Covid-19 : Molnupiravir, un nouvel espoir ?

Des chercheurs américains prétendent avoir trouvé un potentiel traitement contre le Covid-19, bloquant la transmission du virus et son évolution en 24h… chez les furets.

Un an après l’apparition du coronavirus, l’horizon va-t-il enfin se dégager ? Les motifs d’espoir s’enchaînent en cette fin d’année. Plusieurs vaccins semblent faire leurs preuves et, désormais, des chercheurs croient beaucoup en Molnupiravir. C’est un médicament expérimental qui a montré des signes très encourageants chez des furets. 

Quelle efficacité le Molnupiravir a-t-il montré ?

Selon l’étude américaine publiée le 3 décembre sur le site de Nature Microbiology, le Molnupiravir a bloqué la transmission du coronavirus entre les furets. Cet animal a servi de cobaye au vu de la similarité entre ses capteurs à coronavirus et les nôtres. Et aussi de sa capacité à ne pas développer de forme grave comme la plupart des jeunes adultes. 

Les chercheurs de l’Institut des sciences biomédicales de l’Université de Géorgie, aux États-Unis, ont pratiqué une expérience sur 6 furets contaminés par le coronavirus. Parmi ses six furets, trois d’entre eux ont reçu l’antiviral Molnupiravir par voie orale. Ils ont ensuite été replacé dans une des cages avec d’autres furets non contaminés.

Ainsi, dans la cage où se trouvaient les furets contaminés n’ayant pas reçu de traitement, les autres furets ont contracté le virus. Dans l’autre cage, celle des furets traités au Molnupiravir, aucun des furets avec qui ils cohabitaient n’a été infecté. Preuve donc que l’antiviral a joué un rôle dans la non-transmission du virus. Le Dr Richard Plemper, directeur de l’étude thérapeutique, explique ces résultats. « Le traitement thérapeutique des animaux infectés avec le MK-4482/EIDD-2801 (Molnupiravir) deux fois par jour a réduit significativement la charge de SARS-CoV-2 dans les voies respiratoires supérieures. Cela a complètement supprimé la propagation aux furets contacts non traités. Il s’agit de la première démonstration qu’un médicament administré par voie orale peut bloquer rapidement la transmission du SARS-CoV-2 ».

Quelle possibilité offre ce traitement pour l’homme ? 

Du fait des similarités du virus chez le furet et chez l’être humain, les chercheurs de Géorgie espèrent pouvoir reproduire les résultats obtenus lors des essais cliniques sur l’homme. Si la réaction humaine s’avère semblable à celle du furet, cela signifierait la possibilité de casser les chaînes de transmission et, à terme, l’épidémie. 

Bien qu’une grande prudence doit toujours demeurer, les scientifiques de l’étude entrevoient déjà les possibilités qu’offrent ce traitement en cas d’efficacité prouvée. Concrètement, l’accès à un traitement qui annule la contagiosité du malade en 24 à 36h comme pour les furets signifierait la fin des confinements. Les contaminations pourraient être contrôlées de manière à éviter les clusters que l’on a vu se multiplier et devenir incontrôlables. 

Qui plus est, les chercheurs suggèrent que le Molnupiravir permettrait, s’il était pris tôt, de combattre le coronavirus en évitant les formes graves du Covid. Autrement dit, le risque de développer une forme grave pourrait se réduire. Et même, à en croire l’étude sur les furets, il pourrait accélérer le processus de guérison.

Pourquoi rester prudent après cette étude très encourageante ? 

Les chercheurs américains ont donné de l’espoir dans la recherche thérapeutique mais il ne s’agit en aucun cas d’une victoire. Ces derniers le concèdent eux-mêmes, « l’efficacité antivirale […] chez l’homme est encore inconnue ». Pour l’heure, le temps est encore à la recherche, à l’évaluation et  à l’expérimentation. Le Molnupiravir pourrait tout aussi bien suivre le chemin de la Chloroquine ou du Remdesivir. Les deux médicaments qui semblaient avoir fait leurs preuves au début, n’ont finalement pas été retenus pour soigner le Covid.

Le laboratoire Ridgeback Biotherapeutics a déjà entamé pour le Molnupiravir des essais cliniques sur des patients atteints du Covid-19. Mais pour le moment aucun résultat n’a été validé. Les essais en sont en effet à la phase 2. Celle-ci qui consiste à rechercher le bon dosage et s’assurer de l’innocuité du médicament. La phase 3, qui permet de démontrer la véritable efficacité du produit testé, n’est pas pour demain. 

Alors, patience ! Voici le mot d’ordre. Les premiers résultats supposés sont attendus pour mai 2021. Finalement, cette découverte nous permet surtout d’attendre la sortie de crise avec un peu plus d’espoir.

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