de Français sous couvre-feu et “Le dispositif sera réévalué et éventuellement durci”

7 Français sur 10, les deux tiers de la population nationale, vivront aux heures du couvre-feu dès vendredi minuit. A cette date, tous les commerces, les salles de cinéma, en bref tous les lieux accueillant du public devront fermer leur porte. Comme pour l’Ile-de-France et les huit métropoles françaises pionnières du couvre-feu, les habitants de 38 nouveaux départements et de la Polynésie, devront être rentrés avant 21h et jusqu’à 6h du matin. 

Les départements concernés sont : Ain, Alpes-Maritimes, Ardèche, Ardennes, Ariège, Aube, Aveyron, Bas-Rhin, Calvados, Corse-du-Sud, Côte-d’Or, Drôme, Gard, Hautes-Alpes, Haute-Corse, Haute-Loire, Hautes-Pyrénées, Haute-Savoie, Haute-Vienne, Ille-et-Vilaine, Indre-et-Loire, Jura, Loiret, Lozère, Maine-et-Loire, Marne, Meurthe-et-Moselle, Oise, Pas-de-Calais, Puy-de-Dôme, Pyrénées-Atlantiques, Pyrénées-Orientales, Saône-et-Loire, Savoie, Tarn, Tarn-et-Garonne, Var et Vaucluse.

Les couvre-feux d’ores et déjà en place depuis la semaine dernière sont globalement bien respectés. Selon Jean Castex, la police a effectué plus de 32 300 contrôles jusqu’à présent pour seulement 4777 verbalisations pour non-respect du couvre-feu. Malgré les efforts, la progression du virus ne semble pas ralentir. Le ministre de la Santé Olivier Véran espère « un frémissement » d’une baisse du taux d’incidence en début de semaine prochaine. Pour le moment, « On ne peut pas voir encore les effets du couvre-feu», a déclaré Jean Castex. « Nous le verrons la semaine prochaine. » Il a affirmé qu’en fonction des résultats, le dispositif serait réévalué « pour éventuellement le durcir ».

Enfin, des annonces claires pour la Culture 

Tout le secteur attendait les réponses et osait espérer un billet dérogatoire pour les séances de cinéma et les spectacles. Roselyne Bachelot, la ministre de la Culture, a pris la parole hier lors de la conférence. Les professionnels de la culture seront aidés mais il n’y aura pas de billets servant de dérogation comme le souhaitait la ministre. 

Les aides débloquées par l’Etat s’élèvent à 115 millions d’euros, pour éviter que le secteur ne “s’effondre”. 

Le monde de la culture profitera également des exonérations de charges et des fonds de solidarité, a indiqué Roselyne Bachelot. Exemple de l’envergure des aides, « Le fonds d’urgence aux artistes et techniciens du spectacle va être doublé pour atteindre 10 millions d’euros ».

De plus, La ministre souhaite prolonger l’exonération de la taxe sur les spectacles jusqu’au premier semestre 2021. Le cinéma, dont les séances de 20h et 22h représentent 50 % du chiffre d’affaires, bénéficiera de 30 millions d’euros d’aides. Parmi ces aides,  l’Etat s’engage à prendre en charge un complément de prix sur chaque billet, reversé ensuite aux distributeurs. 

StopCovid fait peau neuve !

L’application se nomme désormais Tous Anti-Covid. La précédente application “n’est pas un échec, mais n’a pas marché” selon Emmanuel Macron. La deuxième version a donc été lancé hier suite aux nouvelles annonces. L’application est téléchargeable depuis hier, sur l’App Store et Android. 

L’objectif est très clairement d’obtenir un très grand nombre de téléchargements actifs. Cédric O a insisté sur cette nécessité. Atteindre dix voire quinze millions d’utilisateurs, comme chez nos voisins allemands et britanniques, rendrait cet outil « extrêmement utile ». 

Pour le secrétaire d’Etat à la Transition numérique « TousAntiCovid, c’est un geste barrière supplémentaire.” 

