Auto-défense : puis-je porter une arme?

L’année 2019 a été marquée par une forte hausse de la délinquance. Avec le sentiment grandissant d’insécurité, les citoyens français sont tentés de s’équiper pour se défendre. Quelles armes sont autorisées ?

Le bilan de la délinquance en France en 2019 n’est pas loin d’être catastrophique. Selon les chiffres du SSMI, le service de statistiques du ministère de l’Intérieur, plusieurs indicateurs sont en hausse : +9% d’homicides, +12% de violences sexuelles, +8% de coups et blessures volontaires, ou encore +11% de cas d’escroquerie. La situation explose quand il s’agit de délinquance sur la voie publique. La sécurité est la première préoccupation des Français, et les ventes d’armes d’auto-défense s’envolent. 

Quelles sont les armes de défense en vente libre ?

Les armes suivantes, de catégorie D, peuvent être achetées et détenues librement :

  • Arme non à feu camouflée (par exemple, une canne parapluie épée)
  • Arme blanche de type poignard, couteau-poignard, matraque 
  • Arme incapacitante agissant par projection ou émission (par exemple, générateur d’aérosol lacrymogène ou incapacitant d’une capacité inférieure à 100 ml)
  • Arme à impulsion électrique de contact (provoque une incapacité et agit à bout touchant, par exemple une matraque électrique ou un poing électrique, mais pas un pistolet Taser)
  • Arme ou lanceur (lanceur de paint-ball, carabine à air comprimé, etc.) dont le projectile est propulsé de manière non pyrotechnique avec une énergie à la bouche comprise entre 2 et 20 joules
  • Arme conçue exclusivement pour le tir de munitions à blanc, à gaz ou de signalisation, non convertibles pour d’autres projectiles.

Ces armes ne sont soumises à aucune déclaration particulière.

Puis-je porter ou transporter une arme de défense ?

Attention toutefois, vous ne pouvez pas porter sur vous ou transporter (dans votre voiture par exemple) une de ces armes sans motif légitime.

En cas de contrôle de sécurité (fouille corporelle, vérification d’un sac, d’un véhicule etc.), vous devez être en mesure de fournir une raison valable qui sera appréciée par les forces de l’ordre, voire par un juge.

Le motif légitime s’apprécie au regard des lieux (manifestation publique, endroit public, etc.), des circonstances et du contexte. Prétendre que l’arme servirait à mieux affronter une altercation ou un danger ne constitue pas un motif légitime.