Confinement ? Vraiment ?

Le couperet est tombé hier soir peu après 19h, 16 départements français sont à nouveau confinés. Avec le droit de sortir dans un rayon de 10 km autour de chez soi. Mais alors, est-ce vraiment un confinement ?

Jean Castex a parlé, on a eu un peu de mal à comprendre, mais l’essentiel peut se résumer à : 16 départements sont confinés, on peut sortir autant qu’on veut dans un rayon de 10 km autour de chez soi jusqu’à 19h (avec une attestation), les déplacements interrégionaux sont interdits, les commerces essentiels restent ouverts, dont les librairies et les salons de coiffure. Et beaucoup de s’interroger : si on a le droit de sortir, ça veut dire qu’on n’est pas confiné ? Eh bien si, on vous explique.

Confiner, ça veut dire quoi ?

Le verbe confiner est formé des mots latins “con”, qui veut dire “avec” et “finis” qui veut dire “frontière”.

Confiner délimite donc une zone avec des frontières de laquelle on n’a pas le droit de sortir.

Cela peut être une pièce, une maison, une ville, n’importe quelle zone géographique délimitée. Techniquement, ce nouveau confinement en est donc bien un puisque, dans les 16 départements concernés, on n’a pas le droit d’aller au-delà de 10 km autour de chez soi.

Qui est concerné par ce nouveau confinement ?

Vous pouvez retrouver la liste des départements et des restrictions sur le site du gouvernement.

Comment calculer la limite de 10 km autour de chez moi ?

Pour savoir jusqu’où vous avez le droit de sortir, vous pouvez vous rendre sur ce site très simple qui vous dessine votre zone de confinement sur une carte. Vous rentrez votre adresse et il fait le reste.

Pour vivre ce confinement le mieux possible, vous pouvez regarder les conseils de notre expert psychiatre, le Dr. Jean-Christophe Seznec.

Vidéo : Comment vivre un confinement le mieux possible ?

Ce soir, le gouvernement annoncera des mesures plus restrictives dans certaines régions pour lutter contre la pandémie de Covid-19. Un reconfinement est même évoqué. Comment bien le vivre ? On vous répond.

Le docteur Jean-Christophe Seznec est médecin-psychiatre. Pour BornSafety.com il livre les clés pour vivre le mieux possible les périodes de confinement.

De quoi l’être humain a-t-il besoin pour vivre ?

L’être humain, pour bien vivre, il a besoin d’avoir des contacts sociaux, d’avoir de l’exercice physique, d’avoir de la joie et des réalisations. Tous ces besoins demandent d’être créatif pour y répondre malgré la contrainte du confinement.

Déjà, il faut avoir des temps de vie qui soient bien marqués. C’est important qu’on dise à notre cerveau à quelle heure on se lève, à quelle heure on se couche, quand on est en pause, quand on est en activité.

Comment avoir une activité physique en confinement ?

C’est important d’avoir de l’activité physique. Soit faire de l’activité physique chez soi. Je conseille à mes patients, quand on ne peut pas faire de l’exercice physique à la maison, de sortir à pied comme si on allait au travail et de revenir chez soi. C’est surtout lutter contre la sédentarité.

Travailler à un bureau debout ou à un bar, ça permet de travailler tout en étant en mouvement.

Que faire en confinement ?

Ne pas rater une occasion pour échanger avec d’autres personnes. En fonction des goûts de chacun, essayer d’avoir des réalisations chaque jour pour avoir l’impression que ce temps d’aujourd’hui vaut le coup. Faire de la couture, faire du dessin, faire de la poterie…

L’idée c’est que chaque jour est une vie. Qu’est-ce qu’on peut faire pour que cette vie d’aujourd’hui soit une expérience qui vaille le coup.

Couvre-feu : 18h plutôt que 20h, vraiment utile ?

Ce jeudi 14 janvier, Jean Castex doit annoncer de nouvelles mesures sanitaires. Un couvre-feu national à 18h est sérieusement envisagé. Mais est-ce efficace ? 

Le couperet tombera à 18h, serons-nous tous dans l’obligation d’être chez nous à 18h ? L’attention est concentrée sur ce couvre-feu étendu déjà effectif dans 23 départements. Mais la mesure a-t-elle fait ses preuves ? Quels sont ses avantages dans la lutte contre le Covid ? On vous explique ce qui se joue derrière ces deux heures cruciales. 

Pourquoi avancer le couvre-feu à 18h ? 

Les données épidémiologiques montrent que la France peut basculer à tout moment dans un rebond épidémique. Si les chiffres sont moins dramatiques que ceux de nos voisins européens, les cas positifs au Covid-19 ne diminuent pas pour autant. Les courbes affichent un plateau qui tend à augmenter au niveau national, et qui a déjà augmenté dans certains départements. Qui plus est, le variant anglais commence désormais à circuler en France. Les autorités sanitaires, redoutant un scénario similaire à celui du Royaume-Uni, préfèrent prendre des précautions pour freiner la circulation du virus. Elles seront annoncées à 18h lors de la conférence de presse au cours de laquelle le Premier ministre Jean Castex sera accompagné de six ministres.  

Comme Stanislas Guerini l’a expliqué au micro de BFMTV, « L’intérêt du couvre-feu à 18 heures, c’est de contrer « l’effet apéro ». ». Le délégué général de LREM a notamment souligné que le virus “est un virus social […] près d’un tiers des contaminations qui sont dans le cercle amical et dans le cercle familial.». Il s’appuie sur l’étude Comcor publiée mi-décembre. 

L’objectif est donc d’empêcher un maximum de rassemblements familiaux et amicaux après le travail. Par cette méthode le gouvernement pense pouvoir diminuer le nombre de cas, éviter la propagation du variant britannique et libérer davantage de places dans les hôpitaux. 

Le couvre-feu à 18h est-il plus efficace qu’à 20h ?