La nouvelle application « conserve sa fonction de suivi des contacts (…) Elle intègre désormais des éléments d’informations quotidiennes. Elle diffusera également des éléments d’actualité et intègre un lien vers la carte des laboratoires » a détaillé Cédric O. La nouveauté ? Justement l’ajout de ces contenus informatifs sur la pandémie directement accessibles depuis l’application. 

Le secrétaire d’Etat affirme également que TousAntiCovid « sera enrichie toutes les deux semaines par de nouvelles fonctionnalités. » Les fonctionnalités les plus attendues étaient une possibilité de générer une attestation de sortie et d’avoir « une alternative aux cahiers de rappels » des restaurants, le tout directement depuis l’application. Elles devraient bien être ajoutées, d’ici peu de temps.

Pour tout comprendre sur le couvre-feu, lisez notre article le couvre-feu décrypté !

Covid-19 : Le dépistage se simplifie

Les tests antigéniques seront aussi disponibles pour un dépistage individuel, et remboursés pour les personnes présentants des symptômes. 

Un arrêté du samedi 17 octobre publié au Journal Officiel, autorise l’utilisation de tests antigéniques pour un dépistage individuel. Ces tests plus rapides que les test RT-PCR, étaient une des promesses d’Emmanuel Macron pour « réduire drastiquement les délais ». 

Des tests plus rapides

Le ministre de la Santé Olivier Véran, au lendemain de l’interview du chef de l’Etat annonçant le couvre-feu, a annoncé espérer que “d’ici à quelques semaines une personne qui aurait de la fièvre avec des signes respiratoires puisse être testée directement chez son médecin » avec les tests antigéniques. D’abord destiné à des opérations collectives de dépistage, le déploiement de ces tests rapides est désormais ouvert à un public plus large. Selon l’arrêté de samedi, ils peuvent désormais être réalisés pour un “dépistage individuel” par les médecins, pharmaciens ou infirmiers. 

Néanmoins, des conditions sont à remplir. Le test inclut certes les personnes « asymptomatiques, hors personnes contact ou personnes détectées au sein d’un cluster » et celles « symptomatiques« . Mais ces derniers ne peuvent réaliser un test antigénique que si un test RT-PCR ne peut être obtenu avant 48 heures et seulement si le test antigénique se déroule moins de quatre jours après les premiers symptômes. En outre, en cas de symptômes, il faut être âgé de moins de 65 ans et ne pas présenter de risque de développer une forme grave de Covid-19 pour accéder à ces nouveaux tests. Ces derniers peuvent être remboursés par la Sécurité Sociale sous condition et uniquement pour des personnes présentant des symptômes.

Evidemment, les opérations de dépistage massif ne sont pas pour autant annulées. Au contraire, Jean-Baptiste Djebarri, le ministre des Transports, a annoncé la réalisation de tests antigéniques dans les aéroports français « d’ici la fin octobre ». D’après le ministre, les tests devraient être utilisés « notamment au départ vers des destinations comme les États-Unis ou l’Italie, et à l’arrivée sur des pays rouges, de façon à ce qu’on n’ait plus des personnes qui rentrent de pays rouges dans le territoire français sans être testées ». 

Quelle différence entre les tests ?

La couverture médiatique laisse penser qu’il n’existe que deux tests. En réalité, quatre tests sont autorisés pour dépister le coronavirus : Le test RT-PCR est le plus connu, le test antigénique, le test salivaire et le test sérologique. Mais les deux qui sont le plus fréquemment utilisés sont le test PCR et l’antigénique. 

Le PCR est réalisé grâce à un écouvillon, un “gros coton-tige”, enfoncé loin dans le nez. Ce test est très fiable, car il détecte le matériel génétique du virus. Mais les écouvillons doivent être analysés en laboratoires, avec des machines rares et coûteuses. Un temps d’attente relativement long est nécessaire, d’où les retards dans la délivrance des résultats. En revanche, le test est remboursé pour tout le monde, avec ou sans symptôme. 

