Vaccin anti-Covid, la stratégie de la Haute Autorité Santé

La Haute Autorité de Santé (HAS) a dévoilé aujourd’hui les prémices de la stratégie vaccinale contre l’épidémie de Covid-19. Le public prioritaire a été défini ainsi que les étapes clés de la distribution.

Quel est le but de la stratégie vaccinale contre la Covid-19 ? Offrir la meilleure couverture vaccinale en fonction des doses reçues petit à petit, réduire la mortalité attribuable à la Covid-19 et maintenir l’activité du pays. Pour remplir ces objectifs, la HAS livrent ses recommandations. 

Qui sera vacciné en premier contre la Covid-19 ? 

La priorisation de la population a été révélée aujourd’hui par la HAS. Elle recommande de procéder à la vaccination en 5 phases. Les premières injections de vaccins devraient avoir lieu fin décembre – début janvier.

Les personnes âgées résidant en EHPAD ou en logement collectif seront alors les premiers à se faire vacciner. Également inclus dans la phase 1 de la vaccination, le personnel de ces établissements de plus de 65 ans ou présentant des comorbidités comme une insuffisance respiratoire ou le diabète, recevra le vaccin en priorité. Les 650 000 personnes âgées vivant dans les établissements spécialisés s’avèrent les plus à risque de contracter la maladie et d’en décéder. Près d’un tiers des décès imputables à la Covid-19 concerne la population des EHPAD depuis le début de la crise. 

La phase 2 sera elle aussi très limitée du fait de l’acheminement des doses qui se fera petit à petit. Elle concerne les personnes de 65 à 75 ans et plus. Parmi cette tranche d’âge, se feront d’abord vacciner les plus âgés et les plus de 75 ans avec une ou plusieurs comorbidités. Ensuite, viendra le tour de 65 à 74 ans, prioritairement ceux présentant une comorbidité. Enfin, la HAS préconise la vaccination des “professionnels des secteurs de la santé et du médico-social âgés de 50 ans et plus et/ou présentant une ou plusieurs comorbidité(s)”. 

Le public prioritaire s’élargit véritablement en phase 3. Celle-ci inclura notamment les professionnels jugés essentiels à l’activité du pays, par exemple tous les médecins, les professeurs, les gendarmes. Plus globalement sur la population, les plus de 50 ans et les moins de 50 avec une ou des comorbidités se vaccineront durant la troisième phase. 

La quatrième phase se consacrera à la vaccination toutes les personnes n’ayant pas encore reçu les deux injections nécessaires et qui vivent ou travaillent dans des conditions ou lieux plus propices à la contamination. Ce sera le cas des sans-abris, des détenus, des commerçants, de moins de 50 ans et n’ayant pas de comorbidités. La cinquième phase ouvrira l’accès aux vaccins à toute la population de plus de 18 ans. Mais pour le moment aucune date n’a été fixée pour chaque phase. Il n’y a pas encore de calendrier vaccinal défini.   

Quels sont les grands défis de la stratégie vaccinale ? 

La stratégie de vaccination reste à approfondir en fonction du suivi vaccinal, de la logistique et de la communication.

Dans son communiqué, la HAS précise qu’il faut prévoir un “suivi de la vaccination permettant la collecte de données en vie réelle”. Cette étape est nécessaire pour définir le temps de protection du vaccin, les effets secondaires, les effets sur le long terme et sur les sujets présentant des comorbidités. Ce suivi permettra d’ajuster l’offre vaccinale de manière plus optimale, pour répondre à la demande de protection suffisante pour atteindre l’immunité collective. Pour cela, la HAS s’appuiera sur trois données-clés pour rendre de nouvelles recommandations : “ l’immunogénicité et l’efficacité des vaccins dans les différents groupes d’âge et groupes à risque ; la sécurité des vaccins dans les différents groupes d’âge et groupes à risque et leur durée de protection ; l’effet des vaccins sur l’acquisition de l’infection et la transmission et le risque de formes graves ou de décès.” 

Le deuxième défi de la vaccination porte sur la logistique même de distribution des vaccins. Les étapes de vaccination prennent en compte le nombre de doses alloué à la France et le fait qu’elle ne recevra pas tous les vaccins commandés en même temps. Sur près de 1,4 milliard de vaccins commandés par l’Union européenne, la France en recevra 15%, soit environ 210 millions. Entre le temps pour produire ces vaccins et celui pour les acheminer vers les lieux de vaccination – les EHPAD, les généralistes, les hôpitaux – il est clair que les vaccins seront distribués au fur et à mesure de leur disponibilité. La stratégie vaccinale s’étendra donc sur de long mois.

D’autant plus que le premier vaccin disponible devrait être celui de BionTech-Pfizer. Or, ce nouveau vaccin qui utilise l’ARN, une partie du  patrimoine génétique, doit être stocké à une température de -70°C. En France, seuls 130 lieux pourraient d’ores et déjà, ou dans un délais très court, conserver les vaccins dans des conditions optimales. Mais le transport jusqu’à ces lieux n’est lui pas encore garanti à 100%. Pour donner une idée de l’ampleur de la tâche logistique, d’ici janvier le gouvernement espère 1,5 millions de Français présentant des comorbidités sur les 30 millions de Français. Une goutte d’eau dans un océan. Qui plus est, tous les Français ne semblent pas prêts à recevoir le vaccin. 

En effet, selon un sondage Ifop-JDD sur les Français et le Covid-19 publié le 28 novembre, plus d’un Français sur deux, 59% précisément, ne souhaitent pas se faire vacciner. Un chiffre alarmant quand l’Institut Pasteur estime qu’il faut un minimum de 60% de personnes immunisées pour atteindre l’immunité collective. La communication est et sera ces prochains mois le troisième grand cheval de bataille de la stratégie vaccinale. À ce sujet, la HAS « insiste sur la nécessité d’une information claire et accessible des publics à toutes les phases de mise à disposition des vaccins”.

La communication et la clarté seront primordiales pour convaincre une majorité de la population. Pour participer à cet effort et surtout éviter les méfiances, la HAS rappelle que la distribution des vaccins reste soumise à la stricte condition d’études établissant “la preuve que les vaccins ont une efficacité possible sur la transmission du virus et que la disponibilité des vaccins (est) suffisante.” 

Comment arrêter de fumer

Arrêter de fumer, beaucoup en rêvent, peu y arrivent vraiment. Pour le Mois Sans Tabac, on vous détaille les méthodes pour arrêter de fumer. 

L’arrêt du tabac peut s’apparenter à un véritable parcours du combattant. Chez certains fumeurs, la volonté seule est suffisante pour arrêter définitivement. D’autres ont besoin d’aides et d’accompagnement. Alors, que faire pour dire non à la cigarette ?

Quand on veut arrêter seul, que mettre en place pour y arriver ?

Il n’y a pas de solution miracle malheureusement. Quand on veut arrêter de fumer, l’arrêt direct et continu est toujours la meilleure méthode. Fixer une date d’arrêt et s’y tenir est le meilleur conseil qui puisse vous être donné. 

Évidemment l’arrêt net de la cigarette est très difficile à tenir. Si vous décidez donc d’arrêter progressivement, quelques astuces peuvent aider à retreindre la consommation jusqu’à l’arrêter complètement. Pour commencer, ne transportez plus de cigarettes sur vous, retardez un maximum chaque cigarette et évitez les déclencheurs du type “café signifie cigarette”. Au quotidien, soyez plus actif et quand l’envie est très forte, occupez votre bouche, buvez un verre d’eau, mâchez un chewing-gum. 

