Que ceux qui n’aiment pas Noël lèvent la main !

A chaque fin d’année, vous ressentez une petite boule au ventre ? Les fêtes de fin d’année vous angoissent ? Vous êtes peut-être natalophobe. 

Il ne va pas de soi d’aimer Noël, ni même les festivités de fin d’année. Rassurez-vous, vous n’êtes pas le ou la seule angoissé(e) du réveillon. Le stress et l’anxiété de Noël portent même deux noms : la natalophobie ou la noëlophobie. On vous explique tout sur ce phénomène pas si rare.

Qu’est ce qu’un(e) natalophobe ? 

Imaginez-vous devant une grosse araignée, une falaise gigantesque ou tout autre chose terrifiante ! Votre gorge se serre, vous sentez monter une boule dans votre ventre. Et bien c’est la même chose pour les natalophobes devant l’installation des illuminations, les films de Noël, les calendriers de l’avent. A la différence des autres phobies, les angoissés de Noël peuvent y faire face. Mais ils n’aiment réellement pas ça et c’est pour eux une source de stress très prenante. 

La natalophobie englobe l’ensemble des angoisses créées par la période des fêtes. Cette phobie peut s’étendre sur tous les aspects du réveillon, avant, pendant et après les fêtes. Certains peuvent aussi souffrir de capitellophobie, une peur irraisonnée de recevoir et faire des cadeaux. En bref, la peur de Noël est bien réelle et diverse. Chez certains, elle se manifeste physiquement : troubles du sommeil, cauchemars, bouffées de chaleur, migraines, sensation d’oppression… 

En effet, en amont c’est la couverture médiatique, le relooking des villes et les premières questions sur les festivités qui créent une pression chez les personnes. Puis, c’est la fête en elle-même ! Entre cadeaux, repas, retrouvailles, la tension peut vite monter en famille. Et enfin, l’après Noël consiste à retrouver la banalité du reste de l’année qui, en comparaison, semble dépourvue de magie. Et ce stress envahit la vie de nombreux Français chaque fin d’année. Noël constitue une obligation redoutée pour plus d’un tiers des Français (35 %) selon un sondage Opinion Way pour Amaguiz, réalisé en octobre 2016. Pour 45% des sondés, la fête ressemble à un marathon épuisant. 

Quelles sont les causes de la natalophobie ?

La peur de Noël n’est pas un phénomène isolé. Elle dérive souvent de la pression sociale qui entoure les festivités. Noël est une fête particulière. A la différence de Pâques ou même des anniversaires, il est beaucoup plus compliqué de l’éviter. Pire encore, ne pas se joindre aux réjouissances symbolise la sortie de la norme, avoir quelque chose qui cloche. Dans nos sociétés, Noël se doit d’être magique, on se doit d’être heureux, de faire plaisir, de se réunir. Un cumul d’impératifs sociaux silencieux bien angoissants. Rien d’étonnant donc que certains se sentent particulièrement fragiles psychologiquement dès le mois de novembre. 

Ils culpabilisent à l’idée de profiter d’une fête agissant comme une loupe sur les inégalités sociales. En outre, la culpabilité attaque aussi les cadeaux : “Pourrais-je offrir d’aussi beaux cadeaux que ceux que l’on m’offre ? A l’inverse, vais-je offrir de plus jolis cadeaux et gêner les personnes de ma famille avec moins de moyens ?” Sans oublier non plus la peur de rater le repas de Noël, de ne pas recevoir suffisamment bien. Bref, l’organisation qui entoure la célébration de la naissance du petit Jésus est source d’angoisse. Tout cela sans compter les retrouvailles familiales. Certains cauchemardent à l’idée que quelqu’un lance des débats houleux. Et entre le Covid et les différentes décisions politiques, c’est peu dire que l’année 2020 a été riche en potentiels sujets polémiques. D’autres se font des cheveux blancs à la simple évocation de leur oncle à table, surtout à côté de mamie. La famille n’est pas toujours cette sphère idyllique au sein de laquelle il fait bon se retrouver ! Non, il y a parfois une bonne dose d’hypocrisie salvatrice, que les natalophobes peuvent avoir en horreur. 

Les hommes et les femmes sont-ils égaux face à la natalophobie ?

La natalophobie touche potentiellement davantage les femmes. La charge mentale liée à l’organisation du repas, aux courses, aux cadeaux, est encore portée en majorité par les femmes. Et ce d’autant plus si elles sont mères. Une enquête du Journal des femmes affirme ainsi que 95% des Françaises gèrent seules le choix et l’achat des présents. Près de 88% des femmes se sentent responsables de l’élaboration des repas, selon un sondage d’OpinionWay. Les femmes déjà débordées par une charge mentale quotidienne se retrouvent submergées à la fin de l’année. Noël génère une multiplication des pensées, une charge mentale supplémentaire, plus angoissante encore du fait de cette pression sociale. 

Alors, comment passer un réveillon plus serein ? 

Si vous êtes vraiment à bout et que vous exécrez Noël, n’hésitez pas à briser le tabou du Noël traditionnel. Vous n’êtes en rien obligé de vous infliger l’ouverture des cadeaux au pied du sapin, le dîner qui s’éternise… Changez, innovez ! Finalement, demandez-vous comment vous souhaitez vraiment fêter cette fin d’année. Rien de mieux qu’être à votre écoute. Peut-être même qu’en bousculant les traditions, vous retrouverez le plaisir de fêter le 25 décembre ! 

Si vous ne pouvez décemment pas échapper au repas en famille, alors évitez les retrouvailles protocolaires et gênantes. Bien souvent la raison de la gêne, quand on retrouve ses proches, vient du fait qu’on ne les a pas côtoyés depuis un certain temps. Les salutations sont ainsi peu naturelles et on peut se sentir épié, ce qui provoque le malaise. Conjurez le sort en essayant de voir vos proches avant le moment fatidique. Le soir du 24 prendra une autre tournure, moins guindée et plus détendue. 

Enfin, on ne saurait vous conseiller autre chose que de renoncer à la perfection. Au final, Noël c’est aussi les ratés, les embrouilles, les silences lourds de sens et ce n’est pas grave ! La dinde est un peu trop cuite ? Eh bien tant pis, ça peut arriver. Les cadeaux ne sont pas toujours ceux attendus ? C’est déjà bien de recevoir des cadeaux. En bref, désacralisez Noël, il ne s’agit que d’une fête malgré l’effervescence qui l’entoure. N’hésitez pas non plus à déléguer, ne vous occupez pas de l’organisation seul(e). De cette manière, vous ne porterez pas l’entière responsabilité du réveillon.

D’ailleurs, on n’hésite pas à remercier la pandémie. Même si on est un peu triste de ne pas retrouver tout le monde, on peut au moins se dire qu’avec seulement six adultes, cela fera moins de complications et peut-être moins d’angoisse ! 