Quant au test antigénique, son principal atout est sa rapidité. Réalisables à la pharmacie ou chez un médecin, ces tests donnent leur résultat en 10 à 30 minutes. Tout comme le PCR, le prélèvement pour ce nouveau test se fait dans le nez, grâce à un écouvillon. Pourquoi alors sont-ils plus rapides ? A l’inverse du test PCR, il n’y a pas besoin d’analyses en laboratoire. Le test antigénique détecte les protéines de structure du virus, pas son ARN qui est son matériel génétique. Comme pour un test de grossesse, le résultat s’affiche grâce à une réaction chimique sur une bandelette, interprété par un système de barres : 1 barre c’est négatif, 2 c’est positif. Le résultat positif à ce test est fiable.

Mais La Haute Autorité de santé (HAS) a souligné qu’en cas de test négatif, il y avait une petite probabilité de passer à côté d’une infection. Cela porte davantage à conséquence pour les patients à risque de développer une forme grave de la maladie pour qui le test PCR reste le meilleur dépistage.

Pour savoir comment réagir en cas de doute, retrouvez notre vidéo : Coronavirus, que faire si j’ai un doute ?

Le casse-tête du couvre-feu décrypté !

Le couvre-feu a été décrété hier pour endiguer la montée en flèche des contaminations.  La mesure anxiogène a suscité pour nous tous de nombreuses interrogations. 

Rester chez soi de 21 h à 6 h du matin sans être pour autant en confinement, qu’est-ce que ça donne ? Des questions les plus essentielles aux plus individuelles et même insolites, préparer son couvre-feu nécessite des réponses. 

Le couvre-feu, c’est quoi ? 

Il ne s’agit pas d’un confinement ! Vous pouvez circuler librement la journée. Toutefois, à partir de 21h vous devrez faire en sorte d’être chez vous ou ailleurs et d’y rester jusqu’à 6h du matin. Des dérogations seront possibles en cas d’urgence et pour les travailleurs de nuit. Si vous rentrez tard chez vous, vous devrez justifier de votre déplacement. 

La règle s’applique à 20 millions de français, soit environ 30% de la population de France métropolitaine. Sont concernés les habitants d’Ile-de-France et des villes de Lille, Rouen, Lyon, Saint-Etienne, Grenoble, Toulouse, Montpellier et Aix-Marseille. 

Ces territoires représentent environ 2,5% de la surface de la France métropolitaine.

60% des contaminations ont-elles vraiment lieu à l’école et entreprise ?

Non. On lit souvent ce chiffre, qui est repris par des personnalités politiques de premier plan comme Jean-Luc Mélenchon sur Twitter par exemple, mais il est inexact.

Comme lui a répondu le ministre de la Santé Olivier Véran, ce chiffre correspond à la part des clusters. Or, les clusters ne représentent qu’une petite partie des contaminations identifiées.

Dans les chiffres de la dernière semaine comptabilisés par Santé-Publique France, l’ensemble des clusters ne représentait que 8120 cas sur 77 980, soit 10,4%.

Que risque-t-on si l’on sort pendant le couvre-feu ?

Vous êtes dehors entre 21h et 6h et vous n’avez pas d’attestation, que risquez-vous ? La police sera en mesure vous contrôler. Si c’est la première fois, vous devrez vous acquitter d’une amende de 135€. En cas de récidive, l’amende sera de 1 500€. 12 000 policiers et gendarmes seront déployés pour faire respecter le couvre-feu. Le Président a précisé que les attestations et dérogations seront disponibles dès vendredi 16 octobre sur le site du gouvernement. La conférence de presse de Jean Castex, précisant les contours du couvre-feu, est également disponible en ligne.

Le couvre-feu à 0h samedi, ça veut dire quoi ?

Le couvre-feu débutera “ samedi à 0h “ a annoncé Emmanuel Macron hier soir. Donc dans la nuit de vendredi à samedi ou dans la nuit de samedi à dimanche ? 0h signifie avant la première heure du jour, le couvre-feu commencera donc la nuit de vendredi à samedi. Samedi soir sera la première nuit sous couvre-feu pour l’Ile-de-France et les 8 autres métropoles françaises.

Pendant combien de temps le couvre-feu va-t-il durer ?