Si vous ressentez le besoin d’être soutenu dans votre démarche, alors profitez du Mois Sans Tabac pour faire parti d’une communauté de fumeurs repentants et profitez d’un coaching personnalisé gratuit grâce à l’application dédiée de l’initiative. 

Ai-je le droit d’avoir des substituts ? 

Oui, il existe des substituts nicotiniques et vous en connaissez sûrement deux, les patchs et les chewing-gums. Ils soulagent les difficultés du sevrage sans intoxiquer les poumons. La nicotine qu’ils diffusent dans le sang calme le cerveau pour apaiser les sensations de manque. Ces substituts sont une aide non-permanente, ils servent uniquement pour une phase de transition. 

Selon l’assurance maladie, les substituts augmentent vos chances de réussir votre sevrage de 50% à 70%. La nicotine qu’ils contiennent peut être administrée différemment par patchs sur la peau, chewing-gums mais aussi sous forme d’inhalateur, de spray ou même de pastilles à faire fondre sous la langue. Ces substituts sont en libre accès en pharmacie. Mais si un médecin vous les prescrit, certains nicotiniques sont remboursables à 65%. 

Dois-je consulter un médecin pour arrêter de fumer ? 

Selon l’Assurance Maladie, neuf fois sur dix la seule volonté n’est pas suffisante.

Et vous pouvez également vous retrouver perdu face à l’ampleur de la tâche. L’arrêt du tabac est difficile et consulter un médecin est un plus pour réussir ce défi. 

Le suivi médical est réalisé par un médecin Que ce soit un généraliste ou un tabacologue, tous sont habilités à vous fournir des informations utiles à votre arrêt ou même vous diriger vers des spécialistes ou des centres. 

Qui plus est, un médecin est le seul qui peut vous prescrire un traitement médical contre la cigarette. Si les substituts nicotiniques et tous vos efforts sont insuffisants, le médecin peut décider de vous donner un traitement médical d’aide au sevrage, par varénicline ou bupropion.

Surtout, l’appui du médecin est utile pour vous soutenir psychologiquement et accentuer votre motivation. Il n’est donc pas obligatoire de consulter mais cela est recommandé pour mettre toutes les chances de votre côté. 

Existe-t-il d’autres méthodes pour arrêter de fumer ? 

D’autres méthodes existent bel et bien. Si vous cherchez des techniques un peu moins traditionnelles, vous pouvez vous tourner vers l’hypnose, l’acupuncture ou même la laserothérapie. Plus ou moins efficaces, ces méthodes ont tout de même permis à certains d’arrêter définitivement. 

L’acupuncture est un procédé de médecine chinoise basée sur le rééquilibrage des énergies grâce à de fines aiguilles. Pour arrêter de fumer, l’acupuncteur va, grâce à la stimulation de points précis, activer et rééquilibrer l’énergie vitale qui circule dans votre corps pour diminuer votre envie de fumer. Quant au laser, il travaille lui aussi sur des points précis. La technique consiste à stimuler certains points particuliers du corps qui sont des centres de terminaisons nerveuses. Le laser envoie des électrostimulations, soit des impulsions électriques, qui envoient comme message d’arrêter de fumer.

Enfin, l’hypnose modifie le comportement vis-à-vis de la cigarette. Le thérapeute suggère au fumeur des perceptions sur la cigarette. Le cerveau du fumeur est conditionné à recevoir des informations négatives sur le goût, l’odeur, le manque de souffle. 

Vous pouvez regarder notre vidéo Comment se faire aider pour arrêter de fumer ? sur notre site BornSafety.com

Violences faites aux femmes, un fléau plus fatal que jamais

Mercredi 25 novembre a commencé la semaine pour lutter contre les violences faites aux femmes. Cette année, avec le confinement, ces violences sont malheureusement en augmentation.

L’année 2020 est marquée par la pandémie mais aussi par la vulnérabilité dans laquelle se sont retrouvées les femmes et les filles victimes de violences du fait du confinement. Cette réalité est chiffrée. Pendant le premier confinement, les autorités compétentes ont enregistré une hausse de 30% des violences faites aux femmes. Elles se déroulent plus que jamais dans le silence. La prise en charge médicale de ces femmes est cruciale pour les soigner et les libérer. 

En 2019, 146 femmes sont mortes sous les coups d’un homme : un ex, le conjoint, un petit-ami… D’autres femmes sont mortes de l’accumulation des violences. Un suicide, une overdose, une infection mal soignée, ont pour point commun d’être la conséquence de violences. On vous parle aujourd’hui de la santé des femmes victimes de violences, et aussi du rôle des professionnels de santé. 

Que sont les violences faites aux femmes ? 

Selon l’ONU, les violences faites aux femmes désignent « tous les actes de violences dirigés contre le sexe féminin, causant ou pouvant causer aux femmes un préjudice ou des souffrances physiques, sexuelles ou psychologiques, y compris la menace de tels actes, la contrainte ou la privation arbitraire de liberté, que ce soit dans la vie publique ou dans la vie privée. » Cette définition est inscrite dans la Déclaration sur l’élimination des violences à l’égard des femmes, Résolution 48/104 de l’Assemblée générale des Nations Unies du 20 décembre 1993. 

Dans le monde, selon l’OMS, 1 femme sur 3 subit des violences physiques ou sexuelles de la part de leur partenaire intime ou de quelqu’un d’autre au cours de leur vie. En France, en moyenne 213 000 femmes chaque année sont victimes de violences physiques et/ou sexuelles commises par leur conjoint ou ex-conjoint. Et ce dernier chiffre n’inclut pas les mineurs. La violence conjugale est au centre des violences faites aux femmes. Invisible, brutale et fréquente, elle est le fléau contre lequel les autorités tentent de lutter. C’est principalement de violences conjugales, par le conjoint, ou l’ex-conjoint, dont il est question lorsque l’on traite des violences faites aux femmes.

Quelles sont les conséquences médicales physiques des violences ? 

Les premières conséquences des violences auxquelles on pense sont les traumatismes : ecchymoses, lésions génitales, fractures, plaies, brûlures. Mais il ne s’agit que d’un seul aspect de la santé des femmes violentées. Très souvent ce sont ces marques qui vont alerter mais d’autres signes entrent en jeu dans la détection de violences. Ces femmes meurtries souffrent pour la plupart de séquelles dues aux violences. Elles ont par exemple davantage de céphalées, de douleurs dorsales, de douleurs abdominales, de troubles gastro-intestinaux, une sensation d’engourdissement et de fourmillements dans les mains, de la tachycardie et des palpitations.

Leur mauvais état de santé général, non imputable à des facteurs médicaux, peut indiquer qu’il y a des violences. Même si aucune marque n’est constatée. La responsabilité revient à la personne qui ausculte d’instaurer un climat de confiance, repérer les signes. Et entamer un échange pour avoir la confirmation que leur patiente est victime de violence. 

Plus grave encore, les violences sont synonymes d’une perte de chance pour les femmes atteintes de maladie chronique grave. Les femmes diabétiques, avec une insuffisance respiratoire ou cardiaque et tout autre pathologie chronique doivent suivre un traitement, un suivi médical réguliers. Or, du fait des violences domestiques, les femmes ne sont plus en capacité de se soigner ou de consulter, au péril de leur vie. De même, certains cancers comme le cancer du sein demandent un dépistage tôt pour accroître les chances de survie. Mais malheureusement pour les femmes maltraitées, le suivi médical reste irrégulier. La venue chez le médecin étant souvent repoussée à la dernière limite. Au moment où une consultation est obligatoire ou bien vitale. 

