Couvre-feu : 18h plutôt que 20h, vraiment utile ?

Ce jeudi 14 janvier, Jean Castex doit annoncer de nouvelles mesures sanitaires. Un couvre-feu national à 18h est sérieusement envisagé. Mais est-ce efficace ? 

Le couperet tombera à 18h, serons-nous tous dans l’obligation d’être chez nous à 18h ? L’attention est concentrée sur ce couvre-feu étendu déjà effectif dans 23 départements. Mais la mesure a-t-elle fait ses preuves ? Quels sont ses avantages dans la lutte contre le Covid ? On vous explique ce qui se joue derrière ces deux heures cruciales. 

Pourquoi avancer le couvre-feu à 18h ? 

Les données épidémiologiques montrent que la France peut basculer à tout moment dans un rebond épidémique. Si les chiffres sont moins dramatiques que ceux de nos voisins européens, les cas positifs au Covid-19 ne diminuent pas pour autant. Les courbes affichent un plateau qui tend à augmenter au niveau national, et qui a déjà augmenté dans certains départements. Qui plus est, le variant anglais commence désormais à circuler en France. Les autorités sanitaires, redoutant un scénario similaire à celui du Royaume-Uni, préfèrent prendre des précautions pour freiner la circulation du virus. Elles seront annoncées à 18h lors de la conférence de presse au cours de laquelle le Premier ministre Jean Castex sera accompagné de six ministres.  

Comme Stanislas Guerini l’a expliqué au micro de BFMTV, « L’intérêt du couvre-feu à 18 heures, c’est de contrer « l’effet apéro ». ». Le délégué général de LREM a notamment souligné que le virus “est un virus social […] près d’un tiers des contaminations qui sont dans le cercle amical et dans le cercle familial.». Il s’appuie sur l’étude Comcor publiée mi-décembre. 

L’objectif est donc d’empêcher un maximum de rassemblements familiaux et amicaux après le travail. Par cette méthode le gouvernement pense pouvoir diminuer le nombre de cas, éviter la propagation du variant britannique et libérer davantage de places dans les hôpitaux. 

Le couvre-feu à 18h est-il plus efficace qu’à 20h ?

Le couvre-feu, indépendamment de son horaire, est efficace. Une étude menée par Santé publique France, publiée mi-décembre, a prouvé son utilité dans la lutte contre le Covid en analysant les données du couvre-feu décrété en octobre. La mesure a, selon l’étude, permis de diminuer le taux de positivité de 15 à 20%. En revanche, rien ne permet pour le moment de dire si le couvre-feu est plus efficace à 18h qu’à 20h. 

Les données des 15 départements placés dès le 2 janvier sous couvre-feu à 18h ne sont pas suffisantes pour déterminer si l’avancée de l’horaire a un véritable impact. Pour le moment, aucun effet uniquement imputable au changement d’heure n’a été constaté. Il faut généralement deux semaines pour voir les premiers effets d’une mesure, il est donc encore trop tôt. Les premiers effets, s’il y en a, devraient se faire remarquer d’ici la semaine prochaine. Les scientifiques se divisent sur l’utilité d’une avancée du couvre-feu. Certains sont optimistes, comme l’épidémiologiste Pascal Crépey qui rappelle que les couvre-feux d’octobre ont été bénéfiques. D’autres s’avèrent plus réticents, à l’instar de l’épidémiologiste Catherine Hill, qui a déclaré au Parisien qu’ »Un couvre-feu avancé à 18 heures ne changera pas grand-chose. Cela va embêter les gens et ne va pas beaucoup réduire le nombre de personnes qui se croisent, et qui se contaminent ». 

Le gouvernement tient son cap. Ce matin Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement, se voulait rassurant et prudent. « Dans les départements où le couvre-feu a été avancé, la circulation du virus est moins importante que dans d’autres départements français : c’est-à-dire qu’il croît moins vite, la dynamique de croissance du virus est moins rapide que dans d’autres territoires ». Il complète, avertissant qu’il est « évidemment trop tôt pour mesurer pleinement et absolument les effets ».

Un troisième confinement est-il à l’étude ? 

C’est en tout cas ce que pensent 83% des Français selon une enquête Elabe pour BFMTV. Les sondés pensent que le gouvernement ne tardera pas à annoncer un troisième confinement et 62% se disent en mesure de le supporter. Un peu plus de la moitié est d’ailleurs favorable à un reconfinement. 

Or, d’après les différents communiqués et les avis de proches du pouvoir sortis dans la presse, l’exécutif veut éviter de confiner à nouveau. Le projet d’un troisième confinement n’est toutefois pas mis au placard, cela dépendra de l’évolution épidémique. Comme le Premier ministre l’a confié à des participants au comité de suivi parlementaire ce lundi 11 janvier, le confinement n’est pas exclu mais n’est envisagé pour le moment qu’en cas dernier recours. 

Le gouvernement estime qu’un couvre-feu est suffisant pour contenir un rebond épidémique. Les prochaines semaines seront de ce fait déterminantes. Elles permettront d’évaluer la capacité des mesures à ralentir la progression du virus. Pour un éventuel troisième confinement, tout dépend donc de la réussite du couvre-feu. 

Véran passe la seconde

Le ministre de la Santé s’est exprimé sur RTL pour annoncer de nouvelles mesures et rappeler la gravité de la situation.

Depuis le lancement de la campagne de vaccination, le gouvernement est soumis aux critiques. Pas assez rapide, pas assez massive… Pour redresser le tir, l’exécutif tente d’accélérer les vaccinations quitte à déroger au calendrier fixé en décembre par la Haute Autorité de Santé. Olivier Véran a donc de nouveau pris la parole ce matin pour rassurer sur la stratégie vaccinale et annoncer son intensification.

“Amplifier, accélérer et simplifier notre stratégie vaccinale”

Le ministre de la santé interrogé ce matin a assuré que le nombre de vaccinés français rejoindrait rapidement celui de nos voisins européens. Le « rythme de croisière » va « rejoindre celui de nos voisins dans les prochains jours » a-t-il confirmé au micro de RTL. 

Pour arriver au niveau des autres pays en termes de vaccination, la France va donc “désormais amplifier, accélérer et simplifier notre stratégie vaccinale.”

Pour ce faire, les autorités sanitaires n’hésitent pas à déroger à leur calendrier en étapes. La vaccination des personnes âgées de 75 ans et plus qui ne sont pas hébergées en Ehpad débutera avant la fin du mois de janvier, au lieu de début février. Le ministre a en outre autorisé l’accès aux vaccins pour les aide-soignants et pompiers de plus de 50 ans. Pour défendre cette limite d’âge jugée absurde dans certaines professions, à l’instar des pompiers principalement âgés de 50 ans. Le ministre a réexpliqué l’objectif du gouvernement. « Nous savons que le vaccin Pfizer protège des formes graves du coronavirus (…) Les gens qui sont en réanimation massivement sont âgés de 60 ans et plus (…) Nous priorisons les personnes les plus fragiles ». Le but affiché reste de libérer un maximum de lits de réanimation. 

Êtes-vous volontaire pour la vaccination ? 

Si vous désirez vous faire vacciner, vous pourrez vous signaler sur une plateforme. Elle devrait être présentée dans les prochains jours. « Jeudi, nous présenterons une inscription possible par internet pour que les Français qui souhaitent se faire vacciner le fassent savoir ». En s’inscrivant, les participants devraient ensuite pouvoir prendre rendez-vous pour recevoir le vaccin au moment où ils seront éligibles. L’ancien neurologue n’a pas souhaité en dire plus. La présentation sera faite jeudi au moment de la conférence de presse de Jean Castex. 

Un vaccin plus rapide et plus accessible

Pour pallier le retard, qui n’en est pas un pour le gouvernement, le ministre a tout de même déclaré que la consultation vaccinale serait simplifiée. Cette pré-visite pour le vaccin durant laquelle les médecins recueillent votre consentement à vous faire vacciner sera potentiellement moins longue. 