Déconfinement, ça commence demain

Le déconfinement débute dès demain, mardi 15 décembre. On vous explique comment va se passer cette demi-sortie de confinement. 

Le premier ministre Jean Castex a tenu jeudi dernier une conférence de presse entouré des ministres de la Santé, Olivier Véran, et de l’Intérieur, Gérald Darmanin. Le déconfinement est maintenu mais avec des restrictions revues à la hausse. On vous résume les grandes lignes des annonces du gouvernement. 

Quand aura lieu le déconfinement ?

Le déconfinement est maintenu au mardi 15 décembre. Toutefois, le gouvernement serre la vis. Pour rappel, le planning du déconfinement annoncé par Emmanuel Macron prévoyait de déconfiner le 15 décembre pour mettre en place un couvre-feu à 21h et assouplir un certain nombre de restrictions. Cette décision était conditionnée à deux paliers, 5 000 contaminations quotidiennes et 3 000 lits de réanimation occupés. 

Or, si le second palier a été atteint, 2666 lits sont occupés, le premier palier est loin d’être garanti. Lors de la conférence, le ministre de la Santé a détaillé les données épidémiologiques. Si la France compte 5 fois moins de contaminations qu’au début du confinement, passant de 50 000 cas à 10 000, cela ne suffit pas. 

Depuis plusieurs jours, les données montrent que le nombre de nouveaux cas ne baisse pas. “Nous avons atteint un plateau” commente Olivier Véran. Il tend même à légèrement augmenter, sur la journée du 9 décembre, 14 595 nouveaux cas ont ainsi été constatés. De ce fait, la vigilance reste élevée. Le ministre de la Santé l’explique « si nous ne changeons rien, le risque est que la deuxième vague reparte dans les prochaines semaines. Que les cas graves se remettent à augmenter ».

Comment se passera le déconfinement ? 

Le déconfinement sera bien moins souple que ce qui avait été envisagé. Au vu de la situation épidémique, la légèreté n’est pas de mise, d’autant que les autorités craignent l’accélération des contaminations liées aux fêtes ainsi qu’à l’installation du froid et de l’humidité. Le gouvernement maintient la possibilité de déplacement sur l’ensemble du territoire. Mais il revient sur les déclarations du président concernant le couvre-feu. 

Ce dernier, qui devait commencer à 21h, débutera finalement à 20h pour finir à 6h du matin. A la différence des couvre-feux localisés du mois d’octobre, toute la France métropolitaine devra le respecter. En revanche, le couvre-feu ne concerne pas les départements d’Outre-Mer.  

Qui plus est, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a précisé que les dérogations au couvre-feu seraient réduites par rapport à celles du confinement. En effet, il y aura moins de motifs pour plus de contrôles policiers. Lors du contrôle il faudra être en mesure de prouver le motif de son déplacement pour ne pas écoper de 135 € d’amende. Les motifs sont : déplacement entre le domicile et le lieu de travail, motifs familiaux impérieux, soins médicaux, aide aux personnes vulnérables, activité de bénévolat (maraude, aide alimentaire…) et promenade du chien. A retenir que les attestations ne seront plus nécessaires en journée. 

Les cinémas, les salles de spectacle et les musées vont-ils rouvrir ? 

Mauvaise nouvelle pour les lieux recevant du public. Ces derniers, actuellement fermés, devront maintenir portes closes pendant trois semaines supplémentaires. « Les conditions posées pour leur réouverture ne sont hélas pas réunies », a déclaré le Premier ministre. Une nouvelle déception pour les lieux culturels ainsi que les enceintes sportives, les cirques, les parcs zoologiques, les salles de jeux et les casinos. Il faudra donc attendre le 7 janvier pour se rendre dans ces lieux, à condition que les conditions sanitaires soient cette fois réunies. 

Pour les professionnels de la culture qui avaient fondé tant d’espoir sur une réouverture le 15 décembre, la nouvelle a du mal à passer, A Bordeaux, Synptac CGT Aquitaine (Syndicat national des professionnels du théâtre et des activités culturelles) lance un appel à manifester le 15 décembre à midi devant la préfecture, selon Sud Ouest.  “Encore une fois, le gouvernement fait miroiter une nouvelle date incertaine de réouverture le 7 janvier. Cette succession d’annonces incertaines, qui nous place dans l’expectative permanente, est irresponsable !” Voici comment les syndicats appellent à rejoindre leur manifestation. Leur message témoigne de la décision et de la colère de tous les secteurs culturels. 

Même son de cloche pour les Églises, et les autres lieux de cultes. Malgré cette période de fête, il n’auront pas de dérogation pour accueillir davantage de public que la jauge qui leur a été fixée en fonction de la taille du lieu.

Les restaurateurs resteront-ils ouverts malgré le couvre-feu ? 

Oui et non. La réouverture des restaurants n’est pas pour tout de suite. Toutefois, il était possible de profiter de la vente à emporter et de la livraison. Avec la mise en vigueur du couvre-feu, ce ne sera plus tout à fait la même chose. 

Il sera toujours possible de commander à emporter ou en livraison. Néanmoins, la vente à emporter fermera à 20h, du fait du couvre-feu. En tant que client, si vous choisissez de venir au restaurant récupérer vos plats, vous devrez faire attention à l’heure. Il est impératif que vous soyez chez vous à 20h pour éviter une amende. Car la vente à emporter n’est pas un motif de déplacement. Passé 20h, il faudra donc commander en livraison. 

Frank Delvau, le président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih) Paris Île-de-France confie sa colère au Figaro. «On nous a poussés à développer la livraison et la vente à emporter. Avec l’interdiction du click and collect après 20 heures, nous allons devoir nous reporter sur des plateformes (Deliveroo, etc., NDLR), que l’on paye. Il va falloir nous expliquer pourquoi les gens ne peuvent pas venir chercher un plat de pâtes ou une pizza à 20h30 !» Pour lui il s’agit « d’une stigmatisation supplémentaire de la profession »

Pour quand un déconfinement total est-il prévu ? 

Le déconfinement total comme celui de mai est encore bien loin. La date du 20 janvier reste toutefois maintenue. Elle marque la réouverture de l’ensemble des commerces, incluant donc les restaurants et les bars. Néanmoins, cette réouverture dépend elle aussi de la situation sanitaire de la France a cette période. Déjà lors de son allocution, Emmanuel Macron s’est montré prudent quant à cette date, précisant que la réouverture de tous les secteurs d’activités pouvait être décalée si besoin. 

Alors difficile de fixer une date précise pour le déconfinement total. D’autant plus que Jean Castex et Olivier Véran n’ont pas exclu l’hypothèse d’une troisième vague. Le premier ministre a rappelé que les fêtes de Thanksgiving au Canada et au Etats-Unis avaient été suivies d’une flambée des cas de contaminations. Les autorités sanitaires appellent donc à la prudence et la responsabilité de chacun en cette période afin d’éviter un troisième confinement après les fêtes. 

