Fumer moins pour gagner plus

Le Black Friday repoussé d’une semaine, ça vous laisse le temps d’économiser un peu plus. Et si ça passait par un arrêt du tabac ?

Un fumeur français régulier fume en moyenne 11 cigarettes par jour. Cela représente 4 à 5 paquets par semaine, soit environ 18 paquets de cigarettes par mois. Avec l’augmentation du prix du tabac en France, le paquet de cigarette coûte en moyenne 10€. Celles et ceux qui ont fait le Mois Sans Tabac peuvent-ils se lâcher pour le Black Friday ? On fait le point sur ce que vous pourrez vous offrir.

Au bout d’un mois d’arrêt … 180€ !

A la fin du mois de novembre, les heureux participants du mois sans tabac pourront profiter de toutes leurs séries et films préférés ! Et oui, après un mois d’arrêt vous aurez assez économisé pour vous offrir un an d’abonnement à Netflix ou OCS ! Choisissez votre camp mais qu’importe votre choix, il vous restera tout de même 36 € pour vous faire plaisir. Et attention, au bout de deux mois sans cigarette, vous pouvez avoir 10 mois d’abonnement à Canal+ et son pack Ciné séries comprenant Netflix, OCS, et Canal+séries en illimité. 

Au bout de trois mois d’arrêt … 540€ !

Vous avez tenu et vous avez de quoi être fier. Mais trois mois, ne nous mentons pas, cela n’a pas dû être une promenade de santé. Alors, respirez en profitant de vos poumons retrouvés et filez réserver votre week-end. Trois mois après votre arrêt, vous aurez 540€ d’économies, de quoi profiter d’un week-end détente. Pour ce prix vous pourrez vous délasser à deux dans une hôtel thalasso 4 étoiles, en bord de mer, avec petit-déjeuner inclus ! Alors, elle est pas belle la vie sans cigarette ? 

Au bout de six mois d’arrêt … 1 080€ !

Toutes nos félicitations, vous êtes sur une très bonne voie et un autre univers s’offre à vous grâce à l’argent que vous ne fumez plus ! A partir de 6 mois sans cigarette, en plus d’être en bien meilleure forme, vous pouvez vraiment vous accorder un très beau cadeau. Ceux qui compensent la cigarette par le sport seront aux anges ! Toutes ces journées sans tabac vous donnent accès à 6 années de sport en salle, ou 1 an d’abonnement au PSG. 

Ceux qui ressentent le besoin de s’évader pourront s’offrir un aller-retour pour la Nouvelle-Zélande ! Et enfin, les adeptes de la technologie seront ravis de pouvoir acquérir le tout nouvel iPhone 12. 

Au bout d’un an … 2 160€ !

Vous êtes fort, très fort et bravo cette étape est déterminante ! Les risques de rechutes sont drastiquement réduits. En un an vous en avez traversé des épreuves pour dire non au tabac. Aujourd’hui, c’est le premier jour de votre nouvelle vie sans addiction. Une vie où vos poches se sont remplies ! Imaginez, 2160 € par an réduits à l’état de cendres. Ca fait mal, mais vous qui avez réussi à arrêter, vous pouvez sourire et imaginer quelque chose de plus plaisant. Pensez à ce que cela signifie en terme de récompenses ! 2000€ ça équivaut au salaire moyen en France et aussi un voyage à Tahiti d’une semaine tout inclus. 

Donc, si vous avez arrêté de fumer en début de mois, vous aurez mis beaucoup d’argent de côté pour le Black Friday 2021.

Au bout de cinq ans … 10 800€ !

A partir de cinq on peut le dire, vous n’êtes plus un fumeur mais un ex-fumeur. La tentation s’est effacée avec le temps qui passe. En cinq ans, vous n’avez plus envie d’une cigarette à tout prix. Après cinq, vos poumons, votre corps, votre esprit et aussi votre portefeuille sont épanouis ! Vous avez passé 1825 jours sans céder, sans acheter la moindre cigarette et cela représente un beau pactole. Aujourd’hui, une voiture neuve coûte minimum 9000€, alors profitez-en pour passer le permis et à vous la liberté ! 