Le couvre-feu, indépendamment de son horaire, est efficace. Une étude menée par Santé publique France, publiée mi-décembre, a prouvé son utilité dans la lutte contre le Covid en analysant les données du couvre-feu décrété en octobre. La mesure a, selon l’étude, permis de diminuer le taux de positivité de 15 à 20%. En revanche, rien ne permet pour le moment de dire si le couvre-feu est plus efficace à 18h qu’à 20h. 

Les données des 15 départements placés dès le 2 janvier sous couvre-feu à 18h ne sont pas suffisantes pour déterminer si l’avancée de l’horaire a un véritable impact. Pour le moment, aucun effet uniquement imputable au changement d’heure n’a été constaté. Il faut généralement deux semaines pour voir les premiers effets d’une mesure, il est donc encore trop tôt. Les premiers effets, s’il y en a, devraient se faire remarquer d’ici la semaine prochaine. Les scientifiques se divisent sur l’utilité d’une avancée du couvre-feu. Certains sont optimistes, comme l’épidémiologiste Pascal Crépey qui rappelle que les couvre-feux d’octobre ont été bénéfiques. D’autres s’avèrent plus réticents, à l’instar de l’épidémiologiste Catherine Hill, qui a déclaré au Parisien qu’ »Un couvre-feu avancé à 18 heures ne changera pas grand-chose. Cela va embêter les gens et ne va pas beaucoup réduire le nombre de personnes qui se croisent, et qui se contaminent ». 

Le gouvernement tient son cap. Ce matin Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement, se voulait rassurant et prudent. « Dans les départements où le couvre-feu a été avancé, la circulation du virus est moins importante que dans d’autres départements français : c’est-à-dire qu’il croît moins vite, la dynamique de croissance du virus est moins rapide que dans d’autres territoires ». Il complète, avertissant qu’il est « évidemment trop tôt pour mesurer pleinement et absolument les effets ».

Un troisième confinement est-il à l’étude ? 

C’est en tout cas ce que pensent 83% des Français selon une enquête Elabe pour BFMTV. Les sondés pensent que le gouvernement ne tardera pas à annoncer un troisième confinement et 62% se disent en mesure de le supporter. Un peu plus de la moitié est d’ailleurs favorable à un reconfinement. 

Or, d’après les différents communiqués et les avis de proches du pouvoir sortis dans la presse, l’exécutif veut éviter de confiner à nouveau. Le projet d’un troisième confinement n’est toutefois pas mis au placard, cela dépendra de l’évolution épidémique. Comme le Premier ministre l’a confié à des participants au comité de suivi parlementaire ce lundi 11 janvier, le confinement n’est pas exclu mais n’est envisagé pour le moment qu’en cas dernier recours. 

Le gouvernement estime qu’un couvre-feu est suffisant pour contenir un rebond épidémique. Les prochaines semaines seront de ce fait déterminantes. Elles permettront d’évaluer la capacité des mesures à ralentir la progression du virus. Pour un éventuel troisième confinement, tout dépend donc de la réussite du couvre-feu. 

Déconfinement, ça commence demain

Le déconfinement débute dès demain, mardi 15 décembre. On vous explique comment va se passer cette demi-sortie de confinement. 

Le premier ministre Jean Castex a tenu jeudi dernier une conférence de presse entouré des ministres de la Santé, Olivier Véran, et de l’Intérieur, Gérald Darmanin. Le déconfinement est maintenu mais avec des restrictions revues à la hausse. On vous résume les grandes lignes des annonces du gouvernement. 

Quand aura lieu le déconfinement ?

Le déconfinement est maintenu au mardi 15 décembre. Toutefois, le gouvernement serre la vis. Pour rappel, le planning du déconfinement annoncé par Emmanuel Macron prévoyait de déconfiner le 15 décembre pour mettre en place un couvre-feu à 21h et assouplir un certain nombre de restrictions. Cette décision était conditionnée à deux paliers, 5 000 contaminations quotidiennes et 3 000 lits de réanimation occupés. 

Or, si le second palier a été atteint, 2666 lits sont occupés, le premier palier est loin d’être garanti. Lors de la conférence, le ministre de la Santé a détaillé les données épidémiologiques. Si la France compte 5 fois moins de contaminations qu’au début du confinement, passant de 50 000 cas à 10 000, cela ne suffit pas. 

Depuis plusieurs jours, les données montrent que le nombre de nouveaux cas ne baisse pas. “Nous avons atteint un plateau” commente Olivier Véran. Il tend même à légèrement augmenter, sur la journée du 9 décembre, 14 595 nouveaux cas ont ainsi été constatés. De ce fait, la vigilance reste élevée. Le ministre de la Santé l’explique « si nous ne changeons rien, le risque est que la deuxième vague reparte dans les prochaines semaines. Que les cas graves se remettent à augmenter ».

Comment se passera le déconfinement ? 

Le déconfinement sera bien moins souple que ce qui avait été envisagé. Au vu de la situation épidémique, la légèreté n’est pas de mise, d’autant que les autorités craignent l’accélération des contaminations liées aux fêtes ainsi qu’à l’installation du froid et de l’humidité. Le gouvernement maintient la possibilité de déplacement sur l’ensemble du territoire. Mais il revient sur les déclarations du président concernant le couvre-feu. 

Ce dernier, qui devait commencer à 21h, débutera finalement à 20h pour finir à 6h du matin. A la différence des couvre-feux localisés du mois d’octobre, toute la France métropolitaine devra le respecter. En revanche, le couvre-feu ne concerne pas les départements d’Outre-Mer.  

Qui plus est, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a précisé que les dérogations au couvre-feu seraient réduites par rapport à celles du confinement. En effet, il y aura moins de motifs pour plus de contrôles policiers. Lors du contrôle il faudra être en mesure de prouver le motif de son déplacement pour ne pas écoper de 135 € d’amende. Les motifs sont : déplacement entre le domicile et le lieu de travail, motifs familiaux impérieux, soins médicaux, aide aux personnes vulnérables, activité de bénévolat (maraude, aide alimentaire…) et promenade du chien. A retenir que les attestations ne seront plus nécessaires en journée. 