D’ailleurs, l’autorisation de réaliser le geste vaccinal pourrait être étendue à d’autres professionnels de santé. En effet, les infirmiers et infirmières et, à terme, d’autres professions sous la supervision d’un médecin, pourront vacciner le grand public. Selon les autorités scientifiques, ne pas être vacciné par un médecin ne poserait plus de problème. 

Quelques centaines de centres de vaccination vont également ouvrir pour accélérer la cadence. 

Enfin, le ministre a tenu a rappelé aux régions qu’elles ne pouvaient pas commander de doses de vaccins. Les commandes se font à l’échelle européenne sous l’autorité de la Commission européenne, « car quand on commande tous ensemble, on est plus fort. ». 

Déconfinement, ça commence demain

Le déconfinement débute dès demain, mardi 15 décembre. On vous explique comment va se passer cette demi-sortie de confinement. 

Le premier ministre Jean Castex a tenu jeudi dernier une conférence de presse entouré des ministres de la Santé, Olivier Véran, et de l’Intérieur, Gérald Darmanin. Le déconfinement est maintenu mais avec des restrictions revues à la hausse. On vous résume les grandes lignes des annonces du gouvernement. 

Quand aura lieu le déconfinement ?

Le déconfinement est maintenu au mardi 15 décembre. Toutefois, le gouvernement serre la vis. Pour rappel, le planning du déconfinement annoncé par Emmanuel Macron prévoyait de déconfiner le 15 décembre pour mettre en place un couvre-feu à 21h et assouplir un certain nombre de restrictions. Cette décision était conditionnée à deux paliers, 5 000 contaminations quotidiennes et 3 000 lits de réanimation occupés. 

Or, si le second palier a été atteint, 2666 lits sont occupés, le premier palier est loin d’être garanti. Lors de la conférence, le ministre de la Santé a détaillé les données épidémiologiques. Si la France compte 5 fois moins de contaminations qu’au début du confinement, passant de 50 000 cas à 10 000, cela ne suffit pas. 

Depuis plusieurs jours, les données montrent que le nombre de nouveaux cas ne baisse pas. “Nous avons atteint un plateau” commente Olivier Véran. Il tend même à légèrement augmenter, sur la journée du 9 décembre, 14 595 nouveaux cas ont ainsi été constatés. De ce fait, la vigilance reste élevée. Le ministre de la Santé l’explique « si nous ne changeons rien, le risque est que la deuxième vague reparte dans les prochaines semaines. Que les cas graves se remettent à augmenter ».

Comment se passera le déconfinement ? 

Le déconfinement sera bien moins souple que ce qui avait été envisagé. Au vu de la situation épidémique, la légèreté n’est pas de mise, d’autant que les autorités craignent l’accélération des contaminations liées aux fêtes ainsi qu’à l’installation du froid et de l’humidité. Le gouvernement maintient la possibilité de déplacement sur l’ensemble du territoire. Mais il revient sur les déclarations du président concernant le couvre-feu. 

Ce dernier, qui devait commencer à 21h, débutera finalement à 20h pour finir à 6h du matin. A la différence des couvre-feux localisés du mois d’octobre, toute la France métropolitaine devra le respecter. En revanche, le couvre-feu ne concerne pas les départements d’Outre-Mer.  

Qui plus est, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a précisé que les dérogations au couvre-feu seraient réduites par rapport à celles du confinement. En effet, il y aura moins de motifs pour plus de contrôles policiers. Lors du contrôle il faudra être en mesure de prouver le motif de son déplacement pour ne pas écoper de 135 € d’amende. Les motifs sont : déplacement entre le domicile et le lieu de travail, motifs familiaux impérieux, soins médicaux, aide aux personnes vulnérables, activité de bénévolat (maraude, aide alimentaire…) et promenade du chien. A retenir que les attestations ne seront plus nécessaires en journée. 

Les cinémas, les salles de spectacle et les musées vont-ils rouvrir ? 

Mauvaise nouvelle pour les lieux recevant du public. Ces derniers, actuellement fermés, devront maintenir portes closes pendant trois semaines supplémentaires. « Les conditions posées pour leur réouverture ne sont hélas pas réunies », a déclaré le Premier ministre. Une nouvelle déception pour les lieux culturels ainsi que les enceintes sportives, les cirques, les parcs zoologiques, les salles de jeux et les casinos. Il faudra donc attendre le 7 janvier pour se rendre dans ces lieux, à condition que les conditions sanitaires soient cette fois réunies. 

Pour les professionnels de la culture qui avaient fondé tant d’espoir sur une réouverture le 15 décembre, la nouvelle a du mal à passer, A Bordeaux, Synptac CGT Aquitaine (Syndicat national des professionnels du théâtre et des activités culturelles) lance un appel à manifester le 15 décembre à midi devant la préfecture, selon Sud Ouest.  “Encore une fois, le gouvernement fait miroiter une nouvelle date incertaine de réouverture le 7 janvier. Cette succession d’annonces incertaines, qui nous place dans l’expectative permanente, est irresponsable !” Voici comment les syndicats appellent à rejoindre leur manifestation. Leur message témoigne de la décision et de la colère de tous les secteurs culturels. 

Même son de cloche pour les Églises, et les autres lieux de cultes. Malgré cette période de fête, il n’auront pas de dérogation pour accueillir davantage de public que la jauge qui leur a été fixée en fonction de la taille du lieu.

Les restaurateurs resteront-ils ouverts malgré le couvre-feu ? 

Oui et non. La réouverture des restaurants n’est pas pour tout de suite. Toutefois, il était possible de profiter de la vente à emporter et de la livraison. Avec la mise en vigueur du couvre-feu, ce ne sera plus tout à fait la même chose. 

Il sera toujours possible de commander à emporter ou en livraison. Néanmoins, la vente à emporter fermera à 20h, du fait du couvre-feu. En tant que client, si vous choisissez de venir au restaurant récupérer vos plats, vous devrez faire attention à l’heure. Il est impératif que vous soyez chez vous à 20h pour éviter une amende. Car la vente à emporter n’est pas un motif de déplacement. Passé 20h, il faudra donc commander en livraison. 

Frank Delvau, le président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih) Paris Île-de-France confie sa colère au Figaro. «On nous a poussés à développer la livraison et la vente à emporter. Avec l’interdiction du click and collect après 20 heures, nous allons devoir nous reporter sur des plateformes (Deliveroo, etc., NDLR), que l’on paye. Il va falloir nous expliquer pourquoi les gens ne peuvent pas venir chercher un plat de pâtes ou une pizza à 20h30 !» Pour lui il s’agit « d’une stigmatisation supplémentaire de la profession »

Pour quand un déconfinement total est-il prévu ? 

Le déconfinement total comme celui de mai est encore bien loin. La date du 20 janvier reste toutefois maintenue. Elle marque la réouverture de l’ensemble des commerces, incluant donc les restaurants et les bars. Néanmoins, cette réouverture dépend elle aussi de la situation sanitaire de la France a cette période. Déjà lors de son allocution, Emmanuel Macron s’est montré prudent quant à cette date, précisant que la réouverture de tous les secteurs d’activités pouvait être décalée si besoin. 

Alors difficile de fixer une date précise pour le déconfinement total. D’autant plus que Jean Castex et Olivier Véran n’ont pas exclu l’hypothèse d’une troisième vague. Le premier ministre a rappelé que les fêtes de Thanksgiving au Canada et au Etats-Unis avaient été suivies d’une flambée des cas de contaminations. Les autorités sanitaires appellent donc à la prudence et la responsabilité de chacun en cette période afin d’éviter un troisième confinement après les fêtes. 

Quelles mesures pour Noël et le Jour de l’An ? 