Pour le moment, le couvre-feu est en vigueur pour quatre semaines, du samedi 17 octobre au samedi 14 novembre. Mais, le président a exprimé clairement la volonté de l’exécutif de maintenir le couvre-feu jusqu’au 1er décembre, soit six semaines. Pour cela, le gouvernement devra convaincre le Parlement d’accepter le passage de quatre à six semaines. La nouvelle mise en place de « l’état d’urgence sanitaire » dès ce week-end, et rend possible la mise sous couvre-feu de 20 millions de Français. Toutefois, l’état d’urgence permet au gouvernement de prendre des mesures strictes de manière unilatérale uniquement pour une durée d’un mois. Au-delà de ce délai la mesure doit être approuvée par le Parlement pour se poursuivre.

D’autres villes pourront-elles être soumises au couvre-feu ? Celles qui le sont déjà pourront-elles en sortir ?

Oui, Olivier Véran, le ministre de la Santé a précisé que certains territoires pourraient rejoindre la liste des villes sous couvre-feu. Pour ces dernières, leur situation sera fortement examinée. Mais le ministre a rappelé que les premiers effets du confinement n’avaient pu être visibles qu’à partir de trois semaines. Le couvre-feu durera donc très probablement six semaines comme le souhaite le gouvernement.

L’attestation : où la trouver ? Comment faire ? Dois-je en avoir une tous les jours ?

Tout comme pendant le confinement, vous pourrez retrouver l’attestation sur le site du gouvernement

Les travailleurs de nuit ou ceux dont les horaires ne permettent pas de respecter les horaires du couvre-feu, pourront demander un justificatif à leur entreprise et avoir une seule et même attestation dérogatoire. 

Les autres devront télécharger, imprimer ou écrire une attestation sur feuille libre et ce à chacun de leur déplacement, que ce soit pour raison professionnelle, raison de santé ou pour venir en aide à un proche. 

Puis-je dormir ailleurs que chez moi ?

Oui, le couvre-feu n’est pas le confinement. Vous pouvez dormir chaque nuit dans un endroit différent du moment que vous arrivez à 21h et partez après 6h du matin. Vous pourrez donc rendre visite à vos familles et amis, mais il est très fortement conseillé de respecter les gestes barrières même en assemblé privée.

Nous sommes 8 à la maison, est-ce interdit ?

Non, la règle des 6 personnes chez soi est une règle indicative et de bon sens. Moins l’on est nombreux, plus il est facile de conserver les gestes barrières. Pour comprendre, tant que nous ne sommes pas en confinement, on ne peut pas interdire les rassemblements à domicile. 

En revanche, dans les restaurants, la limite de 6 personnes par table est obligatoire.

Mais attention, dans les espaces publics, les rassemblements de plus de 10 personnes sont interdits en zone d’alerte maximale et renforcée sauf exceptions très spécifiques.

Peut-on partir en vacances ?

Oui, vous pouvez vous rendre dans d’autres régions pour les vacances de la Toussaint. Le gouvernement approuve les départs en vacances. Selon Pascal Crépey, épidémiologiste à l’Ecole des hautes études en santé publique, interrogé par Le Parisien. « Le virus est déjà partout, il n’y aura pas de risque d’exportation. Le problème n’est pas le déplacement mais le brassage de population. Il faudra toujours, où l’on se trouve, limiter ses contacts, respecter les gestes barrières. » Les vacances seraient également un moyen de réduire la densité dans les métropoles, les plus touchées. 

Le site du gouvernement propose un onglet dédié aux vacances avec les différentes informations pratiques.

Promener son chien ou faire son footing, est-ce un motif valable pour sortir après 21h ?

« Pour ce qui est de promener son chien ou le jogging, c’est du bon sens, pendant le confinement on pouvait le faire rapidement, il faut être pragmatique. Ce qu’on vise, ce sont les rassemblements privés » a déclaré ce matin Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement au micro de FranceInfo

Il sera donc possible de le faire tout comme pendant le confinement, près de chez soi et sans tarder. Pour les abonnés des salles de sports, aucune nouvelle information n’a été donnée, conservant le statu quo.

Est-ce que je risque une amende en rentrant de voyage après 21h ?