Les cinémas, les salles de spectacle et les musées vont-ils rouvrir ? 

Mauvaise nouvelle pour les lieux recevant du public. Ces derniers, actuellement fermés, devront maintenir portes closes pendant trois semaines supplémentaires. « Les conditions posées pour leur réouverture ne sont hélas pas réunies », a déclaré le Premier ministre. Une nouvelle déception pour les lieux culturels ainsi que les enceintes sportives, les cirques, les parcs zoologiques, les salles de jeux et les casinos. Il faudra donc attendre le 7 janvier pour se rendre dans ces lieux, à condition que les conditions sanitaires soient cette fois réunies. 

Pour les professionnels de la culture qui avaient fondé tant d’espoir sur une réouverture le 15 décembre, la nouvelle a du mal à passer, A Bordeaux, Synptac CGT Aquitaine (Syndicat national des professionnels du théâtre et des activités culturelles) lance un appel à manifester le 15 décembre à midi devant la préfecture, selon Sud Ouest.  “Encore une fois, le gouvernement fait miroiter une nouvelle date incertaine de réouverture le 7 janvier. Cette succession d’annonces incertaines, qui nous place dans l’expectative permanente, est irresponsable !” Voici comment les syndicats appellent à rejoindre leur manifestation. Leur message témoigne de la décision et de la colère de tous les secteurs culturels. 

Même son de cloche pour les Églises, et les autres lieux de cultes. Malgré cette période de fête, il n’auront pas de dérogation pour accueillir davantage de public que la jauge qui leur a été fixée en fonction de la taille du lieu.

Les restaurateurs resteront-ils ouverts malgré le couvre-feu ? 

Oui et non. La réouverture des restaurants n’est pas pour tout de suite. Toutefois, il était possible de profiter de la vente à emporter et de la livraison. Avec la mise en vigueur du couvre-feu, ce ne sera plus tout à fait la même chose. 

Il sera toujours possible de commander à emporter ou en livraison. Néanmoins, la vente à emporter fermera à 20h, du fait du couvre-feu. En tant que client, si vous choisissez de venir au restaurant récupérer vos plats, vous devrez faire attention à l’heure. Il est impératif que vous soyez chez vous à 20h pour éviter une amende. Car la vente à emporter n’est pas un motif de déplacement. Passé 20h, il faudra donc commander en livraison. 

Frank Delvau, le président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih) Paris Île-de-France confie sa colère au Figaro. «On nous a poussés à développer la livraison et la vente à emporter. Avec l’interdiction du click and collect après 20 heures, nous allons devoir nous reporter sur des plateformes (Deliveroo, etc., NDLR), que l’on paye. Il va falloir nous expliquer pourquoi les gens ne peuvent pas venir chercher un plat de pâtes ou une pizza à 20h30 !» Pour lui il s’agit « d’une stigmatisation supplémentaire de la profession »

Pour quand un déconfinement total est-il prévu ? 

Le déconfinement total comme celui de mai est encore bien loin. La date du 20 janvier reste toutefois maintenue. Elle marque la réouverture de l’ensemble des commerces, incluant donc les restaurants et les bars. Néanmoins, cette réouverture dépend elle aussi de la situation sanitaire de la France a cette période. Déjà lors de son allocution, Emmanuel Macron s’est montré prudent quant à cette date, précisant que la réouverture de tous les secteurs d’activités pouvait être décalée si besoin. 

Alors difficile de fixer une date précise pour le déconfinement total. D’autant plus que Jean Castex et Olivier Véran n’ont pas exclu l’hypothèse d’une troisième vague. Le premier ministre a rappelé que les fêtes de Thanksgiving au Canada et au Etats-Unis avaient été suivies d’une flambée des cas de contaminations. Les autorités sanitaires appellent donc à la prudence et la responsabilité de chacun en cette période afin d’éviter un troisième confinement après les fêtes. 

Quelles mesures pour Noël et le Jour de l’An ? 

Noël sera relativement épargné par les mesures sanitaires. La dérogation au couvre-feu est  maintenue le soir du 24 décembre. Autrement dit, vous n’aurez nul besoin d’une attestation pour vous déplacer la veille de Noël. Les ministres ont également rappelé la règle des 6 personnes à table. Jean Castex a également recommandé la plus grande prudence avec les aînés. « Si vous deviez retrouver au cours des prochaines semaines, soit pour Noël, soit même un autre jour, une personne âgée ou vulnérable au coronavirus, limitez vos interactions au cours des 5 jours précédents, restez le plus possible chez vous. » 

Pour la Saint-Sylvestre, changement de stratégie totale. Contrairement à Noel, il n’y aura pas de dérogation pour le Nouvel An, vous devrez donc respecter le couvre-feu. Pour justifier cette décision à deux vitesses, le Premier ministre a rappelé que « Noël occupe une place à part dans nos vies et nos traditions« . Il a expliqué en revanche que le Nouvel An « concentre tous les ingrédients d’un rebond épidémique.” 

En bref … 

  • La possibilité de déplacements sur tout le territoire est maintenue
  • Plus d’attestation en journée à partir de demain, mardi 15 décembre
  • Couvre-feu de 20h à 6h du matin à partir de demain, mardi 15 décembre
  • Pas de couvre-feu pour Noël, la soirée du 24 décembre, mais limitation recommandée à 6 adultes à table
  • Le couvre-feu est maintenu pour le jour de l’an de 20h à 6h 
  • Les lieux culturels restent fermés au moins jusqu’en janvier 

Mois sans tabac et confinement : chance ou malchance ?

Le retour du confinement coïncide avec l’arrivée du Mois sans Tabac. Les fumeurs doivent-ils suivre l’initiative de Tabac Info-Service et arrêter de fumer ?