Noël sera relativement épargné par les mesures sanitaires. La dérogation au couvre-feu est  maintenue le soir du 24 décembre. Autrement dit, vous n’aurez nul besoin d’une attestation pour vous déplacer la veille de Noël. Les ministres ont également rappelé la règle des 6 personnes à table. Jean Castex a également recommandé la plus grande prudence avec les aînés. « Si vous deviez retrouver au cours des prochaines semaines, soit pour Noël, soit même un autre jour, une personne âgée ou vulnérable au coronavirus, limitez vos interactions au cours des 5 jours précédents, restez le plus possible chez vous. » 

Pour la Saint-Sylvestre, changement de stratégie totale. Contrairement à Noel, il n’y aura pas de dérogation pour le Nouvel An, vous devrez donc respecter le couvre-feu. Pour justifier cette décision à deux vitesses, le Premier ministre a rappelé que « Noël occupe une place à part dans nos vies et nos traditions« . Il a expliqué en revanche que le Nouvel An « concentre tous les ingrédients d’un rebond épidémique.” 

En bref … 

  • La possibilité de déplacements sur tout le territoire est maintenue
  • Plus d’attestation en journée à partir de demain, mardi 15 décembre
  • Couvre-feu de 20h à 6h du matin à partir de demain, mardi 15 décembre
  • Pas de couvre-feu pour Noël, la soirée du 24 décembre, mais limitation recommandée à 6 adultes à table
  • Le couvre-feu est maintenu pour le jour de l’an de 20h à 6h 
  • Les lieux culturels restent fermés au moins jusqu’en janvier 

Messieurs les Anglais, vaccinez les premiers

Au Royaume-Uni, les vaccins Pfizer-Biontech seront déployés dès la semaine prochaine. Une première mondiale dans la lutte contre la Covid-19.

Le gouvernement britannique se félicite de cette décision. Elle arrive après quatre semaines de confinement et plus de 58 000 victimes de la Covid-19.

Pourquoi le Royaume-Uni déploie-t-il les vaccins en premier ?

La décision de déploiement des vaccins dépend des autorisations des instances compétentes. Ainsi, les Britanniques pourront profiter en premier du vaccin grâce à l’autorisation de la MHRA. L’agence indépendante de réglementation des médicaments et des produits de santé britannique a soumis sa recommandation de vacciner. Elle considère les résultats de Pfizer-Biontech satisfaisants en termes d’efficacité et de sécurité. Le gouvernement a donc pris la décision de suivre cette recommandation et de déployer le vaccin sur tout le territoire britannique. Le porte-parole des autorités britanniques a justifié la décision qui «fait suite à des mois d’essais cliniques rigoureux et d’une analyse approfondie des données par des experts MHRA qui ont conclu que le vaccin répondait à ses normes strictes de sécurité, de qualité et d’efficacité»

«Le Royaume-Uni est le premier pays au monde à disposer d’un vaccin approuvé cliniquement» a tweeté le ministre de la Santé, Matt Hancock, après l’annonce tant attendue. La nouvelle a réjoui les laboratoires américain et allemand. Albert Bourla, patron du laboratoire américain Pfizer, souligne un «moment historique dans le combat contre le Covid-19». Quant à la branche allemande Biontech dirigée par Ugur Sahin, «elle attend que le déploiement du vaccin au Royaume-Uni réduise le nombre d’hospitalisations de personnes à haut risque». Pour se rendre compte des résultats du vaccin, il faudra cependant attendre plusieurs mois. 

Combien de doses les autorités distribueront-elles ?

Le Royaume-Uni a commandé aux deux laboratoires partenaires près de 40 millions de doses ; de quoi vacciner 20 millions de Britanniques. Il faudra en effet deux doses de vaccins à trois semaines d’intervalle pour assurer la protection des patients. Westminster a commandé d’autres vaccins pour garantir une vaccination aux 66 millions d’habitants que compte le royaume. L’autre grande commande a été réalisée auprès de l’université d’Oxford et du laboratoire britannique AstraZeneca, 100 millions de doses du vaccin sont ainsi attendues. 

En résumé, les vaccins germano-américains représentent une très petite partie des vaccins attendus. Qui plus est, les 40 millions de vaccins seront livrés au compte-goutte en fonction de la production et de l’acheminement vers l’Angleterre. Pour cette raison, les premières doses produites en Belgique et livrées au Royaume-Uni la semaine prochaine, s’avèrent très très limitées. Environ 800 000 doses devraient arriver la semaine prochaine, pas même de quoi vacciner 1% de la population. La réelle généralisation de la vaccination se fera courant janvier. Les personnels de la National Health Service (NHS), le système de santé britannique, seront d’ailleurs les premiers à bénéficier du vaccin. Suivront les personnes à risque et prioritairement les personnes âgées vivant en logement collectif. La stratégie vaccinale anglaise sera adaptée et dévoilée au fur et à mesure de la réception des doses et des résultats vaccinaux. 

La sortie du confinement de l’Angleterre est-elle due à l’arrivée du vaccin ? 

Les annonces du vaccin et la sortie du confinement en Angleterre coïncident. Toutefois, il s’agit plus d’un heureux hasard que d’une décision concertée. Le premier ministre Boris Johnson s’est d’ailleurs emporté hier contre les députés, leur demandant de rester « réalistes » et « d’accepter (le fait) qu’il n’y ait pas encore de vaccin ». La levée du confinement n’a donc visiblement pas de lien avec l’arrivée prochaine du vaccin. Précisons aussi qu’elle ne concerne pas tout le Royaume-Uni, mais uniquement l’Angleterre. La levée du confinement était d’ores et déjà programmée. En outre, l’Angleterre est bien la seule nation du Royaume-Uni a bénéficier d’un assouplissement des mesures sanitaires.

Hier, le gouvernement a en effet remplacé le confinement par de strictes restrictions imposées à un niveau régional selon trois niveaux de sévérité. Le pays le plus endeuillé d’Europe ne souhaite donc pas relâcher la pression sur sa population malgré la bonne nouvelle des vaccins. Les trois niveaux de restriction au niveau régional ne doivent pas être levés avant février 2021. Tout comme en France, la levée des restrictions est évidemment soumise à l’évaluation des données épidémiologiques. 

Pourquoi le Royaume-Uni avant l’Europe ? 

La raison vient du Brexit. Les Britanniques ne font plus partie de l’union européenne et ne doivent donc plus attendre la validation des instances européennes. Matt Hancock, ministre de la Santé britannique, n’a pas manqué de rappeler les bénéfices du Brexit pour la question des vaccins. La décision prise unilatéralement entre Britanniques a permis plus de flexibilité et de rapidité. Le ministre déclare que cela a permis d’éviter le “rythme des Européens, qui avancent un peu plus lentement ». 

Il s’agit bien là d’un fait, la décision européenne se fait attendre et l’organisation à 27 est nécessairement plus complexe. Les vaccins ont été commandés de façon conjointe par l’Union Européenne pour tous ses États membres. De la même manière que les doses ont été commandées ensemble, la décision de les distribuer est prise en concertation. L’accord revient à l’EMA, l’agence européenne des médicaments. Elle évalue le rapport bénéfices-risques, ainsi que l’efficacité et la sécurité des vaccins. Pour cela, l’agence s’appuie sur les résultats des essais cliniques inspectés minutieusement.  

Côté européen, il faudra donc faire preuve de patience, mais finalement pas tant que cela non plus. Mardi 1er décembre l’EMA a déclaré qu’une réunion extraordinaire se tiendrait le 29 décembre «au plus tard». Elle s’engage à donner ou non son accord pour entamer la commercialisation du vaccin de Pfizer-Biontech.

Mutuelles, le changement c’est maintenant

Ce 1er décembre, les règles de résiliation des mutuelles évoluent. Désormais, c’est quand on veut. Ou presque. On vous explique.