Grossesse et cigarette, 4 par jour max ?

“On peut fumer un peu pendant sa grossesse, l’important c’est de diminuer.” Que vaut cette affirmation qu’on entend parfois ? On fait le point. 

Cette idée selon laquelle une grande fumeuse ne doit pas couper court à la cigarette est très répandue mais pas forcément justifiée d’un point de vue scientifique… C’est même tout le contraire ! Les risques pour le fœtus sont concrets, et ce même après une seule cigarette. Alors, d’où vient cette idée ? Quels sont les risques ? Comment mettre fin à son addiction ? 

Des gynécologues et sages-femmes qui n’interdisent pas la cigarette  

Oui, ça existe. On a tous déjà entendu quelqu’un nous raconter qu’un gynécologue n’avait pas interdit la consommation de cigarettes à sa patiente enceinte. Mais cela ne veut pas dire que le médecin autorise la cigarette pour autant. 

En effet, il est évident que le gynécologue ou la sage-femme encourage chaque future maman à arrêter la cigarette pour sa santé et celle de son enfant. Mais les professionnels de la santé sont souvent démunis face à l’addiction de leur patiente. 

Le suivi de la grossesse nécessite un lien de confiance entre le personnel soignant et la patiente. Ainsi, le médecin ne va pas braquer la future maman, ni la faire culpabiliser vis-à-vis de son addiction dans le but de mieux la suivre et d’éviter tout mensonge de sa part sur sa consommation de cigarettes. Le rapport au tabac est propre à chaque fumeur. Quand certaines peuvent arrêter du jour au lendemain, d’autres ont besoin d’y aller progressivement. Qu’importe la méthode, le but est d’arrêter mais surtout de s’y tenir réellement. D’où ces médecins qui n’interdisent pas la cigarette. Ils accompagnent l’arrêt du tabac de manière différenciée pour chaque profil. Si pour avoir une chance d’arrêter durablement, vous devez passer par une phase de transition en diminuant progressivement, alors vous passerez par là. 

Enfin, il est vrai que pour certaines la situation est critique. Les très fortes addictions posent problème. L’effet de sevrage qui peut suivre l’arrêt ou juste la diminution de la cigarette, peut être très nocif pour la mère et son bébé. Un arrêt du tabac qui déclenche un stress foetal, soit un passage de l’hormone du stress dans le placenta, doit être suivi avec attention. Alors, le gynécologue doit évaluer les risques et les bénéfices de l’arrêt de la cigarette pour la suite de la grossesse et décider avec la patiente de la marche à suivre. 

Quoiqu’il en soit, continuer à fumer reste une prise de risques pour la santé et le développement du fœtus. Il est d’ailleurs préférable d’arrêter la cigarette dès que vous souhaitez avoir un enfant, donc avant la conception. 

Le tabac est-il l’ennemi du foetus ? 

Le tabac est l’ennemi du fœtus et de la mère. Il est nocif. Même une réduction drastique du nombre de cigarettes n’est pas suffisante pour protéger l’enfant. 

Selon la Direction Générale de la Santé, continuer la cigarette augmente le risque de grossesse extra-utérine, favorise un retard de croissance intra-utérine et le risque de prématurité. De nombreuses études ont également prouvé l’association entre le risque de syndrome de mort subite du nourrisson et le tabagisme maternel et passif pendant et après la grossesse. Le risque de mort subite est alors augmenté de deux à trois fois, selon la fréquence de la consommation. 

A la naissance, l’enfant exposé in-utero au tabac a davantage de risques de troubles respiratoires comme l’asthme. 

En 2017, une étude française, conduite par une équipe de l’hôpital La Pitié-Salpêtrière sur 371 femmes, démontre que le bébé d’une fumeuse pèse 228 g de moins que ceux dont les mamans sont non-fumeuses. Ce constat est établit même lorsqu’une femme enceinte ne fume qu’une à quatre cigarettes par jour. Or, un poids trop léger chez les nouveaux-nés peut avoir des conséquences sur leur santé à la naissance, mais plus tard également, tant au niveau physique qu’émotionnel. 