Sur le plan gynécologique, les violences ont des conséquences désastreuses. Selon une étude de 2013 de l’OMS, les victimes de violences et d’abus ont “1,5 fois plus de risques de souffrir d’une infection sexuellement transmissible, et dans certaines régions, d’être infectées par le VIH que les femmes n’ayant pas subi de violence de leur partenaire.” Evidemment, les patientes ne sont pas toujours en mesure de soigner correctement les IST, et elles sont détectées plus tardivement que pour les autres femmes. De même, les femmes battues et abusées ont deux fois plus de risques de subir au moins un avortement. 

Quelles sont les conséquences psychologiques des violences ? 

Les violences ont des conséquences gravissimes sur la santé physique des femmes. Mais les séquelles psychologiques sont tout aussi importantes, voire plus impactantes encore. La femme souffre psychologiquement, se tournant vers des solutions extrêmes comme le suicide ou les addictions. Selon l’étude de 2013 de l’OMS, les femmes ayant subi des violences de la part de leur partenaire sont presque deux fois plus nombreuses à connaître des problèmes de dépression ou d’alcoolisme. Autre chiffre, selon Florence Thibaut interrogé par RFI, Professeur de psychiatrie et d’addictologie, exerçant à l’hôpital Cochin à Paris, entre 20 à 30% de leurs patients en psychiatrie ont été victimes de violences sexuelles et ou physiques au cours de leur vie. 

L’état de santé mental des victimes de violences est très inquiétant. En plus de la dépression, la femme qui développe une addiction suite à des violences ne se fait pas traiter. Les conduites addictives apparaissent souvent la seule échappatoire entrevue par les victimes, hormis la mort. Il y a chez les femmes abusées, battues, maltraitées, une plus forte consommation de tabac, d’alcool, de drogues psychoactives, de médicaments analgésiques, anxiolytiques, antidépresseurs ou hypnotiques. Le problème réside dans l’addiction consécutive à une consommation qui s’accroît tous les jours un peu plus. Concrètement, les overdoses médicamenteuses sont possibles et réelles. 

Au delà de cet aspect, les violences affectent tout le comportement de la femme. Presque une femme sur deux victimes de violences souffre de syndrome post-traumatique ou d’épisodes de syndrome post-traumatique.

Il y a également des troubles émotionnels : colère, honte, sentiment de culpabilité, d’humiliation, sentiment d’impuissance, anxiété, panique. Ces derniers peuvent déclencher des comportements phobiques, de l’automutilation. La femme violentée a couramment des problèmes de sommeil : difficultés à s’endormir, veille ou réveils nocturnes, cauchemars, paralysie du sommeil. Les violences peuvent en plus affecter le comportement alimentaire. Une femme sans trouble alimentaire avant les violences peut par exemple développer de l’anorexie, de la boulémie. Et une femme avec des troubles déjà existants pourra voir s’intensifier ses comportements alimentaires destructeurs. Enfin, les capacités cognitives elles aussi n’échappent pas aux séquelles des violences. Il a été constaté que certaines femmes avaient, après des violences, plus de difficultés de concentration et d’attention, ou même des pertes de mémoire. En bref, les violences détruisent tous les aspects psychiques des victimes. Celles-ci mettent de très nombreuses années à s’en remettre, si du moins elles y arrivent. 

Quel est le rôle des professionnels de santé auprès des femmes victimes de violences ?

Les professionnels de santé sont très souvent les premiers témoins de la souffrance de ces femmes. Par exemple, un médecin généraliste peut être la seule personne extérieure au couple que la victime continue à voir. D’ailleurs, les chiffres de la Haute Autorité de Santé témoignent de l’importance des professionnels de santé dans la lutte contre les violences. En moyenne, 3 à 4 femmes sur 10 dans les salles d’attente des médecins seraient victimes de violences conjugales et 1 victime sur 5 consulte en premier lieu un médecin après avoir été violentée. La raison est souvent la proximité et la confiance qui peut s’installer entre le patient et le médecin. Qui plus est, le secret médical est un bon argument pour inciter à la confidence et aussi pour recevoir la victime seule. 

Le rôle des professionnels peut se résumer en trois mots : soigner, écouter, informer. Un quatrième peut éventuellement s’ajouter, alerter, mais sous certaines conditions. Soigner, déjà car c’est la mission principale et pour tout le monde. Mais l’auscultation de la patiente, l’analyse de son ordonnance peuvent conduire le professionnel à envisager des violences. Alors il faut écouter, détecter dans les silences, les demi-mots, les explications, des indices. Mais l’écoute doit être active, accompagnée de questions. La Haute Autorité de Santé conseille d’ailleurs de toujours poser des questions. Enfin, le médecin, infirmier, sage-femme ou autre professionnel doit informer la patiente, la rediriger, lui indiquer les démarches les plus simples, comme le numéro d’urgence 3919, et les solutions pour s’en sortir. D’ailleurs, il est important que les médecins établissent un certificat médical permettant à la patiente de faire valoir ses droits et de prouver les violences.

En cas de danger avéré pour la vie de la patiente ou d’un accord, même verbal, de la victime, chaque professionnel doit alerter les autorités, sans craindre de briser le secret médical. 

Depuis le confinement, les pharmaciens aussi sont impliqués dans la lutte contre les violences faites aux femmes. Le confinement rend encore plus compliqué pour ces femmes le fait de se signaler et donc de sauver leur vie. Il a donc été décidé que les pharmacies pouvaient désormais être un lieu d’accueil. Concrètement, les pharmaciens, à qui une femme a signalé être victime, peuvent contacter directement les forces de l’ordre pour prendre en charge la victime.

Une autre initiative novatrice a été lancée pour que les soignants viennent en aide aux femmes. L’hôpital Saint-Antoine à Paris expérimente depuis octobre le dépôt de plainte depuis l’hôpital. L’idée, née du Grenelle sur les violences faites aux femmes, est simple : éviter aux femmes de se rendre au commissariat et leur permettre de porter plainte à l’hôpital, un endroit où elles sont mises en confiance”. Grâce à cette initiative, déjà quatre femmes ont déposé plainte. À l’hôpital, elles sont soignées, accompagnées, épaulées et la police vient à elles et non l’inverse. Ce dispositif doit également s’installer à la Pitié-Salpêtrière à Paris, puis sur tout le territoire en fonction des résultats. 

La polyarthrite rhumatoïde, une maladie dont on ne guérit pas

La polyarthrite rhumatoïde est l’affection la plus grave qui puisse toucher nos articulations. Elle est pourtant mal connue et mal traitée.

Invisibles chez certains malades, mal connue, mal traitée, mal diagnostiquée, la polyarthrite se fait discrète. Pourtant, elle touche près de 200 000 personnes en France. Le manque de connaissance entraîne parfois des situations ubuesques de malades pris en dérision malgré leur grande souffrance. On fait le point sur cette maladie grave mais méconnue. 

Qu’est ce que la polyarthrite rhumatoïde ? 

Il s’agit d’une maladie inflammatoire des articulations. Elle se manifeste sous forme de période asymptomatique avec des poussées de crises articulaires plus ou moins longues. 

Cette maladie est auto-immune. Concrètement, le malade fabrique des auto-anticorps qui attaquent la membrane synoviale protégeant les articulations. Lors d’une poussée de la maladie, la membrane synoviale s’enflamme. L’inflammation entraîne une production excessive de liquide synovial, qui épaissit la membrane. L’augmentation du volume dû à l’inflammation détruit les structures alentour : le cartilage, l’os, les tendons, les ligaments. 