Vous souhaitiez changer de mutuelle mais vous avez encore raté l’anniversaire de votre contrat et vous êtes à nouveau parti pour une nouvelle année ? Tout ça c’est fini ! On vous explique tout sur le changement du 1er décembre pour votre mutuelle !

A quoi sert une mutuelle santé ? 

Tous les actes médicaux ne sont pas pris en charge à 100%. La mutuelle assure donc un complément de remboursements. Elle peut notamment s’avérer utile en cas d’imprévu de santé. Certaines offres proposeront plus ou moins de services qu’il faudra comparer et lire attentivement. Le but étant de choisir une couverture santé qui convienne à vos besoins réels pour payer le juste prix.

Le prix des complémentaires santé diffère en fonction de divers facteurs : le niveau de couverture choisi, le montant de vos revenus, votre âge, votre lieu de vie, si vous êtes salarié ou non salarié. 

Sachez d’ailleurs que si vous êtes salarié et que vous ne possédez pas déjà une complémentaire santé, votre employeur est dans l’obligation de vous en fournir une. Ainsi, la participation financière de l’employeur doit être au moins égale à 50 % de la cotisation, le reste à la charge du salarié et le contrat doit respecter un socle de garanties minimales. 

Quand puis-je changer de mutuelle santé ? 

A partir de ce mardi 1er décembre, il est possible de résilier son contrat à tout moment et sans frais à partir d’un an de souscription. Et cela pour toutes les mutuelles de santé privées, les mutuelles fournies par l’employeur ne sont pas concernées. Jusqu’à aujourd’hui, pour changer de mutuelle privée, il fallait le faire dans les jours précédant la date d’anniversaire de son contrat. Si ce n’était pas fait, les contrats étaient tacitement reconductibles et vous étiez contraint d’attendre une nouvelle année. Et si vraiment vous souhaitiez résilier avant la fin de l’année de votre contrat, certaines mutuelles appliquaient des frais supplémentaires. 

C’est dorénavant derrière vous ! Si vous estimez que votre mutuelle est trop chère ou pas assez couvrante pour tous vos frais, vous pourrez donc en demander la résiliation dès aujourd’hui. Dans un communiqué, le ministère de l’économie précise les modalités de résiliation. « Les assurés qui souhaitent résilier leur contrat peuvent entreprendre eux-mêmes les démarches ou bien se tourner vers leur nouvel assureur qui devra prendre en charge les formalités de résiliation »

Quelle démarche pour résilier mon contrat ? 

Pour mettre fin à un contrat avec une complémentaire santé, vous pouvez toujours envoyer une demande de résiliation par courrier, le mieux étant une lettre recommandée avec accusé de réception. Sinon, la plupart des mutuelles se numérisent et proposent de résilier depuis leur site internet ou par mail. Si vous choisissez une nouvelle mutuelle, vous pouvez demander à ce que ce soit elle qui prenne en charge les formalités liées à la résiliation. 

La mutuelle, qu’importe la démarche, choisie dispose d’un mois pour procéder à la résiliation et surtout pour rembourser l’éventuel surplus de cotisations versées. 

Quel avantage à ce changement ? 

En plus de la plus grande liberté pour les clients des mutuelles, la résiliation à tout moment pourrait être une aubaine pour le portefeuille. 

En effet, selon UFC-Que choisir, la simplification de la résiliation rapporterait un milliard d’euros de pouvoir d’achat aux clients des mutuelles. Car oui, une simplification des démarches implique plus de départs. Les mutuelles trop chères ou trop opaques seront délaissées si elles n’adaptent pas leur conditions et leurs prix. 

Interrogé par FranceInfo, Stanislas Di Vittorio, fondateur du site Assurland.com, un comparateur d’assurances, décrypte les conséquences de cette nouveauté. “Ça va conduire à une plus grande fluidité du marché, (…) et probablement que les assureurs feront peut-être un petit peu plus attention à vous »

Le sida tue toujours

Ce mardi 1er décembre, c’est la Journée mondiale de la lutte contre le sida, le syndrome d’immuno-déficience acquise.

La maladie, moins médiatisée ces dernières années, n’a pas pour autant disparu. En 2019, 38 millions de personnes dans le monde vivent avec le VIH et 690 000 personnes sont décédées de maladies liées au sida. On fait le point sur toutes les questions liées au sida car il est plus important que jamais de s’en protéger. 

VIH / sida, quelle différence ?

Le VIH, pour Virus de l’Immunodéficience Humaine, est un virus qui attaque le système immunitaire du malade progressivement. La contamination se déroule en trois phases.

La première, la primo-infection, survient peu après la transmission du virus. Durant cette phase, les particules virales se propagent rapidement. Le système immunitaire commence à agir,  ce qui ralentit leur propagation. Il produit des anticorps. Lors d’un dépistage, les analyses vont se concentrer sur la recherche des anticorps.

S’il y en a, la personne a contracté le VIH, le malade entre alors dans la deuxième phase, la séropositivité. Cette deuxième phase est asymptomatique. Le VIH s’accroche aux cellules immunitaires, les lymphocytes T, jusqu’à les détruire. Le processus de destruction des lymphocytes s’étale sur des années, 10 à 15 ans, voire plus avec des traitements.

Le sida, syndrome d’immunodéficience acquise, correspond à la troisième phase, le stade ultime de l’infection par le virus de l’immunodéficience. A ce stade, le corps n’est plus en mesure de se défendre. La moindre bactérie, le moindre virus, même un rhume, peut entraîner des complications. La personne atteinte décède alors de maladies opportunistes contre lesquelles il n’est plus en mesure de se défendre. La tuberculose, mais aussi des pneumonies ou des herpès, ou des cancers emportent généralement le malade du sida rapidement. 

Comment attrape-t-on le VIH ? Comment s’en protéger ? 

Le VIH est sexuellement transmissible, il s’agit du principal mode de transmission. Mais on peut aussi contracter le virus par le sang. Cela concerne notamment les toxicomanes qui partagent des seringues. Enfin, le virus peut être transmis de la mère à l’enfant. 

A noter qu’une personne séropositive dont la charge virale est indétectable grâce aux traitements ne peut plus transmettre le virus. 

Le moyen de prévention le plus abordable et le plus accessible reste le préservatif. A ce jour, il s’agit du seul moyen de prévention contre toutes les IST et le sida. 

Néanmoins, sous prescription du médecin, il est possible d’avoir recours à la PrEP. Ce médicament empêche le virus du VIH de se développer et de se fixer dès son entrée dans le corps, rendant sa survie impossible. Ce médicament, Pré Exposition Prophylaxie, s’adresse aux personnes qui s’exposent fréquemment au virus, comme les personnes en couple avec un.e séropositif.ve dont la charge virale est encore détectable, les travailleurs du sexe, les personnes se droguant par injection, les personnes n’utilisant pas de préservatifs régulièrement. La PrEP est accessible uniquement par ordonnance.

Si vous avez eu des rapports à risque, il reste une solution de la dernière chance : le TPE,  Traitement Post Exposition. Ce traitement d’urgence doit impérativement être pris dans les 72h qui suivent l’acte. Il s’agit d’une trithérapie qui dure 4 semaines pour éviter une contamination. Le TPE est prescrit par un médecin qui évaluera avant le risque de transmission du VIH. Il est remboursé par la mutuelle. Prudence tout de même, le TPE s’adresse aux personnes qui présentent un vrai risque de transmission et, surtout, il s’agit d’un traitement lourd bien que court. Il est destiné à une situation d’urgence exceptionnelle, il ne doit pas être pris plusieurs fois. La prévention reste donc la mesure à adopter. 

Existe-t-il un vaccin ? 