Pourtant, de nombreuses femmes continuent de fumer, même au troisième trimestre de leur grossesse. La prise en charge de l’addiction chez les femmes enceintes doit être davantage encadrée. Elles ont effectivement plus de difficultés à arrêter de fumer malgré leur motivation. Sur FranceInfo, le docteur Ivan Berlin, pharmacologue-addictologue, explique ce qui se passe pour elles. “Le métabolisme de la nicotine est nettement accéléré chez la femme enceinte, ce qui veut dire qu’il lui faut plus de nicotine pour accéder à la même sensation de bien-être que lorsqu’elle n’est pas enceinte. »

Vous l’aurez compris, l’arrêt du tabac pour une femme enceinte n’est pas si évident. Pour arrêter dans de bonnes conditions, il est recommandé de se faire suivre et aider. Des sages-femmes tabacologues existent, elles permettent d’aider leur patiente en toute connaissance de leur situation particulière. 

Si vous voulez arrêter de fumer, vous pouvez regarder notre vidéo Comment se faire aider pour arrêter de fumer ?

Les effets moins connus du tabagisme

La cigarette nuit à votre santé, entraînant des maladies graves comme le cancer du poumon. Mais elle s’attaque aussi à d’autres parties de votre vie.

Tout le monde sait que le tabac met en péril la santé, mais ce que l’on sait moins, c’est qu’il nuit à vos cheveux, à votre couple et plein d’autres choses. 

Plus de cigarettes, moins de cheveux 

Plusieurs études autour du monde confirme que la cigarette a des effets sur nos cheveux. Il est montré que la consommation de tabac fait augmenter la chute de cheveux, pour les femmes comme pour les hommes. Fumer est donc un facteur à risque de calvitie. 

Rien d’étonnant à cela puisque les cheveux gardent en mémoire ce que nous consommons. Ce que nous ingérons est en effet absorbé par les cheveux.

La tabac abîme vos os 

La cigarette a des effets nocifs sur les os, fumer favorise l’apparition de l’ostéoporose. Cette maladie de l’os poreux rend l’os est plus fragile, moins résistant et augmente le risque de fracture. L’ostéoporose affecte la densité et la structure de l’os. En fumant, vos os perdent une partie de leurs minéraux, les rendant plus fragiles et plus sensibles aux fractures. Quant à la masse osseuse, elle est diminuée sous l’effet du tabac, ce qui accroît les risques d’ostéoporose.

La cicatrisation est plus lente chez les fumeurs

Récupérer d’un simple point de suture ou d’une intervention chirurgicale est bien plus compliqué quand on fume. La nicotine, le monoxyde de carbone et le cyanure d’hydrogène sont des composants de la cigarette. Ces produits nocifs affectent la régénération des tissus et, donc, la capacité à cicatriser. La nicotine diminue le flux sanguin et l’apport d’éléments nutritifs nécessaires à la cicatrisation des tissus. Le monoxyde de carbone entraîne une diminution de l’oxygénation des tissus et une mauvaise micro-circulation sanguine. Enfin, le cyanure d’hydrogène affecte les cellules d’oxygène. Tous ces effets cumulés compliquent la cicatrisation. 

Au lit, les fumeurs c’est pas la forme

Les parties de jambes en l’air sont bien affectées par la cigarette. En perturbant la circulation sanguine, le tabac favorise les troubles de l’érection chez l’homme et la lubrification vaginale chez la femme.

Qui plus est, la cigarette peut entraîner une diminution de la libido chez les deux sexes. L’effet vasoconstricteur de la cigarette diminue l’acheminement du sang dans tout le corps et peut entraîner une diminution de l’envie sexuelle. 

Les yeux s’abîment en fumant

Quand on grille une cigarette, la fumée vient dans les yeux et ça pique. Mais ça ne s’arrête pas là, la fumée de la cigarette est toxique et altère la santé des yeux. Ceux-ci sont irrités, donc sensibilisés, et peuvent développer davantage d’affections ophtalmologiques. 