La maladie se propage d’abord au niveau des petites articulations comme les doigts et les orteils. Elle se diffuse ensuite progressivement vers des articulations plus grandes, comme celles des épaules et des hanches. Les traitements permettent d’éviter que la maladie touche les autres articulations. 

Quelles sont les causes de la maladie ?

C’est d’abord un dérèglement du système immunitaire qui entraîne le développement d’une polyarthrite rhumatoïde. Ce système, censé protéger la personne, crée des anticorps qui attaquent ses propres cellules et les lymphocytes responsables de l’inflammation dysfonctionnent. 

Parmi les autres causes de la polyarthrite, les médecins établissent clairement l’existence d’une prédisposition génétique. La maladie peut être imputée à certains gènes qui se transmettent à l’enfant et s’activent à l’âge adulte. Des facteurs aggravants sont aussi établis, notamment le tabagisme. La maladie est également plus susceptible de se déclarer après des événements intenses comme un deuil, une séparation, un accouchement. 

Quelles personnes sont le plus fréquemment atteintes ? 

La polyarthrite rhumatoïde touche 0,3 à 0,8 % de la population française adulte, soit environ 200 000 personnes. Le profil du malade est une femme agée de 40 à 60 ans, fumeuse, avec un parent ayant le gène de la maladie. Car la polyarthrite est rarement diagnostiquée avant 30 ans, et encore moins dans l’enfance. Selon l’Assurance Maladie, les femmes sont deux à trois fois plus touchées que les hommes. 

Quels sont les premiers symptômes ?

Le diagnostic de la maladie se fait généralement après que le patient a constaté des symptômes précis. Lors des poussées, les articulations sont sensibles voire douloureuses. La douleur est plus vive le matin, la nuit et généralement après un repos prolongé. La personne peut avoir une sensation de raideur persistante dans tout le corps après s’être réveillée. Une poussée peut également entraîner l’oedème d’une articulation. Contrairement à l’arthrite, le gonflement des articulations est symétrique. Les deux mains, le plus souvent au début de la maladien peuvent subitement gonfler. Enfin, la polyarthrite occasionne une fatigue très intense, elle peut par moment être accompagnée de fièvre. 

Sur le long terme, comment évoluent les symptômes ? 

Plus la maladie évolue, plus les poussées s’intensifient. Les symptômes restent globalement les mêmes que les premiers mais ils augmentent en durée et en ressenti. Par la suite, il devient plus difficile d’utiliser ou de bouger normalement les articulations atteintes. D’ailleurs le nombre d’articulations atteintes augmentent, passant en moyenne de quatre en début de maladie à six, huit ou encore dix selon l’évolution du patient. Dans certains cas, la polyarthrite peut déformer les articulations. Des petites bosses dures, des nodules rhumatoïdes, se forment sous la peau près des articulations des mains. 

La gravité de la maladie peut être telle que le malade se retrouve handicapé, paralysé de certains membres. L’autre risque de la polyarthrite réside dans sa chronicité. Les douleurs restent toujours présentes même si elles tendent à être diminuées par les traitements. En plus des douleurs, les contraintes de la maladie sont difficilement supportables.

De ce fait, l’état du malade peut se détériorer psychiquement. La dépression est une comorbidité fréquente.

Est-ce une maladie invalidante ? 

Oui, la polyarthrite est une maladie invalidante. Les douleurs ressenties peuvent être telles que le malade se retrouve en incapacité de travailler en période de crise. Au quotidien, la polyarthrite contraint le malade à adopter une hygiène de vie stricte pour éviter d’aggraver ses symptômes. La fatigue qui s’ensuit peut être sous-estimée mais elle est bel et bien réelle et très prenante. Enfin, dans les cas de polyarthrites avancées ou agressives, la personne peut se retrouver en situation d’invalidité, notamment en raison d’une trop grande destruction des articulations entraînant une potentielle paralysée de la zone concernée. 

Peut-on guérir de la polyarthrite rhumatoïde ? 

A ce jour, il n’existe pas de cas totalement avéré de guérison. Au mieux et dans de rares cas, les médecins ont constaté une rémission complète prolongée. Les recherches continuent dans le but de traiter définitivement la maladie. Pour le moment, la rémission est le mieux que peut espérer un patient. En revanche, il est important de préciser que la rémission signifie que la maladie est en sommeil. Les rechutes restent possibles. 

Quels sont les traitements à suivre ? 

Les traitements ne servent pas pour le moment à guérir, mais à contrôler le développement de la maladie et obtenir une rémission de longue durée. 

Les médecins ralentissent la progression de la polyarthrite en administrant un immunosuppresseur, le méthotrexate, en prise hebdomadaire. Ce traitement permet de contrer le déséquilibre immunitaire pour ralentir les inflammations articulaires et in fine la destruction des articulations. Le traitement permet aussi à certains patients de moins souffrir des poussées de la polyarthrite.

Toutefois, en parallèle de ce traitement, les malades reçoivent quand même des antalgiques, pour réduire au maximum leur douleurs. Malheureusement, les patients les plus atteints peuvent ne plus ressentir les effets du paracétamol, des anti-inflammatoires non stéroïdiens, ou des petites doses de cortisone. Ils sont alors contraints de recevoir des infiltrations locales de corticoïdes. 

Comment la chirurgie peut-elle aider ?

La chirurgie est une solution thérapeutique pour prévenir l’apparition d’un handicap. Préventivement, le chirurgien peut décider de retirer une partie ou l’intégralité de la membrane synoviale. Une fois que la maladie est avancée, la chirurgie sert surtout à réparer les dégâts. Ainsi, les malades peuvent subir une intervention chirurgicale de réparation des tendons, des ligaments. Dans les cas les plus avancés, la pose d’une prothèse afin de remplacer une articulation détruite s’avère être le dernier moyen d’échapper au handicap. 

Sage-femme, métier en danger

1 femme = 1 sage-femme. C’est le slogan de la pétition pour une meilleure reconnaissance de la profession de sage-femme, afin que les femmes qui accouchent soient mieux traitées.

La semaine dernière Ana Roy, sage-femme, autrice du podcast « Sage meuf » et chroniqueuse à la Maison des Maternelles sur France 4, lance l’alerte. Les femmes ne sont pas assez accompagnées lors de l’accouchement, faute de moyens et de personnels. Résultat, les sages-femmes ne peuvent plus exercer correctement leur métier et deviennent maltraitantes. Dans une pétition, elle réclame une sage-femme pour une femme. C’est-à-dire une sage-femme par femme qui accouche.

Mais saviez-vous qu’une sage-femme a bien d’autres prérogatives que le suivi de grossesse et l’accouchement des femmes ? Le métier, souvent méconnu, est desservi par une image erronée d’infirmière spécialisée qui est loin de la réalité. Les sages-femmes sont de véritables expertes ou experts de la santé féminine dans son ensemble. 

Qui peut consulter une sage-femme ? 

Toutes les femmes peuvent consulter une sage-femme, de l’adolescence à la maturité. Bien que ces professionnels médicaux réalisent 80% des accouchements normaux en France, les sages-femmes ne s’adressent pas uniquement aux femmes enceintes. Leur rôle s’avère autant essentiel que mal compris. Comme le rappelle l’Ordre national des sages-femmes et l’Assurance maladie, les sages-femmes sont des professionnels médicaux. Elles participent à l’offre de soins de premier recours. 