Demain c’est le premier jour des vacances pour la zone C et donc Paris. Vous avez déjà prévu votre billet retour pour le week-end prochain. Mais, pas de chance, votre arrivée est prévue à 22h à Paris. Il vous faudra donc vous munir d’une attestation et présenter vos billets pour justifier votre déplacement en cas de contrôle, dans ce cas vous ne risquez rien.

Le couvre-feu durera-t-il plus ou moins longtemps avec le changement d’heure ?

De même que l’on se demande chaque année si l’on dormira plus ou moins, la question se pose aussi pour le couvre-feu. Alors ? Dimanche 25 octobre marque le passage à l’heure d’hiver. A cette date à 3h du matin, il sera 2h du matin. Vous dormirez donc une heure de plus et le couvre-feu durera une heure de plus. Mais hormis reculer les horloges d’une heure, rien ne changera. Les horaires du couvre-feu seront inchangés, de 21h à 6h du matin. 

Puis-je me rendre au restaurant ? Les restaurants pourront-ils livrer à domicile ?

Oui, vous pourrez aller au restaurant. Toutefois, le restaurant ne pourra plus avoir de clients en salle dès 21h. Comme pour toutes les autres activités, vous devrez anticiper vos déplacements pour ne plus circuler sur la voie publique à partir de 21h. Quant aux livraisons, elles pourront être assurées, toujours dans le respect des règles sanitaires.

Les bars fermés en zone d’alerte maximale renforcée pourront-ils rouvrir et fermer à 21h ? 

Non, les bars s’ils ne proposent pas de nourriture sur place resteront fermés dans les zones rouge écarlate. Néanmoins, le Sénat s’est dit favorable à la réouverture des bars et demande un deuxième examen du projet. 

Pour les spectacles, le théâtre, le cinéma pourra-t-on s’y rendre ? 

Les professionnels de la culture demandent que les billets de spectacles commençant avant 21h mais se terminant après puisse être considérés comme une attestation dérogatoire de la même manière que les billets de trains ou d’avion. Quant aux salles de spectacles et de cinéma, il est pour l’instant prévu qu’elles ferment bien à l’heure du couvre-feu. Mais comme l’explique FranceTVinfo.fr, au cinéma les entrées après 20h représentent 30% du total des places vendues, et les zones sous le couvre-feu représentent 50% des entrées en France. Les acteurs du monde du spectacle demandent donc des dérogations pour continuer à ouvrir après 21h. Par exemple, une place de cinéma ou de théâtre ferait office d’attestation de déplacement. Une bonne solution pour le monde du spectacle mais la création d’un couvre-feu à deux vitesses qui pourrait être contourné par les classes les plus aisées, renforçant le sentiment d’exclusion de ceux qui n’ont pas les moyens de s’offrir une sortie au théâtre ou au cinéma. En attendant, le secteur s’adapte comme les cinémas MK2 qui proposeront des séances dès 8h du matin. La ministre de la Culture Roselyne Bachelot, lors d’une interview au Parisien, a elle exprimé son souhait de permettre aux spectateurs de rentrer après 21h grâce à leur billet.

Les Français sont-ils pour et respecteront-ils le couvre-feu ? 

Un sondage pour d’Harris-Interactive et LCI montre que 73% des sondés sont favorables à cette mesure et 94% affirment qu’ils le respecteront. 

En dehors, de l’Ile-de-France et des villes soumises au couvre-feu, y a-t-il de nouvelles règles prévues ?

Oui, pour l’ensemble des Français il est désormais interdits d’organiser des fêtes privées comme un mariage, et des soirées étudiantes dans des salles des fêtes, dans des salles polyvalentes ou tout autre établissement recevant du public. Tous les restaurateurs du pays sont soumis au même protocole sanitaire qu’en zone d’alerte maximale. Pour les espaces clos recevant du publique la règle d’une place sur deux doit être respectée par tous. Dans les centres commerciaux et autres espace publique où l’on circule debout, ces lieux sont dans l’obligation une jauge de capacité d’accueil en garantissant un espace de 4m2.  

Pour mieux connaître l’historique des couvre-feux en France, vous pouvez lire notre article Le couvre-feu, pas une nouveauté.