Quelles mesures pour Noël et le Jour de l’An ? 

Noël sera relativement épargné par les mesures sanitaires. La dérogation au couvre-feu est  maintenue le soir du 24 décembre. Autrement dit, vous n’aurez nul besoin d’une attestation pour vous déplacer la veille de Noël. Les ministres ont également rappelé la règle des 6 personnes à table. Jean Castex a également recommandé la plus grande prudence avec les aînés. « Si vous deviez retrouver au cours des prochaines semaines, soit pour Noël, soit même un autre jour, une personne âgée ou vulnérable au coronavirus, limitez vos interactions au cours des 5 jours précédents, restez le plus possible chez vous. » 

Pour la Saint-Sylvestre, changement de stratégie totale. Contrairement à Noel, il n’y aura pas de dérogation pour le Nouvel An, vous devrez donc respecter le couvre-feu. Pour justifier cette décision à deux vitesses, le Premier ministre a rappelé que « Noël occupe une place à part dans nos vies et nos traditions« . Il a expliqué en revanche que le Nouvel An « concentre tous les ingrédients d’un rebond épidémique.” 

En bref … 

  • La possibilité de déplacements sur tout le territoire est maintenue
  • Plus d’attestation en journée à partir de demain, mardi 15 décembre
  • Couvre-feu de 20h à 6h du matin à partir de demain, mardi 15 décembre
  • Pas de couvre-feu pour Noël, la soirée du 24 décembre, mais limitation recommandée à 6 adultes à table
  • Le couvre-feu est maintenu pour le jour de l’an de 20h à 6h 
  • Les lieux culturels restent fermés au moins jusqu’en janvier 

“Protéger prioritairement les personnes les plus fragiles”

BornSafety Mag a rencontré le Professeur Elisabeth Bouvet, Présidente de la commission technique des vaccinations à la Haute Autorité de Santé. Nous lui avons demandé de nous éclairer sur la stratégie de vaccination qui a été adoptée pour lutter contre la pandémie de Covid-19.

La Haute Autorité de Santé, à travers la Commission Technique des Vaccinations , avait pour mission de définir la stratégie vaccinale vis-à-vis du Covid. Et donc on a été missionné par le ministère de la Santé, au mois de juillet, pour élaborer une feuille de route de stratégie vaccinale. On a travaillé de la façon suivante : on a pris en compte à la fois les données concernant l’épidémie. Comment elle évoluait, qui elle touchait, qui mourait, qui était hospitalisé, quels étaient les facteurs de risques de gravité dans cette épidémie. Les autres éléments à prendre en compte étaient les données concernant les vaccins : est-ce qu’il y avait des vaccins potentiels, quand est-ce qu’ils étaient susceptibles d’arriver, quel serait leur mode d’action. Sachant qu’en même temps on allait avoir un nombre de doses de vaccins qui allaient arriver, mais qui seraient limités au départ.

Comment ont été prévues les différentes phases de la vaccination ?

Partant de l’hypothèse qu’on avait deux possibilités d’intervenir avec un vaccin : soit de vouloir immuniser largement la population pour freiner l’épidémie, empêcher la diffusion du virus, soit protéger prioritairement les personnes les plus fragiles, celles qui risquaient de faire des formes graves ou de mourir du Covid. Il est apparu logique de faire une priorisation et de prioriser d’abord les personnes les plus vulnérables, c’est-à-dire les personnes âgées et les personnes qui avaient certaines pathologies qui leur confèrent un risque particulier. En même temps, il est apparu logique de faire en sorte que les personnes qui étaient le plus à risque d’être en contact avec le virus, qui vivaient dans des communautés, type établissement de santé pour personnes âgées dépendantes, EHPAD et autres, de prioriser avant tout sur ces populations les plus à risque d’être exposées et les plus à risque de faire les formes graves. Ça, c’est notre phase 1. On a adjoint à cette population des personnes à prioriser, du fait de leurs propres risques, les personnels qui s’en occupent. En fait, on passera probablement d’une phase à une autre au fur et à mesure que les vaccins seront disponibles.

Quelle est la marche à suivre en cas d’effets secondaires indésirables ?

La question de la surveillance des éventuels effets secondaires, notamment à long terme, est très importante. Sachant que ce n’est pas de notre stricte responsabilité. C’est-à-dire que nous, Haute Autorité de Santé et Commission Technique des Vaccinations, nous pouvons demander qu’un système spécial de pharmacovigilance soit mis en place. La LSM travaille avec la Haute Autorité de Santé au sein de la Commission Technique des Vaccinations et il est prévu un système renforcé. Il est prévu aussi qu’il y ait des cohortes. L’INSERM va mettre en place une cohorte de personnes vaccinées qu’elle va donc suivre au fur et à mesure du temps et, bien évidemment, s’il y avait un ou des effets qui étaient signalés et qui paraissaient liés au vaccin, et qui était de nature à considérer la vaccination comme dangereuse, on pourrait être amené à prendre des décisions. Néanmoins ce n’est pas nous, Haute Autorité de santé, qui suspendons ou supprimons l’autorisation de mise sur le marché d’un produit. Nous pouvons simplement et éventuellement alerter. Pour l’instant on ne sait pas mais, bien évidemment, ce sont des processus qu’on va mettre en oeuvre.

Covid-19 : Molnupiravir, un nouvel espoir ?

Des chercheurs américains prétendent avoir trouvé un potentiel traitement contre le Covid-19, bloquant la transmission du virus et son évolution en 24h… chez les furets.

Un an après l’apparition du coronavirus, l’horizon va-t-il enfin se dégager ? Les motifs d’espoir s’enchaînent en cette fin d’année. Plusieurs vaccins semblent faire leurs preuves et, désormais, des chercheurs croient beaucoup en Molnupiravir. C’est un médicament expérimental qui a montré des signes très encourageants chez des furets. 

Quelle efficacité le Molnupiravir a-t-il montré ?

Selon l’étude américaine publiée le 3 décembre sur le site de Nature Microbiology, le Molnupiravir a bloqué la transmission du coronavirus entre les furets. Cet animal a servi de cobaye au vu de la similarité entre ses capteurs à coronavirus et les nôtres. Et aussi de sa capacité à ne pas développer de forme grave comme la plupart des jeunes adultes. 

Les chercheurs de l’Institut des sciences biomédicales de l’Université de Géorgie, aux États-Unis, ont pratiqué une expérience sur 6 furets contaminés par le coronavirus. Parmi ses six furets, trois d’entre eux ont reçu l’antiviral Molnupiravir par voie orale. Ils ont ensuite été replacé dans une des cages avec d’autres furets non contaminés.

