Bégaiement, on casse les idées reçues

Aujourd’hui, jeudi 22 octobre, c’est la journée internationale de sensibilisation au bégaiement. On estime qu’au moins 1% de la population mondiale en souffre. 

Le bégaiement reste très méconnu et désarçonne souvent les interlocuteurs. Pour beaucoup, les mauvaises réactions face à un bègue viennent simplement d’idées reçues.

Le bégaiement est-il une maladie ? 

Le bégaiement n’est pas une maladie. Il s’agit d’un trouble moteur, plus précisément de la parole. Le rythme de la parole est affecté soit par des répétitions de syllabes, de mots entiers, des blocages, et/ou des allongements des sons. 

Pour les cas les plus sévères de bégaiement, il est considéré comme un handicap. Mais la majorité des bègues ne vivent pas leur dysfonctionnement de manière invalidante. 

Les bègues sont-ils bêtes ? 

Non non et non. Ce trouble n’a aucun rapport avec l’intelligence. En effet, la pensée d’un bègue est claire, d’ailleurs seul il n’y a pas de bégaiement. 

En réalité, le problème vient d’un manque de fluidité dans le cheminement de la parole. Lorsque que l’on veut s’exprimer à l’oral, notre cerveau envoie des signaux aux muscles de la parole. Ce processus implique les poumons, le larynx, la langue et les lèvres. Chez une personne sans trouble, le message du cerveau se transmet sans interférence. Chez une personne bègue, il y a une difficulté à harmoniser tous ces éléments. 

Pour entériner définitivement cette idée reçue, il suffit de regarder les bègues célèbres parmi lesquels Einstein, Molière ou encore Darwin. 

Une fois bègue, le reste-t-on pour toujours ? 

Non, on peut être bègue et réussir à faire disparaître ce trouble. Comme le bégaiement n’est pas une maladie, on ne parle pas de guérison. Mais ses effets peuvent diminuer et même disparaître, que ce soit spontanément ou grâce à un suivi orthophonique. 

Il est vrai que le bégaiement peut disparaître de lui-même quand il apparaît à l’enfance, cela concerne 3 enfants sur 4. Néanmoins, la prise en charge précoce reste primordiale. Tout d’abord, les professionnels ne savent pas prévoir la disparition spontanée. Ensuite, pour le bégaiement persistant, dans 80% des cas les enfants suivis jeunes ne sont plus bègues à l’âge adulte. 

Le bégaiement apparaît-il durant l’enfance ? 

Oui, ce défaut d’élocution apparaît principalement entre 2 et 6 ans. Les causes restent incertaines. La piste de l’hérédité semble être attestée par une étude américaine de l’Institut national américain de la surdité et des autres troubles de la communication (NIDCD), qui démontre qu’un parent bègue a trois fois plus de chance de donner naissance à un enfant atteint du même trouble. Les causes neurologiques et multifactorielles (psychologique, environnement familial) ne sont pas exclues. D’ailleurs, l’OMS classe le bégaiement dans les «désordres émotionnels ou comportementaux»

Enfin, trois fois sur quatre, le bègue est un petit garçon ou un homme. Car oui, le bégaiement peut aussi être diagnostiqué à l’âge adulte. Plus rare, ce diagnostic se pose généralement à la suite d’un traumatisme cérébral, d’un choc émotionnel, d’un stress et/ou une anxiété.