Covid-19, confinement, terrorisme… il est très difficile de garder son calme et rester loin du stress ambiant. Avec ce climat de tensions, il peut paraître insurmontable de passer un mois sans fumer. Mais finalement le confinement est peut-être le meilleur moment d’arrêter.

Pendant le premier confinement, qui a arrêté de fumer ?

A vrai dire très peu de Français ont sauté le pas entre mars et mai. Une enquête de Santé Publique France montre que seulement 19% des fumeurs ont diminué leur consommation à cette période. 

Le confinement n’a pas donné envie de prendre de bonnes résolutions. Bien au contraire, les fumeurs interrogés, dont 94% se déclarent fumeurs quotidiens, sont 27% à avoir augmenté leur consommation de cigarettes. En moyenne, les Français auraient donc fumé 5 cigarettes de plus par jour. 

Parmi les raisons évoquées pour justifier cette hausse de consommation, les sondés ont évoqué « L’ennui, le manque d’activité, le stress et le plaisir”. Viêt Nguyen Thanh, responsable de l’unité addictions à la direction de la prévention et de la promotion de la santé à Santé publique France, complète ces raisons dans le rapport. 

On note également que l’augmentation aussi bien pour le tabac que pour l’alcool est corrélée au risque d’anxiété et de dépression.” 

Alors, la cigarette, cause ou conséquence du stress ?

Lorsque vous demandez à un fumeur pourquoi il continue, le stress est très souvent invoqué. De très nombreux fumeurs associent la cigarette à un anti-stress. Or, ce ressenti n’est pas vraiment réel. En effet, fumer crée une forme de stress. Cette nervosité que ressent le fumeur est davantage dû au processus de sevrage qu’à un stress extérieur. 

Quand le taux de nicotine diminue dans le sang, le cerveau souffre et active les sensations de manque, nervosité, sensibilité, anxiété, agitation. Alors, dès la première inhalation qui fait met fin au sevrage, le fumeur se sent plus calme. Concrètement, la cigarette n’a pas éliminé une source de stress mais simplement les effets du sevrage. 

Vous l’aurez donc compris : plus on fume et plus on stresse. Conclusion, mieux vaut apprendre à gérer son stress différemment que continuer à fumer, surtout pendant le confinement. 

Le re-confinement, le bon moment pour arrêter le tabac ?

Le confinement, du point de vu psychologique, a été très mal vécu. Les augmentations des consultations en psychologie et en psychiatrie le prouvent. Pendant le confinement, il y a eu à peu près 30% de dépressions en plus par rapport à la moyenne. 

Et quand l’on sait que le développement de troubles anxieux est plus risqué pour les fumeurs, le cocktail cigarette et confinement ne semble pas judicieux. Enfin, même si le sevrage de la cigarette est difficile, les effets sont rapides. En deux à quatre semaines après l’arrêt du tabac, vous pouvez déjà respirer plus facilement et être moins stressés. 

Pour finir de vous convaincre d’arrêter, retrouvez notre vidéo à propos des effets du tabac sur le corps

Reconfinement, la bonne solution ?

La France se reconfine, espérant endiguer la seconde vague de la pandémie de Covid-19. Mais quel a été l’impact du premier confinement ?

Emmanuel Macron a pris la parole mercredi 28 octobre pour annoncer un reconfinement du pays. Dans un discours très didactique et concret, le président de la République a expliqué pourquoi le confinement était la seule solution pour freiner l’accélération des contaminations. Il espère avoir des résultats aussi bons que lors du premier confinement. Justement, quels ont été les résultats des 8 semaines de confinement du printemps ?

Sans confinement, combien de morts ? 

Il est impossible de répondre à cette question de manière formelle. On ne peut pas prévoir la manière dont aurait circulé le virus sans aucune mesure pour contraindre son cheminement dans la population.

Toutefois, une étude de l’Imperial College de Londres publiée dans la revue scientifique Nature a estimé les dégâts évités grâce au confinement des pays européens. Selon les données de l’études, le confinement et les restrictions mises en place auraient permis d’éviter 3,1 millions de morts dans les pays concernés par les mesures sanitaires. 

Le taux de reproduction a-t-il chuté avec le confinement ?

Quand on parle de taux de reproduction, on parle du nombre de personnes qui peuvent être infectées par une seule et même personne ayant contracté le virus. 

Avant la mise en place du confinement, une étude de l’institut Pasteur donnait un taux de reproduction de 2,90. C’est-à-dire qu’avant le confinement du 17 mars, une personne atteinte par le Covid-19 contaminait 2 à 3 personnes. 

Grâce aux mesures drastiques encadrant le confinement, ce taux de reproduction a diminué de 77%, atteignant 0,67. Un malade infectait alors moins d’une personne. Cette baisse impressionnante a réellement limité la circulation du virus. 

Les contaminations ont-elles baissé avec le confinement ?

L’étude de l’Institut Pasteur sur les effets du confinement a été publié peu de temps avant la fin de ce dernier. Ainsi, l’Institut estimait que le 11 mai, fin du confinement, les infections journalières seraient comprises entre 2600 et 6300 cas. Avant le confinement, la France comptait entre 150 000 et 390 000 infections journalières. Il y a donc bien eu une baisse de cas spectaculaire.

Hospitalisations et réanimations ont-elles diminué avec le confinement ?

Toujours selon les chiffres de l’Institut Pasteur, les hospitalisations sont passées de 3 600 par jour en mars à 357 en mai, soit une diminution de 90%. Quant aux admissions en soins intensifs, elles ont dégringolé. En mars, 700 personnes en moyenne étaient placées en réanimation. Début mai, 66 personnes étaient admises chaque jour. 

Pourquoi le confinement n’a-t-il pas suffi à endiguer durablement l’épidémie ?