Ainsi, dans la cage où se trouvaient les furets contaminés n’ayant pas reçu de traitement, les autres furets ont contracté le virus. Dans l’autre cage, celle des furets traités au Molnupiravir, aucun des furets avec qui ils cohabitaient n’a été infecté. Preuve donc que l’antiviral a joué un rôle dans la non-transmission du virus. Le Dr Richard Plemper, directeur de l’étude thérapeutique, explique ces résultats. « Le traitement thérapeutique des animaux infectés avec le MK-4482/EIDD-2801 (Molnupiravir) deux fois par jour a réduit significativement la charge de SARS-CoV-2 dans les voies respiratoires supérieures. Cela a complètement supprimé la propagation aux furets contacts non traités. Il s’agit de la première démonstration qu’un médicament administré par voie orale peut bloquer rapidement la transmission du SARS-CoV-2 ».

Quelle possibilité offre ce traitement pour l’homme ? 

Du fait des similarités du virus chez le furet et chez l’être humain, les chercheurs de Géorgie espèrent pouvoir reproduire les résultats obtenus lors des essais cliniques sur l’homme. Si la réaction humaine s’avère semblable à celle du furet, cela signifierait la possibilité de casser les chaînes de transmission et, à terme, l’épidémie. 

Bien qu’une grande prudence doit toujours demeurer, les scientifiques de l’étude entrevoient déjà les possibilités qu’offrent ce traitement en cas d’efficacité prouvée. Concrètement, l’accès à un traitement qui annule la contagiosité du malade en 24 à 36h comme pour les furets signifierait la fin des confinements. Les contaminations pourraient être contrôlées de manière à éviter les clusters que l’on a vu se multiplier et devenir incontrôlables. 

Qui plus est, les chercheurs suggèrent que le Molnupiravir permettrait, s’il était pris tôt, de combattre le coronavirus en évitant les formes graves du Covid. Autrement dit, le risque de développer une forme grave pourrait se réduire. Et même, à en croire l’étude sur les furets, il pourrait accélérer le processus de guérison.

Pourquoi rester prudent après cette étude très encourageante ? 

Les chercheurs américains ont donné de l’espoir dans la recherche thérapeutique mais il ne s’agit en aucun cas d’une victoire. Ces derniers le concèdent eux-mêmes, « l’efficacité antivirale […] chez l’homme est encore inconnue ». Pour l’heure, le temps est encore à la recherche, à l’évaluation et  à l’expérimentation. Le Molnupiravir pourrait tout aussi bien suivre le chemin de la Chloroquine ou du Remdesivir. Les deux médicaments qui semblaient avoir fait leurs preuves au début, n’ont finalement pas été retenus pour soigner le Covid.

Le laboratoire Ridgeback Biotherapeutics a déjà entamé pour le Molnupiravir des essais cliniques sur des patients atteints du Covid-19. Mais pour le moment aucun résultat n’a été validé. Les essais en sont en effet à la phase 2. Celle-ci qui consiste à rechercher le bon dosage et s’assurer de l’innocuité du médicament. La phase 3, qui permet de démontrer la véritable efficacité du produit testé, n’est pas pour demain. 

Alors, patience ! Voici le mot d’ordre. Les premiers résultats supposés sont attendus pour mai 2021. Finalement, cette découverte nous permet surtout d’attendre la sortie de crise avec un peu plus d’espoir.

Un passeport sanitaire pour prendre l’avion ?

Depuis le début de la pandémie, les conditions de reprise du trafic aérien posent énormément de questions. Une solution possible : le passeport sanitaire.

Entre les quarantaines obligatoires, les tests, les restrictions de chaque pays, prendre l’avion ressemble de plus en plus à un parcours du combattant. Hormis pour impératifs professionnels, les voyageurs se font rares dans les terminaux internationaux du monde entier. L’association du transport aérien international, l’IATA, n’envisage qu’une porte de sortie : le Travel Pass. Une sorte de passeport sanitaire numérique d’un nouveau genre.

Qu’est-ce que le Travel Pass ? 

L’IATA Travel Pass est avant tout une application mobile. La plus grande association de transport aérien au monde a choisi cette forme dématérialisée pour créer le premier passeport sanitaire international. L’objectif ? Garantir aux voyageurs, aux personnels de bord et aux Etats une sécurité optimale. Autrement dit, chaque voyageur aura sur son application la preuve de sa négativité au Covid-19, de quoi rassurer les autres passagers et pays. 

D’après les premiers communiqués de l’IATA, l’application par un QR code, qui devrait garantir l’anonymat, délivrera des informations Covid. Une fois scanné, le personnel aérien vérifiera les derniers tests effectués, leurs résultats, et si vous êtes vacciné. Une fois ces informations garanties, vous aurez le droit d’embarquer. 

L’application se propose également de centraliser toutes les exigences sanitaires, les données des centres de tests et de vaccins, mais aussi les billets. Bref, une application qui combine toutes les informations et nouveaux documents à avoir pour voyager. 

Quel est l’intérêt du Travel Pass ? 

Interrogé par Ouest-France, Alexandre de Juniac, président de l’IATA, répond par l’interrogative. “Qui peut assurer qu’un test est bien officiel avec des résultats vérifiés ?” Une véritable question, puisque le mois dernier plusieurs individus ont été interpellés pour un trafic de faux tests négatifs qui s’était mis en place à l’aéroport de Roissy. IATA Travel Pass serait, selon son président, la solution de certification des tests. Il déclare : l’application “se base sur notre système Timatic qui présente les renseignements complets sur les documents requis pour les voyages internationaux dans chaque pays.Travel Pass conjuguera ces données avec la liste des centres agréés de dépistage dans chaque pays.” Ce serait donc un moyen sûr et surtout automatisé de contrôler les tests négatifs et leur validité. 

L’autre avantage certain ne pourra être constaté qu’en cas de généralisation du dispositif. Si l’application en cours de développement fonctionne, les restrictions de quarantaine n’auraient plus lieu d’exister puisque voyager ne serait possible qu’à la condition de montrer patte blanche. De quoi remonter un peu la pente pour le trafic aérien qui a subi en 2020 une diminution de 60,5 % par rapport à 2019. 

Quand le Travel Pass sera-t-il disponible ?

Selon les différents communiqués de l’association, le Travel Pass devrait être téléchargeable début 2021. Pour le moment, le Travel Pass est toujours en cours d’élaboration. Le défi est de taille puisqu’il s’agit de combiner le système Timatic avec l’ensemble des données des centres de dépistage et de vaccination du monde entier. Néanmoins, dès les prochaines semaines, une version test de l’application sera lancée. 