Premier recours signifie que l’on peut se tourner vers une sage-femme pour des soins qui ne nécessitent pas l’expertise d’un gynécologue. En effet, la sage femme assure aussi le suivi gynécologique des femmes en bonne santé. Depuis 2009, les compétences de la profession s’étendent. Les étudiants sages-femmes, depuis cette date, bénéficient davantage d’enseignement en gynécologie, environ 170 heures. Outre le suivi des femmes toute leur vie, les sages-femmes prescrivent la contraception, de la pilule à l’implant contraceptif, ainsi que tous les examens et les médicaments dont leurs patientes ont besoin. 

Consulter une sage-femme s’avère très pratique. Cela évite notamment d’attendre un rendez-vous gynécologique qui peut être long à prendre et peu utile si ce n’est que pour une prescription de contraceptif. De plus, les consultations chez une sage-femme sont prises en charge par l’Assurance Maladie qui rappelle que les praticiennes exercent très majoritairement sans dépassements d’honoraires.

Quelle différence avec un gynécologue ? 

La première mission d’une sage-femme est le suivi obstétrique de la femme enceinte. Le métier s’est ensuite diversifié en incluant le suivi gynécologique, la prescription de médicaments et de contraceptifs. Mais la liste des compétences ne s’arrête pas là. Une sage-femme est aussi en mesure d’assurer la vaccination et, depuis 2016, elle peut réaliser une IVG médicamenteuse. 

Au-delà de toutes ses prérogatives, la sage-femme est un interlocuteur privilégiée pour s’informer et se faire dépister. Sophie Guillaume, présidente du Collège national des sages-femmes, explique le rôle informatif de sa profession au Figaro. «Lors d’une première consultation avec une adolescente, on approche la fonctionnalité de son corps, la possibilité de grossesse, on donne des outils pour bien vivre sa sexualité et aussi prévenir les grossesses non désirées. Cela passe non seulement par la contraception mais aussi par le dialogue». Enfin, les sages-femmes dépistent les pathologies, notamment les IST et les cancers féminins. Le dépistage peut prendre plusieurs formes : frottis pour le col de l’utérus, palpation des seins pour le cancer du sein par exemple  En cas de résultats anormaux, pathologiques, la sage-femme envoie sa patiente vers un gynécologue. 

Voilà la principale différence entre un gynécologue et une sage-femme. Le gynécologue est médecin spécialisé. Il pourra traiter et suivre les dysfonctions, infections, maladies et autres maux pathologiques de ses patientes. De la même manière qu’un médecin généraliste vous réoriente du fait d’une pathologie vers un spécialiste. La sage-femme indique à ses patientes un gynécologue en cas de signaux anormaux. Pour conclure, la sage-femme suit et prévient et le gynécologue traite les patientes particulières. 

Fumer moins pour gagner plus

Le Black Friday repoussé d’une semaine, ça vous laisse le temps d’économiser un peu plus. Et si ça passait par un arrêt du tabac ?

Un fumeur français régulier fume en moyenne 11 cigarettes par jour. Cela représente 4 à 5 paquets par semaine, soit environ 18 paquets de cigarettes par mois. Avec l’augmentation du prix du tabac en France, le paquet de cigarette coûte en moyenne 10€. Celles et ceux qui ont fait le Mois Sans Tabac peuvent-ils se lâcher pour le Black Friday ? On fait le point sur ce que vous pourrez vous offrir.

Au bout d’un mois d’arrêt … 180€ !

A la fin du mois de novembre, les heureux participants du mois sans tabac pourront profiter de toutes leurs séries et films préférés ! Et oui, après un mois d’arrêt vous aurez assez économisé pour vous offrir un an d’abonnement à Netflix ou OCS ! Choisissez votre camp mais qu’importe votre choix, il vous restera tout de même 36 € pour vous faire plaisir. Et attention, au bout de deux mois sans cigarette, vous pouvez avoir 10 mois d’abonnement à Canal+ et son pack Ciné séries comprenant Netflix, OCS, et Canal+séries en illimité. 

Au bout de trois mois d’arrêt … 540€ !

Vous avez tenu et vous avez de quoi être fier. Mais trois mois, ne nous mentons pas, cela n’a pas dû être une promenade de santé. Alors, respirez en profitant de vos poumons retrouvés et filez réserver votre week-end. Trois mois après votre arrêt, vous aurez 540€ d’économies, de quoi profiter d’un week-end détente. Pour ce prix vous pourrez vous délasser à deux dans une hôtel thalasso 4 étoiles, en bord de mer, avec petit-déjeuner inclus ! Alors, elle est pas belle la vie sans cigarette ? 

Au bout de six mois d’arrêt … 1 080€ !

Toutes nos félicitations, vous êtes sur une très bonne voie et un autre univers s’offre à vous grâce à l’argent que vous ne fumez plus ! A partir de 6 mois sans cigarette, en plus d’être en bien meilleure forme, vous pouvez vraiment vous accorder un très beau cadeau. Ceux qui compensent la cigarette par le sport seront aux anges ! Toutes ces journées sans tabac vous donnent accès à 6 années de sport en salle, ou 1 an d’abonnement au PSG. 

Ceux qui ressentent le besoin de s’évader pourront s’offrir un aller-retour pour la Nouvelle-Zélande ! Et enfin, les adeptes de la technologie seront ravis de pouvoir acquérir le tout nouvel iPhone 12. 

Au bout d’un an … 2 160€ !

Vous êtes fort, très fort et bravo cette étape est déterminante ! Les risques de rechutes sont drastiquement réduits. En un an vous en avez traversé des épreuves pour dire non au tabac. Aujourd’hui, c’est le premier jour de votre nouvelle vie sans addiction. Une vie où vos poches se sont remplies ! Imaginez, 2160 € par an réduits à l’état de cendres. Ca fait mal, mais vous qui avez réussi à arrêter, vous pouvez sourire et imaginer quelque chose de plus plaisant. Pensez à ce que cela signifie en terme de récompenses ! 2000€ ça équivaut au salaire moyen en France et aussi un voyage à Tahiti d’une semaine tout inclus. 

Donc, si vous avez arrêté de fumer en début de mois, vous aurez mis beaucoup d’argent de côté pour le Black Friday 2021.

Au bout de cinq ans … 10 800€ !

A partir de cinq on peut le dire, vous n’êtes plus un fumeur mais un ex-fumeur. La tentation s’est effacée avec le temps qui passe. En cinq ans, vous n’avez plus envie d’une cigarette à tout prix. Après cinq, vos poumons, votre corps, votre esprit et aussi votre portefeuille sont épanouis ! Vous avez passé 1825 jours sans céder, sans acheter la moindre cigarette et cela représente un beau pactole. Aujourd’hui, une voiture neuve coûte minimum 9000€, alors profitez-en pour passer le permis et à vous la liberté ! 

Etre transgenre, un combat au quotidien

Le vendredi 20 novembre s’achève la semaine de sensibilisation aux réalités transgenres. L’occasion de balayer les idées reçues sur la transidentité.

Jusqu’à 2019, l’OMS considérait la transidentité comme un trouble mental. Grâce aux recherches et surtout à l’écoute des personnes concernées, le monde scientifique a enfin pu établir qu’il n’en est rien. La transidentité n’est pas une pathologie. On vous explique.

Qu’est ce que la transidentité ? 