Les experts de l’Institut Pasteur expliquaient, dans leur rapport de début mai 2020, qu’au vu du faible niveau d’immunité, des mesures de contrôle efficaces devaient être maintenues après le déconfinement. Seulement 4,4 % de la population avait été infectée, ce qui n’était pas suffisant pour éviter une deuxième vague si les mesures n’étaient pas respectées. 

Or, tous les Français ont pu constater un relâchement des gestes barrières pendant l’été. Et tout comme l’introduction des mesures de restriction a eu un impact sur le taux de reproduction du virus, la fin des mesures restrictives a aussi impacté ce taux. 

Les trois causes principales de l’augmentation du taux de reproduction seraient la réouverture des écoles, l’autorisation d’événements publics et certains rassemblements de plus de dix personnes. 

Combien de temps pour connaître les effets du confinement ? 

Hier soir, Emmanuel Macron a expliqué qu’un point sur la situation serait fait après deux semaines de confinement. Cette échéance n’est pas un hasard. Pour connaître les premières données épidémiques significatives après l’instauration d’une restriction, il faut attendre une à trois semaines. 

C’est seulement après ce délai que des projections et des prévisions relativement fiables sur les deux à trois semaines suivantes peuvent être réalisées. 

Les Français meurent-ils plus de la Covid-19 que d’autres maladies ? 

Faire ce comparatif est potentiellement dangereux car, statistiquement, les gens ne meurent pas plus de la Covid-19. 

En France, en moyenne 157 400 personnes meurent d’un cancer quel qu’il soit et 50 000 personnes d’un arrêt cardiaque. Pour la Covid, depuis février, la France déplore 35 785 décès, ce qui représente 145 morts par jour du 26 février 2020 à aujourd’hui. 

En revanche, certaines morts dues à la Covid-19 sont évitables grâce à l’application stricte des mesures sanitaires. Il est donc essentiel de ne pas minimiser la dangerosité du virus en respectant les règles sans pour autant le surestimer. Car le virus a pu provoquer des morts indirectes. 

Pendant le confinement, beaucoup d’opérations ont dû être décalées, le suivi médical de pathologie chronique n’était pas toujours optimal, des maladies n’ont pas pu être diagnostiquées à temps et certains ont évité de se rendre chez le médecin par peur du coronavirus. Ainsi, selon l’Inserm, le nombre d’arrêts cardiaques a doublé en région parisienne durant le confinement.

Le confinement a-t-il aidé contre d’autres épidémies ?

Ce printemps, les praticiens français ont constaté une baisse drastique des grippes, rhinites et gastro-entérites. Il y a eu quatre fois moins de consultations par rapport à l’an dernier. 

Tout porte à croire que les gestes barrières sont aussi efficaces face aux maux saisonniers.

La revue Nature montre l’efficacité des mesures sanitaires pour la grippe. Sa saison n’a duré que six semaines dans l’hémisphère nord. Une baisse conséquente et plus encourageante encore quand la grippe de janvier dernier risquait d’être la plus sévère depuis plusieurs dizaines d’années. 

Le confinement, quelles conséquences psychologiques ?

Pendant le confinement, les Français ont pris en moyenne 2,5 kilos. La sédentarité et le surpoids entraînent à long terme des risques pour la santé comme des problèmes cardiovasculaires. Mais les effets ne se font ressentir qu’après une période vraiment longue. En revanche, l’état psychologique d’une personne confinée peut se dégrader très rapidement. Au déconfinement les cabinets de psychologie et de psychiatrie ont vu un afflux de nouveaux patients. Suite au confinement, il y a eu une augmentation des dépressions d’à peu près 30%.

Pour préparer votre retour chez vous, retrouvez notre vidéo sur : Comment avoir l’esprit tranquille en confinement ?

Le casse-tête du couvre-feu décrypté !

Le couvre-feu a été décrété hier pour endiguer la montée en flèche des contaminations.  La mesure anxiogène a suscité pour nous tous de nombreuses interrogations. 

Rester chez soi de 21 h à 6 h du matin sans être pour autant en confinement, qu’est-ce que ça donne ? Des questions les plus essentielles aux plus individuelles et même insolites, préparer son couvre-feu nécessite des réponses. 

Le couvre-feu, c’est quoi ? 

Il ne s’agit pas d’un confinement ! Vous pouvez circuler librement la journée. Toutefois, à partir de 21h vous devrez faire en sorte d’être chez vous ou ailleurs et d’y rester jusqu’à 6h du matin. Des dérogations seront possibles en cas d’urgence et pour les travailleurs de nuit. Si vous rentrez tard chez vous, vous devrez justifier de votre déplacement. 

La règle s’applique à 20 millions de français, soit environ 30% de la population de France métropolitaine. Sont concernés les habitants d’Ile-de-France et des villes de Lille, Rouen, Lyon, Saint-Etienne, Grenoble, Toulouse, Montpellier et Aix-Marseille. 

Ces territoires représentent environ 2,5% de la surface de la France métropolitaine.

60% des contaminations ont-elles vraiment lieu à l’école et entreprise ?

Non. On lit souvent ce chiffre, qui est repris par des personnalités politiques de premier plan comme Jean-Luc Mélenchon sur Twitter par exemple, mais il est inexact.

Comme lui a répondu le ministre de la Santé Olivier Véran, ce chiffre correspond à la part des clusters. Or, les clusters ne représentent qu’une petite partie des contaminations identifiées.

Dans les chiffres de la dernière semaine comptabilisés par Santé-Publique France, l’ensemble des clusters ne représentait que 8120 cas sur 77 980, soit 10,4%.

Que risque-t-on si l’on sort pendant le couvre-feu ?

Vous êtes dehors entre 21h et 6h et vous n’avez pas d’attestation, que risquez-vous ? La police sera en mesure vous contrôler. Si c’est la première fois, vous devrez vous acquitter d’une amende de 135€. En cas de récidive, l’amende sera de 1 500€. 12 000 policiers et gendarmes seront déployés pour faire respecter le couvre-feu. Le Président a précisé que les attestations et dérogations seront disponibles dès vendredi 16 octobre sur le site du gouvernement. La conférence de presse de Jean Castex, précisant les contours du couvre-feu, est également disponible en ligne.