A terme, un fumeur a plus de risque de développer une cataracte. Le risque pour une dégénérescence maculaire (DMLA) liée à l’âge est multiplié par 5 chez les gros fumeurs. 

Pour voir les effets du tabac en images, vous pouvez vous rendre sur notre vidéo Quels sont les effets du tabac sur le corps ?

Les ravages du tabac dans le monde

Le saviez-vous ? Le tabac est le seul produit vendu légalement qui implique la mort d’un consommateur sur deux, alors même que le produit est utilisé correctement. 

Pas besoin de faire un dessin, le tabac est nocif pour tous et à tous les niveaux. Mondialement le tabagisme est un désastre pour la santé, l’économie et l’environnement. 

On fait le point à l’occasion du Mois Sans Tabac.

Les répercussions du tabac sur les vies humaines 

Selon un rapport de l’OMS, le tabac tue jusqu’à la moitié des 1,3 milliard de consommateurs de tabac. Cela représente plus de 8 millions de morts chaque année. Parmi ces morts évitables, plus de 7 millions sont des fumeurs ou des ex-fumeurs, et environ 1,2 million meurent de tabagisme passif. En France, le tabagisme est la première cause de mortalité évitable. 

La mort survient après de longues maladies causées par le tabac. En effet, la consommation de cigarettes entraîne des maladies, insuffisances respiratoires, et aussi des maladies cardio-vasculaires. 

La cigarette est aussi responsable d’un cancer sur trois. Ainsi, si l’on fume, le risque de cancer est multiplié par 10 pour le poumon, par 7 pour le pharynx, 4 pour la bouche et l’œsophage et par 2 pour la vessie. La cigarette réduit donc drastiquement l’espérance de vie et, à cause des conséquences médicales désastreuses, le coût du tabagisme explose. 

Combien coûte le tabagisme ? 

Soigner les fumeurs coûte effectivement très cher partout dans le monde. En France, une étude de l’université Panthéon-Sorbonne Paris pour le compte de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) publiée en 2015, évalue à 120 milliards d’euros le coût total du tabac pour le pays. Le but était d’évaluer le coût sanitaire mais aussi social de l’ensemble des drogues, qu’elles soient légales (tabac, alcool) ou illégales. Les dépenses uniquement liées aux soins des maladies du tabagisme représentent 25,9 milliards d’euros. Au niveau mondial, les dépenses de santé et la perte de productivité liées au tabagisme représentent 1,8 % du produit intérieur brut mondial. Ce sont 1250 milliards d’euros qui sont dépensés pour soigner des maladies évitables et pallier la perte de production. 

Ces chiffres devraient être revus à la hausse. Ils ne tiennent pas en compte les dégâts écologiques engendrés par la consommation de cigarettes. 

Quel est l’impact écologique de la cigarette ? 

La cigarette pollue avant même sa conception. La culture du tabac et le séchage des feuilles sont une des causes du réchauffement climatique et de la déforestation. Selon le rapport de l’OMS, la production de 300 cigarettes équivaut à la destruction d’un arbre. 

L’OMS alerte aussi sur le traitement du mégot. Il s’agit du déchet le plus répandu au monde.  D’après l’association Eco Volontaire International (EVI) 4 300 milliards de mégots de cigarettes sont jetés par terre chaque année. Cela représente 137 000 mégots par seconde. Or, l’OMS reprécise que la cigarette contient plus de 7000 produits chimiques toxiques qui empoisonnent le corps mais aussi l’environnement. 

Mois sans tabac et confinement : chance ou malchance ?

Le retour du confinement coïncide avec l’arrivée du Mois sans Tabac. Les fumeurs doivent-ils suivre l’initiative de Tabac Info-Service et arrêter de fumer ?

Covid-19, confinement, terrorisme… il est très difficile de garder son calme et rester loin du stress ambiant. Avec ce climat de tensions, il peut paraître insurmontable de passer un mois sans fumer. Mais finalement le confinement est peut-être le meilleur moment d’arrêter.