Premièrement, cela servira à perfectionner l’application, la rendre très fonctionnelle, corriger d’éventuels bugs, l’adapter à l’usage massif qu’elle est censée avoir. La perfectionner signifie aussi répondre aux exigences sanitaires, gouvernementales, organisationnelles et à celles du public. Puis, dans un second temps, il s’agira de prouver l’utilité du Travel Pass. Montrer que l’application, grâce à la certification des tests, peut permettre une réouverture sécurisée des frontières.

La vaccination sera-t-elle obligatoire pour voyager ? 

Pour l’IATA, c’est un non. Par conséquent, il ne sera pas nécessaire d’être vacciné pour prendre l’avion, et ce dans la grande majorité des compagnies. En effet, l’IATA représente 290 compagnies aériennes, soit 80% du trafic aérien, autant dire une écrasante majorité.

Toutefois, il vous sera demandé de préciser dans le Travel Pass votre statut, vacciné ou non. Si pour l’instant aucun pays ne ferme ses frontières aux non-vaccinés, la situation peut toujours évoluer. 

Malheureusement, pour les 20% des compagnies aériennes non représentées par l’IATA, ce sera chacun pour soi. Vous devrez donc vérifier les conditions d’admission de ces compagnies. La compagnie australienne Qantas a d’ores et déjà décidé de conditionner l’entrée à bord à la preuve d’une vaccination.  

Y a-t-il des précédents au passeport sanitaire ?

Si vous avez déjà pris l’avion pour l’Afrique, vous pensez peut-être déjà à votre petit carnet jaune. Près de 200 pays, dont de nombreux Etats africains, demandent pour avoir un visa ou franchir la frontière, un certificat international de vaccination contre la fièvre jaune. Reconnaissable en un clin d’oeil, ce petit papier jaune conditionne déjà l’embarquement de beaucoup de passager. Donc, oui, il existe déjà des contrôles sanitaires pour prendre l’avion. 

Il existe également un système de contrôle sanitaire en Chine. Depuis l’arrivée de la pandémie, la Chine a adopté une application qui évalue l’état de santé de la personne par code couleur : rouge, orange et vert. Un simple scan du QR Code de l’application chinoise permet d’indiquer votre état de santé présumé. Certaines activités sont limitées en fonction de votre couleur. Ainsi, seul du vert vous permettra de prendre les transports. 

Kanopée, votre alliée santé anti-crise

Kanopée, c’est la nouvelle appli santé pour faire face aux problèmes d’alcool, de tabac et de sommeil liés à la crise sanitaire. 

“Vous souhaitez savoir où vous en êtes avec votre sommeil et vos consommations pour mieux affronter les problèmes actuels liés à l’épidémie du Covid-19 ?” Voici comment vous accueille Kanopée, l’application du CHU de Bordeaux. Le concept ? Un bilan de votre consommation d’alcool, de tabac et de votre sommeil réalisé par des compagnons virtuels : Louise et Jeanne. 

L’application développée par des médecins spécialistes en psychologie, addictologie et sommeil propose un suivi personnalisé en fonction du bilan, sous forme d’explications et de conseils pratiques validés scientifiquement. 

Quelles sont les conséquences de la crise du Covid ?

La pandémie a altéré la vie de tous les Français, impactant leur santé mentale. Et les chiffres sur le sommeil et le moral des Français le confirment. Selon le sondage IFOP pour ConsoLab, près d’un Français sur trois déclare ne pas avoir le moral depuis le deuxième confinement. Ils n’étaient que 16% avant le premier confinement. Preuve que la crise a bel et bien des conséquences psychiques. Celles-ci se répercutent sur le sommeil et les addictions. Selon le même sondage, 38% affirment souffrir de troubles du sommeil. Entre insomnies, cauchemars, réveils nocturnes, les Français ont visiblement du mal à dormir sereinement en temps de pandémie. 

Les restrictions, les informations anxiogènes, l’incertitude n’aident pas non plus à guérir de nos addictions. Loin de là, les consommations d’alcool et de tabac ont augmenté pendant le confinement. Santé Publique France s’est chargé de réaliser une enquête sur les addictions pendant le premier confinement. Parmi les fumeurs interrogés, 27 % ont augmenté leur consommation de tabac durant et depuis le confinement. Quant à l’alcool, 11% des Français sondés ont bu plus qu’à l’accoutumée pendant le confinement. 

Kanopée, gadget ou outil de prévention ?

Au vu des données collectées sur la santé des Français depuis l’arrivée du coronavirus, la santé mentale est et restera un cheval de bataille. Or, les troubles du sommeil et les addictions sont les premiers indicateurs de mal-être. Comme des signaux d’alertes, ils indiquent, à qui réussi à les voir et les interpréter, le moment où notre mental lâche. Y faire attention, savoir appréhender son sommeil, ses consommations d’alcool et de tabac, c’est prévenir des pathologies plus sévères comme la dépression. D’ailleurs, plus d’un Français sur 10 a souffert d’épisodes dépressifs depuis le premier confinement. Pour limiter l’augmentation des pathologies psychiques qui inquiètent de très nombreux psychiatres, il faut prévenir. 

L’application du CHU de Bordeaux est donc loin d’être un gadget. Kanopée sert à lutter contre un véritable problème de santé publique. Le professeur Pierre Philip – à l’initiative du projet – et son équipe partent de ce constat simple : en réponse au stress lié aux épidémies, les plaintes insomniaques et la consommation d’alcool et de tabac s’accroissent. Il faut donner des outils informatifs accessibles pour que les personnes concernées se rendent compte de leurs maux et agissent de manière adaptée. En dressant un bilan et en proposant un suivi personnalisé, l’application aide et alerte les utilisateurs soucieux de leur santé. 

Comment fonctionne Kanopée ? 

Après avoir téléchargé l’application, vous pouvez choisir d’évaluer votre usage d’alcool et de tabac ou d’évaluer votre sommeil. Vous êtes accompagné par Louise et Jeanne, les compagnons virtuels qui discutent avec vous et vous aiguillent. Elles posent plusieurs questions qui ont préalablement été définies par l’équipe médicale. Grâce à vos réponses, Louise vous proposera votre bilan d’alcool et/ou de tabac, et Jeanne votre bilan de sommeil.  Les deux accompagnent leur bilan de conseils personnalisés et validés scientifiquement. 

L’application suit de façon hebdomadaire l’utilisateur qui en a montré le besoin. Ainsi, ce dernier pourra suivre ses progrès et ses difficultés. Il sera épaulé grâce à de nouveaux conseils spécifiquement établis pour lui. “On espère que ces solutions vont régler les problèmes de 80% des personnes.” déclare le professeur Pierre Philip à FranceBleu. Ce résultat impressionnant est possible car, dans la majorité des cas, les problèmes de sommeil et de consommation restent mineurs. Ils nécessitent plus d’informations et de conseils que de soins.