Une personne transgenre ne se reconnait pas dans son sexe de naissance, qui ne correspond pas à son identité. La personne a le sentiment d’appartenir au genre opposé ou de n’appartenir ni à l’identité masculine ni féminine. La transidentité n’est pas vécue comme un choix, c’est une véritable évidence pour les personnes transgenres. Les femmes transgenres sont nées garçons mais leur identité est féminine. Et inversement pour les hommes transgenres, nés filles mais qui se sentent hommes. 

On parle d’ailleurs de transidentité et de personnes transgenres et non de transsexuels. Ce terme du XIXème siècle a été inventé pour désigner un trouble mental. La transidentité n’est en aucun cas une maladie mentale. Elle n’a pas non plus de lien avec l’orientation sexuelle. Une personne transgenre est comme à une personne cisgenre, qui se reconnait dans son genre de naissance. Un femme transgenre peut aimer les hommes, donc être hétérosexuelle, tout comme elle peut être homosexuelle, bisexuelle et tout ce qu’elle souhaite être. 

Enfin, il faut bien distinguer transgenre, travesti et intersexe. Les personnes travesties sont généralement des personnes cisgenres, qui aiment s’habiller en homme ou en femme occasionnellement. Quant aux personnes intersexes, elles naissent avec des caractères sexuels des deux sexes. 

Quelles sont les difficultés des transgenres ?

La transidentité est difficilement acceptée, tant pour la personne elle-même que l’entourage et la société. Le principal frein à l’acceptation de soi pour les personnes transgenres est le regard de l’autre. Difficile de revendiquer sa vraie identité quand on sait le combat que cela demande. Un parcours du combattant médical, mais aussi psychologique, administratif. Qui plus est, la méconnaissance de la transidentité et la transphobie sont un blocage supplémentaire. Par peur, honte, manque de confiance, la personne préfère se taire et souffrir en silence dans un corps qui dérange. Les personnes qui ont refusé d’accepter leur transidentité pendant longtemps témoignent régulièrement de la souffrance de vivre dans le mensonge. Cette souffrance intérieure se manifeste souvent par des dépressions, des troubles alimentaires et d’autres pathologies liées au mal-être. 

C’est le regard des autres qui est le véritable handicap des transgenres. La transphobie expose la personne au rejet par les proches et la société. Mais plus encore, les personnes transgenres sont aussi menacées dans leur intégrité physique. Selon une étude de 2014, publiée dans Sociologie de la transphobie, 8 trans sur 10 auraient été victimes de discriminations transphobes au cours de leur vie, dont 37 % plus de 5 fois au cours de l’année. Les agressions, l’isolement, les discriminations à l’embauche et au logement sont autant de facteurs qui mettent à mal la santé physique et mentale des trans. 

Ainsi, les personnes transgenres sont surreprésentées dans les suicides. En moyenne, leur “taux de suicide est 7 fois plus élevé que chez les personnes cisgenres” selon un rapport gouvernemental sur le droit des personnes transgenres. 

Comment devient-on un homme ou une femme en tant que transgenre ?

Chaque année en France, environ 150 personnes effectuent une transition chirurgicale d’un genre vers l’autre. Il faut préciser que faire l’opération de réattribution sexuelle, qui permet de changer physiquement de sexe, est un choix. Des femmes et des hommes décident de garder leurs organes génitaux de naissance et c’est leur choix. Cela ne remet pas en question leur identité, ce sont des hommes et femmes à part entière. Chaque transgenre vit sa transidentité à sa manière, selon ses évidences, ses envies, ses choix. Ils disposent de leur corps comme n’importe quel être humain, personne n’a à remettre en question leurs décisions. 

Néanmoins, certains ressentent le besoin de s’engager dans le parcours du combattant du changement de sexe. Le processus médical pour transformer son corps prend en moyenne entre un an et deux ans et demi. Le traitement est lourd, contraignant et à vie. Pour avoir enfin le corps qu’ils désirent, les transgenres doivent faire appel à un psychiatre, un endocrinologue et un chirurgien. En France, l’hormonothérapie et l’opération de réattribution sexuelle, c’est-à-dire le changement des organes génitaux, ne sont accessibles qu’après un suivi psychiatrique de deux ans maximum. Le psychiatre évalue la motivation de la personne, s’assure de sa transidentité. Il vérifie aussi qu’il n’y a pas de trouble mental qui pourrait fragiliser le respect des règles médicales et la construction identitaire après le changement du corps. La transformation médicale est conditionnée à l’accord du psychiatre. Raison pour laquelle de nombreux transgenres préfèrent réaliser leur transition à l’étranger où ils ne sont pas contraints de suivre une évaluation. 

A quoi sert l’hormonothérapie et la réattribution sexuelle ?

Changer son corps passe donc par l’hormonothérapie qui permet de faire disparaître les caractéristiques physiques du genre de naissance. Cela implique l’apparition progressive des caractéristiques du sexe opposé. Un homme transexuel va voir sa voix muer et l’apparition d’une pilosité plus importante. La finalité de l’hormonothérapie est généralement une série d’opérations pour créer un corps féminin ou masculin. La chirurgie va permettre de modifier l’aspect physique et les organes génitaux. Toujours dans le cas d’un homme transexuel, il va pouvoir subir une mastectomie pour enlever la poitrine. 

Quant aux organes génitaux, ils sont modifiés chirurgicalement. Pour un homme transexuel, un pénis sera créé autour du clitoris, la fonction urinaire étant maintenue. Afin d’assurer l’érection, l’équipe médicale pose un implant pénien avec un système de pompe pour l’érection. Pour une femme transexuelle, le patient subi une vaginoplastie. Le chirurgien procède à une ablation des testicules et de la verge, il crée ensuite un vagin avec des lèvres génitales et un clitoris. Lors de la transformation des organes génitaux, les médecins sauvegardent les fonctions urinaires mais essaient aussi de garder une fonctionnalité sexuelle. Il s’agit d’un pan important pour que la personne puisse vivre avec satisfaction tous les aspects de sa vie avec le bon corps.

Les jeux vidéo seraient-ils un allié santé ?

Alors que le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, a averti hier de l’augmentation des dépressions de l’ordre de 20%, une étude d’Oxford explique que les jeux vidéo sont bons pour notre moral. 

Selon l’étude de la célèbre université britannique, les jeux vidéo seraient bénéfiques pour notre santé mentale. Un constat loin des conclusions de l’OMS qui reconnaît l’addiction aux jeux vidéo depuis 2018. Mais malgré cet aspect, les jeux vidéo peuvent contribuer à la santé. On fait le point.

Quel lien existe-t-il entre jeux vidéo et santé mentale ?

L’étude d’Oxford innove en s’appuyant non sur le temps de jeu rapporté mais sur le temps de jeu réel fourni par deux géants de l’industrie, Electronic Arts et Nintendo. Les chercheurs ont analysé les comportements de 3 274 joueurs et les ont interrogés. Seuls deux jeux vidéo ont été choisis dans le cadre de l’étude, Plants Vs Zombies : La Bataille de Neighborville et Animal Crossing: New Horizons.  Conclusion ? « Contrairement aux craintes répandues selon lesquelles un excès de temps passé à jouer mène à une addiction et à une santé mentale affectée, nous avons trouvé une petite corrélation entre le jeu et le bien-être » résument les auteurs de l’étude Matti Vuorre et Andrew Przybylski. 

Les raisons sont multiples. Le joueur associe le temps de jeu à un bien-être. Mais les expériences qu’il vit par le jeu procurent davantage encore de bien-être, impactant positivement sa santé mentale. Qui plus est, Martin Vuorre explique aussi à l’AFP  » que les jeux en ligne offrent une alternative satisfaisante aux rencontres en face-à-face en cette période exceptionnelle » de confinement. Selon l’enquête réalisée, les joueurs d’Animal Crossing, avec quatre heures de jeu, se disent plus heureux. Et les résultats sont sensiblement les mêmes pour les deux jeux utilisés de genres différents.

