La polyarthrite rhumatoïde, une maladie dont on ne guérit pas

La polyarthrite rhumatoïde est l’affection la plus grave qui puisse toucher nos articulations. Elle est pourtant mal connue et mal traitée.

Invisibles chez certains malades, mal connue, mal traitée, mal diagnostiquée, la polyarthrite se fait discrète. Pourtant, elle touche près de 200 000 personnes en France. Le manque de connaissance entraîne parfois des situations ubuesques de malades pris en dérision malgré leur grande souffrance. On fait le point sur cette maladie grave mais méconnue. 

Qu’est ce que la polyarthrite rhumatoïde ? 

Il s’agit d’une maladie inflammatoire des articulations. Elle se manifeste sous forme de période asymptomatique avec des poussées de crises articulaires plus ou moins longues. 

Cette maladie est auto-immune. Concrètement, le malade fabrique des auto-anticorps qui attaquent la membrane synoviale protégeant les articulations. Lors d’une poussée de la maladie, la membrane synoviale s’enflamme. L’inflammation entraîne une production excessive de liquide synovial, qui épaissit la membrane. L’augmentation du volume dû à l’inflammation détruit les structures alentour : le cartilage, l’os, les tendons, les ligaments. 

La maladie se propage d’abord au niveau des petites articulations comme les doigts et les orteils. Elle se diffuse ensuite progressivement vers des articulations plus grandes, comme celles des épaules et des hanches. Les traitements permettent d’éviter que la maladie touche les autres articulations. 

Quelles sont les causes de la maladie ?

C’est d’abord un dérèglement du système immunitaire qui entraîne le développement d’une polyarthrite rhumatoïde. Ce système, censé protéger la personne, crée des anticorps qui attaquent ses propres cellules et les lymphocytes responsables de l’inflammation dysfonctionnent. 

Parmi les autres causes de la polyarthrite, les médecins établissent clairement l’existence d’une prédisposition génétique. La maladie peut être imputée à certains gènes qui se transmettent à l’enfant et s’activent à l’âge adulte. Des facteurs aggravants sont aussi établis, notamment le tabagisme. La maladie est également plus susceptible de se déclarer après des événements intenses comme un deuil, une séparation, un accouchement. 

Quelles personnes sont le plus fréquemment atteintes ? 

La polyarthrite rhumatoïde touche 0,3 à 0,8 % de la population française adulte, soit environ 200 000 personnes. Le profil du malade est une femme agée de 40 à 60 ans, fumeuse, avec un parent ayant le gène de la maladie. Car la polyarthrite est rarement diagnostiquée avant 30 ans, et encore moins dans l’enfance. Selon l’Assurance Maladie, les femmes sont deux à trois fois plus touchées que les hommes. 

Quels sont les premiers symptômes ?

Le diagnostic de la maladie se fait généralement après que le patient a constaté des symptômes précis. Lors des poussées, les articulations sont sensibles voire douloureuses. La douleur est plus vive le matin, la nuit et généralement après un repos prolongé. La personne peut avoir une sensation de raideur persistante dans tout le corps après s’être réveillée. Une poussée peut également entraîner l’oedème d’une articulation. Contrairement à l’arthrite, le gonflement des articulations est symétrique. Les deux mains, le plus souvent au début de la maladien peuvent subitement gonfler. Enfin, la polyarthrite occasionne une fatigue très intense, elle peut par moment être accompagnée de fièvre. 

Sur le long terme, comment évoluent les symptômes ? 

Plus la maladie évolue, plus les poussées s’intensifient. Les symptômes restent globalement les mêmes que les premiers mais ils augmentent en durée et en ressenti. Par la suite, il devient plus difficile d’utiliser ou de bouger normalement les articulations atteintes. D’ailleurs le nombre d’articulations atteintes augmentent, passant en moyenne de quatre en début de maladie à six, huit ou encore dix selon l’évolution du patient. Dans certains cas, la polyarthrite peut déformer les articulations. Des petites bosses dures, des nodules rhumatoïdes, se forment sous la peau près des articulations des mains. 

La gravité de la maladie peut être telle que le malade se retrouve handicapé, paralysé de certains membres. L’autre risque de la polyarthrite réside dans sa chronicité. Les douleurs restent toujours présentes même si elles tendent à être diminuées par les traitements. En plus des douleurs, les contraintes de la maladie sont difficilement supportables.

De ce fait, l’état du malade peut se détériorer psychiquement. La dépression est une comorbidité fréquente.

Est-ce une maladie invalidante ? 

Oui, la polyarthrite est une maladie invalidante. Les douleurs ressenties peuvent être telles que le malade se retrouve en incapacité de travailler en période de crise. Au quotidien, la polyarthrite contraint le malade à adopter une hygiène de vie stricte pour éviter d’aggraver ses symptômes. La fatigue qui s’ensuit peut être sous-estimée mais elle est bel et bien réelle et très prenante. Enfin, dans les cas de polyarthrites avancées ou agressives, la personne peut se retrouver en situation d’invalidité, notamment en raison d’une trop grande destruction des articulations entraînant une potentielle paralysée de la zone concernée. 

Peut-on guérir de la polyarthrite rhumatoïde ? 

A ce jour, il n’existe pas de cas totalement avéré de guérison. Au mieux et dans de rares cas, les médecins ont constaté une rémission complète prolongée. Les recherches continuent dans le but de traiter définitivement la maladie. Pour le moment, la rémission est le mieux que peut espérer un patient. En revanche, il est important de préciser que la rémission signifie que la maladie est en sommeil. Les rechutes restent possibles. 

Quels sont les traitements à suivre ? 

Les traitements ne servent pas pour le moment à guérir, mais à contrôler le développement de la maladie et obtenir une rémission de longue durée. 

Les médecins ralentissent la progression de la polyarthrite en administrant un immunosuppresseur, le méthotrexate, en prise hebdomadaire. Ce traitement permet de contrer le déséquilibre immunitaire pour ralentir les inflammations articulaires et in fine la destruction des articulations. Le traitement permet aussi à certains patients de moins souffrir des poussées de la polyarthrite.

Toutefois, en parallèle de ce traitement, les malades reçoivent quand même des antalgiques, pour réduire au maximum leur douleurs. Malheureusement, les patients les plus atteints peuvent ne plus ressentir les effets du paracétamol, des anti-inflammatoires non stéroïdiens, ou des petites doses de cortisone. Ils sont alors contraints de recevoir des infiltrations locales de corticoïdes. 

Comment la chirurgie peut-elle aider ?

La chirurgie est une solution thérapeutique pour prévenir l’apparition d’un handicap. Préventivement, le chirurgien peut décider de retirer une partie ou l’intégralité de la membrane synoviale. Une fois que la maladie est avancée, la chirurgie sert surtout à réparer les dégâts. Ainsi, les malades peuvent subir une intervention chirurgicale de réparation des tendons, des ligaments. Dans les cas les plus avancés, la pose d’une prothèse afin de remplacer une articulation détruite s’avère être le dernier moyen d’échapper au handicap.