Malgré l’avancée des recherches sur le sida depuis 30 ans, aucun vaccin n’a été trouvé. Des recherches et des essais sont toujours en cours.Trois potentiels vaccins sont encourageants mais encore loin d’avoir des résultats satisfaisants. L’essai Thaï de 2009 avait montré une efficacité de protection de 31%. Il est toujours en phase d’évaluation. Enfin, depuis 2016, deux nouveaux essais ont été plébiscités par les chercheurs, Uhombo et Imbokodo. Ils sont toujours eux aussi en cours de recherches. Les premiers résultats concrets d’Imbokodo de l’Université d’Harvard sont attendus pour 2021. 

En résumé, un vaccin concluant contre le VIH ne sortira pas avant quelques années. Vous pouvez néanmoins participer à la recherche qui manque toujours de fonds en faisant un don sur Sidaction

Pourquoi se faire dépister ?

Depuis le début de la crise sanitaire, les associations alertent sur le dépistage du VIH. Cette année est plus que jamais inquiétante. La pandémie de la Covid a occulté celle du sida. Résultat ? Des dépistages en baisse et des véritables risques sur la santé des personnes séropositives qui s’ignorent. Il est important de rappeler l’importance du dépistage pour soi et pour les autres. 

En 2018, 24 000 personnes en France ignoraient leur séropositivité selon Sida Info Service. Malheureusement, ce chiffre pour 2020 augmentera nécessairement, au vu du peu de dépistages réalisés. Or, il s’agit d’un danger de santé publique. Le risque ? Premièrement, cela réduit leur chance de bien vivre avec le virus, ils ne seront pas traités et leur état peut se dégrader. Pire encore, 27 % des découvertes de séropositivité se font à un stade avancé, parfois au stade sida. Deuxièmement, ne pas se faire dépister revient à prendre le risque de condamner ses partenaires intimes si l’on ne se protège pas. Et cette transmission peut continuer indéfiniment sans dépistage pour la stopper. Alors, lutter contre le sida, c’est aussi se faire dépister. 

Comment et quand se faire dépister ? 

Le dépistage du Sida est gratuit et il existe deux tests. Il est possible de s’auto-tester grâce au dispositif TROD. Une goutte de sang est prélevée avec l’appareil et le résultat est disponible en maximum 30 min. S’il est positif, il est conseillé de s’assurer du résultat en réalisant le classique test Elisa. Ce test est le plus répandu. Il consiste en une prise de sang qui est 100 % remboursée par l’Assurance Maladie sur ordonnance. Les Centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic (CeGIDD) sont habilités à réaliser le test Elisa gratuitement, sans ordonnance. Aussi, depuis juillet 2019, certains laboratoires parisiens et des Alpes Maritimes proposent des test VIH sans rendez-vous et gratuits. 

Ces tests ne peuvent pas être réalisés au même moment. En effet, le TROD peut détecter une charge virale à partir de 12 semaines après la transmission du virus. Avant ce délai, le résultat peut être négatif alors que vous êtes porteur du virus. Pour le test Elisa, le résultat est fiable à 100% 6 semaines après la contamination. Donc, si vous avez eu un rapport à risque, inutile de vous faire tester le lendemain. Il vous faudra consulter un médecin pour qu’il vous prescrive le TPE en urgence dans les 72h et attendre de pouvoir faire le test.

De manière générale, il est conseillé de faire le test au moins une fois pour savoir si vous avez le VIH ou pas. S’il vous arrive d’avoir des relations sexuelles non protégées, pensez à faire le test au moins une fois par an. Le dépistage sera aussi recommandé aux usagers et anciens usagers de drogues par intraveineuse, aux hommes homosexuels, aux couples, à ceux qui projettent d’avoir un enfant.

Peut-on guérir du sida ?

La réponse est non. Au monde, il n’y a eu que deux cas de guérison du virus qui donnent bon espoir mais sont très spécifiques. En effet, le premier guéri a reçu une greffe de moelle osseuse lui permettant de guérir. Mais l’opération a été reconduite sur d’autres malades du sida sans succès. Le second a, quant à lui, reçu une greffe de cellule souche et l’opération n’a pas été réitérée sur d’autres patients. Dans les deux cas, ce sont des opérations lourdes, complexes et qui ne représentent pas une solution pérenne pour les autres malades. Conclusion ? On meurt toujours du sida 40 ans après sa découverte. 

Les recherches continuent inlassablement pour trouver un remède durable pour les 38 millions de personnes vivant avec le VIH. Mais à l’heure actuelle, les médecins ne peuvent offrir aux malades que du sursis. Les traitements d’aujourd’hui permettent de prolonger l’espérance de vie du patient. Ils contrôlent drastiquement la charge virale jusqu’à la rendre indétectable, ce qui retarde l’apparition du Sida. 

Quels traitements pour les séropositifs ? 

Il n’y a pas un mais trois traitements associés pour lutter contre le VIH. Les patients séropositifs sont soumis à vie à la prise quotidienne de trois médicaments, c’est ce qu’on appelle la trithérapie. Les inhibiteurs nucléosidiques de la transcriptase, les inhibiteurs non nucléosidiques et les inhibiteurs de protéase, servent à assurer le bon fonctionnemet du système immunitaire du patient. 

Concrètement les médicaments vont empêcher la reproduction du virus jusqu’à ce que la charge virale, la quantité de virus dans le sang, soit indétectable. Le but étant d’avoir le moins de lymphocytes T infectés. De cette manière, le système immunitaire du malade sera maintenu et son espérance de vie prolongée. Grâce à ces traitements, des patients réussissent à ne pas atteindre la dernière étape de la maladie, le sida. En moyenne, la trithérapie a permis de faire diminuer de plus de 75 % le développement des maladies opportunistes et du passage au stade ultime de l’infection. 

Toutefois, cette réussite est conditionnée au strict respect de la prise des médicaments. Or, le traitement reste lourd et contraignant bien qu’il tend à l’être moins grâce aux progrès de la médecine. 

Violences faites aux femmes, un fléau plus fatal que jamais

Mercredi 25 novembre a commencé la semaine pour lutter contre les violences faites aux femmes. Cette année, avec le confinement, ces violences sont malheureusement en augmentation.

L’année 2020 est marquée par la pandémie mais aussi par la vulnérabilité dans laquelle se sont retrouvées les femmes et les filles victimes de violences du fait du confinement. Cette réalité est chiffrée. Pendant le premier confinement, les autorités compétentes ont enregistré une hausse de 30% des violences faites aux femmes. Elles se déroulent plus que jamais dans le silence. La prise en charge médicale de ces femmes est cruciale pour les soigner et les libérer. 

En 2019, 146 femmes sont mortes sous les coups d’un homme : un ex, le conjoint, un petit-ami… D’autres femmes sont mortes de l’accumulation des violences. Un suicide, une overdose, une infection mal soignée, ont pour point commun d’être la conséquence de violences. On vous parle aujourd’hui de la santé des femmes victimes de violences, et aussi du rôle des professionnels de santé. 

Que sont les violences faites aux femmes ? 

Selon l’ONU, les violences faites aux femmes désignent « tous les actes de violences dirigés contre le sexe féminin, causant ou pouvant causer aux femmes un préjudice ou des souffrances physiques, sexuelles ou psychologiques, y compris la menace de tels actes, la contrainte ou la privation arbitraire de liberté, que ce soit dans la vie publique ou dans la vie privée. » Cette définition est inscrite dans la Déclaration sur l’élimination des violences à l’égard des femmes, Résolution 48/104 de l’Assemblée générale des Nations Unies du 20 décembre 1993. 

Dans le monde, selon l’OMS, 1 femme sur 3 subit des violences physiques ou sexuelles de la part de leur partenaire intime ou de quelqu’un d’autre au cours de leur vie. En France, en moyenne 213 000 femmes chaque année sont victimes de violences physiques et/ou sexuelles commises par leur conjoint ou ex-conjoint. Et ce dernier chiffre n’inclut pas les mineurs. La violence conjugale est au centre des violences faites aux femmes. Invisible, brutale et fréquente, elle est le fléau contre lequel les autorités tentent de lutter. C’est principalement de violences conjugales, par le conjoint, ou l’ex-conjoint, dont il est question lorsque l’on traite des violences faites aux femmes.