En revanche, si les symptômes et les plaintes persistent au-delà de deux semaines, le temps de suivi recommandé sur Kanopée, l’application signale qu’il faut passer la main. Concrètement, il vous sera proposé d’envoyer une demande d’avis médical par mail à un spécialiste et directement depuis l’application. L’application gratuite, et téléchargeable sur Android et IOS, ne substitue pas à un médecin mais agit préventivement.

Messieurs les Anglais, vaccinez les premiers

Au Royaume-Uni, les vaccins Pfizer-Biontech seront déployés dès la semaine prochaine. Une première mondiale dans la lutte contre la Covid-19.

Le gouvernement britannique se félicite de cette décision. Elle arrive après quatre semaines de confinement et plus de 58 000 victimes de la Covid-19.

Pourquoi le Royaume-Uni déploie-t-il les vaccins en premier ?

La décision de déploiement des vaccins dépend des autorisations des instances compétentes. Ainsi, les Britanniques pourront profiter en premier du vaccin grâce à l’autorisation de la MHRA. L’agence indépendante de réglementation des médicaments et des produits de santé britannique a soumis sa recommandation de vacciner. Elle considère les résultats de Pfizer-Biontech satisfaisants en termes d’efficacité et de sécurité. Le gouvernement a donc pris la décision de suivre cette recommandation et de déployer le vaccin sur tout le territoire britannique. Le porte-parole des autorités britanniques a justifié la décision qui «fait suite à des mois d’essais cliniques rigoureux et d’une analyse approfondie des données par des experts MHRA qui ont conclu que le vaccin répondait à ses normes strictes de sécurité, de qualité et d’efficacité»

«Le Royaume-Uni est le premier pays au monde à disposer d’un vaccin approuvé cliniquement» a tweeté le ministre de la Santé, Matt Hancock, après l’annonce tant attendue. La nouvelle a réjoui les laboratoires américain et allemand. Albert Bourla, patron du laboratoire américain Pfizer, souligne un «moment historique dans le combat contre le Covid-19». Quant à la branche allemande Biontech dirigée par Ugur Sahin, «elle attend que le déploiement du vaccin au Royaume-Uni réduise le nombre d’hospitalisations de personnes à haut risque». Pour se rendre compte des résultats du vaccin, il faudra cependant attendre plusieurs mois. 

Combien de doses les autorités distribueront-elles ?

Le Royaume-Uni a commandé aux deux laboratoires partenaires près de 40 millions de doses ; de quoi vacciner 20 millions de Britanniques. Il faudra en effet deux doses de vaccins à trois semaines d’intervalle pour assurer la protection des patients. Westminster a commandé d’autres vaccins pour garantir une vaccination aux 66 millions d’habitants que compte le royaume. L’autre grande commande a été réalisée auprès de l’université d’Oxford et du laboratoire britannique AstraZeneca, 100 millions de doses du vaccin sont ainsi attendues. 

En résumé, les vaccins germano-américains représentent une très petite partie des vaccins attendus. Qui plus est, les 40 millions de vaccins seront livrés au compte-goutte en fonction de la production et de l’acheminement vers l’Angleterre. Pour cette raison, les premières doses produites en Belgique et livrées au Royaume-Uni la semaine prochaine, s’avèrent très très limitées. Environ 800 000 doses devraient arriver la semaine prochaine, pas même de quoi vacciner 1% de la population. La réelle généralisation de la vaccination se fera courant janvier. Les personnels de la National Health Service (NHS), le système de santé britannique, seront d’ailleurs les premiers à bénéficier du vaccin. Suivront les personnes à risque et prioritairement les personnes âgées vivant en logement collectif. La stratégie vaccinale anglaise sera adaptée et dévoilée au fur et à mesure de la réception des doses et des résultats vaccinaux. 

La sortie du confinement de l’Angleterre est-elle due à l’arrivée du vaccin ? 

Les annonces du vaccin et la sortie du confinement en Angleterre coïncident. Toutefois, il s’agit plus d’un heureux hasard que d’une décision concertée. Le premier ministre Boris Johnson s’est d’ailleurs emporté hier contre les députés, leur demandant de rester « réalistes » et « d’accepter (le fait) qu’il n’y ait pas encore de vaccin ». La levée du confinement n’a donc visiblement pas de lien avec l’arrivée prochaine du vaccin. Précisons aussi qu’elle ne concerne pas tout le Royaume-Uni, mais uniquement l’Angleterre. La levée du confinement était d’ores et déjà programmée. En outre, l’Angleterre est bien la seule nation du Royaume-Uni a bénéficier d’un assouplissement des mesures sanitaires.

Hier, le gouvernement a en effet remplacé le confinement par de strictes restrictions imposées à un niveau régional selon trois niveaux de sévérité. Le pays le plus endeuillé d’Europe ne souhaite donc pas relâcher la pression sur sa population malgré la bonne nouvelle des vaccins. Les trois niveaux de restriction au niveau régional ne doivent pas être levés avant février 2021. Tout comme en France, la levée des restrictions est évidemment soumise à l’évaluation des données épidémiologiques. 

Pourquoi le Royaume-Uni avant l’Europe ? 

La raison vient du Brexit. Les Britanniques ne font plus partie de l’union européenne et ne doivent donc plus attendre la validation des instances européennes. Matt Hancock, ministre de la Santé britannique, n’a pas manqué de rappeler les bénéfices du Brexit pour la question des vaccins. La décision prise unilatéralement entre Britanniques a permis plus de flexibilité et de rapidité. Le ministre déclare que cela a permis d’éviter le “rythme des Européens, qui avancent un peu plus lentement ». 

Il s’agit bien là d’un fait, la décision européenne se fait attendre et l’organisation à 27 est nécessairement plus complexe. Les vaccins ont été commandés de façon conjointe par l’Union Européenne pour tous ses États membres. De la même manière que les doses ont été commandées ensemble, la décision de les distribuer est prise en concertation. L’accord revient à l’EMA, l’agence européenne des médicaments. Elle évalue le rapport bénéfices-risques, ainsi que l’efficacité et la sécurité des vaccins. Pour cela, l’agence s’appuie sur les résultats des essais cliniques inspectés minutieusement.  

Côté européen, il faudra donc faire preuve de patience, mais finalement pas tant que cela non plus. Mardi 1er décembre l’EMA a déclaré qu’une réunion extraordinaire se tiendrait le 29 décembre «au plus tard». Elle s’engage à donner ou non son accord pour entamer la commercialisation du vaccin de Pfizer-Biontech.

Mutuelles, le changement c’est maintenant

Ce 1er décembre, les règles de résiliation des mutuelles évoluent. Désormais, c’est quand on veut. Ou presque. On vous explique.