Mais les deux jeux s’apparentent des dessins animés colorés. Ils ne sont pas non plus jugés violents. Selon Martin Vuorre, « des études ultérieures seront l’occasion d’étudier un plus vaste échantillon de genres. » Toutefois, il faut noter que les résultats ne sont pas les mêmes en fonction de la manière d’appréhender le jeu. Si les bénéfices sur la santé mentale sont clairs pour un joueur qui ressent un réel plaisir à jouer, ce n’est pas le cas pour un joueur qui utilise le jeu comme une échappatoire au monde réel. 

D’autres études abondent dans le sens de l’étude d’Oxford. L’étude menée aux États-Unis par WePC, s’intéresse aux gamers occasionnels qui jouent maximum 10h par semaine. Les trois quarts déclarent jouer à la console afin de préserver leur santé mentale. Trois sur dix affirment jouer pour rester actifs mentalement. Une troisième étude de The American Physiological Association démontre que tous les gamers ne sont pas dépendants. La dépendance aux jeux vidéo ne serait pas un problème majeur. Bien que l’étude précise qu’un enfant sur 10 peut faire face à des conséquences graves qui surviennent plus tard dans la vie. Sarah Coyne, principale auteure de cette dernière étude, conclut “qu’il y a des choses merveilleuses dans les jeux vidéo” et que “l’important est de les utiliser de manière saine et de ne pas être aspiré dans des niveaux pathologiques.”

Les jeux vidéo améliorent-ils d’autres aspects de nos vies ?

Malgré la mauvaise réputation de certains jeux vidéo, la science et la médecine s’intéressent de plus en plus à ce qu’ils nous apportent. Le moins que l’on puisse dire est que les jeux vidéo musclent nos cerveaux. Des chercheurs allemands ont conduit une étude sur un panel de jeunes d’environ 25 ans en moyenne. Ils ont joué 30 minutes par jour à Super Mario 64. Résultat ? Les cellules grises des joueurs ont augmenté dans l’hippocampe droit, le cortex préfrontal droit et le cervelet. Ces résultats révèlent un lien entre jouer aux jeux vidéo et une augmentation du volume du cerveau. Concrètement, cela prouve que certaines zones spécifiques du cerveau peuvent s’exercer grâce aux jeux vidéo. 

Exercer le cerveau, c’est ce qu’on fait des chercheurs italiens à Padoue. Ils ont fait jouer des enfants dyslexiques à Rayman contre les Lapins Crétins. Les enfants de 7 à 13 ans qui ont joué à ce jeu très rapide ont eu plus de facilité à lire rapidement. Et avec moins de fautes, que les autres enfants jouant à un jeu plus lent. L’hypothèse des chercheurs tend à expliquer ces résultats par un accroissement de la capacité d’attention indispensable pour un jeu d’action comme Rayman. 

Et les enfants ne sont pas les seuls à pouvoir améliorer leurs compétences grâce aux jeux vidéo. Les jeux sont bénéfiques pour le cerveau à tout âge, même chez les personnes âgées. L’université de l’Iowa a conduit une étude sur 681 personnes âgées de 50 ans et plus. Un groupe jouait, pendant cinq à huit semaines, à un jeu informatique intitulé « Road Tour » qui demande de la rapidité, de la mémoire et une bonne coordination. L’étude s’avère fructueuse puisqu’au vu des améliorations de certaines fonctions mentales, les chercheurs ont conclu que jouer à des jeux de stimulation deux heures par semaine suffirait à ralentir le degré du déclin mental associé au vieillissement naturel. A partir de 10 heures à jouer à certains jeux vidéo, le déclin naturel de différentes compétences cognitives peut être retardé jusqu’à sept ans. 

Bref, en cette période de confinement, la console est une fidèle amie qui nous fait du bien. Alors, vous n’avez vraiment plus de raison d’y résister surtout si c’est pour muscler vos méninges. 

Masque + boutons = mascné

Avec le port du masque obligatoire, certains et certaines ont vu revenir sur le visage leurs petits boutons d’adolescence. Ce phénomène a désormais un nom : la mascné.

Après coronavirus, Covid, confinement, résilience, webinaire… voici un nouveau mot qu’on associera désormais à l’année 2020 : mascné. Il n’est pas beau et on vous explique ce qu’il désigne.

La mascné ou le maskné, c’est quoi ? 

Qu’importe le terme, c’est deux mots valises, formé de masque et acné, désignent l’ensemble des irritations de la peau causées par le port prolongé du masque. Mais pourquoi le masque crée-t-il des boutons ? Les frottements, l’humidité et la chaleur de la respiration favorisent l’obstruction des pores et créent un climat idéal à la prolifération des bactéries.

En clair, l’humidité stimule la production de sébum qui augmente les risques d’apparitions de boutons, de points noirs et autres troubles cutanés. Le frottement répété, lui, provoque des irritations (rougeurs, démangeaisons…) favorisées par la chaleur qui sensibilise la peau fine du visage. Et enfin, pour certains, la peau est agressée, au contact de certains tissus, par des produits irritants du fait d’une réaction chimique ou allergique. 

Bref, la peau est mise à rude épreuve par le port prolongé du masque.

Le port du masque est-il déconseillé à certaines personnes ?

Non, rien ne justifie le non-port du masque, même si vous êtes plus exposé aux problèmes cutanés. Car oui, le port prolongé du masque va entraîner plus de troubles cutanés pour les peaux sensibles. Par exemple, les peaux claires plus fines sont davantage sujettes aux irritations consécutives du port du masque. C’est aussi le cas pour les personnes âgées, le vieillissement cutané fragilise la peau du visage. Mais ce sont surtout les personnes atteintes de pathologies dermatologiques qui sont le plus susceptibles d’avoir des complications dues au masque. 

Ces personnes peuvent développer une mascné mais le masque va principalement dégrader leurs problèmes de peau préexistants. Le constat est particulièrement vrai pour les peaux acnéiques, ou concernées par l’eczéma, la dermatite atopique, ou la dermatite séborrhéique. Toutefois, des solutions existent pour diminuer cet effet secondaire du masque, comme prendre un masque adapté à sa peau.

Quel masque choisir ?

Depuis le début de la crise, la production de masques a considérablement augmenté et s’est diversifiée. Pour les peaux sensibles, évitez le plus possible les matières synthétiques. Mieux vaut privilégier les simples masques chirurgicaux ou en coton qui permettront de mieux laisser respirer les pores.

Si votre peau est particulièrement sensible, il faudra être plus rigoureux dans votre choix. Premièrement, préférez toujours les masques clairs. Ils ont moins de teintures qui peuvent être irritantes ou allergisantes. Puis, choisissez des matériaux plus doux et donc moins agressifs avec la peau lors des frottements. Vous pouvez opter pour un masque en soie ou en latex, à condition de ne pas être allergique à ce dernier. Pour les personnes allergiques d’ailleurs, sachez qu’il existe également des masques hypoallergéniques. 

Quel que soit le choix le plus adapté à votre peau, n’oubliez pas pour autant de vérifier la capacité de filtration du masque et de bien respecter les consignes d’utilisation et d’hygiène. 

Quelle routine d’hygiène mettre en place ?