Quelles sont les conséquences médicales physiques des violences ? 

Les premières conséquences des violences auxquelles on pense sont les traumatismes : ecchymoses, lésions génitales, fractures, plaies, brûlures. Mais il ne s’agit que d’un seul aspect de la santé des femmes violentées. Très souvent ce sont ces marques qui vont alerter mais d’autres signes entrent en jeu dans la détection de violences. Ces femmes meurtries souffrent pour la plupart de séquelles dues aux violences. Elles ont par exemple davantage de céphalées, de douleurs dorsales, de douleurs abdominales, de troubles gastro-intestinaux, une sensation d’engourdissement et de fourmillements dans les mains, de la tachycardie et des palpitations.

Leur mauvais état de santé général, non imputable à des facteurs médicaux, peut indiquer qu’il y a des violences. Même si aucune marque n’est constatée. La responsabilité revient à la personne qui ausculte d’instaurer un climat de confiance, repérer les signes. Et entamer un échange pour avoir la confirmation que leur patiente est victime de violence. 

Plus grave encore, les violences sont synonymes d’une perte de chance pour les femmes atteintes de maladie chronique grave. Les femmes diabétiques, avec une insuffisance respiratoire ou cardiaque et tout autre pathologie chronique doivent suivre un traitement, un suivi médical réguliers. Or, du fait des violences domestiques, les femmes ne sont plus en capacité de se soigner ou de consulter, au péril de leur vie. De même, certains cancers comme le cancer du sein demandent un dépistage tôt pour accroître les chances de survie. Mais malheureusement pour les femmes maltraitées, le suivi médical reste irrégulier. La venue chez le médecin étant souvent repoussée à la dernière limite. Au moment où une consultation est obligatoire ou bien vitale. 

Sur le plan gynécologique, les violences ont des conséquences désastreuses. Selon une étude de 2013 de l’OMS, les victimes de violences et d’abus ont “1,5 fois plus de risques de souffrir d’une infection sexuellement transmissible, et dans certaines régions, d’être infectées par le VIH que les femmes n’ayant pas subi de violence de leur partenaire.” Evidemment, les patientes ne sont pas toujours en mesure de soigner correctement les IST, et elles sont détectées plus tardivement que pour les autres femmes. De même, les femmes battues et abusées ont deux fois plus de risques de subir au moins un avortement. 

Quelles sont les conséquences psychologiques des violences ? 

Les violences ont des conséquences gravissimes sur la santé physique des femmes. Mais les séquelles psychologiques sont tout aussi importantes, voire plus impactantes encore. La femme souffre psychologiquement, se tournant vers des solutions extrêmes comme le suicide ou les addictions. Selon l’étude de 2013 de l’OMS, les femmes ayant subi des violences de la part de leur partenaire sont presque deux fois plus nombreuses à connaître des problèmes de dépression ou d’alcoolisme. Autre chiffre, selon Florence Thibaut interrogé par RFI, Professeur de psychiatrie et d’addictologie, exerçant à l’hôpital Cochin à Paris, entre 20 à 30% de leurs patients en psychiatrie ont été victimes de violences sexuelles et ou physiques au cours de leur vie. 

L’état de santé mental des victimes de violences est très inquiétant. En plus de la dépression, la femme qui développe une addiction suite à des violences ne se fait pas traiter. Les conduites addictives apparaissent souvent la seule échappatoire entrevue par les victimes, hormis la mort. Il y a chez les femmes abusées, battues, maltraitées, une plus forte consommation de tabac, d’alcool, de drogues psychoactives, de médicaments analgésiques, anxiolytiques, antidépresseurs ou hypnotiques. Le problème réside dans l’addiction consécutive à une consommation qui s’accroît tous les jours un peu plus. Concrètement, les overdoses médicamenteuses sont possibles et réelles. 

Au delà de cet aspect, les violences affectent tout le comportement de la femme. Presque une femme sur deux victimes de violences souffre de syndrome post-traumatique ou d’épisodes de syndrome post-traumatique.

Il y a également des troubles émotionnels : colère, honte, sentiment de culpabilité, d’humiliation, sentiment d’impuissance, anxiété, panique. Ces derniers peuvent déclencher des comportements phobiques, de l’automutilation. La femme violentée a couramment des problèmes de sommeil : difficultés à s’endormir, veille ou réveils nocturnes, cauchemars, paralysie du sommeil. Les violences peuvent en plus affecter le comportement alimentaire. Une femme sans trouble alimentaire avant les violences peut par exemple développer de l’anorexie, de la boulémie. Et une femme avec des troubles déjà existants pourra voir s’intensifier ses comportements alimentaires destructeurs. Enfin, les capacités cognitives elles aussi n’échappent pas aux séquelles des violences. Il a été constaté que certaines femmes avaient, après des violences, plus de difficultés de concentration et d’attention, ou même des pertes de mémoire. En bref, les violences détruisent tous les aspects psychiques des victimes. Celles-ci mettent de très nombreuses années à s’en remettre, si du moins elles y arrivent. 

Quel est le rôle des professionnels de santé auprès des femmes victimes de violences ?

Les professionnels de santé sont très souvent les premiers témoins de la souffrance de ces femmes. Par exemple, un médecin généraliste peut être la seule personne extérieure au couple que la victime continue à voir. D’ailleurs, les chiffres de la Haute Autorité de Santé témoignent de l’importance des professionnels de santé dans la lutte contre les violences. En moyenne, 3 à 4 femmes sur 10 dans les salles d’attente des médecins seraient victimes de violences conjugales et 1 victime sur 5 consulte en premier lieu un médecin après avoir été violentée. La raison est souvent la proximité et la confiance qui peut s’installer entre le patient et le médecin. Qui plus est, le secret médical est un bon argument pour inciter à la confidence et aussi pour recevoir la victime seule. 

Le rôle des professionnels peut se résumer en trois mots : soigner, écouter, informer. Un quatrième peut éventuellement s’ajouter, alerter, mais sous certaines conditions. Soigner, déjà car c’est la mission principale et pour tout le monde. Mais l’auscultation de la patiente, l’analyse de son ordonnance peuvent conduire le professionnel à envisager des violences. Alors il faut écouter, détecter dans les silences, les demi-mots, les explications, des indices. Mais l’écoute doit être active, accompagnée de questions. La Haute Autorité de Santé conseille d’ailleurs de toujours poser des questions. Enfin, le médecin, infirmier, sage-femme ou autre professionnel doit informer la patiente, la rediriger, lui indiquer les démarches les plus simples, comme le numéro d’urgence 3919, et les solutions pour s’en sortir. D’ailleurs, il est important que les médecins établissent un certificat médical permettant à la patiente de faire valoir ses droits et de prouver les violences.

En cas de danger avéré pour la vie de la patiente ou d’un accord, même verbal, de la victime, chaque professionnel doit alerter les autorités, sans craindre de briser le secret médical. 

Depuis le confinement, les pharmaciens aussi sont impliqués dans la lutte contre les violences faites aux femmes. Le confinement rend encore plus compliqué pour ces femmes le fait de se signaler et donc de sauver leur vie. Il a donc été décidé que les pharmacies pouvaient désormais être un lieu d’accueil. Concrètement, les pharmaciens, à qui une femme a signalé être victime, peuvent contacter directement les forces de l’ordre pour prendre en charge la victime.