Vous souhaitiez changer de mutuelle mais vous avez encore raté l’anniversaire de votre contrat et vous êtes à nouveau parti pour une nouvelle année ? Tout ça c’est fini ! On vous explique tout sur le changement du 1er décembre pour votre mutuelle !

A quoi sert une mutuelle santé ? 

Tous les actes médicaux ne sont pas pris en charge à 100%. La mutuelle assure donc un complément de remboursements. Elle peut notamment s’avérer utile en cas d’imprévu de santé. Certaines offres proposeront plus ou moins de services qu’il faudra comparer et lire attentivement. Le but étant de choisir une couverture santé qui convienne à vos besoins réels pour payer le juste prix.

Le prix des complémentaires santé diffère en fonction de divers facteurs : le niveau de couverture choisi, le montant de vos revenus, votre âge, votre lieu de vie, si vous êtes salarié ou non salarié. 

Sachez d’ailleurs que si vous êtes salarié et que vous ne possédez pas déjà une complémentaire santé, votre employeur est dans l’obligation de vous en fournir une. Ainsi, la participation financière de l’employeur doit être au moins égale à 50 % de la cotisation, le reste à la charge du salarié et le contrat doit respecter un socle de garanties minimales. 

Quand puis-je changer de mutuelle santé ? 

A partir de ce mardi 1er décembre, il est possible de résilier son contrat à tout moment et sans frais à partir d’un an de souscription. Et cela pour toutes les mutuelles de santé privées, les mutuelles fournies par l’employeur ne sont pas concernées. Jusqu’à aujourd’hui, pour changer de mutuelle privée, il fallait le faire dans les jours précédant la date d’anniversaire de son contrat. Si ce n’était pas fait, les contrats étaient tacitement reconductibles et vous étiez contraint d’attendre une nouvelle année. Et si vraiment vous souhaitiez résilier avant la fin de l’année de votre contrat, certaines mutuelles appliquaient des frais supplémentaires. 

C’est dorénavant derrière vous ! Si vous estimez que votre mutuelle est trop chère ou pas assez couvrante pour tous vos frais, vous pourrez donc en demander la résiliation dès aujourd’hui. Dans un communiqué, le ministère de l’économie précise les modalités de résiliation. « Les assurés qui souhaitent résilier leur contrat peuvent entreprendre eux-mêmes les démarches ou bien se tourner vers leur nouvel assureur qui devra prendre en charge les formalités de résiliation »

Quelle démarche pour résilier mon contrat ? 

Pour mettre fin à un contrat avec une complémentaire santé, vous pouvez toujours envoyer une demande de résiliation par courrier, le mieux étant une lettre recommandée avec accusé de réception. Sinon, la plupart des mutuelles se numérisent et proposent de résilier depuis leur site internet ou par mail. Si vous choisissez une nouvelle mutuelle, vous pouvez demander à ce que ce soit elle qui prenne en charge les formalités liées à la résiliation. 

La mutuelle, qu’importe la démarche, choisie dispose d’un mois pour procéder à la résiliation et surtout pour rembourser l’éventuel surplus de cotisations versées. 

Quel avantage à ce changement ? 

En plus de la plus grande liberté pour les clients des mutuelles, la résiliation à tout moment pourrait être une aubaine pour le portefeuille. 

En effet, selon UFC-Que choisir, la simplification de la résiliation rapporterait un milliard d’euros de pouvoir d’achat aux clients des mutuelles. Car oui, une simplification des démarches implique plus de départs. Les mutuelles trop chères ou trop opaques seront délaissées si elles n’adaptent pas leur conditions et leurs prix. 

Interrogé par FranceInfo, Stanislas Di Vittorio, fondateur du site Assurland.com, un comparateur d’assurances, décrypte les conséquences de cette nouveauté. “Ça va conduire à une plus grande fluidité du marché, (…) et probablement que les assureurs feront peut-être un petit peu plus attention à vous »

Le sida tue toujours

Ce mardi 1er décembre, c’est la Journée mondiale de la lutte contre le sida, le syndrome d’immuno-déficience acquise.

La maladie, moins médiatisée ces dernières années, n’a pas pour autant disparu. En 2019, 38 millions de personnes dans le monde vivent avec le VIH et 690 000 personnes sont décédées de maladies liées au sida. On fait le point sur toutes les questions liées au sida car il est plus important que jamais de s’en protéger. 

VIH / sida, quelle différence ?

Le VIH, pour Virus de l’Immunodéficience Humaine, est un virus qui attaque le système immunitaire du malade progressivement. La contamination se déroule en trois phases.

La première, la primo-infection, survient peu après la transmission du virus. Durant cette phase, les particules virales se propagent rapidement. Le système immunitaire commence à agir,  ce qui ralentit leur propagation. Il produit des anticorps. Lors d’un dépistage, les analyses vont se concentrer sur la recherche des anticorps.

S’il y en a, la personne a contracté le VIH, le malade entre alors dans la deuxième phase, la séropositivité. Cette deuxième phase est asymptomatique. Le VIH s’accroche aux cellules immunitaires, les lymphocytes T, jusqu’à les détruire. Le processus de destruction des lymphocytes s’étale sur des années, 10 à 15 ans, voire plus avec des traitements.

Le sida, syndrome d’immunodéficience acquise, correspond à la troisième phase, le stade ultime de l’infection par le virus de l’immunodéficience. A ce stade, le corps n’est plus en mesure de se défendre. La moindre bactérie, le moindre virus, même un rhume, peut entraîner des complications. La personne atteinte décède alors de maladies opportunistes contre lesquelles il n’est plus en mesure de se défendre. La tuberculose, mais aussi des pneumonies ou des herpès, ou des cancers emportent généralement le malade du sida rapidement. 

Comment attrape-t-on le VIH ? Comment s’en protéger ? 

Le VIH est sexuellement transmissible, il s’agit du principal mode de transmission. Mais on peut aussi contracter le virus par le sang. Cela concerne notamment les toxicomanes qui partagent des seringues. Enfin, le virus peut être transmis de la mère à l’enfant. 

A noter qu’une personne séropositive dont la charge virale est indétectable grâce aux traitements ne peut plus transmettre le virus. 

Le moyen de prévention le plus abordable et le plus accessible reste le préservatif. A ce jour, il s’agit du seul moyen de prévention contre toutes les IST et le sida. 

Néanmoins, sous prescription du médecin, il est possible d’avoir recours à la PrEP. Ce médicament empêche le virus du VIH de se développer et de se fixer dès son entrée dans le corps, rendant sa survie impossible. Ce médicament, Pré Exposition Prophylaxie, s’adresse aux personnes qui s’exposent fréquemment au virus, comme les personnes en couple avec un.e séropositif.ve dont la charge virale est encore détectable, les travailleurs du sexe, les personnes se droguant par injection, les personnes n’utilisant pas de préservatifs régulièrement. La PrEP est accessible uniquement par ordonnance.