Le couvre-feu à 0h samedi, ça veut dire quoi ?

Le couvre-feu débutera “ samedi à 0h “ a annoncé Emmanuel Macron hier soir. Donc dans la nuit de vendredi à samedi ou dans la nuit de samedi à dimanche ? 0h signifie avant la première heure du jour, le couvre-feu commencera donc la nuit de vendredi à samedi. Samedi soir sera la première nuit sous couvre-feu pour l’Ile-de-France et les 8 autres métropoles françaises.

Pendant combien de temps le couvre-feu va-t-il durer ?

Pour le moment, le couvre-feu est en vigueur pour quatre semaines, du samedi 17 octobre au samedi 14 novembre. Mais, le président a exprimé clairement la volonté de l’exécutif de maintenir le couvre-feu jusqu’au 1er décembre, soit six semaines. Pour cela, le gouvernement devra convaincre le Parlement d’accepter le passage de quatre à six semaines. La nouvelle mise en place de « l’état d’urgence sanitaire » dès ce week-end, et rend possible la mise sous couvre-feu de 20 millions de Français. Toutefois, l’état d’urgence permet au gouvernement de prendre des mesures strictes de manière unilatérale uniquement pour une durée d’un mois. Au-delà de ce délai la mesure doit être approuvée par le Parlement pour se poursuivre.

D’autres villes pourront-elles être soumises au couvre-feu ? Celles qui le sont déjà pourront-elles en sortir ?

Oui, Olivier Véran, le ministre de la Santé a précisé que certains territoires pourraient rejoindre la liste des villes sous couvre-feu. Pour ces dernières, leur situation sera fortement examinée. Mais le ministre a rappelé que les premiers effets du confinement n’avaient pu être visibles qu’à partir de trois semaines. Le couvre-feu durera donc très probablement six semaines comme le souhaite le gouvernement.

L’attestation : où la trouver ? Comment faire ? Dois-je en avoir une tous les jours ?

Tout comme pendant le confinement, vous pourrez retrouver l’attestation sur le site du gouvernement

Les travailleurs de nuit ou ceux dont les horaires ne permettent pas de respecter les horaires du couvre-feu, pourront demander un justificatif à leur entreprise et avoir une seule et même attestation dérogatoire. 

Les autres devront télécharger, imprimer ou écrire une attestation sur feuille libre et ce à chacun de leur déplacement, que ce soit pour raison professionnelle, raison de santé ou pour venir en aide à un proche. 

Puis-je dormir ailleurs que chez moi ?

Oui, le couvre-feu n’est pas le confinement. Vous pouvez dormir chaque nuit dans un endroit différent du moment que vous arrivez à 21h et partez après 6h du matin. Vous pourrez donc rendre visite à vos familles et amis, mais il est très fortement conseillé de respecter les gestes barrières même en assemblé privée.

Nous sommes 8 à la maison, est-ce interdit ?

Non, la règle des 6 personnes chez soi est une règle indicative et de bon sens. Moins l’on est nombreux, plus il est facile de conserver les gestes barrières. Pour comprendre, tant que nous ne sommes pas en confinement, on ne peut pas interdire les rassemblements à domicile. 

En revanche, dans les restaurants, la limite de 6 personnes par table est obligatoire.

Mais attention, dans les espaces publics, les rassemblements de plus de 10 personnes sont interdits en zone d’alerte maximale et renforcée sauf exceptions très spécifiques.

Peut-on partir en vacances ?

Oui, vous pouvez vous rendre dans d’autres régions pour les vacances de la Toussaint. Le gouvernement approuve les départs en vacances. Selon Pascal Crépey, épidémiologiste à l’Ecole des hautes études en santé publique, interrogé par Le Parisien. « Le virus est déjà partout, il n’y aura pas de risque d’exportation. Le problème n’est pas le déplacement mais le brassage de population. Il faudra toujours, où l’on se trouve, limiter ses contacts, respecter les gestes barrières. » Les vacances seraient également un moyen de réduire la densité dans les métropoles, les plus touchées. 

Le site du gouvernement propose un onglet dédié aux vacances avec les différentes informations pratiques.

Promener son chien ou faire son footing, est-ce un motif valable pour sortir après 21h ?

« Pour ce qui est de promener son chien ou le jogging, c’est du bon sens, pendant le confinement on pouvait le faire rapidement, il faut être pragmatique. Ce qu’on vise, ce sont les rassemblements privés » a déclaré ce matin Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement au micro de FranceInfo

Il sera donc possible de le faire tout comme pendant le confinement, près de chez soi et sans tarder. Pour les abonnés des salles de sports, aucune nouvelle information n’a été donnée, conservant le statu quo.

Est-ce que je risque une amende en rentrant de voyage après 21h ?

Demain c’est le premier jour des vacances pour la zone C et donc Paris. Vous avez déjà prévu votre billet retour pour le week-end prochain. Mais, pas de chance, votre arrivée est prévue à 22h à Paris. Il vous faudra donc vous munir d’une attestation et présenter vos billets pour justifier votre déplacement en cas de contrôle, dans ce cas vous ne risquez rien.

Le couvre-feu durera-t-il plus ou moins longtemps avec le changement d’heure ?

De même que l’on se demande chaque année si l’on dormira plus ou moins, la question se pose aussi pour le couvre-feu. Alors ? Dimanche 25 octobre marque le passage à l’heure d’hiver. A cette date à 3h du matin, il sera 2h du matin. Vous dormirez donc une heure de plus et le couvre-feu durera une heure de plus. Mais hormis reculer les horloges d’une heure, rien ne changera. Les horaires du couvre-feu seront inchangés, de 21h à 6h du matin. 