Une autre initiative novatrice a été lancée pour que les soignants viennent en aide aux femmes. L’hôpital Saint-Antoine à Paris expérimente depuis octobre le dépôt de plainte depuis l’hôpital. L’idée, née du Grenelle sur les violences faites aux femmes, est simple : éviter aux femmes de se rendre au commissariat et leur permettre de porter plainte à l’hôpital, un endroit où elles sont mises en confiance”. Grâce à cette initiative, déjà quatre femmes ont déposé plainte. À l’hôpital, elles sont soignées, accompagnées, épaulées et la police vient à elles et non l’inverse. Ce dispositif doit également s’installer à la Pitié-Salpêtrière à Paris, puis sur tout le territoire en fonction des résultats. 

Fumer moins pour gagner plus

Le Black Friday repoussé d’une semaine, ça vous laisse le temps d’économiser un peu plus. Et si ça passait par un arrêt du tabac ?

Un fumeur français régulier fume en moyenne 11 cigarettes par jour. Cela représente 4 à 5 paquets par semaine, soit environ 18 paquets de cigarettes par mois. Avec l’augmentation du prix du tabac en France, le paquet de cigarette coûte en moyenne 10€. Celles et ceux qui ont fait le Mois Sans Tabac peuvent-ils se lâcher pour le Black Friday ? On fait le point sur ce que vous pourrez vous offrir.

Au bout d’un mois d’arrêt … 180€ !

A la fin du mois de novembre, les heureux participants du mois sans tabac pourront profiter de toutes leurs séries et films préférés ! Et oui, après un mois d’arrêt vous aurez assez économisé pour vous offrir un an d’abonnement à Netflix ou OCS ! Choisissez votre camp mais qu’importe votre choix, il vous restera tout de même 36 € pour vous faire plaisir. Et attention, au bout de deux mois sans cigarette, vous pouvez avoir 10 mois d’abonnement à Canal+ et son pack Ciné séries comprenant Netflix, OCS, et Canal+séries en illimité. 

Au bout de trois mois d’arrêt … 540€ !

Vous avez tenu et vous avez de quoi être fier. Mais trois mois, ne nous mentons pas, cela n’a pas dû être une promenade de santé. Alors, respirez en profitant de vos poumons retrouvés et filez réserver votre week-end. Trois mois après votre arrêt, vous aurez 540€ d’économies, de quoi profiter d’un week-end détente. Pour ce prix vous pourrez vous délasser à deux dans une hôtel thalasso 4 étoiles, en bord de mer, avec petit-déjeuner inclus ! Alors, elle est pas belle la vie sans cigarette ? 

Au bout de six mois d’arrêt … 1 080€ !

Toutes nos félicitations, vous êtes sur une très bonne voie et un autre univers s’offre à vous grâce à l’argent que vous ne fumez plus ! A partir de 6 mois sans cigarette, en plus d’être en bien meilleure forme, vous pouvez vraiment vous accorder un très beau cadeau. Ceux qui compensent la cigarette par le sport seront aux anges ! Toutes ces journées sans tabac vous donnent accès à 6 années de sport en salle, ou 1 an d’abonnement au PSG. 

Ceux qui ressentent le besoin de s’évader pourront s’offrir un aller-retour pour la Nouvelle-Zélande ! Et enfin, les adeptes de la technologie seront ravis de pouvoir acquérir le tout nouvel iPhone 12. 

Au bout d’un an … 2 160€ !

Vous êtes fort, très fort et bravo cette étape est déterminante ! Les risques de rechutes sont drastiquement réduits. En un an vous en avez traversé des épreuves pour dire non au tabac. Aujourd’hui, c’est le premier jour de votre nouvelle vie sans addiction. Une vie où vos poches se sont remplies ! Imaginez, 2160 € par an réduits à l’état de cendres. Ca fait mal, mais vous qui avez réussi à arrêter, vous pouvez sourire et imaginer quelque chose de plus plaisant. Pensez à ce que cela signifie en terme de récompenses ! 2000€ ça équivaut au salaire moyen en France et aussi un voyage à Tahiti d’une semaine tout inclus. 

Donc, si vous avez arrêté de fumer en début de mois, vous aurez mis beaucoup d’argent de côté pour le Black Friday 2021.

Au bout de cinq ans … 10 800€ !

A partir de cinq on peut le dire, vous n’êtes plus un fumeur mais un ex-fumeur. La tentation s’est effacée avec le temps qui passe. En cinq ans, vous n’avez plus envie d’une cigarette à tout prix. Après cinq, vos poumons, votre corps, votre esprit et aussi votre portefeuille sont épanouis ! Vous avez passé 1825 jours sans céder, sans acheter la moindre cigarette et cela représente un beau pactole. Aujourd’hui, une voiture neuve coûte minimum 9000€, alors profitez-en pour passer le permis et à vous la liberté ! 

Masque + boutons = mascné

Avec le port du masque obligatoire, certains et certaines ont vu revenir sur le visage leurs petits boutons d’adolescence. Ce phénomène a désormais un nom : la mascné.

Après coronavirus, Covid, confinement, résilience, webinaire… voici un nouveau mot qu’on associera désormais à l’année 2020 : mascné. Il n’est pas beau et on vous explique ce qu’il désigne.

La mascné ou le maskné, c’est quoi ? 

Qu’importe le terme, c’est deux mots valises, formé de masque et acné, désignent l’ensemble des irritations de la peau causées par le port prolongé du masque. Mais pourquoi le masque crée-t-il des boutons ? Les frottements, l’humidité et la chaleur de la respiration favorisent l’obstruction des pores et créent un climat idéal à la prolifération des bactéries.

En clair, l’humidité stimule la production de sébum qui augmente les risques d’apparitions de boutons, de points noirs et autres troubles cutanés. Le frottement répété, lui, provoque des irritations (rougeurs, démangeaisons…) favorisées par la chaleur qui sensibilise la peau fine du visage. Et enfin, pour certains, la peau est agressée, au contact de certains tissus, par des produits irritants du fait d’une réaction chimique ou allergique. 

Bref, la peau est mise à rude épreuve par le port prolongé du masque.

Le port du masque est-il déconseillé à certaines personnes ?

Non, rien ne justifie le non-port du masque, même si vous êtes plus exposé aux problèmes cutanés. Car oui, le port prolongé du masque va entraîner plus de troubles cutanés pour les peaux sensibles. Par exemple, les peaux claires plus fines sont davantage sujettes aux irritations consécutives du port du masque. C’est aussi le cas pour les personnes âgées, le vieillissement cutané fragilise la peau du visage. Mais ce sont surtout les personnes atteintes de pathologies dermatologiques qui sont le plus susceptibles d’avoir des complications dues au masque. 

Ces personnes peuvent développer une mascné mais le masque va principalement dégrader leurs problèmes de peau préexistants. Le constat est particulièrement vrai pour les peaux acnéiques, ou concernées par l’eczéma, la dermatite atopique, ou la dermatite séborrhéique. Toutefois, des solutions existent pour diminuer cet effet secondaire du masque, comme prendre un masque adapté à sa peau.

Quel masque choisir ?

Depuis le début de la crise, la production de masques a considérablement augmenté et s’est diversifiée. Pour les peaux sensibles, évitez le plus possible les matières synthétiques. Mieux vaut privilégier les simples masques chirurgicaux ou en coton qui permettront de mieux laisser respirer les pores.

Si votre peau est particulièrement sensible, il faudra être plus rigoureux dans votre choix. Premièrement, préférez toujours les masques clairs. Ils ont moins de teintures qui peuvent être irritantes ou allergisantes. Puis, choisissez des matériaux plus doux et donc moins agressifs avec la peau lors des frottements. Vous pouvez opter pour un masque en soie ou en latex, à condition de ne pas être allergique à ce dernier. Pour les personnes allergiques d’ailleurs, sachez qu’il existe également des masques hypoallergéniques. 

Quel que soit le choix le plus adapté à votre peau, n’oubliez pas pour autant de vérifier la capacité de filtration du masque et de bien respecter les consignes d’utilisation et d’hygiène. 

Quelle routine d’hygiène mettre en place ?