Si vous avez eu des rapports à risque, il reste une solution de la dernière chance : le TPE,  Traitement Post Exposition. Ce traitement d’urgence doit impérativement être pris dans les 72h qui suivent l’acte. Il s’agit d’une trithérapie qui dure 4 semaines pour éviter une contamination. Le TPE est prescrit par un médecin qui évaluera avant le risque de transmission du VIH. Il est remboursé par la mutuelle. Prudence tout de même, le TPE s’adresse aux personnes qui présentent un vrai risque de transmission et, surtout, il s’agit d’un traitement lourd bien que court. Il est destiné à une situation d’urgence exceptionnelle, il ne doit pas être pris plusieurs fois. La prévention reste donc la mesure à adopter. 

Existe-t-il un vaccin ? 

Malgré l’avancée des recherches sur le sida depuis 30 ans, aucun vaccin n’a été trouvé. Des recherches et des essais sont toujours en cours.Trois potentiels vaccins sont encourageants mais encore loin d’avoir des résultats satisfaisants. L’essai Thaï de 2009 avait montré une efficacité de protection de 31%. Il est toujours en phase d’évaluation. Enfin, depuis 2016, deux nouveaux essais ont été plébiscités par les chercheurs, Uhombo et Imbokodo. Ils sont toujours eux aussi en cours de recherches. Les premiers résultats concrets d’Imbokodo de l’Université d’Harvard sont attendus pour 2021. 

En résumé, un vaccin concluant contre le VIH ne sortira pas avant quelques années. Vous pouvez néanmoins participer à la recherche qui manque toujours de fonds en faisant un don sur Sidaction

Pourquoi se faire dépister ?

Depuis le début de la crise sanitaire, les associations alertent sur le dépistage du VIH. Cette année est plus que jamais inquiétante. La pandémie de la Covid a occulté celle du sida. Résultat ? Des dépistages en baisse et des véritables risques sur la santé des personnes séropositives qui s’ignorent. Il est important de rappeler l’importance du dépistage pour soi et pour les autres. 

En 2018, 24 000 personnes en France ignoraient leur séropositivité selon Sida Info Service. Malheureusement, ce chiffre pour 2020 augmentera nécessairement, au vu du peu de dépistages réalisés. Or, il s’agit d’un danger de santé publique. Le risque ? Premièrement, cela réduit leur chance de bien vivre avec le virus, ils ne seront pas traités et leur état peut se dégrader. Pire encore, 27 % des découvertes de séropositivité se font à un stade avancé, parfois au stade sida. Deuxièmement, ne pas se faire dépister revient à prendre le risque de condamner ses partenaires intimes si l’on ne se protège pas. Et cette transmission peut continuer indéfiniment sans dépistage pour la stopper. Alors, lutter contre le sida, c’est aussi se faire dépister. 

Comment et quand se faire dépister ? 

Le dépistage du Sida est gratuit et il existe deux tests. Il est possible de s’auto-tester grâce au dispositif TROD. Une goutte de sang est prélevée avec l’appareil et le résultat est disponible en maximum 30 min. S’il est positif, il est conseillé de s’assurer du résultat en réalisant le classique test Elisa. Ce test est le plus répandu. Il consiste en une prise de sang qui est 100 % remboursée par l’Assurance Maladie sur ordonnance. Les Centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic (CeGIDD) sont habilités à réaliser le test Elisa gratuitement, sans ordonnance. Aussi, depuis juillet 2019, certains laboratoires parisiens et des Alpes Maritimes proposent des test VIH sans rendez-vous et gratuits. 

Ces tests ne peuvent pas être réalisés au même moment. En effet, le TROD peut détecter une charge virale à partir de 12 semaines après la transmission du virus. Avant ce délai, le résultat peut être négatif alors que vous êtes porteur du virus. Pour le test Elisa, le résultat est fiable à 100% 6 semaines après la contamination. Donc, si vous avez eu un rapport à risque, inutile de vous faire tester le lendemain. Il vous faudra consulter un médecin pour qu’il vous prescrive le TPE en urgence dans les 72h et attendre de pouvoir faire le test.

De manière générale, il est conseillé de faire le test au moins une fois pour savoir si vous avez le VIH ou pas. S’il vous arrive d’avoir des relations sexuelles non protégées, pensez à faire le test au moins une fois par an. Le dépistage sera aussi recommandé aux usagers et anciens usagers de drogues par intraveineuse, aux hommes homosexuels, aux couples, à ceux qui projettent d’avoir un enfant.

Peut-on guérir du sida ?

La réponse est non. Au monde, il n’y a eu que deux cas de guérison du virus qui donnent bon espoir mais sont très spécifiques. En effet, le premier guéri a reçu une greffe de moelle osseuse lui permettant de guérir. Mais l’opération a été reconduite sur d’autres malades du sida sans succès. Le second a, quant à lui, reçu une greffe de cellule souche et l’opération n’a pas été réitérée sur d’autres patients. Dans les deux cas, ce sont des opérations lourdes, complexes et qui ne représentent pas une solution pérenne pour les autres malades. Conclusion ? On meurt toujours du sida 40 ans après sa découverte. 

Les recherches continuent inlassablement pour trouver un remède durable pour les 38 millions de personnes vivant avec le VIH. Mais à l’heure actuelle, les médecins ne peuvent offrir aux malades que du sursis. Les traitements d’aujourd’hui permettent de prolonger l’espérance de vie du patient. Ils contrôlent drastiquement la charge virale jusqu’à la rendre indétectable, ce qui retarde l’apparition du Sida. 

Quels traitements pour les séropositifs ? 

Il n’y a pas un mais trois traitements associés pour lutter contre le VIH. Les patients séropositifs sont soumis à vie à la prise quotidienne de trois médicaments, c’est ce qu’on appelle la trithérapie. Les inhibiteurs nucléosidiques de la transcriptase, les inhibiteurs non nucléosidiques et les inhibiteurs de protéase, servent à assurer le bon fonctionnemet du système immunitaire du patient. 

Concrètement les médicaments vont empêcher la reproduction du virus jusqu’à ce que la charge virale, la quantité de virus dans le sang, soit indétectable. Le but étant d’avoir le moins de lymphocytes T infectés. De cette manière, le système immunitaire du malade sera maintenu et son espérance de vie prolongée. Grâce à ces traitements, des patients réussissent à ne pas atteindre la dernière étape de la maladie, le sida. En moyenne, la trithérapie a permis de faire diminuer de plus de 75 % le développement des maladies opportunistes et du passage au stade ultime de l’infection. 

Toutefois, cette réussite est conditionnée au strict respect de la prise des médicaments. Or, le traitement reste lourd et contraignant bien qu’il tend à l’être moins grâce aux progrès de la médecine.