Puis-je me rendre au restaurant ? Les restaurants pourront-ils livrer à domicile ?

Oui, vous pourrez aller au restaurant. Toutefois, le restaurant ne pourra plus avoir de clients en salle dès 21h. Comme pour toutes les autres activités, vous devrez anticiper vos déplacements pour ne plus circuler sur la voie publique à partir de 21h. Quant aux livraisons, elles pourront être assurées, toujours dans le respect des règles sanitaires.

Les bars fermés en zone d’alerte maximale renforcée pourront-ils rouvrir et fermer à 21h ? 

Non, les bars s’ils ne proposent pas de nourriture sur place resteront fermés dans les zones rouge écarlate. Néanmoins, le Sénat s’est dit favorable à la réouverture des bars et demande un deuxième examen du projet. 

Pour les spectacles, le théâtre, le cinéma pourra-t-on s’y rendre ? 

Les professionnels de la culture demandent que les billets de spectacles commençant avant 21h mais se terminant après puisse être considérés comme une attestation dérogatoire de la même manière que les billets de trains ou d’avion. Quant aux salles de spectacles et de cinéma, il est pour l’instant prévu qu’elles ferment bien à l’heure du couvre-feu. Mais comme l’explique FranceTVinfo.fr, au cinéma les entrées après 20h représentent 30% du total des places vendues, et les zones sous le couvre-feu représentent 50% des entrées en France. Les acteurs du monde du spectacle demandent donc des dérogations pour continuer à ouvrir après 21h. Par exemple, une place de cinéma ou de théâtre ferait office d’attestation de déplacement. Une bonne solution pour le monde du spectacle mais la création d’un couvre-feu à deux vitesses qui pourrait être contourné par les classes les plus aisées, renforçant le sentiment d’exclusion de ceux qui n’ont pas les moyens de s’offrir une sortie au théâtre ou au cinéma. En attendant, le secteur s’adapte comme les cinémas MK2 qui proposeront des séances dès 8h du matin. La ministre de la Culture Roselyne Bachelot, lors d’une interview au Parisien, a elle exprimé son souhait de permettre aux spectateurs de rentrer après 21h grâce à leur billet.

Les Français sont-ils pour et respecteront-ils le couvre-feu ? 

Un sondage pour d’Harris-Interactive et LCI montre que 73% des sondés sont favorables à cette mesure et 94% affirment qu’ils le respecteront. 

En dehors, de l’Ile-de-France et des villes soumises au couvre-feu, y a-t-il de nouvelles règles prévues ?

Oui, pour l’ensemble des Français il est désormais interdits d’organiser des fêtes privées comme un mariage, et des soirées étudiantes dans des salles des fêtes, dans des salles polyvalentes ou tout autre établissement recevant du public. Tous les restaurateurs du pays sont soumis au même protocole sanitaire qu’en zone d’alerte maximale. Pour les espaces clos recevant du publique la règle d’une place sur deux doit être respectée par tous. Dans les centres commerciaux et autres espace publique où l’on circule debout, ces lieux sont dans l’obligation une jauge de capacité d’accueil en garantissant un espace de 4m2.  

Pour mieux connaître l’historique des couvre-feux en France, vous pouvez lire notre article Le couvre-feu, pas une nouveauté.

Le couvre-feu, pas une nouveauté

Emmanuel Macron s’exprimera à 20 h ce soir. Que va-t-il annoncer ? Les rumeurs sur l’imposition d’un couvre-feu dans les grandes villes circulent depuis quelques jours. 

Le couvre-feu, mesure anxiogène, suscite beaucoup de questions et de peurs. La France a-t-elle déjà eu recours à cette mesure drastique ? Alors que sa mise en place semble être la solution pour éviter un reconfinement, quelle leçon peut-on tirer des couvre-feux passés et présents ?

Qu’est-ce qu’un couvre-feu ? 

C’est l’option que possède le gouvernement pour limiter la progression de l’épidémie. Le couvre-feu trouve son origine dès le Moyen-Age. Il rappelle les mauvais souvenirs de la France occupée, de la guerre d’Algérie et autres conflits en tout genre. Le principe ? Contraindre la population à rester chez elle pour empêcher tout rassemblement et toute forme de sédition.

Juridiquement, le couvre-feu est régi par la loi n° 55-385 du 3 avril 1955 comme une procédure rarissime permettant aux préfets d’agir en cas de violences urbaines. La loi d’urgence sanitaire du 23 mars 2020 permet au ministre chargé de la Santé, Olivier Véran, d’activer « toute mesure proportionnée aux risques courus et appropriée aux circonstances de temps et de lieu afin de prévenir et de limiter les conséquences des menaces possibles sur la santé de la population ». 

De quand date le dernier couvre-feu ? 

La France a bel et bien vécu sous le joug du couvre-feu. En octobre 1961, le préfet de police de Paris Maurice Papon annonce un couvre-feu pour les « Français musulmans d’Algérie », terme utilisé pour désigner les Algériens travaillant en métropole. Entre 20h30 et 5h30 du matin, ils ont l’interdiction de circuler dans Paris et sa banlieue. Les tenanciers de cafés algériens doivent impérativement fermer à 19 heures. La mesure ne passe pas et des manifestations grandement réprimées se déroulent à Paris. 

Plus proche de nous, les émeutes dans les banlieues en 2005 ont poussé Jacques Chirac à déclencher l’état d’urgence et par la même à déclarer des couvre-feux dans plusieurs métropoles. Concernant la crise sanitaire actuelle, la mesure n’est pas inédite. Dès le confinement, plusieurs mairies ont en effet mis en place un couvre-feu. En revanche, la mesure n’a jamais été promulguée pour l’ensemble du territoire. 