Le couvre-feu, pas une nouveauté

Emmanuel Macron s’exprimera à 20 h ce soir. Que va-t-il annoncer ? Les rumeurs sur l’imposition d’un couvre-feu dans les grandes villes circulent depuis quelques jours. 

Le couvre-feu, mesure anxiogène, suscite beaucoup de questions et de peurs. La France a-t-elle déjà eu recours à cette mesure drastique ? Alors que sa mise en place semble être la solution pour éviter un reconfinement, quelle leçon peut-on tirer des couvre-feux passés et présents ?

Qu’est-ce qu’un couvre-feu ? 

C’est l’option que possède le gouvernement pour limiter la progression de l’épidémie. Le couvre-feu trouve son origine dès le Moyen-Age. Il rappelle les mauvais souvenirs de la France occupée, de la guerre d’Algérie et autres conflits en tout genre. Le principe ? Contraindre la population à rester chez elle pour empêcher tout rassemblement et toute forme de sédition.

Juridiquement, le couvre-feu est régi par la loi n° 55-385 du 3 avril 1955 comme une procédure rarissime permettant aux préfets d’agir en cas de violences urbaines. La loi d’urgence sanitaire du 23 mars 2020 permet au ministre chargé de la Santé, Olivier Véran, d’activer « toute mesure proportionnée aux risques courus et appropriée aux circonstances de temps et de lieu afin de prévenir et de limiter les conséquences des menaces possibles sur la santé de la population ». 

De quand date le dernier couvre-feu ? 

La France a bel et bien vécu sous le joug du couvre-feu. En octobre 1961, le préfet de police de Paris Maurice Papon annonce un couvre-feu pour les « Français musulmans d’Algérie », terme utilisé pour désigner les Algériens travaillant en métropole. Entre 20h30 et 5h30 du matin, ils ont l’interdiction de circuler dans Paris et sa banlieue. Les tenanciers de cafés algériens doivent impérativement fermer à 19 heures. La mesure ne passe pas et des manifestations grandement réprimées se déroulent à Paris. 

Plus proche de nous, les émeutes dans les banlieues en 2005 ont poussé Jacques Chirac à déclencher l’état d’urgence et par la même à déclarer des couvre-feux dans plusieurs métropoles. Concernant la crise sanitaire actuelle, la mesure n’est pas inédite. Dès le confinement, plusieurs mairies ont en effet mis en place un couvre-feu. En revanche, la mesure n’a jamais été promulguée pour l’ensemble du territoire. 

Presque sept mois de couvre-feu en Guyane

L’exemple de la Guyane donne une idée de la mesure sanitaire et aussi de son efficacité. Au début de la crise, les Guyanais avaient l’obligation de rentrer chez eux à partir de 21h et d’y rester jusqu’à 5h du matin. Le couvre-feu a pu être élargi ou assoupli en se basant sur les données relatives à la pandémie. Sa durée est actuellement réduite, passant de 21h à minuit sur l’ensemble du territoire guyanais. Cette diminution a été permise en se fiant sur l’avancement de la contagion. 

L’Agence Résultat de Santé (ARS) Guyane a publié le 8 octobre dernier, que « les nouvelles hospitalisations en Guyane sont restées stables, les admissions en réanimation sont en baisse.» Marc Del Grande, le préfet de Guyane souhaite malgré tout conserver le couvre-feu. Sur la 1ère, il déclare : « De minuit à 5 heures, franchement pour 95 % de la population cela n’est pas un effort particulier mais cela nous rend beaucoup de services.” Il précise que malgré la forte décrue des patients hospitalisés Covid et des patients en réanimation, il faut continuer les efforts. “Moins nous avons d’accidents de la route, plus notre système hospitalier est stable pour gérer le Covid et être capable de faire face à une éventuelle remontée…» conclut-il. 

Le couvre-feu a prouvé depuis le début de la pandémie sa potentielle efficacité, mais la mesure ne fait pas l’unanimité. Les Parisiens, sûrement les premiers concernés, confiaient déjà leurs inquiétudes et espoirs au micro de Télématin. Rendez-vous à 20 h pour l’interview du Président sur France 2 et TF1. 