Grâce à la pandémie, tout le monde sait maintenant quand il faut se laver les mains. Il faut le faire avant et après avoir mis le masque. C’est pareil avec votre visage. Vous lui rendrez service en le lavant délicatement avant et après le port du masque. Et oui, grâce au lavage de votre visage et de vos mains, vous diminuez drastiquement le nombre de bactéries en contact avec le masque. Plus il y en a, plus votre peau sera irritée. La chaleur et l’humidité de la respiration et de la transpiration favorisent la prolifération des bactéries. 

Au quotidien, choisissez donc pour votre visage des produits doux et respectueux de votre peau. Avant de mettre un masque, passez par exemple un coton d’eau thermale et séchez en tapotant. Évitez autant que possible les produits abrasifs, et limitez les gommages car la peau irritée n’en sera que plus sensibilisée. Pour le lavage du masque aussi respectez votre peau, prenez par exemple une lessive et un adoucissant conçus pour les peaux sensibles. 

Dois-je consulter pour mon acné même si elle est due au masque ?

Oui, rien ne se substitue à l’avis d’un dermatologue. Il est important de consulter votre médecin si le port du masque a des conséquences persistantes sur votre peau. Un médecin est la personne compétente pour identifier votre problème de peau et le traiter en conséquence. La médication ou l’application de certaines crèmes nécessite l’avis d’un dermatologue. 

Enfin, si les effets cutanés du masque sont gênants, persistants ou autres, n’hésitez pas à consulter. Les rendez-vous médicaux restent autorisés pendant le confinement et il est important de continuer à se soigner. 

Pour être sûr d’avoir les bons gestes, retrouvez notre vidéo sur comment bien se laver les mains

Naître prématuré, c’est toujours un danger

Ce mardi 17 novembre c’est la journée mondiale de la prématurité. En France, elle reste la plus forte cause de mortalité et de morbidité périnatale. 

Environ 8% des bébés naissent trop tôt, cela représente plus de 60 000 naissances prématurées selon l’association SOS Prema. Une naissance trop tôt, qu’elle soit involontaire ou programmée, implique un risque. Nous faisons le point sur ces naissances pas comme les autres. 

A partir de quand un bébé est-il prématuré ?

Tout d’abord, une grossesse dure 9 mois. Théoriquement le terme survient donc à 39 semaines de grossesse, soit 41 semaines d’aménorrhée, les semaines passées depuis le 1er jour des dernières règles. 

La prématurité est établie si la naissance survient avant le huitième mois de grossesse. Précisément, un enfant qui naît avant 37 semaines d’aménorrhée est prématuré.

Il existe plusieurs types de prématurité en fonction du nombre de semaines passées dans le ventre de la mère. De manière générale, un prématuré est dit viable, avec des chances de survie, s’il voit le jour à 22 semaines d’aménorrhée et s’il pèse au minimum 500g. A ce stade, il sera considéré comme un extrême prématuré. La très grande prématurité concerne les bébés nés avant 28 semaines d’aménorrhée. Entre 28 et 32 semaines d’aménorrhée, les bébés sont de grands prématurés. Et pour une naissance entre 33 et 37 semaines d’aménorrhée, il s’agit de prématurité moyenne ou modérée. 

Chaque semaine est importante car les complications pour le bébé ne sont pas les mêmes s’il est grand prématuré ou prématuré modéré. Les chances de survie dépendent du développement de l’enfant. Plus l’enfant naît tôt, plus elles se réduisent.

Quelles sont les causes de la prématurité ? 

La prématurité peut advenir spontanément ou être programmée pour préserver la santé de la mère et/ou de l’enfant. 

Dans le premier cas, les causes restent assez vagues. La poche des eaux se rompt ou la femme ressent précocément des contractions avant le terme normal et avant que le travail ne commence. La cause la plus fréquente serait une infection intra-utérine. Certains chocs peuvent aussi entraîner un accouchement, comme un accident ou une chute. Il existe toutefois des facteurs qui augmentent le risque de prématurité.

Le tabac, l’âge de la mère, le stress ou des conditions socio-économiques défavorables accroissent effectivement les probabilités de donner naissance avant 37 semaines d’aménorrhée.

Dans de très nombreux cas, les médecins décident de déclencher l’accouchement avant le terme. La décision est prise si la grossesse présente un risque pour la mère et/ou l’enfant. Les causes qui mènent au déclenchement sont multiples. La mère peut avoir une hypertension artérielle sévère ou une hémorragie interne. Le bébé, lui, peut souffrir d’un retard de croissance important qui nécessite de précipiter sa naissance.

D’autres raisons qui touchent à la santé de la mère et du bébé motivent le déclenchement de l’accouchement. La détection d’une infection génito-urinaire ou généralisée, des anomalies de l’utérus et du placenta (placenta praevia par exemple), un diabète maternel ou un décollement prématuré du placenta accompagné d’un hématome sont autant de motifs à la venue précoce de l’enfant. 

Enfin, dans le cas des femmes enceintes de jumeaux ou triplés et autres naissances multiples, les médecins décident très fréquemment d’interrompre la grossesse avant le terme et de réaliser une césarienne. 

Quelles sont les complications de la prématurité ? 

L’état de santé de l’enfant dépend de son stade de prématurité. Selon l’Inserm, sur les 50 000 prématurés, 10% sont de grands prématurés et 5% de très grands prématurés. Ces enfants ont besoin de soins hospitaliers dès leur naissance. 

Par définition, en naissance avant terme, les bébés n’ont pas fini leur développement in-utéro. Leurs organes ne sont pas tous adaptés à la vie en dehors de l’utérus. Les poumons, tube digestif, canaux artériels, cerveau d’un nouveau-né prématuré sont dits immatures. N’étant pas entièrement développé, l’enfant, né trop tôt, ne peut pas réaliser correctement des actions nécessaires à sa survie. Par exemple, la coordination entre la succion, la déglutition et la respiration n’est pas acquise chez un bébé né avant le terme de 34-36 semaines. Le prématuré doit donc être nourri à l’aide d’une sonde naso-gastrique. Son immaturité pulmonaire peut entraîner des apnées. Pour toutes ces raisons, l’enfant est donc placé en couveuse pour recevoir une surveillance de chaque instant et surtout continuer son développement.

Le placement en couveuse est nécessaire tant que l’enfant ne pèse pas 2kg et qu’il n’acquière pas une certaine autonomie pour les fonctions vitales.

Les soins sont donc souvent longs et peuvent impressionner et angoisser les parents. L’angoisse de la prématurité est une cause de dépression post-partum et de divorce. L’association SOS Préma accompagne les parents d’enfants prématurés dans cette épreuve très dure.

Sur le long terme,  les prématurés modérés ont autant de chance que des enfants nés à terme de poursuivre un développement normal. Mais les pronostics ne sont pas les mêmes pour les grands prématurés. Selon une enquête de l’Inserm, “40% d’entre eux présentaient une déficience motrice, sensorielle ou cognitive à l’âge de cinq ans”. L’enquête précise néanmoins que “les formes sévères de déficiences ne concernaient que 5% des enfants”. Un espoir réside tout de même grâce aux progrès de la médecine. L’Inserm, qui réalise une nouvelle enquête affirme que “à ce jour, les premières données d’Epipage 2 montrent une amélioration significative de la survie et de la survie sans morbidité néonatale sévère chez les enfants nés entre 25 et 31 semaines depuis 1997.” Cette amélioration résulte des progrès réalisés dans la prise en charge des prématurés. Une note d’espoir pour les parents de ces enfants impatients de voir le monde.