Presque sept mois de couvre-feu en Guyane

L’exemple de la Guyane donne une idée de la mesure sanitaire et aussi de son efficacité. Au début de la crise, les Guyanais avaient l’obligation de rentrer chez eux à partir de 21h et d’y rester jusqu’à 5h du matin. Le couvre-feu a pu être élargi ou assoupli en se basant sur les données relatives à la pandémie. Sa durée est actuellement réduite, passant de 21h à minuit sur l’ensemble du territoire guyanais. Cette diminution a été permise en se fiant sur l’avancement de la contagion. 

L’Agence Résultat de Santé (ARS) Guyane a publié le 8 octobre dernier, que « les nouvelles hospitalisations en Guyane sont restées stables, les admissions en réanimation sont en baisse.» Marc Del Grande, le préfet de Guyane souhaite malgré tout conserver le couvre-feu. Sur la 1ère, il déclare : « De minuit à 5 heures, franchement pour 95 % de la population cela n’est pas un effort particulier mais cela nous rend beaucoup de services.” Il précise que malgré la forte décrue des patients hospitalisés Covid et des patients en réanimation, il faut continuer les efforts. “Moins nous avons d’accidents de la route, plus notre système hospitalier est stable pour gérer le Covid et être capable de faire face à une éventuelle remontée…» conclut-il. 

Le couvre-feu a prouvé depuis le début de la pandémie sa potentielle efficacité, mais la mesure ne fait pas l’unanimité. Les Parisiens, sûrement les premiers concernés, confiaient déjà leurs inquiétudes et espoirs au micro de Télématin. Rendez-vous à 20 h pour l’interview du Président sur France 2 et TF1. 

Pour rester en sécurité chez vous, regardez notre vidéo sur L’esprit tranquille en confinement. :

“Il va falloir qu’on s’habitue à vivre aussi avec ces conditions”

Du 1er au 9 octobre, BornSafety Mag donne la parole à celles et ceux qui oeuvrent en faveur des personnes âgées depuis le début de la crise sanitaire et le confinement.

En ce dimanche 4 octobre, journée des grands-parents, nous poursuivons cette série d’interviews avec Damien Cacaret, directeur délégué aux activités senior chez Oui Care, groupe de services à domicile. Il revient pour nous sur les adaptations dont a dû faire preuve Oui Care et évoque les changements qu’il faudrait amorcer pour mieux faire face à une prochaine crise.

Covid et Confinement, comment adapter vos méthodes de travail ?

Il a été très important, et de manière très urgente, de sécuriser nos interventions à domicile pour protéger nos salariés, bien évidemment, mais aussi pour protéger les personnes chez qui nous intervenons. Donc il a fallu qu’on équipe le personnel intervenant : les masques, les blouses, les surblouses, les gants… Il a fallu qu’on adapte aussi nos agences à la réception du public. Le travail à distance a modifié un peu cette organisation pour pouvoir être quand même présent et, surtout, ne jamais lâcher une intervention, ne jamais reculer devant une personne âgée qui était seule à son domicile.

Qu’aurait-il fallu améliorer dans vos méthodes ?

On a manqué de souplesse et d’interactions entre les différents professionnels. C’est d’éviter, tel qu’on a pu le faire, de travailler en silo sans forcément se parler, échanger. C’est pourtant essentiel pour faire face à une crise comme celle qu’on a vécue.

Comment allez-vous vous adapter dans le futur ?

Il va falloir qu’on s’habitue à vivre aussi avec ces conditions et, donc, peut-être légiférer sur des nouveaux protocoles, des nouvelles mesures. Très rapidement pouvoir déclencher des plans pour pouvoir prendre en charge des patients très lourds sur des cas difficiles. On a bien vu que ç’a été bloquant, donc il faut réformer pour pouvoir être beaucoup plus agile sur une situation de crise.

« Il ne faut pas opposer seniors et numérique »

Du 1er au 9 octobre, BornSafety Mag donne la parole à celles et ceux qui oeuvrent en faveur des personnes âgées depuis le début de la crise sanitaire et le confinement.

En ce jeudi 1er octobre, journée internationale des personnes âgées, nous commençons cette série d’interviews avec Johan Girard, délégué national personnes âgées et domicile à la Croix-Rouge française. Il détaille les dispositifs que la Croix-Rouge a su mettre en place pour accompagner les personnes âgées et insiste sur le rôle essentiel joué par les outils numériques.

Personnes âgées et confinement, comment la Croix-Rouge a-t-elle géré ?

Cette crise était une menace pour les personnes fragiles que l’on accueille au sein des structures. Mais il y avait un enjeu important, c’était de pouvoir malgré tout respecter les règles du confinement. Alors il y a eu des règles de confinement qui ont été édictées, et rapidement est apparue la problématique sociale du lien social, du lien familial, avec ce confinement total. Nous avons donc pris la décision de pouvoir porter la transformation numérique pour répondre à cette problématique d’isolement et de solitude. Nous avons donc déployé un pack numérique complet à travers la réalité virtuelle, des tablettes numériques, avec des outils de vidéoconférence pour garder le lien avec les familles, du réseau social avec les familles. Donc ça va passer par la formation, ça va passer par l’accompagnement et ça va passer aussi par l’action au plus près des personnes âgées, des seniors, sur l’usage au quotidien puisqu’il n’est pas aisé, de manière spontanée, d’utiliser une tablette pour un senior de 85 ou 90 ans. Il a besoin d’aide. Mais en tout cas, une chose est sûre, il ne faut pas opposer seniors et numérique. Une fois que c’est acquis, ça marche très très bien aussi pour les seniors.

Au-delà du numérique, quelles actions pouvez-vous citer ?

Evidemment, les actions parfois plus simples en interne ont été menées comme la sensibilisation au lavage des mains et la distance physique entre les résidents. Et nous avons aussi coordonné la reprise progressive des visites des familles puisque, évidemment, l’éloignement familial est complexe à gérer dans la relation, surtout au grand âge. Mais également des outils de musicothérapie puisqu’il fallait aussi apaiser certaines angoisses et nous avons préféré opter pour des thérapies non médicamenteuses.