Pour rester en sécurité chez vous, regardez notre vidéo sur L’esprit tranquille en confinement. :

Covid-19 : Toute la France vers le rouge écarlate ?

Les indicateurs Covid ne sont pas bons, les restrictions continuent à tomber et le virus progresse toujours. Ce week-end, plusieurs décisions ont dû être prises.

Le ministère de la Santé avait prévenu, c’est effectif depuis dimanche 11 octobre. Les préfectures de Montpellier et Toulouse ont annoncé hier leur passage en rouge écarlate, rejoignant 6 autres métropoles françaises déjà en vigilance accrue. 

Montpellier et Toulouse en rouge écarlate

La décision fait suite à la dégradation de la situation. Jeudi, le ministre de la Santé Olivier Véran jugeait la situation “inquiétante” et annonçait attendre quelques jours afin de constater la hausse du taux d’incidence. Les indicateurs ont continué à se dégrader ce week-end, les deux villes ont dépassé les 250 cas pour 100 000 habitants, les faisant automatiquement basculer en zone d’alerte. Le taux d’occupation des lits en réanimation est lui aussi en hausse. Les Montpelliérains et Toulousains vivront aux rythmes des mesures sanitaires renforcées prévues par le ministère de la Santé. Fermeture totale des bars et salles de sports, réduction de moitié des étudiants en université, protocole sanitaire strict dans les restaurants, incitation au télétravail… Toutes ces mesures devront être effectives dans la nuit du mardi 13 au mercredi 14 octobre à minuit. Les alentours des agglomérations sont également concernés par les mesures : 17 communes des environs de Toulouse et 31 communes de la métropole montpelliéraine. 

Ces restrictions qui sont d’ores et déjà appliquées à Paris, Lille, Lyon, Grenoble, Saint-Etienne, Grenoble et Marseille, n’enrayent pas encore la progression du virus.

La situation de la France

Au niveau national, il y a eu samedi près de 27 000 cas supplémentaires. Il s’agit d’un record depuis le déconfinement. La tendance ne s’est pas inversée ce dimanche avec plus de 16 000 nouveaux cas de contaminations ont été déclarés en 24h.

A Paris, le taux d’incident chez les 20-30ans est désormais de 800 cas pour 100 000, une situation préoccupante. Ce même taux chez les seniors croît rapidement, inquiétant l’Agence Régionale de Santé (ARS) d’Ile-de-France. Sur les 1 483 patients en réanimation dans le pays, 473 sont en Ile-de-France.  À Marseille, les mesures en place depuis deux semaines sont reconduites jusqu’à la fin du mois minimum. Les efforts des Marseillais n’ont pas suffi. Le préfet des Bouches-du-Rhône a pris la décision en s’appuyant le rapport de l’ARS PACA. La situation ne s’est pas améliorée, toutefois, elle ne s’est pas non plus dégradée, atteignant un plateau.

Ce lundi matin, quelques heures après l’interview de Jean Castex qui n’exclut pas la possibilité de confinements locaux en fonction de la situation dans les hôpitaux, France Télévisions a annoncé qu’Emmanuel Macron s’exprimera en direct mercredi à 19h55. L’occasion de faire un point avec les Français sur la dégradation de la situation sanitaire. 

Pour mieux vous protéger, regardez notre vidéo Comment bien porter son masque ?

“Le prendre soin est une activité à part entière du soin”

Du 1er au 9 octobre, BornSafety Mag donne la parole à celles et ceux qui oeuvrent en faveur des personnes âgées depuis le début de la crise sanitaire et le confinement.

En ce vendredi 9 octobre, journée mondiale du handicap, nous poursuivons cette série d’interviews avec Maélis Anselin, directrice des opérations et du développement d’Age d’Or Services. Elle nous explique quelles ont été les difficultés auxquelles Age d’Or a dû faire face durant la crise et celles qui restent encore à surmonter.

Quelles ont-été les priorités d’Age d’Or pendant cette crise de la Covid ?

Notre spécificité, c’est notre conviction. C’est que pouvoir bien vieillir, c’est vieillir au domicile. Donc, tout de suite, on a pris le pas et on a affirmé un positionnement stratégique qui était de pouvoir maintenir les activités dites essentielles, le maintien au domicile des personnes fragiles. Et donc, dans ce cas-là, de déprioriser certaines activités non-prioritaires : par exemple, le ménage, le jardinage.