Grâce à la pandémie, tout le monde sait maintenant quand il faut se laver les mains. Il faut le faire avant et après avoir mis le masque. C’est pareil avec votre visage. Vous lui rendrez service en le lavant délicatement avant et après le port du masque. Et oui, grâce au lavage de votre visage et de vos mains, vous diminuez drastiquement le nombre de bactéries en contact avec le masque. Plus il y en a, plus votre peau sera irritée. La chaleur et l’humidité de la respiration et de la transpiration favorisent la prolifération des bactéries. 

Au quotidien, choisissez donc pour votre visage des produits doux et respectueux de votre peau. Avant de mettre un masque, passez par exemple un coton d’eau thermale et séchez en tapotant. Évitez autant que possible les produits abrasifs, et limitez les gommages car la peau irritée n’en sera que plus sensibilisée. Pour le lavage du masque aussi respectez votre peau, prenez par exemple une lessive et un adoucissant conçus pour les peaux sensibles. 

Dois-je consulter pour mon acné même si elle est due au masque ?

Oui, rien ne se substitue à l’avis d’un dermatologue. Il est important de consulter votre médecin si le port du masque a des conséquences persistantes sur votre peau. Un médecin est la personne compétente pour identifier votre problème de peau et le traiter en conséquence. La médication ou l’application de certaines crèmes nécessite l’avis d’un dermatologue. 

Enfin, si les effets cutanés du masque sont gênants, persistants ou autres, n’hésitez pas à consulter. Les rendez-vous médicaux restent autorisés pendant le confinement et il est important de continuer à se soigner. 

Pour être sûr d’avoir les bons gestes, retrouvez notre vidéo sur comment bien se laver les mains

Le stress post-traumatique, un trouble méconnu

Cette semaine a été marquée par les commémorations de l’armistice du 11 novembre 1918 et des attentats du 13 novembre 2015. Près de cent ans séparent ces deux événements, ils laissent pourtant des séquelles similaires.

Des soldats de la Grande guerre aux victimes des attentats, un point commun : le choc, le drame et leurs conséquences. Face à l’innommable, nombreux sont ceux qui développent un stress post-traumatique, une blessure psychique qui reste mal connue.

Le stress post-traumatique, qu’est-ce que c’est ?

L’étude du stress post-traumatique est relativement récente. A titre d’exemple, les hommes de la Première Guerre mondiale revenus traumatisés ont été très mal accueillis. Considérés comme faibles, fous, certains hommes ayant développé un stress post-traumatique trop handicapant ont été enfermés dans des asiles. L’armée française n’a d’ailleurs reconnu ce trouble qu’en 1992. 

Ce syndrome a donc d’abord été étudié sur des soldats revenus du front. Mais il peut toucher n’importe quelle personne exposée à des situations choquantes, dangereuses ou effrayantes. Un catastrophe naturelle, un décès, un accident, une agression, un attentat peuvent aussi causer des dégâts au psychisme des victimes et des témoins.

Face à un événement trop difficile, le cerveau d’une victime peut dysfonctionner. Le message de danger que le choc a créé s’installe durablement au lieu de s’évanouir naturellement à la fin de l’événement traumatique. La cause de cela est vraisemblablement un dysfonctionnement de la mémoire. Le souvenir de l’événement vécu revenant sans cesse, l’hippocampe qui génère le stress est en hyperactivité et ne régule plus les émotions de la victime. En produisant davantage de cortisol, l’hippocampe garde la personne en état d’alerte. D’où les témoignages des personnes atteintes qui se rejoignent tous sur ces sentiments de peur, d’horreur et d’impuissance persistants. 

Enfin, il est tout à fait normal d’avoir un stress post-traumatique après un choc quel qu’il soit. Et il est aussi tout à fait normal de ne pas en développer. On ne sait pas pourquoi certaines personnes confrontées aux mêmes traumatismes développent ce trouble quand d’autres n’ont pas cette séquelle. D’ailleurs, les victimes de stress post-traumatique se ressemblent sans se ressembler. Le trouble a des spécificités communes mais les victimes le vivent chacune à leur manière. 

Quels sont les symptômes du stress post-traumatique ? 

Chaque victime en état de stress post-traumatique va développer des troubles qui lui sont propres. Toutefois, des symptômes spécifiques peuvent alerter la personne ou son entourage. Car on ne sait pas nécessairement que l’on vit un stress post-traumatique. D’autant plus que le stress post-traumatique, bien qu’il advienne relativement rapidement après le choc, peut se déclarer longtemps après l’événement traumatisant. Les symptômes peuvent apparaître dans les semaines qui suivent le drame mais aussi plusieurs mois, voire plusieurs années plus tard. 

Globalement, la personne en état de stress post-traumatique est affectée par le souvenir persistant du trauma qui la replonge dans le même état émotionnel où elle était. Les souvenirs qui s’installent dans le quotidien de la personne activent les signaux d’alertes du danger inutilement. Selon la fréquence des souvenirs sous forme de flashbacks, le syndrome est plus ou moins handicapant. 

C’est pour cela qu’il est fréquent de voir les victimes d’attentat développer des stratégies d’évitement. C’est-à-dire qu’une victime va tout faire pour ne pas passer devant le lieu du drame, ne va plus écouter une musique en particulier, va changer des habitudes associées au trauma. Toujours dans le but d’éviter les flashbacks incontrôlables, la personne peut refuser complètement de parler de son expérience, que ce soit à des proches ou aux personnels médicaux. Evidemment, il ne s’agit pas d’une stratégie efficace, il faut d’ailleurs inciter la parole de la victime. 

Des reviviscences, un détachement du monde extérieur, une hypervigilance, des troubles du sommeil (cauchemar, paralysie du sommeil, insomnie..) sont autant de symptômes caractéristiques du stress post-traumatique. Ce stress et ses symptômes augmentent significativement le risque de développer une dépression ou d’autres troubles mentaux. Le risque est plus accru encore en cas de chronicité du trouble post-traumatique. 

Cet état est jugé comme chronique si les symptômes persistent au-delà de trois mois. Souvent la chronicisation est consécutive d’un suivi médical inexistant ou tardif, ou d’une méconnaissance des symptômes. Mais des éléments inhérents à l’environnement de la victime peuvent également entraîner un stress chronique. Le manque de reconnaissance sociale, les jugements de valeur sur la personne ou sa capacité à réagir, un soutien des soignants et proches absents ou l’arrêt de ce soutien précocement, sont ces autres facteurs pouvant ralentir la guérison de la victime ou aggraver son trouble.  

Comment surmonter un syndrome de stress post-traumatique ? 

Comme pour tout trouble psychologique, il n’y a pas de méthode miracle pour s’en sortir et le processus de guérison demande du temps. 

Résilience. Ce mot a accompagné les hommages rendus aux victimes du 13 novembre. Pour les victimes en état de stress post-traumatique, la clé du bonheur retrouvé se trouve sûrement dans la définition de la résilience.  

Cette aptitude à faire face avec succès à une situation représentant un stress intense, ainsi qu’à se ressaisir, à s’adapter, à réussir à vivre et à se développer positivement en dépit de ces circonstances défavorables. C’est la résilience qu’essaient de travailler les victimes de stress post-traumatique. 

Pour cela, l’accompagnement psychologique est indispensable. Des psychiatres et psychologues se spécialisent dans le traitement des traumatismes. Pour soigner les victimes, ces spécialistes proposent souvent des thérapies cognitivo-comportementales (TCC) ou la désensibilisation par des mouvements oculaires EMDR. Certains patients se tournent, eux, vers l’hypnose. Qu’importe la méthode choisie, elles visent toutes à décharger le souvenir traumatique de son impact émotionnel. Le psychiatre peut également décider d’instaurer un traitement médicamenteux pour aider le patient en fonction de son état. Une fois encore le processus est long avant que la personne accepte son expérience traumatisante sans douleur, ni danger.