Pendant le premier confinement, qui a arrêté de fumer ?

A vrai dire très peu de Français ont sauté le pas entre mars et mai. Une enquête de Santé Publique France montre que seulement 19% des fumeurs ont diminué leur consommation à cette période. 

Le confinement n’a pas donné envie de prendre de bonnes résolutions. Bien au contraire, les fumeurs interrogés, dont 94% se déclarent fumeurs quotidiens, sont 27% à avoir augmenté leur consommation de cigarettes. En moyenne, les Français auraient donc fumé 5 cigarettes de plus par jour. 

Parmi les raisons évoquées pour justifier cette hausse de consommation, les sondés ont évoqué « L’ennui, le manque d’activité, le stress et le plaisir”. Viêt Nguyen Thanh, responsable de l’unité addictions à la direction de la prévention et de la promotion de la santé à Santé publique France, complète ces raisons dans le rapport. 

On note également que l’augmentation aussi bien pour le tabac que pour l’alcool est corrélée au risque d’anxiété et de dépression.” 

Alors, la cigarette, cause ou conséquence du stress ?

Lorsque vous demandez à un fumeur pourquoi il continue, le stress est très souvent invoqué. De très nombreux fumeurs associent la cigarette à un anti-stress. Or, ce ressenti n’est pas vraiment réel. En effet, fumer crée une forme de stress. Cette nervosité que ressent le fumeur est davantage dû au processus de sevrage qu’à un stress extérieur. 

Quand le taux de nicotine diminue dans le sang, le cerveau souffre et active les sensations de manque, nervosité, sensibilité, anxiété, agitation. Alors, dès la première inhalation qui fait met fin au sevrage, le fumeur se sent plus calme. Concrètement, la cigarette n’a pas éliminé une source de stress mais simplement les effets du sevrage. 

Vous l’aurez donc compris : plus on fume et plus on stresse. Conclusion, mieux vaut apprendre à gérer son stress différemment que continuer à fumer, surtout pendant le confinement. 

Le re-confinement, le bon moment pour arrêter le tabac ?

Le confinement, du point de vu psychologique, a été très mal vécu. Les augmentations des consultations en psychologie et en psychiatrie le prouvent. Pendant le confinement, il y a eu à peu près 30% de dépressions en plus par rapport à la moyenne. 

Et quand l’on sait que le développement de troubles anxieux est plus risqué pour les fumeurs, le cocktail cigarette et confinement ne semble pas judicieux. Enfin, même si le sevrage de la cigarette est difficile, les effets sont rapides. En deux à quatre semaines après l’arrêt du tabac, vous pouvez déjà respirer plus facilement et être moins stressés. 

Pour finir de vous convaincre d’arrêter, retrouvez notre vidéo à propos des effets du tabac sur le corps

Vapotage au bureau : que dit la loi ?

Depuis 2017, le vapotage est interdit, mais uniquement dans « les lieux de travail fermés et couverts à usage collectif ».

Il est interdit de vapoter dans les écoles, les trains, les bus ou les métros. Dans la sphère de l’entreprise, l’article 28 de la loi santé du 26 janvier 2016 prévoit qu’il est désormais interdit de vapoter dans « les lieux de travail fermés et couverts à usage collectif ». Cette interdiction concerne, par exemple, les open-spaces, les salles de réunion ou le travail en usine. Mais les bureaux individuels ne sont pas expressément mentionnés par la loi.

Est-il possible de vapoter dans un bureau individuel?

L’administration considère que les bureaux individuels ne sont jamais uniquement occupés par un seul salarié. Hyper logique ! Des collègues de travail, des clients ou des agents de maintenance et de propreté sont susceptibles d’y passer. La loi cherche aussi à lutter contre le tabagisme passif. Isolez-vous dans un espace fumeur, sauf si le règlement intérieur de l’entreprise ne prohibe pas le vapotage.

Quelles sont les sanctions?