Quels sont les principes fondamentaux du métier d’auxiliaire de vie ?

Dans notre activité, on a un sujet peut-être et un problème principal, c’est le manque de connaissance et le manque de reconnaissance de notre activité. On l’a vu dans cette crise-là, alors que les intervenants à domicile étaient totalement présents, impliqués et mobilisés dans cette crise-là, finalement à la fin on n’était pas prioritaire pour les masques, la prime on ne sait pas toujours comment elle va être versée… Et puis on est exclu du Ségur de la santé avec le sujet de l’augmentation des salaires. En revanche, pendant cette crise, on a parlé de notre métier et ça c’est super. On sait plus ce qu’est ce métier d’aide à domicile et en quoi c’est essentiel pour la société.

Cette crise, qu’a-t-elle mis en lumière ?

Le premier sujet, c’est vraiment que le prendre soin, qui est notre activité, est une activité à part entière du soin. Sans le prendre soin dans notre activité, le soin est compliqué pour le maintenir au domicile. Quand on vient chez vous, on fait une piqûre et si on s’arrête à la piqûre, eh bien ça ne vous permet pas de vous maintenir à domicile. C’est le lien social, cette justesse de la relation qui vous donne toute cette dignité. Ensuite, évidemment, nous notre sujet c’est une politique de l’autonomie, de la dépendance, qui soit homogène sur le territoire. Il faut un tarif qui soit unique, ça c’est notre sujet. Un tarif unique, juste, qui prenne en compte un prix de revient qui soit correct pour payer correctement les personnes. Ces éléments-là, pour nous, ce sont des éléments qui sont fondamentaux pour poursuivre notre rôle au domicile.

“La Covid va devenir une maladie professionnelle présumée pour les personnels soignants.”

Du 1er au 9 octobre, BornSafety Mag donne la parole à celles et ceux qui oeuvrent en faveur des personnes âgées depuis le début de la crise sanitaire et le confinement.

En ce mardi 6 octobre, journée nationale des aidants, nous poursuivons cette série d’interviews avec Mélanie Souterau, avocate associée au cabinet Barthélémy, expert en droit social et ressources humaines, notamment dans le domaine médico-social. Elle détaille la façon dont elle a accompagné et conseillé ses clients durant la crise sanitaire.

Pendant la crise de la Covid, quel a été votre rôle ?

Les EHPAD ont été sur le devant de la scène pendant cette période. Nous les avons accompagnés, pour ce qui nous concerne, dans la gestion sociale de leur personnel. Ont dû être revisités tous les réflexes classiques de droit du travail en matière d’aménagement du temps de travail, gestion des durées maximales de travail, gestion des repos, gestion des congés. Gestion surtout des conditions de santé et de sécurité. Cet investissement important au contact du virus a mérité une rétribution financière, je pense à la prime exceptionnelle pour le pouvoir d’achat. Et puis la fameuse prime Covid, qui dans un premier temps était plutôt réservée au secteur public et qui, grâce à l’action des fédérations patronales, a été ouverte au secteur privé.

Quelles leçons tirer de la crise de la Covid ?

Ce qui émerge c’est que les effectifs du secteur médico-social, et notamment des EHPAD, ont été particulièrement présents. La question des moyens des EHPAD, comme des autres structures médico-sociales, est désormais mise en lumière. Une évolution qui me semble également probable, c’est la notion de partenariat. Le partenariat entre des structures privées et publiques, je pense aux mises à disposition, au bénévolat. La notion de partenariat me semble peut-être quelque chose qui pourrait émerger de manière plus nette dans le cadre juridique de ces établissements.

La Covid : un accident du travail ?

La Covid va devenir, d’un moment à l’autre, une maladie professionnelle présumée pour les personnels soignants. Ce qui va évidemment engendrer là aussi une mobilisation des employeurs, des engagements peut-être en terme de responsabilité. Donc tout ça il faut s’y attendre, nous nous y attendons.