L’employé qui brave l’interdiction de vapoter dans les lieux concernés par le décret s’expose à une amende de 35 euros voire de 150 euros en cas de pénalités de retard.

Ces amendes peuvent être infligées par l’inspection du travail lors d’un contrôle ou par un officier de police judiciaire, si l’employeur en fait la demande. Il sera toujours possible au chef d’entreprise d’infliger une sanction voire de licencier pour faute l’employé coupable.

L’entreprise doit mettre en place une signalisation apparente rappelant l’interdiction de vapoter et ses conditions d’application. L’employeur peut en choisir la forme. Si l’inspection du travail constate un manquement à cette obligation, l’employeur pourra se voir infliger une amende pouvant aller de 68 euros à 450 euros.

Pause cigarette, fumer plus pour travailler moins?

La pause cigarette représente une perte quotidienne de productivité pour l’entreprise et provoque un sentiment d’inégalité pour les non-fumeurs sur les temps de pause. Que prévoit la législation ?

Selon l’article L3121-16 du code du travail, tout salarié bénéficie d’un temps de pause minimum de vingt minutes par tranche de six heures travaillées. Mais la pause cigarette n’apparaît dans aucun texte législatif. Faut-il encadrer la pause cigarette via un règlement intérieur ? Chaque pause cigarette prend environ 10 minutes. A raison de trois cigarettes quotidiennes en moyenne, un fumeur abandonne donc son poste au moins 30 minutes par jour. A la fin de l’année, cela représente l’équivalent de 16 jours de travail. Un gros fumeur, lui, peut perdre jusqu’à 80 minutes par jour.

La pause cigarette fait-elle partie du temps de travail ?

L’article L. 212-4 du code du travail précise que la durée du travail est le temps pendant lequel le salarié est à la disposition de son employeur et doit se conformer à ses directives sans pouvoir librement vaquer à ses occupations personnelles. Quitter son poste de travail pour fumer signifie bien vaquer à ses occupations personnelles et nécessite en principe l’accord de l’employeur. 

La plupart du temps, les salariés bénéficient d’une tolérance de la part de l’employeur. En général, ils sont autorisés à fumer une fois dans la matinée et une autre fois dans l’après-midi. L’option la plus judicieuse serait toutefois d’encadrer ces pauses par le biais du règlement intérieur afin d’éviter qu’elles ne dégénèrent en abus.

Quel impact la pause cigarette a-t-elle sur la vie de l’entreprise ?

Pour certains, la pause cigarette est susceptible de diminuer la productivité et d’opérer une inégalité de traitement avec les employés non-fumeurs qui ne s’accordent pas ce temps de pause de quelques minutes. Les contraintes locales, comme la hauteur du bâtiment, la présence ou non d’un ascenseur ou encore les difficultés d’accès à l’extérieur représentent autant de facteurs susceptibles d’augmenter la durée de la pause cigarette.

Leur santé étant généralement plus fragile, les fumeurs prendraient également davantage d’arrêt maladie que les autres, deux jours de plus par an en moyenne.

Un salarié fumeur coûterait entre 2500 et 5000 € supplémentaires à son patron. 

Pour d’autres, la pause cigarette peut être salutaire afin de réfléchir, d’échanger avec d’autres salariés, se vider la tête ou tout simplement se détendre pour être ensuite plus productif.

La pause cigarette peut-elle conduire à des sanctions ? 

Parfois, c’est le règlement intérieur de l’entreprise qui prévoit le nombre de pauses cigarettes. La question ne se pose évidemment pas pour les cadres au forfait qui gèrent leur temps comme ils le souhaitent. En cas d’abus, sachez que la pause peut être sanctionnée voire supprimée. Des pauses répétées et excessives peuvent également être considérées comme des absences non justifiées, voire comme un abandon de poste. Encore faut-il que l’abus de pauses soit incontestable et caractérisé. Si tel est le cas, la sanction peut aller de l’avertissement à la mise à pied, voire même au licenciement. Mais dans la pratique, il est toujours délicat de devoir préciser à un collaborateur que ses temps de pause sont trop souvent répétés.